‹ Leçons sur les épidémies et l'hygiène publique. Faites à la Faculté de Médecine de StrasbourgChapitre 17 sur 23 · III. îi · texte numérisé non relu

III. îi

àe Leipzlck,de lôSs 'à i665, décrite par Welschi, et reproduite par M. Ozanam dans son Histoire médicale des épidémies (tom. II, pag. 268 et suiv.). C’est la première description soignée que nous ayons de ces maladies, et pour cela nous la donnerons toute entière, afin que, comparée à ce qui a été vu jusqu’à nos jours, et frappant nos regards par une identité presque absolue de symptômes, le lecteur soit convaincu, avec nous, qu’effectiveinent l’état puerpéral donne lieu à un ensemble de symptômes sui generis ^ à une de ces entités tant décriées par quelques modernes.

Nous n’en approfondissons pas les motifs; mais cette épidémie fut regardée comme inconnue jusqu’alors, et elle fut si meurtrière qu’à peine échappait- il une malade sur dix. Elle se déclai’ait souvent dès le lendemain de l’accoucbement , quelquefois seulement le quatrième jour, et principalement à l’époque de la fièvre de lait; plus rarement le septième jour; et elle se manifesta une fois la cinquième semaine après les couches.

Premier jour: frisson, puis grande chaleur par tout le corps, anxiété précordiale, inquiétude, céphalalgie récurrente, rougeur des yeux; légère sueur au front, à la poitrine et au dos; diminution des lochies; urines claires, naturelles, légères; ventre constipé. Deuxième jour: peau brûlante, rouge, âpre, prurigineuse; soif, sommeil nul ou inquiet, éruption miliaire générale; lochies supprimées; sueurs profuses; urines

troubles, sëdimenteuses, souvent involontaires; pouls, d’abord grand et fort, bientôt faible et inégal; respiration difficile; prostration des forces. Successivement délire, épistaxis qui ne soulage pas; tremblement des membres, mouvemens convulsifs et même épileptiques; yeux troubles, fuligineux; catarrhe suffocant, qui amène une prompte mort du sixième au huitième jour. Dans les cas plus rares, où la maladie se prolongeait et où il y avait espoir de guérison, les symptômes se mitigeaient vers le neuvième jour, la rougeur et faspérité de la peau disparaissaient, et il se faisait une desquamation de l’épiderme ; la maladie se jugeait par une diarrhée bilieuse et muqueuse. Toute l’attention des médecins se porta sur les premières voies et sur la peau : on administra des lavemens purgatifs, des sudorifiques et des cordiaux. On ne fit point d’autopsie, et l’on ne parle ni de la saison , ni des maladies qui régnaient en même temps.

s.*’ Epidémie puerpérale à Copenhague, en 1672 , dont Thomas Bartholin a inséré une trop courte notice dans les actes de cette ville^ et qu’il attribue au froid et à. l’humidité qui régnèrent constamment cette année-là.

5.° Epidémie puerpérale de Leipzick et de Francfort sur le Mein, en 1725, dont Frédéric Hoffmann a laissé une description. Elle attaquait les femmes en couches vers le second ou le troisième jour de leur délivrance : frissons suivis de chaleur et d’une grande oppression,

suppression des locliies, éruption miliaire pustuleuse, principalement sur la poitrine; délire, convulsions, et mort de la plupart des malades du cinquième au neuvième jour. Hoffmann dit que le traitement stimulant, les vésicatoires et les ventouses sèches furent inutiles et même nuisibles; mais il ne nous apprend pas si la médecine tumultueuse quil a faite lui-même , si ses poudres antimoniales, bézoardiques, etc., ont été plus heure uses.

4*^ Epidémie puerpérale à Paris et dans les environs, de 1756 et 1757. Il y eut dans les deux hivers de ces années une grande mortalité parmi les femmes en couches : la délivrance était heureuse, mais vers le troisième jour les lochies se supprimaient. Celles que Ton saignait périssaient ordinairement en peu de jours; celles, au contraire , à qui on prescrivait une boisson délayante, avec le sulfate et Facétate de potasse , à petites doses, et autres laxatifs et minora tifs, se tiraient d’affaire. 11 est à noter que depuis quelques années la constitution de l’air avait été molle et australe, plutôt chaude que froide; que les pluies de 1757 avaient détruit les récoltes; qu’il n’était question depuis long-temps que de toux opiniâtres, d’érysipèles, de suettes, de rhumatismes, de catarrhes, de diarrhées, d’apoplexies, de fièvres malignes, etc.; et que depuis plusieurs années on se plaignait, comme d’événemens inusités, de la perte fréquente de femmes en couches , ce qui a encore continué les années suivantes.

5.'’ Epidémie puerpérale à Paris, en 174^. 11 périt en Janvier et Février de cette année, dans cette capitale, un grand nombre d’accouchées, quoique leur délivrance eût été heureuse : toutefois, chez plusieurs, les eaux s’étaient écoulées avant les bonnes douleurs ; l’utérus était resté dur, douloureux, tuméfié, et les lochies ne Huaient pas suivant l’ordre naturel. Un jour ou deux après l’accouchement il survenait tout à coup un frisson fébrile, mais modéré; le pouls était petit, concentré et un peu accéléré; les seins se flétrissaient; le ventre se météorisait et devenait extrêmement douloureux, principalement vers les ligamens larges: toux, céphalalgie; nausées et vomituritions ; diarrhée douloureuse, blanchâtre et fétide; point de diminution, ni de suppression dans l’écoulement des lochies; yeux éteints, visage décoloré, langue ordinairement humide, se chargeant d’un limon hlanc ou jaune assez épais. Au bout de quelques heures, pouls de plus en plus concentré et petit; sécrétion du lait entièrement supprimée, et impossibilité de la rétablir par la succion ; douleurs abdominales intolérables, et augmentation rapide de la tension du ventre : vers la fin du deuxième jour de la maladie, ou dans le troisième, cessation subite des douleurs; sueur froide et gluante, évacuations alvines et lochies d’une odeur insupportable , pouls tremblotant et misérable ; perte de connaissance, et mort du cinquième au septième jour depuis raccouchement.

Les femmes pauvres furent principalement attaquées de l’épidémie , surtout lorsqu elles accouchaient à riiôpital;et dans le commencement de Février la maladie présentait tant de danger, qu’à peine sur vingt femmes parvenaiton à en sauver une. Il est à noter que dans ce mois on vit des femmes qui avaient déjà trente jours de couches, attaquées de la maladie, et meme plusieurs de préférence à celles qui accouchèrent à cette époque.

L’ouverture des cadavres montra une matière comme caséeuse , adhérente à la face externe des intestins, du sérum répandu dans la cavité ahdomingle, et dans celle de la poitrine les poumons fournissant une lymphe ^^putrescente à mesure qu’on les coupait. L’estomac, les intestins et l’utérus paraissaient avoir été enflammés: ce dernier était très-gonflé , et on en faisait sortir des grumeaux de sang à mesure qu’on le disséquait. Dans quelques corps les ovaires contenaient du pus. La vessie , le rectum et les parties voisines de l’iitérus portaient aussi des traces d’inflammation et des épanchemens séreux dans les cavités.

Les médecins de ce t mps-là regardèrent cette maladie comme un épanchement de lait: opinion qui eut des défenseurs jusqu’à nos jours, et qui faisait le désespoir des médecins; car ils avouaient qu’il était impossible de résoudre ce lait épanché, de l’amener au dehors ou de le faire rentrer dans les voies de la circulation, et ils n’étaient que trop soutenus par

rineffîcacitë des mëtliodes de traitement. La saignée du bras et du pied, les sangsues, les ventouses, les vésicatoires, les bains, les doucbes d’eau froide sur le ventre, les purgatifs, ripécacuanlia , etc., furent tour à tour employés inutilement. Cependant la saignée se montra utile sur la fin de Février j et remarquons que pendant ce mois le froid avait été très- vif , et qu’il régnait en même temps des rhumes, des catarrhes, des diarrhées, des petites véroles, des fluxions de poitrine et des apoplexies (Mémoire de l’Académie royale des sciences, annéq 174^, pag. 5 60 et suiv.)

ôf" Epidémie puerpérale de Heugon en Normandie, de l’année 1767, décrite Lepecq-dela-Clôture ^ dans son ouvrage sur les épidémies de cette province, et qui fut très -meurtrière. L’accouchement était naturel; mais le second ou le troisième jour les lochies se supprimaient, le délire survenait, une éruption miliaire, accompagnée de pourpre ou de pétéchies, se déclarait, et la mort arrivait le cinquième ou le sixième jour. Il est à noter que les maladies de cette époque étaient des affections catarrhales d’un caractère semblable à celles que nous avons décrites aux deux chapitres précédens.

7.^’ Epidémie puerpérale de Londres , en l’an 176g, décrite par Leacke^ et observée par ce médecin à l’hôpital de Westminster. La maladie débutait, dès le second ou le troisième jour des couches, par un frisson plus ou moins marqué, suivi de nausées et de vomituritions bilieuses :

pouls fréquent , petit et concentré ; abdomen tuméfié; suppression de la sécrétion laiteuse et des lochies ; douleur hypogastrique ; dysurie ; diarrhée fétide ; bientôt céphalalgie , douleur dans les lombes , crampe aux extrémités inférieures , oj)pression , anxiété, prostration des forces. Si la maladie devait tourner à bien, les selles étaient abondantes, jaunes et bilieuses; les lochies reparaissaient, quoique peu copieuses et semblables à des lavures de chair ; la peau devenait moite et le ventre se distendait ; le pouls acquérait du développement et de la régularité , et la respiration devenait plus libre. Dans le cas contraire, la langue, d’abord recouverte d’un mucus jaunâtre, devenait noire; les dents fuligineuses , les yeux ternes et larmoyans : souvent les douleurs abdominales cessaient subitement, ce qui était accompagné d’excrétions alvines involontaires et très-fétides, d’un écoulement par le vagin d’une odeur cadavéreuse, du météorisme , du hoquet, de sueurs colliquatives, du délire, des convulsions, annonces d’une mort prochaine. La maladie se jugeait, en bien ou en mai, du septième au onzième jour.

L’ouverture des cadavres présenta l’épiploon détruit ou portant des traces d’inflammation et de suppuration ; les intestins participaient à cet état, et la cavité abdominale contenait des épanchemens séreux semblables à du petit-lait. Leacke se loue de l’emploi de l’ipécacuanha , comme vomitif; des boissons acidulés et mucilagineuses, des lavemens émolliens et desfomen-

tâtions de meme nature j meme quelquefois de celui de la saignée.

S."" Epidémie puerpérale de Vienne en Autriche, de 1770, observée et décrite par EYucAe et Storck, h. l’iiopital de Saint-Marc. Après l’accouchement, la matrice restait dure, elle se tuméfiait et devenait douloureuse; les lochies se supprimaient; la diarrhée se manifestait, avec chaleur interne , soif ardente , douleur de tête intense et la peau visqueuse. Le troisième ou le quatrième jour l’abdomen se tendait davantage et les mamelles devenaient flasques. Ces symptômes allaient en augmentant jusqu’au sixième ou septième jour, époque où ils amenaient la mort.

On trouvait a l’autopsie cadavérique l’épiploon et les viscères abdominaux recouverts de fausses - membranes ; des traces d’inflammation dans les viscères, et des épanchemens séreux dans les cavités pectorale et abdominale : la matrice a été vue assez souvent sphacelée. Ces indices d’inflammation firent recourir à la saignée dans le début de l’épidémie , mais sans avantage : on se tourna alors du côté du camphre à grande dose, donné intérieurement, combiné avec le quinquina , et l’on administrait aussi des lavemens camphrés, composés d’un gros de camphre, deux gros de gomme arabique et huit onces de bouillon faible. Les auteurs assurent qu’on parvint à sauver plus de quarante femmes par cette méthode.

g.'’ Epidémies puerpérales de la même ville ,

de 1776 à 1780, décrites par Stoll et Fincke ^ à riidpital pratique et à celui de la Sainte-Trinité de cette capitale de l’Autriclie. Sto// rapporte que déjà dans le dernier temps de leur grossesse quelques femmes eurent une lièvre irrégulière et obscure, le ventre paresseux, la Louche mauvaise , des douleurs lombaires et au creux de l’estomac , des difficultés d’uriner, etc.; que la plupart de celles qui accouchaient dans les établissemens ci- dessus, furent saisies , peu de jours après l’enfantement, quoiqu’il eût été heureux, de frissons et de chaleurs alternatives, de diminution de l’écoulement des lochies , de douleurs abdominales, surtout à la région hypogastrique et à l’utérus, si vives, que les malades jetaient les hauts cris et ne pouvaient souffrir le moindre ^attouchement. La langue était rarement propre ; on la voyait hérissée de pointes blanches, jaunes et quelquefois trèsvertes. Quelques malades eurent une éruption ortiée, mêlée de plaques, comme de scarlatine. Nonobstant ces symptômes, ces douleurs, la dureté globuleuse de l’utérus, et l’apparence d’un pouls fort et roide, que Sto// attribuait au spasme, ce praticien célèbre ne jugea pas que ces maladies appartinssent à i’inllammation , qu’il dit se rencontrer très-rarement avec l’état puerpéral, et, les considérant comme une dépendance de sa constitution bilieuse favorite, il les traita par les émétiques et les laxatifs avec beaucoup de succès, puisqu’il ne perdit pas une seule maladef il est vrai qu’on peut facilement

juger que ces cas étaient légers. {Meth. rnedend.j pars 11^ cap. 9.)

lo."" Épidémies puerpérales de Paris, en 1774 et 1782. Le troisième jour, et quelquefois plus tôt, d’une couche heureuse , les accouchées étaient prises d’un frisson plus ou moins violent, de vomissem-ent de matières vertes et jaunes, ou simplement de nausées; pouls petit, concentré et un peu accéléré; seins flétris; continuation du cours des lochies; ventre météorisé et douloureux; dévoiement très-fétide; yeux éteints, visage décoloré; langue humide, chargée d’un limon blanc assez épais, et d’un jaune verdâtre à sa base; rémission des symptômes vers le second ou le troisième jour de la maladie, mais courte, et bientôt suivie d’un redoublement qui emportait les malades vers le quatrième jour. Quand la terminaison devait être heureuse ^ le cours de la maladie se prolongeait, et la guérison s’opérait par les selles, les urines et la transpiration.

La Faculté de médecine de Paris, assemblée à ce sujet le 16 Septembre 1782, entendit la lecture d’un rapport rédigé par les médecins de l’Hôtel-Dieu, où la maladie régnait principalement, et où elle avait pareillement régné en 1774? époque où deux cents femmes en furent attaquées dans l’espace de quatre mois. Ce fut m cette occasion qu’on adopta la méthode proposée parle docteur Doulcet y si connue depuis lui, qui a conservé son nom, et qui a, en effet, de l’efficacité dans certaines circonstances. L’on

sait qu’elle consiste dans le traitement suivant: on saisit, autant que possible, l’instant de l’invasion de la maladie, pour donner quinze grains d’ipécacuanha en deux doses égales, et à une heure et demie d’intervalle l’une de l’autre; on réitère ce remède le lendemain, quand meme ons’aper-* çoit de la diminution des douleurs et de la tension de la région abdominale; on le répète trois à quatre fois, si ces symptômes continuent ; on soutient la liberté desselles par une potion composée de deux onces d’huile d’amandes douces, d’une once de sirop de guimauve , et de deux grains de kermès minéral, prise par cuillerées et continuée pendant huit jours; on donne pour boisson une simple eau de graine de lin ou de scorsonère, édulcorée avec le sirop de guimauve; enfin, on purge avec la manne et le sulfate de potasse. Ce traitement sauva la vie à beaucoup de femmes.

Toutefois, pour qu’on ne croie pas que cette méthode fiit regardée comme exclusive, dans le temps meme où on l’a publiée, je dois prévenir qu’on lit dans le Rapport de l’ancienne Société royale de médecine sur les fièvres puerpérales de cette époque, qu’il ne s’en suit pas que les vomitifs et les laxatifs, employés coup sur coup et de bonne heure, comme les administrait M. Doulcet y dans l’intention de prévenir les épan^ chemens laiteux , ainsi que ce médecin s’en est expliqué et que l’a entendu la Faculté de Paris d’alors dans son Rapport sur ce traitement; qu’il ne s’ensuit pas, dis-je, que ces remèdes dussent

être employés indistinctement pour toutes les fièvres puerpérales qui sont compliquées avec le météorisme douloureux du bas -ventre; « que, parmi cesmaladies aiguës, il convQnait de distinguer celles qui étaient purement putrides, telles que celles qui infectaient l’Hotel-Dieu, les seules qu’avait eu occasion de traiter M. Doulcet et dans lesquelles l’inflammation n’était que symptomatique, de celles qui ont un caractère purement inflammatoire; que de quatre femmes en couche qui ont été attaquées de fièvre aiguë à riiôpital de Vaugirard, traitées par M. Doublet ^ trois succombèrent sous cette méthode, et que la quatrième, qui échappa, fut une femme robuste , à laquelle on ne craignit pas de faire plusieurs saignées dès le commencement de la maladie. Les memes observations avaient déjà été faites par Puzos et de Saunages ; et dans un passage à' Hippocrate sur les maladies des accouchées, où il est question de la saignée, des vomitifs et des purgatifs , employés de bonne heure, il semblerait que le médecin de Cos eut aussi fait déjà cette distinction. {YojezDe inorh, mulier,, lih. /. )

îi.'’ Epidémie puerpérale d’Arzago en Lombardie, de 1786 et 1787 , décrite par le docteur Cerri, de Milan, dans un Mémoire dont M. Ozanam nous a donné un extrait. La maladie commençait le deuxième ou le troisième jour de l’accouchement, rarement plus tard, par un frisson suivi de chaleur, langueur, prostration des forces, pouls fréquent et serré; distension

de la région précordiale, coliques, tuméfaction du ventre, oppression de la respiration, visage pâle; lochies supprimées; point de sécrétion laiteuse, et diarrhée colliquative avec déjections involontaires.^ Les extrémités inférieures se tuméfiaient, tandis que les supérieures tombaient dans l’atrophie. Quelques femmes périrent, le second ou le troisième mois, de phthisie pulmonaire, après avoir échappé à l’état aigu; plusieurs aussi devinrent hydropiques. La lièvre , au rapport de M. Cerri, était ordinairement quotidienne, rémittente et parfois intermittente. L’épidémie, qui avait commencé sur la lin de l’année 1786, se termina vers le milieu du mois de Juillet 1787, et fut remplacée par une dyssenterie qui, sur sept cents habitans, en attaqua près de six cents. L’auteur appelle cette maladie lejite puerpérale, et rapporte deux exemples de péritonite chronique, dont une malade mourut au trentehuitième jour, et une autre guérit au trentecinquième. Il ne paraît pas avoir saisi la cause principale de l’épidémie , et il n’a fait que la médecine des symptômes, favorisant par des boissons délayantes les excrétions alvines , et craignant la saignée et les vomitifs , parce qu’ils auraient arreté les évacuations. Aussi ne paraîtil pas avoir été très-heureux, malgré les louanges que lui donne M. Ozanarn.

12. Épidémie puerpérale de Londres, des années 1787 et 1788, décrite par le docteur Clarke, et c[ui débuta dans le mois de Juillet 1787. L’invasion de la maladie avait lieu le

deuxième ou le troisième jour, quelquefois aussitôt après Ja délivrance, rarement au liuitième jour des couches. Elle commençait par un frisson, mais dont les malades s’apercevaient peu, parce qu’elles étaient prises de suite d’un léger délire, qui était cause encore d’une répugnance bien remarquable quelles montraient toutes à allaiter leurs enfans. En meme temps visage pâle, et traits de la physionomie singulièrement changés et altérés; yeux ternes, regard égaré, pupilles dilatées, face couverte d’une sorte de moiteur visqueuse, et ses muscles absolument sans action; langue blanche, humide, devenant rude, noire, brune, parcheminée dans les progrès de la maladie; peau visqueuse et chaleur naturelle; pouls, d’abord accéléré et fort, surtout chez les femmes sanguines, s’aiFaibiissant bientôt, devenant irrégulier; respiration courte et pénible ; douleur et tuniéfaction abdominales; lochies supprimées vers le troisième ou le quatrième jour, ou simplement diminuées, mais acquérant une odeur fétide; diarrhée, dont le flux était souvent involontaire; nausées et vomissemens quelquefois si continuels qu’ils ne permettaient de retenir aucun médicament.

On vit des malades mourir dans une prostration totale des forces au bout de trente-six heures. Plusieurs succombèrent le troisième jour, et la plupart seulement le neuvième, après avoir été long-temps dans un anéantissement stupide. On perdit plus de la moitié des malades.

L’autopsie cadavérique présenta des traces

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