‹ Leçons sur les épidémies et l'hygiène publique. Faites à la Faculté de Médecine de StrasbourgChapitre 7 sur 23 · TROISIÈME ESPÈCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ESPÈCE

De la toux conmlswe ou de la coqueluche.

§. 555. Toux violente , revenant par accès convulsifs, avec une « inspiration prolongée, sonore, aiguë, imitant la voix de l’âne, produisant presque la suffocation, et occasionant très-souvent le vomissement; très-longue, trèsrebelle , mais, dans la plupart des cas, avec des intervalles très-nets entre les accès; attaquant spécialement les enfans.

On a comparé le cri de la coqueluche à la voix de l’âne ou a celle du coq, d’où les dénominations données à cette toux, de toux asinine, de coqueluche, de toux férine par les anciens, qui comparaient ce cri à celui de quelques animaux habitans des forêts. Mais il y a cette différence, que l’âne forme sa voix sous l’expiration, et que, dans la toux convulsive, elle se forme sous l’inspiration , c’est-à-dire qu’au moment où le paroxisme se montre l’expiration se fait entre de courtes mais continuelles secousses, qui fatiguent le malade et

s’opposent à Ja libre entrée de l’air inspiré, jusqu’à ce que celui de l’expiration soit en grande partie expulsé; et dans ce moment, craignant de sulFoquer, le malade inspire avec force. C’est cet air, entrant avec violence par un larynx resserré, qui donne le son aigu que l’on entend alors. Quant à la ressemblance avec le cri du coq, elle n’est pas plus parfaite, et on la retrouve davantage dans la cjnanclie poljpeuse ou le croup, quoique encore ici on observe de grandes variétés.

Il est peu de maladies qui aient plus souvent régné épidémiquement que celle-ci depuis le quinzième siècle. Etait- elle plus rare avant cette époque ? C’est ce que nous ne pouvons déterminer, d’autant plus qu’à mesure que Fliistoire de la médecine se perfectionne les maladies deviennent moins extraordinaires, parcs quelles sont mieux décrites et plus connues. Ce qu’il y a de certain, c’est quelle n’est pas nouvelle, quoique sa dénomination le soit : Hippocrate décrit, en plusieurs endroits de ses ouvrages, une toux épidémique des enfans qui durait long -temps, dont quelques-uns devinrent bossus et moururent. {Epidem. j lih. Vly sect. 7; ici. lih. Vil; Hphorism. , sect. VI, et de victus ratione.) On trouve dans les auteurs arabes, surtout dans Mésué et dans Avicenne, des exemples d’une toux très - violente , épidémique, contre laquelle on employait les stupéfians, les sinapismes, les vésicatoires et les cautères appliquéssurla tête; d’une toux épidémique*

pu Ton cracîiait du sang et où le visage devenait tout bleu (^Mésué y Canon, univers. y cap. de cegri-^ tudin. pectoris ; Avicenna , lib. canonis 111 y tractat. 111). On peut dire toutefois que, trèsvraisemblablement, la coqueluche a été plus rare autrefois que dans les temps modernes, et il est peut-être même des pays où elle n’a pas encore paru; ce qui dépend d’une prédisposition qui doit concourir avec les causes occasionelles, laquelle , n’existant pas encore, permet à une maladie de rester assez long- temps éloignée pour qu’on commence à douter de son existence. Mais, dans les temps modernes, où l’exaltation de la sensibilité et la tendance à l’inflammation sont bien démontrées, cette prédisposition existe suffisamment, surtout pour les maladies des organes de la respiration : d’où il résulte que nous devons mettre d’autant plus de soin à les étudier.

Pfoùs tenons de V\\istOYien 31ézeraj la première description d’une épidémie de ce genre , qui eut lieu en France, en sùus le roi Charles IV,

et qui causa de grands ravages. Fr. Falériola en décrivit une autre qui régna dans le même pays, en iSyo, qui fut moins grave, où la toux guérissait d’elle-même au bout de trois semaines, et qui portait déjà le nom de coqueluche, soit, comme nous l’avons dit, à cause d’une ressemblance apparente avec la voix du coq, soit parce qu’on y employait l’infusion de coquelicot, soit à cause du bonnet nommé coqueluchon y dont on se servait au quinzième siècle

pour se garantir du froid. Mais, à mon avis, la première bonne histoire que nous ayons de la toux que nous appelons aujourd’hui ainsi , est celle, écrite par Bâillon , de l’épidémie qui régna à Paris vers la fin de l’été de 1 578 et qui continua l’année suivante. Elle attaqua particulièrement les enfans, sans cependant excepter entièrement les adultes, et on lui donna le nom de quinte , parce qu’elle était caractérisée par des accès ou j)aroxismes de toux qui revenaient toutes les cinq heures. Les malades rendaient alors une quantité prodigieuse^ d’humeurs par les narines et par la bouche, ainsi que du sang, et ils vomissaient souvent. La diarrhée les soulageait. Plusieurs enfans périrent dans le marasme et la consomption. On la retrouve en France sous différons noms, en i58o, et à la même époque en Espagne, où la reine Anne, femme de Philippe II, en fut victime; en Italie, en Angleterre, en Allemagne et dans les pays du Nord. Dès -lors il en est fait mention tous les cinq, dix à quinze ans, par les historiens des épidémies, non-seulement pour les contrées de l’Europe civilisée, mais encore pour ses colonies dans les deux Indes.

Ainsi, nous la trouvons décrite pour Augsbourg, en 1724, par Gullmann ; pour Vienne en Autriche, année 1746? p^i* Dehaen ; pour le duché de Mecklembourg , année 1757, par Geller ; pour le Languedoc, en 1751 et 1760, par de Sauvages ; pour Copenhague , années 1767, 1768, 1775, 1776, fdiv Aaskow; et cette

dernière épidémie eut de remarquable :

qu’elle se compliquait avec des fièvres d’accès; 2° que les femmes sujettes aux. affections nerveuses et hystériques furent, parmi les adultes, particulièrement sujettes à la maladie; 5.^ que la cessation subite des symptômes était toujours suspecte, parce que, peu de temps après, on voyait survenir l’oppression de poitrine, l’anxiété; que le pouls devenait accéléré et obscur, et que la maladie dégénérait en péripneumonie.

En suivant, nous avons les descriptions d’épidémies de coqueluche, pour Londres, en 1767, par Sims ; pour Mayence, en 1769, Strand; pour Langensaltze , années 1768 et 1769, par Jacques Mellin; pour la Suède, en 1769, par Rosen de Ro sens tein ; pour Erlangen , années de 1770 à 1783, intervalle dans lequel il y en eut quatre péidémies, par Kœchler; pour Osterode près le Hartz, en 1790, par W ikinge (cette dernière eut de particulier qu elle succéda à la rougeole, et que le suintement d’une matière jaunâtre derrière les oreilles, ou une éruption galeuse autour de la bouche ou sur le cuir chevelu, procurait du soulagement aux malades); pour Vienne en Autriche, en i8o5,par/. P. Franck; pour Gênes, en 1806, épidémie qui était compliquée de rougeole, par Lando ; pour Dillingen, en 181 1 , par Wacker; pour Milan, en i8i5, par M. le docteur Ozanarn (cette dernière était compliquée de fièvre double tierce, dont les accès suspendaient la coqueluche ; et, suivant cet auteur, des boissons à la glace tron»

qiiaient Iq maladie en trois jours); enfin, pour la Silésie, depuis l’automne de i8i5 jusqu’en Janvier 1816, époque où la coqueluclie a également été épidémique dans le Sud de l’Allemagne, par feu M. A. F. Marcus , lequel en a publié un écrit sous le titre de Traité de la ' coqueluche ou bronchique épidémique, traduction française de ^.Jacques, médecin de l’iiopital militaire de Montmédy, imprimée à Verdun, année 1821, ouvrage qui est le dernier dont j’aie connaissance sur cotte maladie. J’ajouterai à cette énumération, qui est encore très-faible, relativement au nombre d’auteurs qui ont écrit sur la coqueluclie et dont je citerai successivement quelques-uns, que j’en ai vu cinq épidémies : une dans la province de Maurienne en Savoie, étant encore étudiant en médecine, en 1786; une seconde, dans la vallée d’Aoste, en 1790; une troisième à Marseille, en 1797; une quatrième, dans la meme ville, en i8îo, et la cinquième à Strasbourg, en 1817.

Tant de mes études sur cette maladie que de mes propres observations , résultent les corollaires suivans, que je ne puis m’empécber d’énoncer par anticipation : que la coqiie-

luclie peut attaquer quelquefois autant les adultes que les enfans; 2.° qu’on peut l’avoir plusieurs fois, quoique la chose soit rare; 5.^^ qu’elle est assez souvent accompagnée de fièvre, ou du moins de mouvemens fébriles, le soir et pendant la nuit ; 4-^ que, d’après les symptômes et l’autopsie cadavérique, elle peut être quel-

qiiefois inflammatoire, mais qu’elle est le plus souvent d’une nature nerveuse et catarrhale ; 5.^ que la même méthode de traitement ne convient pas à tous les malades.

§. 556. L’observation d’une coqueluche livrée à elle-même présente réellement trois périodes distinctes, de formation, de vigueur et de décroissement. Celle de vigueur est connue de tout le mondes mais la première , celle qu’il importerait le plus de saisir à son principe, est souvent méconnue, confondue avec les affections catarrhales ordinaires, quoique pourtant l’intensité des symptômes puisse servir à la faire distinguer:

Première période. Blal-aise dans tout le corps, mauvaise humeur, abattement, céphalalgie obtuse, coryza, éternument, visage rouge, regard fatigué, yeux troubles, larmoyans, voix rauque, frissonnemens, froid passager et chaleurs fugaces, sommeil agité, appétit diminué j sentiment d’oppression dans la poitrine, et de difficulté de respirer, en parlant, en marchant, en montant un escalier; petite fièvre par intervalles, surtout vers la nuit; toux fréquente , peu forte, sèche, ou produisant une expectoration peu liée, muqueuse, blanchâtre, quelquefois bleuâtre, qui n’est pas mitigée par les remèdes ordinaires du catarrhe, qui va insensiblement en croissant , mais qui, en même temps, laisse entre chaque quinte de plus longs intervalles que dans la toux catarrhale ordinaire : ce stade dure ordinairement de sept à vingt-un jours»

Deuocieme période. Tout à coup, après un intervalle plus ou moins long, et communément après midi, éclate un paroxisme de toux plus violent et convulsif: dès- lors, répétition plus fréquente, et surtout pendant la nuit, puis pendant le jour, au point d’en avoir dix, quinze, vingt, quarante et plus dans les vingt -quatre heures. Le malade les sent venir, au milieu des jeux dont il est occupé, à un chatouillement au gosier, au larynx, au haut de la poitrine, quelquefois à un prurit au front, à une douleur à la nuque, à un sentiment d’étourdissement et de vertige, mais plus souvent à un poids sur l’estomac, à une grande gêne de respirer; et il accourt tout épouvanté , ouvrant de grands yeux et les pupilles dilatées , à ses parens ou à ses bonnes, ou il se dirige vers un point fixe pour s y cramponner et attendre son ennemi. D’autres malades, étonnés, stupéfaits, ne sachant que devenir, portent leurs deux mains au cou et frappent la terre de leurs pieds. Tous tachent de réprimer la toux prête d’éclater. Vains efforts! La toux éclate, entrecoupée d’un grand nombre de secousses, qui se succèdent, jusqu’à ce que tout l’air contenu dans le poumon soit sorti, et que l’inspiration, tentée en vain jusqu’alors, puisse s’accomplir et produire le son que nous avons désigné en commençant. Pendant que durent ces efforts de toux, on voit sortir du nez beaucoup de mucosités ; la face est rouge, livide, avec des raies bleuâtres, les yeux, gros et rouges, semblent prêts à sortir de

leurs orbites; le spasme est général, et tout le | corps tremble en meme temps : il n’est pas rare i de voir sortir du sang du nez, de la bouche, des jeux, des oreilles, soit par rupture de quelques vaisseaux, ou par expression ; l’urine et les ; matières fécales sortent elles-mêmes très-souvent à l’inscu des malades ; la peau aussi se couvre ^ de sueur, les mains surtout, quoique en même j temps d’un froid de marbre. Ces angoisses durent une, deux, ou plus de minutes, et le paroxisme se termine enfin par l’expectoration d’une matière épaisse, filante, différente du mucus, le plus souvent accompagnée du vomissement de tout ce qui est contenu dans l’estomac. Le pauvre patient est alors triste et languissant, et il éprouve | encore, pendant quelque temps, de la douleur i à la poitrine et de la difficulté à respirer, symp-^ tomes d’une plus longue durée chez les adulte^ que chez les enfans, lesquels retournent, beaucoup plus tôt qu’on ne faurait cru, aux jeux qu’ils avaient laissés, et qui acceptent d’autant plus volontiers des alimens et de la boisson, j que leur estomac s’est vidé plus souvent par le ; vomissement. Quelquefois faccès se termine par j une espèce d’asphyxie, et Grégorj a vu deux j enfans chez lesquels cette terminaison avait lieu j par une défaillance , sans qu’il se fît d’inspiration - j sonore; mais ces cas sont rares, et je n’en ai lu j qu’un très-petit nombre d’exemples.

Dans quelques épidémies, ces paroxismes sont les mêmes chaque jour en nombre et en force, et dans quelques autres ils sont moins nombreux j

et pins tolérables un jour que l’autre, ce qui a fait donner à cette toux, par quelques anciens, le nom i^amphimérine , et ce, qui fait penser qu’elle a le plus souvent quelque chose de commun avec la cause des fièvres intermittentes, d’autant plus qu’elle cède quelquefois au quinquina, quoique pourtant dans d’autres circonstances les malades ne reçoivent aucun soulagement de cette écorce.

Troisième période. Les paroxismes vont en augmentant en nombre et en violence pendant quinze à vingt jours, plus ou moins, ce qui forme le deuxième stade; puis, tout en conservant la même force , ils deviennent plus rares et sont moins souvent accompagnés de vomissemens, ce qui forme le troisième stade, ou la période du déclin. Si les malades doivent succomber, c’est lorsque la toux est parvenue à sa plus grande^ violence, avec des répétitions très - fréquentes ; autrement, à cette troisième période , ils ne courent plus de danger, du moins imminent. Ici la fièvre commence à manquer. La toux continue ; elle est même encore sifflante , spasmodique , surtout pendant la nuit : mais la matière de l’expectoration sort avec facilité ; ellu n’est j^lus lymphatique, filante; elle se rapproche davantage du mucus. L’appétit renaît, et avec lui la bonne humeur. Viennent enfin, pendant le sommeil, de véritables sueurs critiques, chaudes, générales, qui amènent un soulagement évident, et vers le vingt- unième jour de cette période commence la convalescence, où tous les acci-

ctens morbides ont disparu, excepté TafFaiblisse-» ment. Toutefois, pendant cette période, les récidives sont faciles, et l’on a souvent vu un accès de colère, un rire prolongé, un parler animé, l’ingestion d’alimens et de boissons qui dilatent trop l’estomac , un refroidissement, etc. , ramener des paroxismes plus forts et plus fréquens qu’auparavant; mais, ce qui est digne de remarque, c’est qu’ils sont plus susceptibles de se radoucir, et qu’une potion calmante et antispasmodique les a souvent terminés.

La durée totale de la coqueluclie, livrée a elle-même, est ordinairement de six à neuf semaines, quelquefois d’autant de mois; et l’on a vu des exemples où elle a duré un an et plus.

§. 557. Les maladies qui peuvent avoir quelque ressemblance avec la coqueluche , sont : l’asthme aigu de Millar ^ le croup et la broncbile, ou inflammation des bronches, lesquelles doivent d’autant plus être signalées, qu’elles peuvent se présenter dans la même saison , et qu’elles ont avec la coqueluche une grande communauté de causes.

Uasthme aigu, bien décrit ce me semble pour la première fois par J^ertrie {de asthmate puerorum, Giesœ , 1726), attaque rarement les enfans tant qu’ils sont a la mamelle; mais il peut avoir lieu en tout temps, depuis qu’ils sont sevrés, jiisqii’à la quatorzième année, et même PV ichmann et J. P. Franck pensaient que les adultes peuvent également en être affligés. Il commence a iiss i , P r esq lie c O mm e un si mp l e c a ta r rh e , p a r un e

toux légère; mais ses progrès sont rapides : poitrine tout à coup lourde et serrée; haleine courte, pénible , sonore ; toux accompagnée d’un son de voix rauque, profonde, d’anxiété précordiale, souvent d’un certain bruit dans la gorge et dans la poitrine; élévation du thorax, avec bruit des côtes; cris plaintifs; crachats visqueux, pituiteux; pouls petit, inégal; vomissement de matière écumeuse et des alimens ; gonflement du ventre, constipation; urines claires, en petite quantité; insomnie; visage enflé; frissons alternant avec la chaleur. Le premier accès prend communément dans la nuit, sans avoir été annoncé; s’il n’est pas funeste, toutes les fonctions se rétablissent, et la crise se fait par des urines troubles. Au bout d’un intervalle plus ou moins long, il survient un second accès, plus fort que le premier; voix plus rauque, respiration stertoreuse, pouls très-faible, dont les pulsations ne peuvent se compter; délire; face rouge, livide, triste, et le malade est emporté par les convulsions, ou bien l’astbme devient chronique.

Mais ces paroxismes diffèrent de ceux de la coqueluche, i.'’ en ce que la durée de l’asthme aigu est beaucoup plus courte, et son invasion bien plus brusque que celle de la coqueluche; 2.'’ en ce que la toux et le vomissement sont bien moins marqués dans l’asthme aigu; 3.‘^en ce que, dans celui-ci , la voix est profonde , grave , comme virile, tandis qu’elle est aiguë dans la coqueliKibe ; 4'' très-heureusement l’asthme aigu est une maladie presque toujours sporadique et

assez rare, au lieu que la coqueluche est le plus souvent épidémique.

Les différences du croup d’avec la maladie' actuelle sont les suivantes : i.'' maladie trèsaiguë et qui abat les forces bien plus vite que la coquelucbe : 2.^^ état fébrile continu, ou du moins rémittent; état fébrile intermittent dans la coqueluche : S."" douleur brûlante et persistante au larynx dans le croup ; dans celle-là simple titillation : 4-'' voix glapissante, imitant davantage le chant du coq, dans le croup; voix aiguë, imitant celle de fane, dans la coquelucbe : 5.' dans le premier; toux continue, mais donnant moins de secousses; dans la seconde, toux par intervalles , mais ébranlant tout le corps; 6."^ formation d’une membrane dans le croup ; simples mucosités dans la coquelucbe.

D’après un Mémoire du docteur Badhàm sur la bronchite y lequel s’appuie de l’bistoire de la maladie et de rouverture des cadavres des propres enfans du docteur hVhatt, de Glasgow, tendant à établir l’identité entre la bronchite et la coquelucbe , le savant Marcus y entraîné par son opinion favorite de la formation d’un grand nombre de maladies par l’inflammation , a cherché longuement a établir aussi des preuves de cette identité ; mais il a précisément fourni des armes contraires, en présentant comparativement le tableau de la bronchite et celui de la coquelucbe. On voit, en effet, dansiepremier, comme on devait s’y attendre, une marche analogue à celle des autres inflammations de poi-

tnne, se terminant rapidement et avec continuité* tandis que la coqueluche a un cours vague, incertain, intermittent, et qu’elle dure souvent plusieurs mois, ce qui est très-opposé à la nature de l’inflammation franche. 2.° La bronchite survient ordinairement, comme les autres inflammations de poitrine, à la suite du froid et de l’humidité ; elle attaque brusquement; elle manifeste dès le principe un caractère redoutable, tel qu’oppression, dyspnée, toux violente, sécheresse de la peau, langue rouge, urines rares et foncées, pouls dur, expectoration énorme de glaires de différentes couleurs, souvent sanguinolentes; passage rapide de l’état d’activité inflammatoire à celui de faiblesse incurable, et mort par suffocation. Au contraire, dans la coqueluche, la maladie se manifeste le plus ordinairement par un état cliaud et humide de l’air, sans refroidissement préalable , et les effets qui résultent de sa cause occasioneile sont presque toujours généraux, pendant un certain nombre de jours, avant de devenir spéciaux pour les voies aériennes; elle ne revêt que lentement le caractère qui lui est propre, et laisse des intervalles de repos; le pouls est vite, faible, quelquefois intermittent; la langue est le plus souvent chargée, sans être rouge; l’urine est pâle, abondante, et a rarement un sédiment; les malades restent moroses, inquiets, éminemment susceptibles pendant tout le cours de la maladie, laquelle, a l’opposé de la bronchite, se termine lentement, sans coction puru-

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