‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 35 sur 200 · TERRITOIRES VASCULAIRES · texte numérisé non relu

TERRITOIRES VASCULAIRES

en tant que départements vasculaires, être divisées en un certain nombre de coins dont la base est vers l’encéphale et le sommet tronqué dirigé vers les parties centrales. C’est, en effet, la forme qu’affectent la plupart des ramollissements dits superficiels. Cela remet immédiatement en mémoire l’aspect des infarctus de la rate et du rein. Si le ramollissement est ancien, c’est-à-dire s’il date déjà de quelques semaines, la substance grise parait déprimée, en raison de la destruction que ses éléments ont subi et de l’effondrement concomitant de la substance blanche sousjacente.

La partie superficielle du foyer forme ce qu’on appelle une plaque jaune. La coloration jaune appartient exclusivement à la substance grise, la substance blanche sousjacente, ramollie, étant seulement blanchâtre ou quelquefois légèrement teintée de jaune.

A. Nous avons supposé, dans ce cas, qu’il s’agissait de l’oblitération d’une branche de deuxième ou de troisième ordre. L’oblitération du tronc de la sylvienne elle-même pourrait avoir pour effet d’amener la nécrose de toute l’écorce grise et de l’écorce blanche sous-jacente.

Les parties centrales seraient totalement épargnées si l’oblitération siégeait au-dessus de l’origine des artères du corps strié.

B. Il ne faudrait pas croire, Messieurs, que toutes les oblitérations de ce genre produiront nécessairement, toujours, à coup sûr, des effets aussi désastreux. Il est des cas, rares à la vérité, où une telle oblitération portant soit une branche de V artère sylvienne, soit sur le tronc de cette artère, — je prends ici la sylvienne pour exemple, mais ce que je vais en dire pourrait s’appliquer tout aussi bien à la cérébrale antérieure ou à la cérébrale postérieure — il est des cas. dis-je, dans lesquels l’oblitération en question ou

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bien reste sans résultat appréciable, ou bien ne détermine que des effets passagers.

S’il en est ainsi, Messieurs, cela tient à ce que les trois grands territoires vasculaires qui se partagent l’écorce du cerveau et les départements en lesquels ils se divisent, ne sont pas, rigoureusement parlant, des territoires isolés, autonomes. Ils peuvent communiquer et communiquent en effet, dans la règle' ordinaire. Mais, ces communications sont-elles faciles, constantes, ou, au contraire, sont-elles des voies accidentelles, indirectes, souvent impraticables ? C’est là un problème sur la solution duquel nos auteurs ne sont pas d’accord.

M. Heubner prétend que les communications en question sont très-faciles, qu’elles se font par l’intermédiaire de vaisseaux qui n’auraient pas moins d’un millimètre de diamètre. Il fonde cette assertion sur des résultats d’injections qui lui auraient montré constamment que la matière poussée dans l’un quelconque des départements, soit par le tronc principal, soit par les rameaux, pénètre toujours avec rapidité dans les autres territoires.

Il fait appel aussi à des cas pathologiques qui indiquent que l’oblitération d’un des vaisseaux du système cortical ou de ses branches ne s’est révélée pendant la vie par aucun symptôme évident, cas dans lesquels, la mort étant survenue, la pulpe cérébrale, dans les parties correspondantes à l’oblitération, n’a présenté, à l’autopsie, aucune trace de ramollissement.

En premier lieu, pour ce qui concerne les faits pathologiques invoqués par M. Heubner, nous devons reconnaître qu’ils existent en réalité, cela est incontestable. Toutefois, si j’en juge d’après les observations très-nombreuses que j’ai été à même de recueillir, ils sont véritablement rares.

Il est certain, d’un autre coté, que, dans le domaine de l’anatomie normale, les choses sont loin d’être toujours, tant s’en faut, telles que M. Heubner les a vues. Les obser-

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valions de M, Duret, à cet égard, ont été multipliées et à peu près toujours concordantes.

Voici, brièvement, ce qu’elles nous apprennent :

On place une ligature sur les trois artères principales de la base de l’encéphale, des deux cotés, immédiatement audelà de l’origine dans le cercle de Willis. On pousse alors dans la sylvienne une injection. Celle-ci remplit d’abord le territoire de la sylvienne et, dans la majorité des cas, elle en dépasse les limites. La matière à injection envahit les territoires voisins en y pénétrant peu à peu. Cette invasion se lait delà périphérie, vers le centre du territoire envahi. Elle s’opère par rintermédiaire de vaisseaux de petit calibre appartenant au système des ramifications, n’ayant par conséquent qu’un quart ou un cinquième de millimètre de diamètre, contrairement à l’opinion de M. Heubner qui prétend qu’il s’agit, en pareille circonstance, de vaisseaux ai’tériels d’un millimètre de diamètre.

Le nombre des anastomoses de territoire à territoire est d’ailleurs très-variable. Il est des cas où l’on peut injecter isolément un seul des trois grands territoires, les anastomoses ne suffisant pas pour permettre à l’injection d’entrer dans les territoires voisins. La communication qui se fait dans la zone périphérique d’un territoire vasculaire explique pourquoi l’oblitération d’un tronc principal a souvent pour conséquence le ramollissement isolé des parties centrales du territoire, les parties périphériques demeurant indemnes.

Telles sont les conclusions de M. Duret. Elles sont, à mon sens, plus conformes aux faits pathologiques que celles de M. Heubner. J’ajouterai que M. Cobnheim qui, de son coté, s’était livré à un certain nombre d’injections partielles des artères encéphaliques, avait conclu dans le même sens que M. Duret. Si les artères de l’encéphale, a-t-il dit, ne sont pas absolument des artères finales ou terminales,

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