DÉMARCHE SPASMODIQUE
renverse en arrière comme pour contrebalancer le poids du membre inférieur, qu’un tremblement involontaireagite avant qu’il soit appuyé de nouveau sur le sol.
» Dans ces mouvements de progression, tantôt la pointe du pied est abaissée et traîne plus ou moins sur la terre avant de s’en détacher, tantôt elle est relevée brusquement, en même temps que le pied est rejeté en dehors. J’ai vu quelques malades qui ne pouvaient marcher au pas, quoique appuyés sur une canne, qu’en se renversant le tronc et la tète en arrière, de telle sorte que leur attitude avait quelque analogie avec celle que détermine le tétanos. »
Tout cela, Messieurs, est exact, quoique peut-être un peu forcé, comme l’est nécessairement la description d’un tjqie. Ce type présente en outre une variante. Le malade qui, en pareil cas, se sert généralement de deux béquilles ou de deux cannes, marche littéralement sur la pointe des pieds, par suite de la contraction exagérée des gastrocnémiens. Son corps s’incline en avant et figure un plan incliné, de telle sorte qu’il est à chaque instant menacé de tomber la face contre terre. Cette variété décrite par Erb serait plus commune que le type d’Ollivier (d’Angers).
Il est très remarquable de voir que cette description, d’ailleurs très vivante, d’Ollivier et qui ne s’applique pas à des cas exceptionnels, soit restée en quelque sorte lettre morte jusque dans ces derniers temps ; elle n’a pas été remarquée même à l’époque où Duchenne signalait avec tant de soin les caractères de la démarche des ataxiques ; si bien que cela a été comme une révélation quand M. Seguin (de New-York) d’abord en 1873, puis plus tard M. Erb (d’Heidelberg) en 1874 appelèrent de nouveau l’attention sur la démarche particulière que présentent certains paralytiques et qu’ils proposèrent de désigner, l’un sous le nom de tetanoïd paraplegia, l’autre sous le nom de démarche spasmodique {spasiischer Gang).