PRONOSTIC DE L’APOPLEXIE CÉRÉBRALE
hante, en même temps que les lèvres sont amincies. Il est inutile, pour le moment, d’entrer dans plus de détails.
•Or, la question en litige est la suivante : le malade vivra, il recouvrera, sans doute, pour la majeure partie, l’activité de ses facultés intellectuelles; mais récupérera-t-il, un jour ou l’autre, l’usage de ses membres paralysés? Pourra-t-il se servir de sa main, de son bras? Pourra-t-il même sortir du lit, se tenir debout, marcher? Ou, inversement, est-il pour toujours condamné à une impuissance motrice le privant de l’usage régulier de ses membres? En un mot, demeurera-t-il à l’état d’inllrme, confiné dans sa cîiambre et obligé de faire appel à l’assistance des autres pour l’accomplissement des actes les plus impérieux de la vie ordinaire ?
Tel est. Messieurs, le problème qui se pose dans les conditions particulières que nous avons déterminées. Eh bien ! en pareille occurrence, le médecin instruit, en même temps qu’il s’efforcera de trouver dans l’examen du malade des indices capables de lui fournir la solution de cette question fort difficile, ne manquera pas, fût-ce même instinctivement, de se remettre en mémoire les connaissances anatomo-pathologiques et physiologiques propres à l’éclairer. Il pensera anatomiquement, si je puis ainsi dire, et physiologiquement, en même temps que cliniquement.
Il ne se contentera de données empiriques que faute de mieux, et il voudra, si faire se peut, pénétrer la raison des choses. Nous ne pouvons mieux agir, je crois, qu’en l’imitant ; représentons-nous donc l’état des parties lésées chez le malade qui est là sous nos yeux, et sur l’avenir duquel on nous demande de nous prononcer.
ARTÉKES DU CERVEAU.
Ceci va nous mener à une digression, mais je ne doute pas qu’après avoir parcouru le chemin détourné où je vais vous conduire, la tâche que nous nous proposons d’accomplir ne nous sera rendue plus facile.
Il s’agit, vous ne l’avez pas oublié, dans l’exemple choisi, de l’hémorrhagie intra-encéphalique se présentant dans sa forme la plus vulgaire. — Où siège le foyer ? Quelles parties a-t-il simplement refoulées ? Quelles parties a-t-il détruites ? 95 fois sur 100, peut-être, les choses seront telles que nous allons les imaginer.
Rappelons-nous quelques-unes des particularités anatomiques qu’offre à considérer la région des masses centrales, car c’est dans cette région que se fait l’épanchement, dans la très grande majorité des cas.
Examinons à nouveau la coupe horizontale que je vous ai plusieurs fois présentée déjà. J’appellerai surtout, cette fois, votre attention sur les rapports du noyau lenticulaire. Si, en dedans, il est limité par la capsule interne, en dehors, il est limité par un autre tractus blanc, la capsule externe, qui le sépare de l’avant-mur [claustrum) et de la région de l’insula.
Or, Messieurs, sur des pièces convenablement durcies dans l’alcool, il serait facile de montrer que la face externe du noyau lenticulaire, dans son tiers antérieur surtout, n’estque très lâchement unie à la capsule externe. En réalité, il n’y a pas de connexions anatomiques intimes entre la bandelette blanche et la face externe du noyau gris. Il existe en ce point comme une sorte de ventricule virtuel ; et si c’est dans cette région, ainsi que l’a depuis longtemps