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RÔLE DE L'OXYGÈNE

La résistance des spores à la dessiccalion est plus grande que celle des cellules végétales. Les spores du Dacterium Zopfi la supportent de dix-sept à vingt-six Jours, les Bacilles à endospores environ un an, le Bacillus subtilis au moins trois ans, d'après M. Brefeld. Enfin, il peut exister d’autres causes intérieures ou extérieures pour modifier encore davanlage la résistance des spores. On a soutenu que celte résistance pouvait aller jusqu'à supporter la dessiccation pendant des siècles; c’est une opinion qu'il est assez difficile d'accueillir sans réserve.

La présence de l'oxygène est inégalement nécessaire, suivant les différents cas. D’après la terminologie adoptée par M. Pasteur, on distingue, comme types extrêmes, les formes aérobies et les formes anaérobies. Les premières ont besoin, pour vegeler et s’accroître, outre une nourrilure suffisante, d’une quantité d'air très notable, autrement dit, elles ont besoin d'oxygène. Tels sont le Micrococcus aceti, le Bacillus subtilis, le Bacillus anthracis, ete.

Les formes anaérobies peuvent très bien prospérer sans oxygène. La présence de l'air diminue considérablement leur végétation ou même l’arrête completement. Tel est le cas du Bacillus amylobacter.

Entre ces deux extrêmes viennent se placer de nombreuses formes intermédiaires. Nous aurons bientôt à citer un exemple remarquable dû à M. Engelmann. Les recherches de M. Nencki, de M. Nægeli

et d’autres, ont montré que les Bactéries qui produisent des fermentations, comme la levure alcoolique, peuvent très bien vivre sans oxygène, pourvu qu'elles se trouvent dans un milieu nulrilif très riche. Dès qu'il y a diminulion dans la quantité de l'aliment solide, elles ne peuvent se développer qu'en pré sence de l'oxygène.

Même chez les espèces aérobies, l'oxygène peut arreler la végétation el va jusqu'à luer la Bactérie : il suffit pour cela qu'il soit à haute pression. Une pression de 15 atmosphères laisse le Bacillus anthracis Vivant au boul de quinze jours: elle Le lue après quelques mois.

M. Duclaux prétend que, chez les formes aérobies, les germes qui, pour une cause quelconque, ne se sont pas développés, perdent ‘plus vite leur vitalité. sous l’action directe de l'oxygène de l'atmosphère, que lorsqu'on les a placés dans un espace clos, où l'oxygène n'est pas changé. Les faits sur lesquels celte opinion s'appuie, méritent d'attirer l'attention. Plusieurs ballons qui avaient servi aux premiers (ravaux de M. Pasteur, vers 1860, avaient été conservés avec les Bacleries qu'ils renfermaient et dont la présence étail accusée par ce failqu’elles Iroublaient la limpidité du liquide. Auboulde vingt elun ou vingt-deux ans après, les germes de ces Bactéries purent encore se développer. D'autres ballons, conservés pendant lem&me lemps, el protégés, contre la

RÔLE DE L'OXYGÈNE 99 poussière, par d'épaisses bourres de coton qui les fermaient, sans empêcher l’arrivée de l'air, ne présentèrent plus trace de germes vivants. D’aufres enfin, qui dalaient seulement de dix ans et qui étaient fermés par du colon, avaient encore des germes que l’on put faire développer.

L'interprétation donnée par M. Duclaux peut être exacte, mais il faul remarquer que, dans ces différents cas, ce nest pas seulement l'oxygène qui a pu varier el que d’autres modificalions ont pu se produire. Avant tout, dans des problèmes de ce genre, il faut lâcher de ne pas avoir à considérer un grand uombre de Bactéries, mais n’experimenler, autant que possible, qu'avec une seule espèce connue.

L’oxygene sert à la respiration de la plante: en mème temps, il ya élimination d’une égale quantité d'acide carbonique.

L'eau, en faisant abstraction de quelques cas exceptionnels, sert, en grande parlie, de véhicule pour les matières assimilées et chimiquement élaberées.

Ces deux corps, l'oxygène el l’eau, ne peuvent done pas être considérés, à proprement parler, comme des matériaux de nutrilion, c'est-à-dire des éléments servant à former des combinaisons carbonées el entrant, d’après cela, dans la constitution et la formation de la cellule.

Ces éléments nutritifs sont fournis, chez les quel-

ques Bactéries vertes que l'on connaît, par de la chlorophylle. Lorsque celle matière existe réellement, elle joue alors le même rôle que dans toutes les plantes vertes. Elle produit l'assimilation du carbone, avec dégagement d'oxygène.

M. Engelmann (1) a montré qu'il y avait un léger dégagement de gaz oxygène dans le Bacterium chlorinum qu'il a étudié.

Par analogie avec les plantes chlorophylliennes, il faut, dans ce cas, faire intervenir l’eau comme aliment nulrilif.

Il en est autrement des Bactéries sanschlorophylle qui, en somme, forment la majorité la plus considérable et presque exclusive parmi les êtres que nous étudions. Ce sont elles d’ailleurs qui offrent le plus d'intérêt. Ces Bactéries, à l'instar de tous les organismes qui n'ont pas de chlorophylle, sont obligées d'emprunter, en dehors d'elles, les éléments carbonés dont elles ont besoin. Elles ne peuvent assimiler directement l'acide carbonique. Les produits azotés doivent aussi leur être fournis tout formés, soit dans une combinaison organique, soit dans des éléments inorganiques, par exemple, à l'étal d’azotates ou de sels d’ammoniaque. Nous aurons alors, comme dansles autres végétaux, des produits d'incinération en quantité déterminée qui, dans ce

(t) W. Engelmann. — Bot. Zeilg. 1882, p. 321.

CONDITIONS DE NUTRITION 101 cas parlieulier, se trouvent être en quantité très faible, sous tous les rapports. |

Nous ne pouvons nous étendre davantage sur les details plus précis de la nutrition des Bactéries : nous ne pouvons que renvoyer aux {ravaux originaux que l’on trouvera indiqués en particulier dans l’ouvrage de M. Nægeli({). D’apresles recherches mêmes de ce savant, on peut arriver à nourrir des moisissures, des levures aussi bien que des Bactéries, dans des solutions contenant des éléments azolés et non azolés, en proportions connues. On a pu classer, ainsi qu'il suit, les éléments entrant dans les différentes solutions, par ordre décroissant, d'après leurs prepriélés nulritives.

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