CAUSES DE L’HÉMIOPIE LATÉRALE
d’ailleurs avec trop peu de détails pour qu’on puisse le considérer comme décisif (1).
11 me resterait à rechercher si l’amhlyopie croisée est le seul gerîre de trouble fonctionnel de la vision qui se puisse produire par le fait d’une lésion du cerveau proprement dit, ou si, au contraire, l’hémiopie ne peut pas, elle aussi, comme l’assurent les auteurs, survenir en conséquence de certaines localisations pathologiques dans l’hémisphère. C’est là un point qu’on n’est pas en mesure, je pense, de décider quant à présent. J’incline toutefois, eii l’absence d’autopsies contradictoires, à croire que, dans la majorité des faits d’hémiopie qui ont été rapportés à une lésion du cerveau, celle-ci, ou n’occupait pas les régions profondes de l’hémisphère, ou bien s’étendait jusqu’aux parties basilaires de façon à intéresser plus ou moins directement l’une ou l’autre des bandelettes optiques.
Pour montrer que les lésions de la profondeur du cerveau produisent l’hémiopie, — c’est toujours de l’hémiopie latérale qu’il s’agit en pareille circonstance, — on invoque surtout le cas où le trouble visuel se développe brusquement, à la suite d’un apoplectique, en même temps que les membres d’un côté du corps sont frappés d’hémiplégie motrice et, quelquefois, aussi, d’anesthésie. Rien de mieux établi, en clinique, que l’existence des faits de ce genre, dont M. Schoen, tout récemment, dans un intéressant travail, citait plusieurs exemples (2). Mais le contrôle de l’autopsie a, jusqu'ici, toujours fait défaut, et l’on peut se demander si la lésion incriminée, dans ces faits, occupait
(1) H. C. Bastian. — The Lancet^ 1874, 23 juillet.
(2) Arch. der Heilhunde^ p. 19. 1875.