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VALEUR SÉMÉIOLOGIQUE DE LA CONTRACTURE

me suis plu à le reconnaître hautement, à l’occasion d’un cas présenté à ma clinique comme un exemple de tabes spasmodique. L’autopsie démontra qu'il n’en était pas ainsi, et qu’il s’agissait d’une sclérose en plaques. Mais, en relisant l’observation, nous nous aperçûmes que la malade avait accusé des vertiges, qu’elle avait éprouvé du tremblement des extrémités, symptômes de valeur qui auraient pu mettre sur la voie du diagnostic véritable. Depuis cette époque, j’ai également rapporté à leur origine légitime pendant la vie des cas qui eussent pu être rattachés au tabes spasmodique ; cette fois l’autopsie est venue confirmer mon diagnostic.

Ainsi les choses restent ce qu’elles étaient avant la publication des observations adverses auxquelles je viens de faire allusion; et, en résumé, si, faute d’observations anatomiques suffisantes, l’existence nosographique autonome du tabes dorsal spasmodique n’est pas encore solidement établie, on peut dire d’un autre coté, que, malgré les critiques, elle n’est pas encore sérieusement ébranlée. C’est d’ailleurs une question dont la solution ne peut manquer d’être donnée un jour prochain.

Vous voyez donc. Messieurs, par l’exposé qui précède, que la contracture permanente est un symptôme commun aux affections organiques spinales — et elles sont nombreuses — où il existe une lésion des faisceaux latéraux. Il importe toutefois de ne pas oublier que la contracture permanente n’est pas l’indice certain d’une lésion organique de la moelle épinière, car il existe nombre de cas où les faisceaux latéraux sont affectés peut-être fonctionnellement, mais à coup sûr sans lésion matérielle. Sous ce rapport le cas de l'hystérie, auquel j’ai fait souvent allusion, est un exemple des plus démonstratifs.

Charcot

DIX-SEPTIÈME LEÇON

Des amyotrophies spinales et des localisations dans la substance grise de la moelle épinière.

Sommaire. — Lésions systématiques dans la moelle épinière. — L’étude de ces lésions doit précéder celle des lésions non systématisées. — Rôle physiologique de la substance grise. — Transmission des impressions sensitives et des impulsions motrices.

Les lésions systématiques de la substance grise paraissent cantonnées dans la région des cornes antérieures. — Elles sont presque toutes de nature irritative ou inflammatoire. — Polyomyélites antérieures systématiques. — Elles sont aiguës, subaiguës ou chroniques. — Caractères fondamentaux de ces affections. — Troubles de la motilité. — Troubles trophiques. — Intégrité des fonctions de la vessie et du rectum. — Abolition des réflexes.

Délimitation du groupe des polyomyélites systématiques. — Amyotropbies protopathiques et deutéropathiques.

Formes aiguës ; paralysie spinale infantile, paralysie spinale de l’adulte. — ^ Forme subaiguë : paralysie générale spinale antérieure subaiguë de Duchenne (de Boulogne). — Forme chronique : atrophie musculaire progressive de Duchenne et Aran.

Polyomyélites non systématisées. — Myélites centrales, sclérose épendymaire, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique.

Du système neuro-musculaire en général.

Messieurs,

Vous n’avez certainement pas perdu de vue ce tableau , ou, pour mieux dire, ce plan topographique que je vous ai présenté déjà dans la séance qui a inauguré le cours de cette année, et que depuis lors j’ai eu maintes fois l’occasion de placer à nouveau sous vos yeux. Il est destiné, vous ne l’avez pas oublié, à faire embrasser d’un coup d’œil les diverses régions de la moelle épinière dans lesquelles, -par une sorte

LÉSIONS SYSTÉMATIQUES. Zll

(le sélection, se cantonnent celles des lésions spinales qu’on appelle aujourd’hui lésions sxystômatiques.

Cette dénomination de lésions systématiques, que j’ai emlu'untée à l’enseignement de M. Vulpian, est, ainsi que je vous l’ai fait remarquer bien des fois déjà, parfaitement appropriée. En effet, ces départements, ces régions que la maladie peut affecter isolément, sans participation des régions limitrophes, représentent autant de systèmes distincts anatomiquement et fonctionnellement; ce sont, en quelque sorte, autant d’organes destinés chacun à un rôle physiologique particulier ; et, conséquemment, ainsi le veut la logique des choses, l’affection de chacun de ces organes doit, dans les conditions pathologiques, se traduire par une symptomatologie propre. De telle sorte que, les symptômes (itant connus, il sera permis au clinicien de remonter jusi|u’à la lésion et d’en déterminer le siège.

On est tout naturellement conduit par ce qui précède à considérer les maladies systématiques, dans le domaine de la moelle épinière, comme autant d’affections élémentaires, dont la connaissance approfondie devra être appliquée au débrouillement des affections plus complexes, non systématisées, ou, autrement dit, distribuées dans le cordon nerveux, d’unefaçon diffuse et inégale; c’est-à-dire, qu’enbonne méthode, l’étude des lésions systématiques spinales doit nécessairement précéder celle des lésions spinales non systématisées.

J’ose espérer. Messieurs, que les développements dans lesquels nous sommes entrés à propos des lésions du système des faisceaux pjmamidaux ont justifié, pour une part, ces propositions que j’ai plusieurs fois émises devant vous. Ils vous ont mis à même tout au moins, si je ne m’abuse, de reconnaître la signification de ce syndrome désigné sous le nom de paralysie spasmodique et qui, ainsi que vous l’avez vu, joue un rôle si prédominant dans la pathologie spinale.

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