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plus vicies, les mailles du tissu cellulaire plus affaissées, et le système seusitif plus à découvert.
Quant aux temps d’épidémies, les élémens de ces maladies agissent comme corps irritans chez des sujets d’eux -memes très- disposés à l’irritation : en outre, la misère, le chagrin, la terreur qu’inspire chaque jour la nouvelle de nouveaux décès, le transport dans les hôpitaux et les incertitudes des gens de l’art, sont de puissantes causes prédisposantes, qui agissent alors ayec une force égale sur les femmes enceintes et en couche de toutes les classes de la société.
§. 4^4- pronostic de la fièvre puerpérale est généralement douteux, et donne plus lieu de craindre que d’espérer. Elle est fort à redouter quand elle s’annonce déjà avant ou bientôt après l’accouchement, et que la marche des symptômes est rapide; on espérerait en vain, dans ce cas, en un événement favorable , et l’on peut presque à coup sur prédire le danger qui menace la malade, x^e cours de ventre qui succède immédiatement à l’invasion de la maladie, et les vomissemens spontanés, ont parfois été critiques , surtout lorsqu’aux selles copieuses ont succédé l’affaissement du ventre et la moiteur de la peau; cependant l’on doit être averti que les femmes qui ont échappé, ont du principalement leur guérison à une constitution assez forte pour soutenir la durée de l’excrétion des selles, et à ce qu’elles avaient déjà commencé à se remettre des effets de la commotion de raccoiichement.
Le pouls, dans certains cas, est simplement fréquent et contracté , quelquefois plein et presque naturel, quelquefois aussi dur et fort; mais, dans les cas graves et malheureusement les plus communs, il est presque toujours dès le principe très-faible et d’une vitesse extraordinaire; or, il nest pas de pronostic plus défavorable que celui que fournissent dans cette fièvre la faiblesse et l’accélération du pouls , quelque peu fâcheux que puissent paraître les autres symptômes. On peut au contraire concevoir de l’espoir , lorsque, de petit et vite, le pouls devient plus lent, plus plein, plus mou ; lorsque la respiration se maintient libre et que les lochies reparaissent, si elles avaient été supprimées.
La sueur abondante , universelle , qui succède à l’accès du froid, est un bon signe; la permanence de l’aridité de la peau et les sueurs partielles sont par-contre un mauvais signe; et le froid qui persiste et qui précède quelquefois la mort de vingt-quatre heures, est un signe de gangrène. C’est un bon augure que les urines, qui étaient aqueuses, déposent un sédiment épais, gris, blanc ou même couleur de brique; et c’en est encore un meilleur, lorsque de temps à autre la malade goûte un sommeil tranquille.
De toutes les complications de la fièvre puerpérale simple , celle des saburres gastriques est la moins fâcheuse. La gastricité peut certainement contribuer, sinon à produire , du moins
à aggraver cette fièvre; mais, comme on y remédie facilement et comme son existence peut faire développer plusieurs symptômes qui simulent une maladie très -grave , je suis porté à croire qu’on a pu quelquefois prendre le change , regarder la fièvre gastrique chez une accouchée comme une fièvre puerpérale ; et de là la spécificité tant vantée des évâcuans pour la guérir avec certitude. On pourrait donc regarder comme un signe favorable un mauvais goût à la bouche et la langue sale, surtout s’il en avait déjà été ainsi avant faccouchement ; mais lorsqu’on voit des accouchées? très-saines d’ailleurs , présenter tout à coup ces accidens avec des nausées et des vomissemens bilieux, il est fort à craindre qu’ils ne soient que feffet d’une irritation ou même de l’inflammation de quelque viscère du has-ventre , et ce sont alors des signes très -suspects.
La complication de l’inflammation est, après la gastricité, celle qui laisse le plus d’espoir : l’adynamie forme déjà une complication trèsgrave; la plus grave et la plus funeste est celle du typhus, lequel a une très-grande affinité avec l’essence de la fièvre puerpérale , à moins que les symptômes typhoïdes soient simplement iiitermittens, circonstance qui donne plus à espérer. Le pronostic de ces diverses combinaisons se complique de celui qui est propre à la fièvre puerpérale simple , et de celui qui convient à chacune de ces maladies en particulier.
§. 425. Il est rare qu’on soit appelé assez tôt
pour traiter la lièvre puerpérale clans sa simplicité : les premiers temps des maladies des femmes en coiiclie sont ordinairement confiés aux accoucheurs, cjiii , malheureusement, s’occupent plus des manœuvres de leur art cjue de la médecine propremènt dite , c[uoiqii’ils se croient et c|u’on les dise médecins j ou bien les premiers secours sont donnés par l’empirisme, et ce n’est c[ue quand le mal a fait des progrès c{u’on recourt à des conseils trop tardifs et souvent impuissans.
Mais si Ton avait le honheiir d’assister à la naissance même de la maladie , il est plus que probable qiion la ferait avorter par fadministration de Popiiim : c’était la praticjiie de Treilles {de Usu opii, tom. 2, pag. 212), de Sjdenham {Dissert, epist. oper.^, tout. 2 , pag. 2 5o)j de Boerhaave et de Kan-Sv^ieten\ c|iii en font le plus grand éloge {Coinm. in §. ï52)- de Chamhon 3 qui dit expressément que ce remède est le plus efficace de tous pour dissiper le spasme c[ui produit l’engorgement local ou qui favorise son accroissement (Malad. des femmes, tom. i.% pag. 172).
Que si l’on n’arrive qu’après que le spasme a donné lieu à d’autres lésions, et surtout à cette réaction, tantôt salutaire et tantôt nuisible, fjue les forces conservatrices encore existantes manquent rarement de produire ; si cette réaction est modérée et qu’il n’y ait aucune complication, on devra encore se contenter de faire la médecine du spasme, en le combattant
par des infusions chaudes légèrement aromatiques, telles que celles de fleurs d’oranger, de camomille, de feuilles de mélisse, ete.'j par des déeoetions mucilagineuses rendues un peu sudorifiques par l’addition de fleurs de coquelicot, de bouillon blanc ou de sureau; par des fomentations de meme nature sur le ventre; par des demi-bains tièdes et même des bains entiers, d’un quart d’heure a une demi-heure de séjour; par des injections dans le vagin de décoctions de ciguë, de jusquiame, d’infusion de camomille, auxquelles on ajoute un à deux scrupules d’eau distillée de laurier-cerise; par l’emploi, si ces moyens sont insuffisans, de ventouses et de rubélians appliqués successivement du ventre a la poitrine, de celle-ci aux aisselles , sur les bras, entre les épaules, sur les seins, dont on sollicite les fonctions par la succion.
On donne , selon le besoin , de temps à autre , des juleps légèrement hypnotiques pour favoriser le sommeil et procurer du calme; on entretient la liberté du ventre avec des lavemens de décoction miellée de camomille ordinaire , et on soutient les forces avec des tasses de bouillon de chair maigre de mouton et de veau, donné toutes les trois heures. Pfous ajouterons (et ces soins sont aussi essentiels que trop souvent négligés par les gardes), qu’on doit veiller à la propreté du lit de la malade, à la pureté de l’air de son appartement, à ce qu’il ne soit ni trop chaud ni trop froid , à ce qu’il n’y ait auprès d’elle que les personnes
necessaires au service j à ce qu’on ne permette aucune visite, et surtout à ce qu’on ne donne a l’accoucliée, ni directement ni indirectement, aucune nouvelle fâclieuse ou désagréable, et qu’on n’excite pas sa curiosité en se parlant h voix basse dans sa cliambre. Ces moyens suffisent dans l’état de simplicité, et l’on ne doit pas en employer d’autres lorsqu’on est appelé trop tard.
La réaction peut se trouver trop forte chez quelques sujets doués de beaucoup de vie, et il en pourrait naître un état inflammatoire tant dans le bas-ventre qffià la poitrine et à la tête, si l’on n’y avait pas égard : c’est là le cas de mettre en usage, dès le principe, les déplétions sanguines, qui, d’ailleurs, sont le meilleur antispasmodique lorsqu’elles sont indiquées. Ou a cette indication, quand la malade est forte et pléthorique j cjuand son accouchement a été laborieux j quand le pouls est dur, vibrant, avec beaucoup de chaleur, céphalalgie, visage rouge, battement des carotides, douleur abdominale fixée au meme point, et lochies supprimées inopinément; surtout si l’état de la saison est de nature à disposer aux maladies inflammatoires * ou rhumatismales. Tel avait été le cas de quelques femmes dans l’épidémie anglaise de i8io et 1811 , oii, d’après l’histoire de ia maladie, la saignée avait réussi; tel avait été probablement aussi celui de cette esclave iduméenne de Stymarges, dont parle Hippocrate , qui, après avoir mis au monde une fille, eut des tremble-
mens, des convulsions, et des douleurs autour du bassin et à la cuisse; on lui lit une saignée au pied, et elle se rétaÎ3lit {de morhis popular. j, ^lib. 2^ sect, 4)* La saignée doit être d’abord pratiquée au bras, ensuite au pied, si la douleur et les symptômes cérébraux persistent; et successivement, si la douleur continue, on applique des sangsues au voisinage des parties soulFrantes. Il faut se bâter dans cette médication, l’administrer aussitôt après le premier frisson, et c’est bien ici le lieu de cet axiome, occasio prœceps. Je le dis francbement , je redoute moins un excès de réaction dont je puis me rendre maître, que tout état contraire : l’inflammation a ses ressources et se guérit souvent d’elle-même dans cette maladie même, ce que ne font pas les autres formes. L’on a nombre d’exemples de guérisons par l’évacuation spontanée ou artificielle de la matière exsudée par les membranes séreuses abdominales, enflammées, épaissies, cliangées en Listes, agglutinées. J’ai eu le bonheur de guérir, à mon grand étonnement, des suites de couches où le ventre avait été long- temps météorisé, avec fièvre lieçtique, par l’application de la pierre à cautère, qui donnait issue à la matière épanchée. L’ancien Journal de médecine de Paris (Septembre 1774 Avril 1785) contient des observations d’épancliemens dits laiteiiæ au bas-ventre, qui furent guéris par une fistule au nombril; d’épancliemens de même nature, évacués d’abord par la ponction au moyen du trois-quarts, ensuite eniièrementvidés
par des depots au nomîiril, qui procurèrent aux grumeaux caséeuæ auxquels Ja eaiiuie n’avait pu donner issue, Ja facilité de sortir de la cavité. L’on a vu plus haut que M. Fiijol en a également fourni un exemple bien remarquable où, après un écoulement successif de matière grumeleuse et purulente, avec lièvre hectique, la malade a été parfaitement rétablie au bout de deux ans. Nous avons d’ailleurs un assez bon nombre d’observations de sorties de débris de fœtus par les parois du bas-ventre après la grossesse extra-utérine, qui supposent nécessairement plusieurs irritations et inflammations préalables. L’on a donc beaucoup exagéré les dangers de rinliarnmation franche du péritoine : cependant l’on sait avec quelle promptitude cette membrane se cicatrise dans la gastro- raphie , et Dehaen a fourni, dans le 2."^ tome de son Ratio medejidi , plusieurs cas de rupture du péritoine par suite d’hjdropisie enkistée, où la mort, qui survint peu de temps après, permit de découvrir que la plaie de cette membrane était déjà guérie et parfaitement , consolidée.
Je ne craindrai pas davantage les symptômes vrais de sabiirres gastriques, qu’ils soient primitifs ou secondaires. Dans cette occurrence on administre promptement un émétique et ensuite un laxatif, suivant le besoinr Lorsqu’il n’y a pas une grande faiblesse, je donne la préférence au tartre stibié, à cause de sa propriété laxative et sudorifique subséquente^ dans le cas
contraire, j’emploie ripëcacuanlia. Il est indigne, au surplus, d’un praticien sage de participer à l’abus qu’on a fait des évacuans, meme les plus âcres, des premières voies, d’après une croyance superstitieuse à leur spécificité j de méconnaître l’éminente disposition de ces sortes de malades à l’irritation et à une diarrhée indomptable, par laquelle elles terminent leurs jours. Ma raison s’est soulevée plusieurs fois contre la maudite influence que la chimie de chaque âge a exercée sur la médecine, et contre l’abus qu’on a fait de la poudre de* J cimes y du kermès minéral et des autres antimoniaux, dans les maladies des femmes. J’ai vu des médecins s’opiniâtrer avec le kermès, le soufre doré ou l’antimoine diaphorétique , pour faire cesser le météorisme, et le météorisme augmenter, avec des douleurs énormes, à chaque nouvelle dose de ces médicamens, sans que ces médecins en fussent corrigés !
§. 426. La complication de la fièvre putride ou du typhus avec la fièvre puerpérale est bien ce qu’il y a de plus terrible, surtout lorsque le sujet est une^ femme extrêmement délicate et sensible , très- susceptible de passions d’ame , usée par des maladies antécédentes ou par des pertes utérines : vous la voyez de suite dans un grand anéantissement, dans un état d’indifférence et de subdélire, le visage pâle, les traits alongés , le pouls petit et contracté j tomber fréquemment en convulsion, puis en syncope ^ rendre des urines crues, aqueuses, etc. Votre
première idée est de lâcher de relever les forces : prenez garde toutefois que cette faiblesse ne soit qu'apparente, quelle ne puisse tenir à l’inflammation des membranes du cerveau ou à la gastricité, et souvenez-vous alors que les émissions sanguines ont quelquefois réussi dans le typhus.
Toute idée d’inflammation étant écartée , ripécacuanba , administré à la méthode de Doulcet (§.41^5 n.^^ 10), trouve ici sa place tant comme évacuant modéré que comme propre à attirer sur l’estomac et sur les autres parties de l’économie les forces concentrées dans la région hypogastrique j à produire, par conséquent à diverses reprises, une déviation, une diffusion et une secousse salutaires. On se hâte ^ en même temps de couvrir la malade de vésicatoires volans : on place sur Fhypogastre des flanelles chaudes, imbibées d’eaux spiritueuses et aromatiques j le musc et le camphre ne sont pas moins utiles à cause de leur vertu diffusible : on soutient les forces par un régime modérément analeptique. Il faut éviter dans cette espèce les laxatifs et, à plus forte raison, les purgatifs, et ne se servir que de laveinens émoiliens et un peu aromatiques pour solliciter les selles, si le ventre est paresseux. Plusieurs auteurs ont recommandé l’usage de l’écorce du Pérou , induits sans doute en erreur par les périodes de rémission que cette fièvre présente quelquefois; mais ces périodes lui appartiennent, et cette écorce a trompé mes espérances. Je
pense donc qu’on doit la réserver uniquement pour les cas de lièvre puerpérale rémittente ou intermittente-pernicieuse (§.41^? 11 et i4)j
mis en évidence par la périodicité des symptômes, la nature de la saison et des lieux, et celle des maladies régnantes. On donnera alors, trèsvraisemblablement avec succès, d’abord i’ipécacuanha , et de suite après le quinquina à haute dose, seul ou marié au laudanum liquide et aux cordiaux.
J’ai supposé dans tout cet article que le médecin avait été appelé assez à temps pour tenter une cure radicale : mais si, appelé trop tard, il ne lui reste qu’à être le spectateur d’une lutte inégale et d’une terminaison amenée par des lésions irrémédiables, son devoir consiste alors uniquement à se tenir à la méthode de traitement indiquée plus haut ( §. 4^0 ) et à combattre les symptômes les pliisurgens, tels que vomissemens, diarrhée coiliquative , insomnie, douleurs, etc., par les moyens usités en pareils cas et suffisamment 'connus.
La rentrée des miliaires, accident des plus fâcheux dans la lièvre puerpérale, met les malades dans un très -grand danger, au point de produire d’abord toutes les ijpparences de l’extinction de la vie - elle demande qu’on emploie, sans se décourager, tous les moyens indiqués pour les faire reparaître. Da^^id Hamilton do^ne les détails d’un fait de ce genre, concernant une femme âgée de trente-huit ans, accouchée depuis neuf jours, très-délicate, sujette à la colique étayant
toujours eu un accouchement laLorieux. Après un état (le mal-alse, qu’on traitait de vapeurs, et à la suite de visites nombreuses quelle avait reçues, elle fuî prise de tremblement, de troubles, de convulsions, d’angoisses, et d’une agitation telle qu’on ne pouvait la contenir au lit, jusqu’à ce qu’enfin, après une convulsion générale, elle resta sans sentiment et sans mouvement , avec une telle apparence de mort réelle, que Hamilton, qui avait été appelé, fut renvoyé à la porte, comme devenu inutile; mais heureusement il s’opiniâtra à voir la prétendue m.orte, et, ayant reconnu quelques signes de vie encore existante, il prescrivit qu’on laissât cette femme dans son lit, qu’on lui appliquât des ventouses scarifiées entre les épaules et à la face intérieure des cuisses, des vésicatoires derrière les oreilles et sur les carpes, des onctions avec l’huile de succiii à la plante des pieds et à la paume des mains, des poudres sternutatoires, etc. Le résultat de ces moyens, continués pendant deux jours, auxquels on ajouta l’instillation dans la bouche de quelques gouttes d’huile volatile de corne de cerf, fut tel, que la malade commença à se rechauffer, à se co'= lorer et à respirer; que la poitrine se couvrit d’une abondante éruption miliaire, que la parole revint le quinzième jour, et que le rétablissement fut assuré au dix-neuvième jour des couches, la malade ayant encore vécu cinq ans depuis. (De febre miliari in operib. Sydenham ^ edit. Genev,:pa^, 56 1.)
§. 427* De simples matrones présidaient autrefois à Tenfantement, à moins de Tiin de ces accidens qui arrivent dans la proportion de 1 à 2000^ et des médecins éclairés et prudens étaient appelés pour surveiller le terme des couelles. Nous vivons dans un temps où les femmes, meme de la plus basse classe, ne se croient plus en sûreté sans la présence d’un accoucheur, du sexe mâle ; et la plupart de ces Messieurs, surtout parmi les officiers de santé, sont, à cet égard, bien inférieurs aux sage -femmes instruites aux écoles de Maternité, et n’ont même aucune idée de l’importance du sujet qui nous occupe. D’une autre part, puisque la fièvre puerpérale est si insidieuse et son traitement si incertain, et puisque la prédisposition à en être attaqué n’est que trop généralement répandue, il est de notre devoir de rappeler a ces accoucheurs, s’ils nous lisent, et aux pères de famille, quelques sages préceptes, propres à l’écarter, tracés par le bon. sens et l’expérience de nos pères, à suivre durant la grossesse et après l’enfantement ; en voici les principaux :
Durant la grossesse, 1.^ On a été en usage, de temps immémorial , de faire une saignée aux approches du terme, si la femme est pléthorique et sujette à la céphalalgie ou à des douleurs de reins : cet usage est bon à conserver, l’abus seul est a reprendre.
2.'' Pareillement, pour remédier aux effets de la pression exercée par la matrice sur les parties environnantes , on a conseillé en tout temps
de dimiimer sur la fin de la grosesse la quantité de la nourriture animale et celle des boissons fermentées ou stimulantes; d’entretenir la liberté des excrétions alvines par de légers laxatifs ou des lavemens: maxime dont, selon moi, on ne saurait trop faire un précepte général, à moins qu’il ne s’agisse de femmes chez lesquelles il Y ait eu, au contraire, durant la grossesse un défaut de nutrition.
5.^^ L’exercice au grand air, recommandé aux femmes grosses, est pour la plupart d’une utilité incontestable; il ne faut cependant passe laisser persuader qimin exercice violent leur soit avantageux, et qu’il ne doive pas y avoir dilFérens degrés sur ce point, suivant les circonstances. J’estime meme que le repos est nécessaire à ces femmes cbétives pour qui la gestation est un état constamment pénible, et qui s’épuiseraient immanquablement par un exercice un peu considérable.
4.'’ La tranquillité dame et la modération dans l’exercice des passions sont d’une liante importance pour la femme grosse, si elle veut parcourir, elle et son fruit, sans aucun danger, la route souvent difficile de la gestation et de l’accoiicliement; et quoiqu’il paraisse impossible de maîtriser à volonté tous les accidens qui peuvent se présenter durant l’espace de neuf mois, il n’en est pas moins vrai que les médecins doivent insister sur l’observation d’une conduite réglée' et sur la nécessité d’éviter tout ce qui pourrait faire naître des passions désordonnées*
JNos pères étaient beaucoup pius compiaîsaiis que nous pour les femmes enceintes et satisfaisaient tous leurs désirs, peut-être moins par la crainte des impressions que pourrait exercer sur le foetus une imagination déréglée , que parce qu’une ancienne expérience avait appris qu’elles souffrent beaucoup d’être contrariées : peut-être, en effet, est-il plus sage, en même temps que plus humain, de pécher plutôt en cela par excès que par défaut.
Apres r accouchement. Ce n’est pas sans motifs pressans qu’on prescrit de porter dans son lit la femme qui vient de se délivrer, et de ne pas lui permettre de marcher pour s’y rendre! Ce n’était pas moins une coutiime sage de vouloir ' que ce lit fût toujours un peu bassiné, que l’accouchée y restât au moins huit jours, et c|u’elle ne se considérât comme relevée des couches qu’au bout de quarante jours. La plupart des observateurs conviennent que, de toutes les causes des maladies des accouchées, il n’en est point de plus fréquente que celle de se lever trop tôt et de s’exposer à l’air de trop bonne heure. Quelques-uns pourtant, et entre autres Stoll , veulent que l’accouchée ne reste pas trop longtemps au lit, et qu’elle n’use ni de ces boissons ni de ces fomentations émollientes qu’on a coutume d’employer après raccoiichement. Il résulterait de la que StolL n’aurait eu à conduire que des femmes robustes ; car, pour les personnes délicates et qui ne supportent pas facilement la douleur, ses conseils seraient très-dangereux, et
je ti’aî eu constamment qu’à me louer de ne les avoir pas suivis. Il en est de même du régime alimentaire. On a été de deux opinions opposées : dans Tune, on a soutenu la nécessité d’un régime restaurant, dans la persuasion qu’une accouchée doit être traitée comme une personne épuisée de fatigue ou par une maladie de longue durée; dans l’autre, l’on a eu en vue la dispo^ sition à l’inflammation, et l’on a prétendu qu’il n’y avait pas de circonstance où l’on dut astreindre les femmes à un régime plus sévère. Entre ces deux extrêmes, également blâmables, on ne peut tracer d’autre règle que celle que s’impose naturellement un praticien sage, qui sait que l’alimentation doit être proportionnée aux besoins de Faccoucbée et aux circonstances dans lesquelles elle se trouve. Un précepte plus général est celui de tenir le ventre libre avant et après l’accoucbement, spécialement chez les femmes qui ne nourrissent pas.
Il peut être, à la vérité, utile de conserver i’iisage d’un bandage circulaire autour du bassin, après l’accoucbement; mais l’on doit bautement blâmer la coutume qu’ont des femmes, de se faire serrer fortement le ventre avec un linge faisant le tour du corps à la hauteur des flancs, pour ne pas paraître ventrues; et je suis convaincu que cette compression est fort souvent l’origine de la métrite et de là péritonite, comme les corsets baleinés et les plastrons le sont de tant de faussescouches et de morts du fœtus dans le sein maternel. L’on a dit que la sécrétion du lait est m.
trne sorte 4e jugement naturel de la dîatlièse Immorale des accouchées, et que, d'après ce principe, on doit toujours faire ses efforts pour îa provoquer, soit par la succion dès les premières heures après l’accouchement, soit en entretenant autour du sein, au moyen de vêtemens convenables, une chaleur modérée et un doux chatouillement; mais cette loi, imposée par le sentiment naturel qui porte à nourrir ses enfans, a aussi ses exceptions. Il est telle femme chez laquelle le lait ne se sécrète jamais, quoiqu’elle ne s’en porte pas moins bien; et telle autre a laquelle l’allaitement est très-nuisible et devient, parles veilles et les souffrances qui en résultent, un surcroît de disposition à la lièvre puerpérale, loin qu’il ait l’avantage d’en garantir.
Relativement à rinfluence des passions de l’ame , s’il est impossible de garantir constamment une femme enceinte de toute impression désagréable , il ne l’est pas pendant le terme assez court des couches; et les funestes conséquences qu’ont à cette époque toutes les émotions vives et dont on a tant d’exemples, sont bien propres à solliciter nos soins généreux et à nous faire redoubler de prudence et, de circonspection autour de ces êtres chéris , auxquels la société est redevable de sa force et de son renouvellement. C’est pourquoi toute poursuite en justice devrait cesser non -seulement pour la personne de l’accouchée, mais encore pour celle de son époux et de ses proches parens. La police de-
vrait empêcher le cours des voitures et généralement les grands bruits quelconques devant les maisons habitées par des femmes en couche, et il devrait être défendu de sonner les cloches pour le convoi funèbre de celles qui ont succombé, de crainte que ce son lugubre n’occasionne de nouvelles victimes.
Etant démontré que les maladies épidémiques assiègent de préférence les femmes en couche, il y aurait de la prudence, de la part de celles qui sont enceintes et qui peuvent se déplacer, d’aller accoucher dans un endroit où il ne règne point d’épidémie. Quant à celles qui sont empêchées de quitter leur domicile, du moins pourraient- elles suppléer en quelque manière au changement d’air, en entretenant dans leur chambre la plus grande propreté , en en bannissant toutes les odeurs, en la tenant dans une température modérée, en en faisant renouveler l’air , de manière pourtant à ce quelles ne soient pas exposées dans leur lit aux courans de ce fluide.
Les pauvres n’ont guère de ressource que dans les hôpitaux, et ces lieux, avons-nous déjà vu, sont ceux où il périt le plus de femmes en couche, à cause du mauvais air. Peu rapporte que la première époque où l’on a vu naître des maladies mortelles parmi ces fenime^i à i’Hôtel-Dieii de Paris, datait du temps où l’on plaça les accouchées au-dessus de la salle des blessés, et Dessaiilt confirme la vérité de cette assertion, en attestant que la mortalité était
singulièrement diminuée depuis qu’elles avaient été transférées dans des salies vastes et salubres. De la découle la nécessité d’établir dans chaque ville des maisons de maternité pour j soigner séparément les femmes en couche. En attendant l’érection si raisonnable et si désirée de ces maisons , du moins faudrait-il que le quartier destiné à ce service fût placé dans une aile de rbôpilal dont l’air fut parfaitement sec , dont la vue donnât, non sur la cour de l’bôpital , mais uniquement sur la campagne, et qui fut entièrement séparée des salles des autres malades. Mieux vaudrait-il , peut^ être , pour les femmes mariées, que chaque département fût pourvu d’une maison des soeurs de la charité maternelle, congrégation que la philantropie de M. Morlanne a fondée à Metz, lesquelles, aidées de l’administration publique et des bons citoyens , porteraient à domicile des secours éclairés et des cons(^lations. Ajoutons que, nos lièvres puerpérales n’étant pas exemptes de soupçon de contagion, on doit, lorsqu’il en règne, redoubler d’attention auprès d’une accouchée , relativement aux allans et aux venans, aux sage- femmes, garde -malades, etc., pour que ces maladies ne l’atteignent pas.