SCR LES MUSCLES
tioD des muscles. A l’aide de cet appareil imaginé par M. Maüeucci, on peut prouver que les" muscles respirent d’autant plus énergiquement qu’ils se contractent davantage.
Nous laissons une des cloches en repos et déterminons quelques contractions dans les masses musculaires. que renferme l’autre. Le gaz des deux cloches qui, au début de l’expérience, était de l’air, doit avoir changé de composition.
Dans une des leçons précédentes, nous vous avons fait voir, par une expérience directe, que, soit qu'il fût empoisonné chez on animal vivant, soit qu’il fût empoisonné hors de l’animal par son mélange avec le curare, lé sang n’avait rien perdu des propriétés qui le caractérisent physiologiquement. Il semblait naturel de supposer l’innocuité du curare sur la faculté respiratoire du tissu musculaire, et nous avons, pour vérifier le fait, répété l’expérience de M. Matteucci en opérant avec des grenouilles tuées par ce poison. L’analyse des gaz restés dans deux cloches où les muscles de grenouilles avaient passé quinze heures a donné les résultats suivants, qui montrent que le curare n’a en rien modifié celte propriété respiratoire du tissu mus-
culaire.
Grenouilles normales :
Oxygène absorbé 2,37
Âcidc carbonique exhalé i ,26
Grenouilles empoisonnées avec le curare :
Oxygène absorbé 3,03
Acide carbonique exhalé ,27
ACTION DU CURARE
A propos de ces nouvelles expériences, nous allons poursuivre encore celte question intéressante de la séparation des propriétés du système nerveux moteur de celles du système musculaire.
Une expérience déjà ancienne et faite par beaucoup d’expérimentateurs, par moi-même sur le chien en 1846, avait démontré la possibilité d’arrêter les mouvements du cœur en agissant directement sur le système nerveux, en galvanisant le pneumogastrique. Nous avons repris cette expérience, soit en divisant le pneumogastrique et galvanisant le bout inférieur, soit en galvanisant le tronc laissé intact ; à l’instant même, on détermine ainsi l’arrêt du cœur. Dans la prochaine séance, nous vous rendrons témoins de cette expérience : pour que le résultat en soit visible à tous, nous mettrons une artère en communication avec le cardiomètre, comme nous l’avons déjà fait (voyez leçon 21®) ; vous pourrez ainsi, par les oscillations du mercure, suivre les mouvements du cœur et apercevoir leur suppression. Il nous faut pour cela un chien un peu fort, dont le défaut nous a empêché de faire aujourd’hui cette expérience.
Or lorsque les animaux ont été empoisonnés par le curare, il n’est plus possible d’arrêter le cœur en galvanisant le pneumogastrique : on n’obtient alors aucun effet.
Et remarquez ici un caractère qui physiologiquement sépare le cœur des autres muscles. L’influence du système nerveux détermine dans les muscles des contractions; elle produit le relâchement et l’arrêt du