‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 30 sur 120 · OXYDE DE CARBONE · texte numérisé non relu

OXYDE DE CARBONE

innocent par la plupart de ceux qui admirent que dans l’empoisonnement par la vapeur de charbon l’agent toxique était l’oxyde de carbone. Nous avons vu dans une leçon précédente ce qu’il fallait penser de ces vues exclusives et comment, suivant les circonstances, la mort pouvait arriver de l’une ou l’autre façon, par empoisonnement ou par asphyxie.

Les recherches auxquelles nous nous livrons ici ayant surtout pour but de conduire à des conclusions pratiques, nous aurons à revenir sur cette question lorsqu’après avoir examiné les phénomènes séparément, il nous faudra les réunir pour arriver à constituer les conditions qui se présentent habituellement.

Des résultats d’expériences étant ce qu’il y a de plus propre à fixer les idées sur un sujet de la nature de celui qui nous occupe, je vous rapporterai une expérience de M. Félix Leblanc, destinée à établir la composition d’un milieu confiné rendu mortel par la réunion des conditions qui concourent d’ordinaire à ce résultat. L’expérience a été faite en brûlant un poids déterminé de braise de boulanger dans une pièce fermée, de capacité connue ; une vitre enchâssée dans la porte permettait d’observer du dehors les effets de la combustion sur un chien de forte taille placé dans cette atmosphère. Un tube flexible traversait la porte, et pouvait, à un moment donné, appeler l’air de l’enceinte dans des ballons vides en ouvrant leur robinet. Quelques morceaux de braise incandescente étant placés dans les fourneaux, on chargea ceux-ci de braise non allumée et l’on ferma la porte. Au bout de cinq à six

minutes la flamme surmontait le combustible; le malaise de l’animal était déjà visible ; au bout de dix minutes, il tomba épuisé ; au bout de vingt minutes le chien succomba après quelques instants de râle. A cet instant, la bougie brûlait encore dans la pièce avec le même éclat. Ce n’est que dix minutes après la mort de l’animal que la bougie s’éteignit après avoir pâli de plus en plus. A ce moment on recueillit l’air dans les ballons, et l’on en fit l’analyse qui donna le résultat suivant :

Hydrogène carboné 0,04

Oxygène 19,10

Azote 75,02

Acide carbonique 4,61

Oxyde de carbone 0,34

Dans ce mélange gazeux, vous trouvez, outre les éléments ordinaires de l’air : de l’hydrogène carboné, de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, peutêtre même, d’après M. Leblanc, un peu de gaz olétîant qui aurait pu être absorbé par l’acide sulfurique.

La proportion d’hydrogène carboné est bien faible pour qu’on doive lui attribuer une influence importante dans les accidents auxquels le chien a succombé. La proportion d’acide carbonique n’explique pas non plus la mort ; elle est manifestement insuffisante pour donner lieu aussi rapidement à des effets délétères. L’empoisonnement doit donc être attribué à l’oxyde de carbone.

L’oxyde de carbone est un gaz incolore, ino-

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