FIÈVRE RECURRENTE
La fièvre récurrente ou typhus ( 1) est une maladie très répandue en Asie et en Afrique, endémique en
(1) Obermeier. — Berl. Klin. Wochenschr. 1873. — Cohn : Beitr. z. Biol. d. Pfl. 1, 3, p. 196. — Heydenreich : Unters. über d. Paras. d. Rückfalltyphus. Berlin, 1877. — R. Koch : Mittheil. d. Reichsgesundheitsamtes, T,
FIÈVRE RECURRENTE 275 Europe, dans la Pologne russe, en Irlande, et faisant quelquefois son apparition dans d’autres contrées européennes. Elle est contagieuse et se communique de personne à personne par le contact d'objets ayant servi au malade. Cinq ou sept jours après la contagion, se déclare une fièvre violente accompagnée d'autres symptômes que nous n'avons pas à détailler ici : la fièvre dure également de cinq à sept jours el cesse pendant un égal laps de temps, suivi bientôt d’un retour de la fièvre et ainsi de suite. Ces alternances successives peuvent se renouveler plusieurs fois pour se terminer heureusement par la guérison, dans la plupart des cas.
Pendant la durée de la fièvre, le sang du malade qui est alors d’un rouge noirâtre, contient un très grand nombre de Spirillum très ténus, assez semblables au Spirochete buccalis représenté dans la figure 17 (e. page 221) mesurant 40 y de longueur et doués de mouvement très vifs. Ils ont été découverts en 1873 par Obermeier et on leur a donné le nom de Spirochete Obermeierr. Is disparaissent d’ailleurs en même temps que la fièvre.
La maladie se déclare chez l'homme et chez le singe après inoculation de sang renfermant des Spirochete, c’est-à-dire de sang pris pendant la période de fièvre. En dehors de cette période, l’inoculation du sang ne produit aucun malaise : des tentatives d’inoculation sur d’autres animaux sont tou-
376 LEÇONS SUR LES BACTÉRIES jours restées sans succès. Il en est de même de la cullure du Spirochete en dehors de l'organisme des animaux ; On n'a jamais pu réussir à le reproduire. On peut admettre d'après ce qui précède, que la fièvre récurrente a pour cause le Spirochwte, bien que l’histoire du développement de cet organisme soit très incomplètement connue. On ne sait pas du tout ce qu'il devient pendant la période de repos, ni comment et sous quelle forme il se transmel ; on ne connait pas davantage la formation de ses spores ni la manière dont il se multiplie.