‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 112 sur 120 · ANALYSE PIIYSIOLOG. DES PROPRIÉTÉS DU CURARE. 4Ô · texte numérisé non relu

ANALYSE PIIYSIOLOG. DES PROPRIÉTÉS DU CURARE. 4Ô

vite que sur le système nerveux de la vie organique ou sympathique. Mais il finit aussi par at'eindre ce dernier lorsque l’empoisonnement est complet, et j’ai vu qu’il n’est plus possible alors^ par exemple, d’arrêter le cœur par la galvanisation du nerf vague. Enfin, j’ai constaté que celle action du curare s’exerce sur les nerfs moteurs, de manière à les anéantir enrprocédant de la périphérie au centre, ce qui est l'inverse de la paralysie ordinaire de ces uerfst , in » Dans les leçons que j’ai faites au Collège de Fi*ance sur les e/^ets c/es substances toxiques et . médicament teuses, et qui sont actuellement sous presse, j’ai longuement développé toutes ces - propriétés remarquables du curare. Les expériences que j'ai , rapportées en dernier lieu, ainsi que les conclusions que j’en ai déduites, se trouvent depuis longtemps répandues en France, soit par des comptes rendus de journaux, soit par les personnes qui suivent mes cour» ou qui fréquentent mon laboratoire. ': il vi .‘ni : - .

I » Pour, le prouver, je me bornerai à citer Une phrase qui résume mes opinions, sur les effets du curare, et qui se trouve consignée dans un travail très-intéressant sur ce poison, qu’un jeune, physiologiste bien, connu del’Âcadémie, Vulpian^iacommuniquéidanslemois d’avril dernier àla Société de Biologie^ liii H/ti.ni ■

» D’après les expériences de M. Bernard^ dit-il,.à qui » l’on doit d’ailleurs la connaissance du premier fait » (la conservation de l’irritabilité musculaire), la sen- » sibililé est conservée dans l’empoisonnement par le » curare; mais cette sensibilité est muette^ elle a perdu

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•) tous ses moyens d’expression, qui sont les nerfs mo- » leurs (t). »

» Les expériences de M. Kôlliker sont donc tout à fait concordantes avec les miennes. Il est évident que M. Kôlliker ne connaissait pas mes dernières recherches sur le curare, de sorte que la coïncidence des résultats que nous avons obtenus est une garantie de plus de leur exactitude.

» En terminant, j’appellerai surtout l’attention des physiologistes sur cette espèce d’analyse physiologique des systèmes organiques qu’on peut effectuer à l’aide des agents toxiques. J’ai développé celle idée dans mon cours au Collège de France, où j’ai étudié à ce même point de vue d’autres substances, telles que la strychnine, le sulfocyanure de potassium, l’oxyde de carbone, etc., qui agissent, non pas sur des organes, mais sur des systèmes organiques, comme par exemple le système nerveux moteur ou sensitif, le système musculaire, les globules du sang, etc. Ces substances ainsi considérées sont de véritables réactifs de la vie qui, portés par le torrent de la circulation dans tous les points de l’organisme, exercent leur action sur certains tissus, les isolent et amènent la mort par un mécanisme qui désigne le rôle physiologique du tissu qui se trouve atteint. Avec ces agents on peut étudier, non pas la mort des organes, comme l’a fait Bichat, mais la mort des systèmes organiques. Cette étude

(I) Compte rendu de la Société de biologie pendant le mois d'avril {Gazette médicale, n» 3i, 1856).

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