‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 41 sur 200 · SYSTÈME CENTRAL · texte numérisé non relu

SYSTÈME CENTRAL

maire, ce qu’il y a de plus général dans leur configuration. Maintenant cet aperçu rapide devient insuffisant. 11 nous faut entrer dans les développements nécessaires pour acquérir une connaissance anatomique plus profonde.

Il s’agit, et je n’ai pas besoin d’insister à cet égard, de parties très-intéressantes, au point de vue de la théorie des localisations cérébrales, à savoir la couche optique, le noyau caudé, le noyau lenticulaire et enfin la capsule interne'. tels sont les divers compartiments dont la réunion forme ce qu’on pourrait appeler le système central, par opposition au système cortical.

Rappelez-vous comment le pédoncule cérébral , arrondi au moment où il aborde la couche optique, s’aplatit a[)rès qu’il l’a dépassée de dedans en dehors, en même temps qu’il s’élargit d’avant en arrière à l’instar d’un éventail. Sur cet éventail, laissez-moi continuer la comparaison, les noyaux de substance grise sont disposés ainsi qu’il suit : en dedans et en arrière, la couche optique; en dedans encore, mais en avant et au-dessus, le noyau caudé ; en dehors de l’éventail et au-dessous de la couche optique et du noyau caudé est situé le noyau lenticulaire qui s’étend en avant à peu près aussi loin que la tête du corps strié et en arrière, aussi loin, ou peu s’en faut, que l’extrémité postérieure de la couche optique. ,

Je ne veux faire qu’indiquer en passant, la forme et les principaux rapports des noyaux gris que je viens d’énumérer:

1“ hCi couche optique a l’aspect d’un ovoïde aplati. De ses deux faces, la supérieure regarde le ventricule latéral et l’inférieure, qui est aussi interne, le ventricule moyen. Elle se sépare difficilement par la dissection en raison de ses connexions très-multi pliées et très-étroites avec les parties contiguës.

Charcot. (i

CORPS OPTO-STRIÉS.

2“ hQ noyau caudé a. la forme d’une virgule — ou encore d’une pyramide, — dont la grosse extrémité est dirigée en avant et en dedans et la queue en haut et en dehors. La face supérieure fait saillie dans le ventricule ; la face interne, fictive, est, en grande partie, appliquée sur l’extrémité supérieure de la capsule interne. Ce noyau esttrèsfacile à détacher par la dissection ; toutefois, il faut rompre, pour l’isoler, les nombreux faisceaux qu’il reçoit par la capsule interne.

3® Le noyau lenticulaire, bien que recouvert dans toute sa périphérie, peut être aisément isolé des parties avoisinantes, sans trop d’artifice, comme nous le verrons. Sa configuration générale est celle d’un ovoïde avec une extrémité antérieure, l’autre postérieure. On distingue, dans sa composition, deux parties : «J Le tiers antérieur, plus obtus et constitué par une masse uniforme de substance grise, se confond à son extrémité la plus antérieure avec le noyau intra-ventriculairedu corps strié ; — &)La seconde portion, qui répond aux deux tiers postérieurs du noyau lenticulaire, est aplatie de haut en bas, de manière à offrir un angle tourné en dedans vers la capsule interne. La face interne et supérieure est intimement unie à la capsule interne, et la face inférieure est parallèle à la base du cerveau. La face externe est en rapport avec la capsule externe et par son intermédiaire avec l’avant-mur et l’insula. L’insula la recouvre médiatement dans toute son étendue. Une préparation qu’il est intéressant de faire, consiste à enlever avec soin successivement la substance grise des circonvolutions de l’insula, l’avant-mur et la capsule externe ; on tombe enfin sur la face externe du noyau lenticulaire.

Sur des pièces durcies, la séparation entre la capsule externe et la face externe du noyau lenticulaire s’opère pour ainsi dire sans artifice, avec la plus grande facilité.

CAPSULE INTERNE

C’est que, en elFet, il n’y a pas de faisceaux médullaires, — et vous verrez qu’il ii’y a pas non plus de vaisseaux — qui relient la capsule externe au troisième segment du noyau lenticulaire.

On peut dire, d’après les relations qui viennent d'être indiquées, que les trois noyaux ou masses grises centrales, couche optique, noyau caudé, noyau lenticulaire, sont en quelque sorte, comme l’a dit M. Foville, appendus à la capsule interne, prolongement des pédoncules cérébraux, à la manière de cotylédons.

Du côté des ventricules, la couche optique et les noyaux caudés sont isolés, le noyau lenticulaire est isolé, lui aussi, virtuellement du moins, du côté de l’insula. Ces noyaux de substance grise forment donc comme un système distinct des autres parties du cerveau, tant i>ar leurs connexions que par leur mode de vascularisation.

Des coupes verticales vous feront, sans peine, compi^endre les rapports des parties centrales. Je n’insisterai pas, pour le moment, sur les détails de structure relatifs aux différents noyaux, j’y reviendrai quand l’occasion se présentera. Mais je crois indispensable maintenant d’entrer dans quelques développements à propos de la constitution de la capsule interne.

La capsule interne est, pour une portion au moins, la prolongation, non pas de tout le pédoncule cérébral, mais seulement du pied ou crusta, étage inférieur. Le tegmentum ou étage supérieur, qui est séparé du pied par le locus niger, entre en connexité surtout avec les tubercules quadrijumeaux et la couche optique : il ne prend point une part directe à la formation de la capsule interne.

Une opinion, déjà ancienne, considérait la capsule interne comme une émanation complète et immédiate du pied de la couronne rayonnante. C’est là une erreur qui a

CArSUI.E INTERNE.

été relevée par MM. Luys et Kolliker. Ces auteurs ont, en effet, démontré que des fibres provenant du pied s'arrêtent en chemin pour pénétrer dans les divers noyaux. Cependant, j’estime qu’ils sont allés beaucoup trop loin, en avan. çant que la capsule interne est formée toute entière : l°de fibres de la couronne ra}'onnante qui se terminent dans les ganglions; 2° de fibres qui, partant des ganglions, se ré- I)andent dans la couronne rayonnante.

Se fondant sur des observations anatomiques, à la vérité fort délicates, MM. Meynert, llenle et Broadbent, ont émis l’opinion qu’il existe un troisième ordre de fibres, lesquelles se continuent directement, d'un côté, avec la couronne rayonnante et partant avec l’écorce grise, de l’autre côté, avec le pied du pédoncule.

La réalité de l’existence de ces derniers faisceaux repose, ainsi que nous le verrous, sur un certain nombre de preuves pathologiques. J’invoquerai, entre autres, certains cas de dégénération descendante observés parM. Vulpian et par moi. Dans les cas auxquels je fais allusion, il s’agissait de plaques jaunes ayant détruit dans une grande étendue des circonvolutions médianes, sans altération concomitante du corps strié et ayant donné lieu à une dégénération descendante qui pouvait être suivie à travers l'isthme, jusque dans les régions les plus inférieures de la moelle épinière. On doit à M. Gudden, une série d’expériences que j’aurai encore à citer plus tard et dont les résultats plaident dans le même sens.

Henle (1) va peut-être trop loin quand il écrit dans sa description du système nerveux que la capsule interne est composée surtout de fibres contenant celles du pied. — Toujours est-il — et nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet — que les faits du domaine pathologique et ceux

(i) Henle. — Nerveulclire, p. 2C1.

CAPSUI-K LNTKKN'li.

du domaine expérimental qu'il est possible d’invoquer en faveur de ces fibres sont nombreux et importants. Ils

Fig. IS. — NC, noyau caudé. — (', O. couche optique. — N L, noyau lenticuldire avec ses trois segments. — A M, avant-mur.- — C E, capsule externe. — Cl, capsule interne. — PP, pied du pédoncule. — CA, corne d’Ammon. — NI, insula de Reil. F L, fibres du pédoncule destinées au noyau lenticulaire. — FC, fibres pédonciilaires destinées au noyau caudé. — FS, fibres du noyau lenticulaire qui se jettent dans le lobe sphénoïdal. — F N, fibres du noyau lenticulaire qui vont àla périphérie. — FR, fibres du noyau caudé qui vont à la périphérie. — F T, fibres de la couche optiquequi vont àla périphérie. — F D, fibres directes. {Schéma d’après M. Haguenin).

CAl'SULK INTERNE.

ont môme ])ermis d'avancer, nous en verrons la dômonstrationplus loin, que parmi ces fibres directes, les unes (ce sont les antérieures) sont centrifuges et en rapport avec les mouvements des membres, tandis que les autres (les liostérieures) sont en rapport avec la transmission des imjiressions sensitives {Fig. 18).

En résumé, la capshle interne, d’après les reclierches modernes (1), serait constituée ainsi qu'il suit ;

1° Par des faisceaux pcdonculaircs directs qui traversent la capsule sans s’arrêter aux ganglions;

2” Par des faisceaux pàdonculaircs indirects. Parmi ceux-ci : les uns se rendent aux corps striés qu’ils abordent jiar la face inférieure ; les autres vont aux noyaux lenticulaires qu’ils i»énètrent par le premier segment, Très-nombreuses dans ce segment, elles le sont de moins en moins dans le second et le troisième et c’est à cette inégale répartition qu’est due la dilférence de couleur des trois segments qui composent le noyau lenticulaire.

Il n’est pas question de fibres pédonculaires provenant du pied de la couronne rayonnante pour la couche optique , celle-ci ne recevant pas du pédoncule cérébral d'autres faisceaux que ceux du tegmentum.

A ces faisceaux qui, dvLpied du pédoncule, se rendent aux no}'aux gris centraux, succèdent dans la partie supérieure de la capsule interne des faisceaux qui, prenant origine dans les noyaux gris, vont concourir à la formation de la couronne rayonnante et se dirigent vers la couche grise corticale. Ces faisceaux portent \e nom. de faisceaux rayonnants {StahliranzhündVl). Il y a lieu de distinguer: 1° les faisceaux rayonnants des corps striés; 2“ les faisceaux rayonnants de la couche optique ; 8“ les faisceaux rayon-

(1) Hugueniu. — Allg. Patholog. de>' Krankk. des Nerven Systems; Zurich, 1873, p. 94, fig. 7ü; p. 85, fig. 03; p. 119, Cg. 82; p. 127.

CArSUI.K INTERNE.

nants issus du noyau lenticulaire, lesiiuels se détaclient principalement du bord supérieur du second et du troisième segment. {B'Uj. 19^.

Fi{h /y. — 1, 2, 3, noyau lenticulaire. — B, portion basilaire du noyau caudé. — i insula. — K, substance blanche intermédiaire à Tinsuia et à l'écorce grise de l’iDsula, — A M, avant-naur. — Cops, ex. y capsule externe. — Caps, in., capsule interne. — CA, commissure aniérieure. — H, nerf optique et son ganglion optique. — A, commissure dans la cavité centrale de la masse de substance grise.

— G, pilier descendant de la voûte. — V, substance grise du troisième ventricule.

— O O L et C O K. partie interne et externe de la couche optique. — NC, noyau caudé. — Fi, fibres émanés du tapétum. — Fa, fibres émanées des deux segments internes du noyau lenticulaire. — ST, L, S ch l et Z, les quatre couches de la substance innominée. [Fî(jure d'après il/. Meynert).

Il suit de cet exposé que quatre ordres de laisceaux entrent dans la composition de la couronne rayonnante et rattachent la capsule interne à l’écorce des circonvolutions.

CAPSULE INTERNE

Ce sont : 1“ les faisceaux rayonnants de la couche optique ; 2° ceux du corps strié ; 3“ ceux du noyau lenticulaire — ces divers faisceaux rattachent à l’écorce grise les noyaux gris centraux; — 4“ les faisceaux directs qui, du pied du pédoncule, se rendent à l’écorce grise sans s’arrêter dans les noyaux gris centraux.

On peut, dans la capsule interne elle-même et encore dans le pied de la couronne rayonnante, reconnaître ces divers modes de provenance sur des coupes minces convenab’ement durcies et examinées à un faible grossissement ; à la vérité, cette recherche n’est pas exempte de difficultés; mais un peu au-dessus de ce point tous les faisceaux s’entrecroisent dans les directions les plus variées, soit entre eux, soit avec les fibres commissurales, de manière à donner nai sance à un lacis inextricable qu’on appelle la substance blanche centrale. Nous nous rendrons prochainement un compte exact de Tintérêt qui s'attache aux dispositions que nous venons d’étudier.

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