‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 33 sur 200 · CINQUIÈME ET SIXIÈME LEÇONS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ET SIXIÈME LEÇONS

Circulation artérielle du cerveau ,

Sommaire. — Travaux de M. Dure! et de M- lleubuer. — Artères principales du cerveau. — Système des artères corticales; — vaisseaux nourriciers. — Système des artères centrales ou des ganglions centraux .

Artère sylvienne ; ses branches : artères des noyaux gris centraux ; — branches corticales, ramifications et arborisations ; — artères nourricières de la pulpe encéphalique : elles sont longues (artères médullaires) ou courtes (artères corticales).

Effets de l’obbtération de ces diverses artères. — Ramollissements superficiels, plaques jaunes. — Communication entre les territoires vasculaires ; opinion de Heubner ; opinion de Duret. — Artères terminales (Cohnheim).

Autonomie relative des territoires vasculaires du cerveau. — Localisation des lésions de l’écorce.

Branches de la sylvienne : frontale externe et inférieure; — artère de la circonvolution frontale ascendante ; — artère de la circonvolution pariétale ascendante ; — artère du pli courbe ; — artères cérébrale antérieure et cérébrale postérieure ; leurs branches .

Messieurs,

Je me propose de reprendre aujourd’hui le sujet que je n’ai fait qu’ébaucher dans la dernière séance et de le fouiller plus profondément. Si j’ai été assez heureux pour bien faire ressortir que le système vasculaire à sang rouge domine pour ainsi dire la situation dans le champ de la pathologie cérébrale^ j’ai dû vous convaincre, du même coup, de la nécessité d’études préalables, concernant les rapports qui existent, à l’état physiologique, entre ce système et les

oi INSUFFISANCE DES NOTIONS USUELLES.

divers départements qui composent le cerveau proprement dit.

Comment comprendre, en effet, la raison de la localisation de ces foyers d’hémorrhagie ou de ramollissement qui constituent un des principaux chapitres de l’anatomie pathologique du cerveau, si l’on n’est pas parfaitement éclairé sur le mode de distribution des vaisseaux artériels dont l’altération est le point de départ, la condition première de ces lésions diverses?

Il ne saurait, d’ailleurs, s’agir ici de la pure contemplation de faits d’anatomie normale. L’application se présente, en quelque sorte, d’elle-même d’une façon immédiate. Je l’ai déjà montré et je le montrerai, je pense, mieux encore aujourd’hui.

Je m’arrête d’autant plus volontiers, Messieurs, sur ce point de l’anatomie de la circulation cérébrale que vous ne trouverez, à cet égard, dans les traités les plus justement estimés que des renseignements vagues, tout à fait insuffisants pour l’objet de nos études. Tout ce que nous savons de précis sur ce sujet est de date récente et résulte d’études provoquées par les besoins de l’anatomie et de la physiologie pathologiques.

Mes emprunts seront faits surtout à l’important travail de notre compatriote M. Duret, travail qui a été exécuté dans le laboratoire de la Salpétrière. Je ne dois pas vous laisser ignorer, toutefois, que M. Duret, dans la voie où il s’est engagé, a rencontré un émule. Cet émule est un médecin allemand, M. le D"" Ileubner, professeur à l’université de Leipzig. Ces deux auteurs ont poursuivi leurs recherches simultanément, mais sans se connaître, et ils sont arrivés, du moins pour les points essentiels, à des résultats identiques. Cela est assurément une garantie de l’exactitude des descriptions nouvelles qu’ils nous ont données.

Seulement, dans un ouvrage récent qui traite de l’altéra-

RECHERCHES DE MM. UURET ET HEDBNER. o’i

tion syphilitique des artères cérébrales (1), M. Heubner émet la prétention d’avoir été l’initiateur. C’est là une prétention insoutenable. Les premières recherches de M. Duret, relatives à la circulation du bulbe et de la protubérance, ont été communiquées à la Société de hiologie dans la séance du 7 décembre 1872. Par une coïncidence remarquable, ce même jour, 7 décembre, le résumé des recherches de M. Heubner, sur la circulation du cerveau, était publié à Berlin dans le Centralblatt . Un mois après, en janvier 1873, M. Duret a publié une note dans le Progrès médical (2) concernant la partie de ses recherches ayant trait également à la circulation du cerveau. Les investigations de M. Duret ne sont donc pas postérieures de deux années à celles de M. Heubner, comme ce dernier l’insinue : elles sont absolument contemporaines. C’est là un fait dontM. Heubner aurait pu facilement se convaincre, puisqu’il a pris connaissance du dernier mémoire de M. Duret, inséré dans les Archives de physiologie (1874), et où l’historique de la question est exposé dans tous ses détails (3).

J’ai cru utile d’insister sur cette chronologie, afin de bien déterminer, devant cette manie d’annexion, la large part qui revient à notre compatriote.

Mais j’en viens à l’objet particulier de nos études. Vous savez de quelle façon trois troncs, émanés du cercle

^l) Die luetiache Di-hrankaiKj der Hiniartei'ien, p. 188; Leipzifj, 1874.

(2) 18 et 25 janvier, l'^"' février, 8 et 15 novembre 1875.

(3) Les recherches de M. Duret présentent un intérêt pathologique considérable, car elles ont été faites surtout dans le but de rechercher l’explication de l’aspect des lésions trouvées à l’autopsie. A l’aide de plus de deux cents observations qui lui ont été confiées par M. Charcot, il a pu, au point de vue anatomique, établir la classification des hémorrhagies et des ramollissements cérébraux.

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