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CHARBON ET CHOLERA DES POULES

L'organisme de la carie des dents, le Leptothrir buccalis nous conduit sans {ransition aux parasites pathogènes des animaux à sang chaud.

Nous nous rendrons un compte plus exact du mode de vie et de l'action des Bactéries pathogènes, en prenant pour type une de celles qui sont le mieux connues.

Pour cela, nous étudierons d'abord la maladie que l’on appelle le Charbon ou encore Anthrax, Sang de rale, etc., puis la Bactérie qui l’occasionne, le Bacillus anthracis (1).

Nous avons parlé à maintes reprises du Bacillus

(1) Voir la Bibliographie au sujet du charbon — jusqu'en 1874 — dans 0. Bollinger in Ziemssen's Handbuch der Speciellen Pathologie u. Therapie, T. 3. — Dans Oemler : Experimentelle Beilr. z. Milzbrandfrage : Archiv. f. Thierheilk, T. 2 à 6.

Sur la découverte du Bacille : Roger. — Mémoires de la Societé de biologie, T. 2. Année 1850 (Paris, 1851), p. 141. — Pollender : in Caspers Vierteljahrsschr., T. 8, 1855. Pour les travaux plus récents :

CHARBON 225 anthracis. Aussi nous contenterons-nous de le décrire brièvement en nous reportant aux figures 18 et 19 représentées plus bas.

Le Bacillus anthracis est composé, nous le savons, de cellules cylindriques, ayant de 1 à 1,5 x de diamètre transversal et trois à quatre fois autant en longueur. Dans le sang des animaux, ces cellules forment des bâtonnets droits et assez courts (fig. 18, c) qui, à première vue, paraissent être homogènes, c’eslà-dire ne laissent pas apercevoir : #\ irace de division en articles dis-

tinels. Dans les cultures, la Bac-

Pasteur. — Comptes rendus, T. 84 (1877), p. 900; T. 85 (1877), p. 99; T. 87 (1878), p. 41; T. 92 (1882), p. 209, 266, 429. — R. Koch. Die Aetiologie. d. Milzbrands in Cohn, Beitr. z. Biolog. der Pflanz, T. 2, 277. — Ibid. Mittheil. a. d. Reichsgesundheitsamt, I eten collaboration avec Gaffky et Loeffler, II. — H. Buchner in Naegeli : Niedere Pilze. — Chauveau. — Comptes rendus, T. 91 (1880), p. 680; T. 96 (1883), p. 553, 612, 678, 1471; T. 97 (1883), p. 1242, 1397; T. 88 (1884), p. 73, 1236, 1232. — Gibier. — Ibid. T. 94 (1882), p. 1605. — E. Metschnikoff. Die Beziehungen der Phagocyten zu dem Milzbrand-Baeillus, in Vircho w’s Archiv. T. 97 (1884). — A. Prazmowski : Biol. Centralblatt. 1885.

(1) BacıLLus ANTHRACIS. — a-b. Dans des cultures d’extrait de viande faites sur le porte-objet.— «. Groupe de filaments en plein développement. La division en cellules est peu visible bien qu'elle existe. — 4. Trois stades successifs de la germination d’une spore. — s. Spore mûre, avant la germination. — c. Bätonnets dans le sang d’un cobaye mort charbonneux, pris quelques heures après la mort, — dans de l’eau distillée. — Grossissement 6 à 700 fois.

térie forme de longs filaments, pelotonnés plusieurs fois les uns sur les aulres,recourb6sel tordus sur euxmêmes, composés de bälonnels et réunis entre eux en paquels qui peuvent se comparer à des paquets de cordages (fig. 18, 4). Les bätonnels et les filaments ne sont pas mobiles, à l'exception de quelques cas que nous indiquerons dans un instant.

La formation et la germinalion des spores se font suivant le mode décrit dans la troisième Lecon : à la germination, la spore donne simplement un premier prolongement qui continue à croître (fig. 18, 4) sans avoir à repousser une membrane extérieure, distincte de la spore; souvent le premier bätonnet se recourbe légèrement en are. Lorsque la spore est mûre, elle est fortement ellipsoïdale et aussi large que la cellule-mere cylindrique qui la contient et qui persiste, mais elle est beaucoup plus courte et elle se trouve à peu près au centre de la cellule-mère, lorsque la gelificalion de la membrane ne s’esl pas encore produite.

L'absence de mouvement el ce mode spécial de germination suffisent pour caractériser le Bacillus anthracis el pour le distinguer au microscope d’espèces analogues quant à la forme, mais qui ne sont pas parasilaires, en particulier du Bacillus subtiles, avec qui on pourrait le confondre aisément. D’ailleurs, on peul distinguer ces deux espèces à l'œil nu, dans les cultures. Le Bacille du charbon forme,

CHARBON 227 en général, des flocons qui restent au fond duliquide, landis que le Bacillus subtilis recouvre, comme on sait, la surface de la culture (Voir page 24). Il existe cependant quelques exceptions sur lesquelles nous aurons à revenir.

La maladie du charbon allaque de préférence les mammifères. En premiere ligne se placent les herbivores, les ruminants et les rongeurs. Les animaux

qu'on peut faire servir à des expériences, sont lessouris, les cobayes, les lapins, les moutons et les bœufs, en suivant l’ordre croissant de prédisposition à la maladie. En second lieu, il faut citer les anımaux omnivores et l’homme. Enfin, on peut encore indiquer les carnivores parmi les animaux suscep- Libles d’avoir le charbon; le chat y est plus sensible que le chien.

Les oiseaux ne semblent pas res-

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