DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
4° Je viens de dire que le tabes spasmodique n’a encore d’existence qu’en clinique et que si, en réalité, comme je le crois, il s’agit bien là d’une espèce morbide, celle-ci manque encore tout à fait de substratum anatomique. Néanmoins, dans ces derniers temps, un certain nombre d’auteurs se sont appliqués à démontrer que la maladie en question n’est qu’une construction nosographique artificielle, et que les lésions d’une myélite quelconque, spontanée, compressive, syphilitique ou autre, peuvent donner lieu à cet ensemble, qui ne représenterait plus dès lors une affection spéciale.
A l’appui de cette théorie, on a publié quelques observations où l’on a cru reconnaître les caractères assignés par M. Erb et par moi à ce que j’appelle tabes dorsal spasmodique, et où, à l’autopsie, on avait rencontré les lésions spinales les plus variables. J’ai examiné ces observations avec grand soin, et je ne crois pas qu’aucune d’elles possède réellement la signification qui leur a été donnée.
Par le coté clinique, ce sont des cas de myélite vulgaire par compression, syphilitiques en effet, anormaux à quelques égards, mais où l’on retrouve toujours plus ou moins accentués les troubles de la sensibilité, des fonctions de la vessie et du rectum, si caractéristiques dans cette forme de myélite ; à l’autopsie existaient des lésions diverses, et présentant toutefois ce trait commun, essentiel dans l’espèce : c’est que les altérations dont il s’agit avaient entraîné avec elles une sclérose latérale. Cela montre seulement — ce qu’on savait du reste — que la démarche spasmodique, ou, si vous voulez, la paralysie spasmodique peut se manifester sous les formes de myélite les plus diverses. Mais dans l’espèce morbide, la démarche n’est pas tout; elle n’est qu’un des éléments de la maladie.
Cela démontre aussi que le diagnostic est difficile et qu’avant de se décider il faut y regarder d’un peu près. Je m’y suis trompé moi-même au moins une fois, ainsi que je