MORT DYNAMIQUE
de Bichat. Il fixait un robinet à la trachée d’un chien ; quand il fermait le robinet, comme vous le voyez ici, l’animal étouffait et aurait bientôt succombé. Si on * rouvrele robinet, l’imminence de la mort cesse, et l’ani- • mal revient de son angoisse. . • -'i
• On observe, dans cette expérience, différentes par- • ticularités'que nous vous signalerons en passant. Quand . on ferme la trachée avec un robinet sur un lapin, l’animal reste sans respirer, puis il respire, et on entend alors le murmure respiratoire, bien que la trachée soit » exactement -fermée. Ce bruit respiratoire s’entend ■ même lorsqu’on a préalablement fait le vide dans le • poumon en aspirant avec une seringue l’air qu’il con- . tient. Nous devons ajouter que, lorsqu’on fait ainsi le • vide, on fait rapidement affluer les liquides dans les bronches; et on entend alors des râles humides.
Sans entrer dans toutes les suppositions qu’on pour- ^ rait baser sur ce phénomène, nous nous bornons à les signaler, en indiquant toutefois que, sur les chiens, les ’ choses ne se passent plus de même. . ^ .<
• Sur un chien adulte, on appliqua à la trachée une canule dont 'on ferma le robinet. L’animal alors resta , longtemps sans respirer; sa respiration était comme suspendue ; après quoi l’animal s’agita et fit des efforts thoraciques comme pour respirer. Mais on n’enténdait alors aucun bruit à l’auscultation. Seulement, ■ les battements du cœur se ralentissaient au moment de l’effort inspiratoire. ‘On ouvrit alors le robinet, et • aussitôt des respirations accélérées se manifestèrent avec bruits inspiratoire et expiratoire sensibles dans la
SUPPRESSION DE l’aIR.
poitrine au passage de l’air dans le robinet. On ferma de nouveau le robinet de la canule, et cette fois l’animal resta moins longtemps sans éprouver le besoin de respirer; ce besoin revient d’autant plus vite que l’expérience dure depuis plus longtemps, et même, si l’on ferme le robinet au moment où les mouvements respiratoires sont très-accélérés, ils ne s’arrêtent pas.
Quand le robinet est fermé, l’animal respire violemment, comme lorsque les pneumogastriques sont coupés. Pour éclairer le mécanisme de cette respiration, on ouvrit le ventre de ce chien, afin de voir le diaphragme. Lorsque le robinet était ouvert, le diaphragme s’abaissait régulièrement dans l’inspiration, refoulait le foie en bas, en même temps que les côtes s’écartaient en s’abaissant. Lorsqu’on fermait le robinet, le diaphragme, ne pouvailt plus s’abaisser, restait collé aux poumons au moment de l’inspiration.
Voici alors ce qui se passait : tous les faisceaux musculaires qui s’insèrent aux côtes et au centre phrénique se contractaient, tiraieut sur le rebord du thorax et tendaient à le faire incurver en dedans; puis les piliers du diaphragme, attirant en arrière le centre phrénique, entraînaient le sternum dans cette direction en produisant ainsi l’aplatissement du thorax d’avant en arrière ; de sorte qu’en réalité il n’y avait point alors dilatation, mais déformation de la poitrine. Cette impossibilité de la dilatation du thorax tenait naturellement à ce qu’il ne pouvait pas se faire de vide entre les deux feuillets de la plèvre.
Dans ces mouvements violents, le tissu du poumon