FORMES DES CELLULES. — LEURS MODES D UNION ET DE GROUPEMENT
Les cellules qui composent les Bactéries, dont la structure très simple a été étudiée dans la Leçon précédente, peuvent se présenter sous des formes très diverses. Nous aurons à considérer soit leur configuralion proprement dite et leurs modes d’union les plus simples, soit leur réunion ou leur nonréunion en masses plus considérables et, dans tous ces cas, nous éludierons les propriétés qu’elles manifestent sous ces différentes formes.
l. Les cellules, prises isolémentou dans leursmodes d'union les plus simples qu'on puisse imaginer, offrent à examiner les formes rondes et les bâtonnets droits ou contournés en spirale. Une bille de billard, un crayon et un tire-bouchon donnent une idée assez exacte de ces trois tvpes, et il n’est pas nécessaire d'avoir recours à des modèles plus compliqués ni plus dispendieux pour acquérir des nolions précises
MODE D'UNION DES CELLULES 21 sur les formes que peuvent prendre les Bacléries. A mesure que nos connaissances sur les Bactéries ont pris plus d'extension, ces trois formes ont reçu des noms très différents. Les cellules rondes portent aujourd'hui les noms de Mierocoqgues ou Macrocoques, suivant! leur grosseur; de Diplocogues quand on les trouve encore réunies, au moment où elles sont en (rain de se diviser. Les anciens auteurs les rangeaient parmi les Monades, où elles étaient confondues avec beaucoup d’autres espèces hétérogènes. Les Bactéries droites ont reçu des anciens auteurs les noms de Öäfonnets ou de Bactéries proprement dites. Bâlonnets courts, bâtonnets longs, {elles son! les epilhetes qui se comprennent, du reste, et qui servent à les désigner, sans ajouter beaucoup de clarté à une description plus caractéristique de leur forme.
Les formes en tire-bouchon portent le nom de Spirillum, de Spirochæte. Des formes intermédiaires entre ces dernières el les bâlonnets, par conséquent, des formes qui ne sont contournées que dans une partie de leur spire, ont été décrites par M. Cohn sous le nom de vibrions.
Les Mierococeus et les bätonnels présentent souvent un type parliculier qui s'éloigne un peu du type ordinaire.
Parmi des cellules qui gardent la forme habituelle, quelques-unes se différencient en bourgeons
ovales ou fusiformes qui surpassent de plusieurs fois engrosseur les cellulestypiques. Ceeis’observeen partieulier dansle genre Bacille, chez les Cladothrir, ete., el aussi très souvent chez le Mierococeus des mères
de vinaigre, Ily a quelques motifs de croire, bien
, qu'on n'en ail pas donné de preuve, que ces formes volumineuses sont les produits d’un développement maladif et le signe d’une involution, d'une régression, autrement dit. C’est ce qui leur a fait donner par M. Nægeli et M. Buchner le nom de formes d’involution (Invoiulions-formen).
Il. Le mode d'union ou de non-réunion des cellules doit êlre considéré chez les types où la bipartilion laisse les cellules unies entre elles à mesure qu'elles se forment, el chez ceux où la biparlilion amène la séparalion ou le déplacement des cellules.
Dans le cas où la division répétée conserve les cellules unies entre elles, nous avons à distinguer deux Lypes :
1° Dans le premier type, la division des cellules, se faisant loujours dans le même sens, amène leur arrangement en série linéaire. Il en résulte une forme de filaments que l’ancienne terminologie a désignés de ce nom même de flaments (Trichomata de Kützing). Par un esprit de confusion, pour le moins etrange, on leur a donné quelquefois le nom de pseudo-filaments, c’est-à-dire de filaments qui semblent en avoir la forme sans l’être réellement.