ACTION DES VENINS
mim qu’ils agissent sur des systèmes et non sur des organes.
Vous savez qu’on a souvent rapproché le curare des venins; nous avons fait de nombreuses expériences pourvoir quels pouvaient être les points de rapprochement entre ces poisons. Nous allons vous montrer des expériences comparativement faites avec le curare et le venin de la vipère, et vous rappeler celles que nous avions déjà faites sur le même sujet.
Il vous sera facile ainsi d’apprécier les effets.
Nous avons, l’année dernière, expérimenté comparativement sur le curare et sur le venin de vipères qui avaient été prises dans la forêt de Fontainebleau : nous avons ainsi pu constater de grandes différences.
Voici ces expériences :
Expérience. — Une petite vipère jaune fut agacée, et, au moment où elle était en colère, on lui présenta, avec les précautions nécessaires pour ne pas se faire mordre, la cuisse préalablement plumée d’un moineau ; la vipère mordit le moineau et, presque aussitôt, un ecchymose noirâtre se manifesta autour d’une petite piqûre située à la partie interne et supérieure de la cuisse et ressemblant à une piqûre d’épingle. Bientôt la cuisse enfla, l’animal devint triste, abattu, et mourut trois quarts d’heure après.
Expérience. — On tranche la tête à une grosse vipère. En ouvrant, après la mort, la gueule de l’animal, du venin s’échappe par les crochets (fig. 28). On en prend sur la pointe d'un scalpel et le venin se présente sous la forme d’une gouttelette d’un liquide clair