DE LA. VIPÈRE
A la suite de la piqûre de la vipère, la plaie s’enflamme donc, elle devient noirâtre et donne lieu à l’écoulement de quelques gouttes d’uu liquide sanieux. Lorsqu’un moineau a été mordu à la cuisse, cette partie se tuméfie. Jamais rien d’analogue ne s'observe avec le curare : la plaie de l’inoculation reste une plaie simple. Voilà pour l’action locale.
L’action générale offre des dissemblances tout aussi marquées : chez les animaux qui succombent le plus rapidement, les petits oiseaux, la mort n’arrive qu’au bout de trois ou quatre heures, après que l’enflure qui apparaît au membre piqué a envahi tout le corps.
Une raison d’un autre ordre permettrait de séparer encore le curare des venins; d’après Fontana, qui a fait des expériences sur le venin des vipères, une vipère ne saurait être empoisonnée par ce venin, et elle l’est parfaitement par le curare. Mais je ne crois pas que cette considération doive entrer pour rien dans l’ensemble des caractères différentiels des deux poisons. Nous avons coupé la tête des vipères, et, mettant à nu leurs crochets d’où s’écoulaient une ou deux gouttes d’un venin jaunâtre, nous avons, avec ces crochets, piqué une autre vipère. Or cette seconde vipère a été empoisonnée; presque toujours elle est morte, seulement ce dénoûment n’arrive qu’au bout de 36 ou 48 heures ; quant à la plaie, elle présente exactement les mêmes caractères que chez les autres animaux.
Voici les détails d’une expérience :
Expérience. — Une petite vipère jaune fut piquée