‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 93 sur 120 · ACTION DU VENIN · texte numérisé non relu

ACTION DU VENIN

avec un scalpel sur la pointe duquel on avait recueilli une goutte du venin d’une autre vipère à laquelle on avait tranché la tête. On fit à cette même vipère une autre plaie, dans laquelle on fit pénétrer avec pression les crochets de l’autre vipère, à qui on avait également coupé la tête.

Deux heures et demie après ces piqûres, la vipère parut moins vivace les plaies étaient gonflées, sanieuses, d’une couleur gris noir. Le lendemain, la vipère vivait encore : elle paraissait assez vive, quoique moins vigoureuse que la veille, et ne cherchait plus à mordre. Le troisième jour seulement après la piqûre, la vipère mourut.

Je crois que Fontana a été trompé parce qu’il faisait ses expériences comparativement sur des vipères et sur des pigeons, et qu’il observait l’état de la vipère empoisonnée au moment où le pigeon succombait ; or les animaux à sang froid résistent plus longtemps à l’empoisonnement, comme on peut le voir en rapprochant encore des expériences faites sur des moineaux, de la suivante faite sur une grenouille.

Expérience. — Avec le venin d’une grosse vipère ou piqua la cuisse d’une grenouille. Deux heures et demie après la piqûre, la grenouille était encore vivace, quoique la plaie fût gonflée, sanieuse et noirâtre comme si elle eût été cautérisée.

Au bout de trois heures, la cuisse était roideetne pouvait plus se mouvoir. On fit alors mordre la grenouille par une autre vipère. Le lendemain matin seulement la grenouille était morte.

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