ANALYSE PHYSIOLOG. DES PROPRIÉTÉS DU CURARE
pinçant la peau quand l’animal est totalement empoisonné, cela ne prouve pas que l’animal soit insensible, mais seulement que les nerfs moteurs sont partout devenus impropres à réagir sur les muscles par l’excitation sensitive réflexe aussi bien que sous l’influence de la volonté. L’impuissance à se mouvoir peut, en effet, reconnaître deux causes : 1® un animal n’exécutera pas de mouvements parce qu’il n’y est pas poussé, et parce que ni la volonté ni aucune sensation transmise par les nerfs ne l’y détermine : c’est alors une immobilité par paralysie des nerfs sensitifs ; 2® l’animal pourra encore rester sans mouvement, bien qu’il ait la volonté de se mouvoir, ou qu’il y soit poussé par une sensation venue du dehors : c’est lorsque les nerfs sont impuissants à transmettre aux muscles l’influence motrice ; on a, dans ce cas, une immobilité par paralysie des nerfs moteurs.
» C’est de cette dernière façon qu’agit le curare. On peut déjà s’en convaincre en observant les phénomènes de l’empoisonnement sur des mammifères élevés, sur des chiens par exemple. On voit que les membres refusent d’obéir à la volonté bien avant que les sensations et l’intelligence soient perdues. Lorsqu’on appelle un chien dont les membres sont déjà paralysés, on reconnaît d’une manière évidente par des mouvements de certaines parties, tels que ceux de la queue et des yeux qui résistent plus longtemps à l’action du poison, que l’animal entend, sans qu’il puisse cependant exécuter des mouvements pour venir vers la personne qui parle.
APPENDICE
» Mais j’ai diîmontré directement cette propriété singulière du curare d’éteindre les propriétés nerveuses des nerfs moteurs, tout en conservant celte des nerfs sensitifs par l’expérience suivante : Sur une grenouille, jô pratique une incision au bas du dos pour isoler les nerfs lombaires. Je passe ensuite au-dessous d’eux une' ligature 'avec laquelle je serre tout le corps de l’animal moînS les nérfis lombaires qui se trouvent ménagés. De cetté'manière, la moitié antérieure de la grenouille ne communique plus avec la moitié postérieure que par les nerfs lombaires, car la ligature a étreint l’aorte et fous les vaisseaux sanguins. J’empoisonne alors l’ànimal en plaçant un peu de curare sous la peau du'*dos' près de la tête, et peu a peu toute la moitié du corps'au-dessüs de la ligature éprouve les effets toxiques et devient immobile. Mais si l’on pince la peau dans cette partie, on détermine aussitôt dans le train posÜéi'îèur des mouvements, qui quelquefois * sdnt' 'assez 'violents pour que la grenouille exécute ractiôn de sauter'en poussant au-devant d'elle la moitié ' antérieure" de s'On corps einpoisonné et inertel’’'" ■ '■ ' •
»’ De cèlte deuxième série d'expériences, j*ai conclu que 1^ ‘curare effectue Une analyse physiologique qui ne se ' borne ^as "à' isoler les propriétés du système muséulairo.' Elle séjpare encore" comme distinctes les propriétés' tles''Berni' mofeurs et sensitifs, pnls^’on voit' quelle conservé 'les propriétés des nerfe sensitifs et anéantit celle des nerfs moteurs. Le curare agît sur le système nerveux moteur de la vie de relation plus