CAUSES DE L’HÉMIOPIB LATÉRALE
réellement la profondeur, ou, au contraire, la base de l’encéphale. Il paraît établi, vous ne l’avez pas oublié, que la destruction ou la compression d’une des bandelettes optiques a pour conséquence l’hémiopie latérale, et, d’un autre côté, la relation anatomique qui existe entre les bandelettes et certaines r'^>fties de l’isthme, telles, entre autres, que les pédoncules cérébraux est chose notoire. Cela étant, il ne saurait échapper qu’une lésion convenablement' localisée, par exemple dans un des pédoncules cérébraux, pourra avoir pour résultat de déterminer, en môme temps que l’hémiopie latérale, une hémiplégie motrice, et peut-être, en outre, l’hémianesthésie. Une lésion, telle qu’un foyer hémorrhagique brusquement développé dans l’épaisseur de la partie postérieure des couches optiques, pourrait, elle aussi, on le comprend, être suivie des mêmes effets. On ne peut, évidemment, voir, dans ces diverses combinaisons, que des phénomènes de voisinage.
Quoi qu’il en soit, il importe de reconnaître que, parmi les faits d’hémiopie latérale supposés d’origine intra-cérébrale, qui ont été rapportés, il en est un certain nombre qui échappent, en partie, à l’interprétation que je viens de proposer. Tels sont ceux, entre autres, où l’hémiopie latérale droite se développe de concert avec l’aphasie, et quelquefois, en outre, diverses modifications de la sensibilité ou du mouvement dans les membres du côté droit du corps (1). Ces faits ne constituent pas un groupe homogène; dans une première catégorie, il s’agit d’une forme particulière de la migraine (2), c’est-à-dire d’accidents
(1) Plusieurs faits de ce genre ont été relatés dernièrement par M. Bernhardt. (Berliner Klin. Wochen., 32, 1872 et Centralblatt, 1872, 39), et par M. Schoen [loc. cit.). Voir aussi H. Jackson. — A case of Hemiopia, with Hemianaesthesia and Hemiplegia. In The Lancet, Aug. 29, 1874, p. 306.
(2) Voir sur cette forme de la migraine les travaux de Tissot, de Labarraque, de Piorry, de Latham {On nervous sich or headache. Cambridge, 1873) et surtout l’ouvrage récent de M. Ed. Liveing [On megrim, etc. London, 1873.)
HÉMIOPIE ET MIGRAINE.
esKsentiellement transitoires, revenant par accès, marqués surtout par la coexistence du scotôme scintillant, d’une hémiopie latérale plus ou moins prononcée, et, quelquefois, en outre, d’un certain degré d’aphasie et d’engourdissement dans la face et les membres du côté droit du corps. La céphalalgie, les nausées et les vomissements terminent habituellement la scène. Il est clair qu’on ne saurait invoquer ici l’intervention d’une altération matérielle grossière, durable. Il n’en est pas de même dans les cas de la seconde catégorie, où le concours de l’aphasie, de l’hémiplégie et del’hémiopie existe à titre de phénomène permanent (1).
Dans l’état actuel des choses, je ne vois pas comment ces cas divers, révélés par la clinique, peuvent être anatomiquement expliqués dans l’hypothèse d’une lésion unique. Mais je ne puis que signaler ces difficultés, dont la solution est réservée à l’avenir.
(l) Une tumeur volumineuse, toutefois, pourrait, ou le comprend, déterminer tous les accidents signalés à propos des faits de la deuxième catégorie. Cela s’est produit dans un cas publié récemment par M. Hirsciiberg, dans les Archives de M. Virchow {Yirchm's Archiv, t. 65, 1 heft., p. 116.) Le malade qui fait l’objet de cette observation avait présenté, en outre d’une bémiopie latérale droite, très-caractérisée, de l’aphasie et une hémiplégie des membres du côté droit. A l’autopsie, on trouva dans l’épaisseur du lobe frontal gauche une tumeur du volume d’une pomme, caractérisée sous le nom de gliome vasculaire. Le tractus optique du côté gauche était très-aplati. Je ferai remarquer que les vues exposées dans la présente leçon trouvent dans ce fait leur confirmation, puisque l’hémiopie qui y est relatée pouvait être rattachée à la compression subie par le tractus optique.
DOUZIÈME LEÇON
Des dégénérations secondaires.
Sommaire. — Région antérieure ou lenticulo-striée des masses centrales (capsule interne dans ses deux tiers antérieurs, noyau caudé et noyau lenticulaire). — Influence des lésions de ces régions sur la production de l’hémiplégie motrice. — Faits expérimentaux. — Concordance entre eux et les faits de la pathologie humaine. — Différence entre les lésions du noyau caudé et celles de la partie antérieure de la capsule interne.
Des dégénérations secondaires ou scléroses descendantes. — Lésions qui les produisent ; — importance du siège et de l’étendue de ces lésions.
Caractères des scléroses descendantes : étendue; — aspects de la lésion sur le pédoncule cérébral, la protubérance, la pyramide antérieure et le faisceau latéral de la moelle.
Analogies et différences entre les scléroses latérales consécutives de cause cérébrale et les scléroses fasciculées primitives des faisceaux latéraux, — Symptômes liés aux scléroses secondaires : impuissance motrice, contracture permanente. — Atrophie musculaire produite par l’extension de la sclérose latérale aux cornes de substance grise.
Sclérose descendante consécutive à une lésion du système cortical. — Démonstration des fibres pédonculaires directes: faits anatomo-pathologiques. — Le siège des lésions corticales qui produisent des dégénérations secondaires répond au siège des centres dits psycho-moteurs.
Messieurs,
Nous devons actuellement porter de nouveau notre attention, sur la région antérieure des masses centrales^ afin d’étudier de plus près, au point de vue de l'anatomie et de la physiologie pathologiques, les effets des lésions qui s’y produisent.
Cette région qu’on pourrait désigner sous le nom de lenticulo-striée, par opposition à la région postérieure ou lenticulo-op tique, comprend, vous ne l’avez pas oublié : 1®
Charcot. 10