PROPRIÉTÉS DU CURARE, PAR M. PELIKAN
être penser que M. Pelikan a trouvé quelques exceptions à l’action spéciale que nous avons reconnue au curare d’abolir les propriétés des nerfs moteurs ; car il dit que les mouvements par l’irritation des nerfs moteurs ne cessent pas toujours immédiatements après la mort. Quoique le fait puisse exister, il ne faudrait pas croire qu’il y a là un effet différent du poison donné dans les mêmes circonstances. Il n’y a pas lieu de trouver une différence dans la nature du poison, car c’est le même dont nous nous sommes servis ; mais ces effets différents prouvent d’une manière certaine que les animaux n’étaient pas placés dans les mêmes circonstances. Onobserve, en effet, quand les grenouilles sont empoisonnées par une petite dose de poison, que l’anéantissement des nerfs arrive plus lentement. Si l’animal est affaibli et que les phénomènes vitaux soient peu actifs, comme cela arrive chez les grenouilles gardées depuis très-longtemps dans les laboratoires, alors l’empoisonnement est très-lent, même avec une dose considérable de poison, et dans ce cas les nerfs restent plus longtemps à perdre leurs propriétés physiologiques, uniquement parce que l’animal reste plus longtemps à mourir. Nous avons signalé, dans les premières leçons de ce volume, les modifications que l’état de dépression des fonctions peut apporter dans les conditions de l’empoisonnement. Pour le curare on doit admettre que l’animal n’est pas mort tant que ses nerfs sont encore irritables ; et si, en le comparant à un animal vigoureux qui meurt plus vite, on trouve que ses nerfs sont encore excitables.
APPEKDICK.
quand ceux de l’animal vigoureux ne le sontplus; celle différence prouve simplement que l’animal vigoureux esl morl plus vile que l’animal épuisé. Ouand on Irouve les nerfs encore excitables chez ce dernier, c'est uniquement parce qu'il n’est pas eqcore mort. L’effet du poison est donc un effet absolu, toujours le même, d’abolir les propriétés du système nerveux moteur, seulement l’intensité ou la rapidité dq cet effet est en rapport avec les conditions physiologiquesi différentes de l’animal ; mais ceu’est pas une exception, car, nous l’avons dit bien souvent, le mot | exception ; est antiscientifique. Les lois sont absolues, et quand, on trouve des différences, elles ne peuvent tenir; qu’à des conditions variables dans lesquelles se passent Jles phénomènes, mais jamais, à des, différence^, de {nature de l’action physiologique elle-même, i et, (pour le cas particulier, nous dirons que l’action du. curare j consiste à abolir constamment et .sans exception les propriétés des nerfs moteurs. Nous ajouterons, de plus, que les propriétés motrices sont abolies plus vite.,dans le nerf quand celui-ci a été préalablement coupé et séparé de la moelle épinière. o" :
Les caractères chimiques que.M. Pelikau a donnés pour reconnaître la curarine ou le curare sont trèsintéressants, en ce qu’ils sont' à peu près ceuxidé la strychnine. Cela prouve ce que nous avons dit bien souvent, c’est qu’il n’y a aucun rapport nécessaire entre les caractères chimiques d’une substance et ses effets physiologiques. Ici, nous avons, les mêmes caractères chimiques pour deux substances dont les effets phy-
RECHERC. SUR LA RAC. DECTCLAME, PAR M. DELUCA. 477
sîologiques sont très-différents et, pour ainsi dire, opposés,*' ainsi que nous l’avons montré dans nos leçons, et quc'M. Pelikan la constaté lui- même.
Nous ajouterons encore à cet appendice une note (le M. de Lucà sur le principe actif du cyclamen, dont il est question dans la vingtième leçon.
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Heekerahea chimiques »ut' h rucim de cyclame, par M. de Luca.
Prkmière PARTIE. — Cyclamine.
La’ racine de cyclame est un tubercule qui se présente soés la forme d’un pain orbiculaire aplati, d’une couleùr''^brune au dehors et blanche en dedans, garni de radicules noirâtres. La plante est cultivée en France pour 'ses bèlles* 'fleurs 'purpurines; mais dans différentes parties du royaume des Deux-Siciles et spécialement en Calabre,"on* fait' usage de ses tubercules pour’ la 'pêche des poissons d’eau douce. On opère de la manière su i van le : '
On écrase d'abord ces tubercules et on les réduit en pâte qu’on introduit dans un sac de forte toile; ensuite après avoir placé ce sac au milieu de la rivière, en plein midi, lorsque la chaleur est forte et le ciel sans nuages, on le comprinae avec les pieds pour faire mêler lé ju*s à’ l’eau de la rivière. En même temps une grande quantité d’écume'se produit, laquelle est transportée par le courant d’eau, et bientôt les poissons sont atteîôts' et viennent surnager, d'abord les petits, qui paraissent engourdis, puis ceux de grande taille, qui cherchent par des violents efforts â gagner le rivage, où on les ramasse avec facilité.
APPENDICE
Quelquefois, pour des cas spéciaux, on attache au bout d’un long bâton une petite poche en toile remplie avec la pâte indiquée, et on fait pénétrer cette poche dans les crevasses des rochers sous l’eau. Les poissons sont obligés de sortir de leur demeure et entrent dans un filet préparé d’avance. Ces faits, presque ignorés en France, ont motivé les recherches chimiques qui font l’objet de la présente communication à l’Académie.
La racine de cyclame {Cyclamen europœum, Arthanita officinalis) porte communément le nom de pain de pourceau de Terragna (Naples), de pamo terreno (Calabre). Autrefois elle entrait dans la composition de l'onguent d'artbanite, et on l’administrait comme émétique, purgative et hydragogue. Elle n’est d’aucun usage maintenant, peut-être à cause du danger et de l’inconstance de ses effets. Elle contient, en moyenne, 80 0/0 d’eau, 20 0/0 de manière sèche, et laisse par l’incinération un demi pour cent de cendres. Elle contient en outre une matière sucrée fermentescible, de l’amidon, de la gomme, et des susbtances âcres, irritantes et toxiques.
Cette première partie comprend l’extraction de la matière toxique contenue dans la racine de cyclame, la cyclamine, et l’étude de ses principales propriétés.
Préparation de la cyclamine. On a opérésur quatre kilogrammes de tubercules de Cyclamen europamm. Après les avoir lavés extérieurement à l’eau distillée et les avoir coupés ensuite en petits morceaux, on les a introduits dans un grand flacon avec quatre litres