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LÉSIONS DE LA CAPSULE INTERNE

les deux tiers antérieurs de ce tractus blanc qu’on appelle la capsule interne ; 2“ en dedans de celle-ci, la grosse extrémité ou tête du noyau caudé; 3° en dehors, du coté de l’insula, les deux tiers antérieurs environ du noyau lenticulaire.

L’observation — et il s’agit ici d’une observation bien des fois répétée — démontre, ainsi que je l’ai fait remarquer déjà dans le cours de ces leçons (Leçons VIII et IX, p. 89-90), que l’hémiplégie motrice vulgaire, sans accom-

Fig. 3i. — A, couche optique. — Am, avant-mur. — CC, corps calleux. — Ce, capsule externe. — • I, insula. — L, foyer de ramollissement ancien de la partie moyenne du noyau caudé et de la capsule interne. Le foyer, qui consiste en une sorte de large caverne, n’est séparé du ventricule latéral que parlamembrane épendymaire, M, qui a résisté.

pagnement de troubles de la sensibilité est la conséquence, en quelque sorte fatale, de toutes les lésions, même minimes, qui s’établissent dans les diverses parties que je viens d’énumérer, à la condition toutefois que les lésions en

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question produisent la destruction ou la brusque compression des éléments nerveux de la circonscription affectée et non pas seulement un simple déplacement lentement effectué, comme cela se voit si souvent dans les cas de tumeurs.

J’ai fait remarquer, en outre, qu’à cet égard, il y a lieu d’établir une importante distinction. C’est ainsi, que les lésions, même étendues et profondes, qui restent limitées dans la sphère desnoyaux gris, (noyau caudé ou noyau lenticulaire), ne déterminent, en règle générale, que des symptômes relativement peu accentués et peu durables, tandis que les lésions relativement légères qui intéressent le tractus blanc (capsule interne) donnent lieu à une hémiplégie motrice non-seulement très-prononcée, mais encore de longue durée, souvent même incurable. {Fig. 5J.)

Je voudrais rechercher avec vous la raison de ces différences. Je m’occuperai d’abord de l’intensité relative des symptômes paralytiques dans le cas des lésions de la capsule interne, comparée à leur faible degré dans le cas de lésions limitées aux noyaux gris, après quoi j’envisagerai le caractère transitoire de l’hémiplégie dans les cas du dernier genre, par opposition à la permanence qu’offre ce symptôme, à peu près nécessairement, lorsqu’il s’agit d’une lésion de la capsule interne.

Pour ce qui a trait au premier point, jè vous reittettrai en mémoire, une fois'de plus, (Juelques-tiheé de^pabtidulàrliés' dè' là cohStitutloil 'anatômiquë dé la capsule intèrne. Ce tractus contient, vous ne l’avez pas ôUblié : 1'°' ‘dfes fibres pédonculaires directes., c’est-à-dire nées sous l’écorce

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grise et qui pénètrent dans l’étage inférieur du pédoncule cérébral sans s’être mises en rapport avec les noyaux gris lenticulaire ou caudé; 2° des fibres pédonculaires indirectes lesquelles, au contraire, prennent leur origine dans le noyau lenticulaire ou le noyau caudé et n’ont aucune relation avec l’écorce grise. Nous faisons abstraction, en ce moment, des faisceaux de fibres qui s’étendent de la substance corticale aux noyaux gris des masses centrales.

Nous supposerons que les diverses fibres pédonculaires, les directes comme les indirectes, sont des fibres à direction centrifuge et qu’elles transmettent à la périphérie l’influence motrice développée soit dans l’écorce grise du cerveau, soit dans les noyaux gris lenticulaire et caudé.

Dans cette hypothèse, il est facile de comprendre qu’une lésion un peu accentuée portant sur la capsule interne, principalement sur la partie la plus inférieure, au voisinage du pied du pédoncule cérébral, là où toutes les fibres sont rassemblées dans un espace étroit, aura pour effet de supprimer du même coup l’influence de l’écorce grise et celle des deux noyaux gris, tandis qu’au contraire une lésion, limitée au noyau lenticulaire, laissera subsister l’action du noyau caudé et celle de l’écorce grise. On imagine aisément les effets des diverses combinaisons qui pourront se produire dans ce genre : lésion du noyau caudé, de certaines régions de l’écorce grise, des deux noyaux gris à la fois, avec ou sans participation des fibres pédonculaires de la capsule interne.

Je n’attache pas à cette vue théorique plus d’importance qu’elle n’en comporte. Je ferai remarquer, toutefois, qu’elle s’adapte assez bien aux faits relevés par l’observation clinique chez l’homme ; j’ajouterai qu’elle n’est en rien contredite — vous allez en juger — par les expériences faites chez les animaux. • ,

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On sait depuis longtemps (1) que les troubles moteurs produits chez la plupart des animaux par la destruction méthodique des diverses parties de l’encéphale, du cerveau en particulier, s’éloignent, d’une façon générale, considérablement de ceux qui se manifestent chez l’homme, en conséquence des lésions que la maladie détermine dans les parties correspondantes.

Dans l’interprétation de ces faits expérimentaux, et dans leur application à la pathologie humaine, il convient de tenir compte, entre autres circonstances, de l’espèce plus ou moins inférieure de l’animal, de son âge plus ou moins avancé. Ainsi, l’ablation de tout un hémisphère cérébral, chez un pigeon, et, à plus forte raison chez un reptile, ne produit pas de trouble moteur qu’on puisse comparer à une hémiplégie. Les choses se passent à peu près de la môme façon chez le lapin. Une faiblesse à peine accentuée dans les membres d’un coté du corps, chez cet animal, est la seule conséquence d’une pareille lésion ; la station et le saut sont encore possibles, alors que le cerveau tout entier a été détruit, pourvu, toutefois, que la protubérance demeure intacte (2). Chez le chien, les résultats sont déjà très-notablement différents. Si je m’en rapporte même aux dernières expériences faites, dans le laboratoire de M. Vulpian, par MM. Carville et Duret, les accidents qui, chez cet animal, succèdent à l’ablation méthodique des diverses parties du cerveau, se rapprocheraient beaucoup de ceux qu’on observe chez l’homme, dans les cas de lésions en foyer des hémisphères cérébraux.

Il est au moins très-vraisemblable que ce rapprochement serait plus complet et plus manifeste encore si l’expérimentation portait sur le singe.

(!) Voir à ce sujet Longet. — Traité de physiologie, t. III, p. 431, et Vulpian. — Leçons sur la jihysiologie générale, etc., p. 676.

(2) Vulpian, Longet.

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