SUR LE FOIE
chien à jeun, depuis huit Jours par exemple, ne vient évidemment pas des aliments ; il ne vient pas davantage d’une transformation de l’éther en sucre; il faut donc nécessairement admettre que sa production est le résultat d’une excitation pure et simple qui agit sur le foie, excitation dont le sang est le véhicule, et qui agit directement dans le tissu sécréteur. C’est par ce mécanisme que l’éthérisation peut produire le diabète.
Si l’augmentation de la sécrétion sucrée du foie sous l’influence de l’éther est réellement le résultat d’une excitation directe, d’une action locale, il doit être facile de produire cette hypersécrétion en injectant directement de l’éther dans la veine porte. Or, on arrive ainsi au même résultat qu’en l’ingérant dans l’estomac : on rend l’animal diabétique.
Voici des urines d’un lapin sur lequel nous avons tout à l’heure fait cette expérience. Dans un verre se trouve son urine normale qui ne réduit pas du tout le liquide cupro -potassique. Dans l’autre verre est de l’urine recueillie après qu’on lui a injecté de l’éther dans la veine porte : vous voyez qu’elle réduit trèsnettement le réactif. En administrant l’éther par la veine porte, on agit donc d’une façon aussi immédiate que possible; aussi l’action parait immédiate et plus prononcée que par toute autre voie.
Pour que le sucre soit éliminé par les urines, il faut qu’il arrive aux reins par les artères rénales. Lehraann a constaté que, pour que le sucre versé dans le sang par le foie en fût séparé par le rein, il fallait qu’il en contint au moins 3 pour 100 du résidu sec.
438 ACTION DE l’éther
Vous pouvez par la quantité de sucre qui se produit chez un animal diabétique préjuger une plus grande activité de l’évolution des éléments organiques qui concourent à former la matière sucrée par une série de métamorphoses analogues à celles quel’onremarque dans la formation de ce principe chez les végétaux, dans les fruits charnus, ou dans les racines sucrées, etc.
Puisque l’action de l’éther nous amène à parler de la fonction glycogénique du foie, je crois qu’il importe d’insister sur la valeur d’un certain ordre de preuves établissant le fait matériel sur lequel repose notre théorie, et sur l’influence de quelques circonstances relatives à la portée de ces preuves.
Entre autres faits par lesquels nous avons établi que le foie fabrique du sucre, nous avons montré que le sang qui entre dans cet organe nè contient pas de sucre, tandis que celui qui en sort en renferme une proportion très-notable.
Le fait a été discuté, et l’on a prétendu que, dans quelque partie qu’on recueillît le sang, il offrait du sucre, et qu’on en rencontrait, non-seulement dans le sang, mais dans les vaisseaux lymphatiques.
A quoi tient donc cette divergence entre les faits observés? A ce qu’ils n’ont pas été étudiés dans des conditions physiologiques identiques.
Le sucre que nous voyons dans le sang et dans les urines, à la suite de l’excitation produite par l’éther, y est versé par le foie dont la sécrétion est augmentée par une excitation directe ; mais cette diffusion sucrée pourrait être augmentée par un autre procédé,