AUTONOMIE DES FAISCEAUX SPINAUX
B. Il est devenu plus que vraisemblable, d’après les considérations qui précèdent, que ces mêmes faisceaux doivent être doués encore à' autonomie fonctionnelle. Pour éclairer la question, c’est ici le lieu d’interroger la clinique. L’observation a été recueillie pendant la vie du malade, et, après la mort, l’investigation anatomique est poursuivie conformément aux méthodes prescrites. Veuillez remarquer que nous nous trouvons, dans ce cas, où il s’agit de lésions systématiques, c’est-à-dire nettement délimitées, dans les conditions pour ainsi dire idéales que recherche l’expérimentateur, lorsqu’il s'efforce de reproduire la lésion des parties qu’il suppose avoir les fonctions spéciales dont il entreprend l’analyse. On peut môme avancer que, dans le cas particulier de la moelle épinière, l’expérimentateur se heurte à'des difficultés presque insurmontables que les lésions systématiques résolvent tout naturellement. Il est impossible à l’expérimentateur le plus habile d’enlever un faisceau spinal dans toute sa longueur, opération à laquelle, d’ailleurs, l’animal ne survivrait pas. Il ne lui est guère possible, non plus, d’atteindre isolément dans la profondeur de la moelle les cornes antérieures pour y détruire les amas de cellules nerveuses microscopiques qui y sont contenues : la maladie détermine quelquefois toutes ces altérations nettement circonscrites.
J’ajouterai que les lésions systématiques spinales évoluent le plus communément suivant le mode chronique, et que leur symptomatologie n’est pas compliquée en général par ces phénomènes de retentissement sur les parties voisines, phénomènes qu’occasionnent à peu près nécessairement les traumatismes expérimentaux et qui rendent si difficile, en pareille circonstance, l’analyse physiologique des phénomènes morbides.
Mais ces phénomènes qu’on essaie de dégager par l’analyse, — et ceci. Messieurs, nous ramène en pleine pathologie, — constituent justement la symptomatologie propre à