DAMS UN MILIEU CONFINÉ
une particularité bien curieuse, mais qui pour le moment ne s’explique pas.
Les expériences dunl vous venez de voir les résultats doivent, Messieurs, nous faire abandonner un instant le terrain des actions délétères pour nous conduire à dm considérations physiologiques générales d'une grande importance.
11 y a assurément quelque chose de singulier dans ces marches si différentes de la diminution de l’oxygène et de l’augmentation de l’acide carbonique dans un milieu vicié par la respiration.
La théorie de Lavoisier, qui faisait brûler dans le poumon les éléments carbonés du sang et envoyait ensuite ce liquide, vivifié par cette combustion, porter dans toute l’économie la chaleur et la vie, doit être complètement abandonnée. Non, la respiration pulmonaire n’est pas une combustion, mais simplement un échange de gaz, et les conditions qui déterminent l’asphyxie sont précisément celles qui mettent obstacle à œt échange.
Pour achever de donner les preuves de la fausseté de la comparaison de Lavoisier, il reste à comparer les phénomènes de la respiration pulmonaire et ceux de la combustion.
Nous pouvons aussi rappeler à ce propos de belles expériences de Priestley.
Des souris mises dans une cloche y avaient péri asphyxiées ; d’autres y furent introduites et y périrent aussitôt.
Dans une autre cloche où une bougie avait brûlé et
œMBUOTION
tio
s’y était éteinte après en avoir épuisé l’oxygène, une autre bougie introduite s’éteignait immédiatement b Des pieds de menthe placés dans ces^deux cloches y prospérèrent et revivifièrent l’atmosphère à tel pohlt,’ que des souris > réintroduites dans la première ' y vécurent et qu’une bougie put brûler dans la- seconde; L’oxygène rendu par la menthe à ces milieux empêcha Priestley de' saisir la différence entre les phétioraènos ; si la végétation n’eût qu’enlevé l’acide carbonique, Priestley eût poussé jusqu’au bout' le’paratlèle entre les deux ordres de phénomènes. 1 • • ■
' Ces expériences, 'Messieurs, font admirablement ressortir, il est vrai, les analogies que présentent la respiration et la combustion. • ' <
Mais il nous' suffira de les varier un peu pour^ vous en fmre maintenant saisir les différences, qui sont bien plus importantes. ■ • • ‘ *
Voici une cloche sous laquelle uue bougie ne peut plus brûler et vient de s’éteindre. On prend un'peu dé l’atmosphère de cette cloche, et on reconnaît qu’elle renferme encore 15,4 pour • 100 d’oxygène et 2,3 d’acide carbonique, le reste de l'oxygène ayant formé de l’eau avec l’hydrogène de la' bougie; Nous introduisons dans cette atmosphère où • la bougie s'est éteinte un chardonneret, qui y vit fort bien et y vivra assez longtemps. Il serait facile, réciproquement, de faire üne atmosphère dans laquélle une bougie brûlerait fort bien, et dans laquelle un animal périrait im-~ médiatement. Vous avez vu un oiseau périr -en entraut dans une atmosphère composée de parties égdles
ET RESPIRATION
d'oxygène d’acide'scarbonique ; ane 'bougie y brûle mieux encore que , dans l’air, comme vous le voyez ici dans une expérience faite' sous vos jeux; I ‘
A quoi tient donc la différence dans les deux expA'riences? A ce que, dans la combustion, ><les phénomènes d’échange n’ont rien à voir', tandis qu’ils sont tout dans la respiration. Dans un cas, la bougie s’éteint par défaut d’oxygène ; dans l’autre, l’animal meurt par excès d’acide carbonique. ‘ ‘
• ‘ Dans je premier cas, les conditions, favorables à une combinaison sont devenues msuffisantM ; dans le second, un obstacle a; surgi qui empêche un échange gazeux respiratoire de s’accomplir. •
- Tout le moudoisait que, .lorsqu’un animal ne peut plus prendre d’oxygène, il meurt. Il est très-difficile de dire pourquoi il meurt, car sou sang n'est pas tout à fait privé d’oxygène. Nous avons fait des expériences pour rendre au sang d’un animal asphyxié l’oxygène que noos supposions lui manquer. A un animal dont la tête était enfermée dans une vessie, et qui se trouvait ainsi dans des conditions propres à l’asphyxie, nous avons injecté de l’oxygène dans les veines et dains les artères sans- que^ l’asphyxie ait paru en être retardée.
, Vous savez que les oiseaux ont des poumons traversés par, des orifices qui communiquent avec des sacs aériens répandus dans tout le corps et se prolongeant jusque dans les os. Eh bien, si on lie la trachée d’un pigeon et, qo 'ensuite on lui casse la patte pour ouvrir l’os qui communique avec les sacs aériens, bien que la communication soit établie entre le poumon et l’exté-