LÉSION CÉRÉBRALE
sions descendantes consécutives. Vous le voyez, Messieurs, une question de localisations domine en quelque sorte la situation.
2^ Quant à la nature de la lésion originelle, rien n'est plus variable. Tumeurs intra ou extra-encéphaliques,foyers d'hémorrhagie ou de ramollissement, toutes les altérations possibles auront le même caractère, pourvu toutefois, —et c'est là une condition sine quânon^ — pourvu que la lésion soit destructive, c'est-à-dire qu'elle produise, dans le lieu où elle s'établit, une véritable perte de substance aux dépens des éléments nerveux. Aussi les anciens foyers d'hémorrhagie ou de ramollissement figurent-ils beaucoup plus communément parmi les lésions qui causent les dégénérations secondaires que ne font la plupart des tumeurs, celles-ci pouvant déprimer ou refouler les éléments nerveux sans les détruire.
3<» En dehors d'un cas particulier qui sera mentionné en temps et lieu, les dégénérations de ce groupe ont pour caractère général d'afiecter exclusivement le système des faisceaux pyramidaux et de se limiter, de se cantonner dans ce système.
Si la lésion primordiale n'occupe qu'un des deux hémisphères, la dégénération se propage dans le faisceau pyramidal croisé du côté opposé; si, au contraire, il existe un foyer dans chacun des deux hémisphères, les deux moitiés du système pyramidal peuvent être simultanément envahies.
Et je le répète à dessein. Messieurs, il s'agit là d'une lésion systématique par excellence. Les faisceaux voisins restent toujours indemnes, et (à moins de circonstances particulières que nous aurons à relever) la substance grise et les racines des nerfs périphériques demeurent également intactes,
OEOENERATION PTHAUIOALE. 'ilS
4» Pour ce qui est de la nature de la dégénération au point de Tue anatomique, c'est là une question que je réserve. Est-elle le résultat d'un processus purement passif, comme le veulent quelques auteurs, ou, au contraire, irritatif, comme d'autres le prétendent? Ou bien les deux opinions doivent-elles être combinées, en ce sens que, paasif
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dans une première période, le processus deviendrait actif dans une deuxième? Voilà des questions intéressantes sans doute, mais, je vous le répète, nous ne les aborderons que par la suite. Pour le moment, je veux me borner à considérer la topographie des dégénérations secondaires, et vous allez voir, ainsi que je voi^ l'annonçais tout à l'heure, qn'll s'agit bien là de lésions systématisées daps le domaine des faisceaux pj^ramidaux.
216 DÉGÉNÉRATION PÉDO^CULAIRE.
Prenons la lésion secondaire au moment où elle émerge, en quelque sorte, de la profondeur de l'encéphale. Elle apparaît d*abord dans le pédoncule; nous la suivons ensuite dans la protubérance, puis dans le bulbe, enfin dans les diverses régions de la moelle épinière.
Remarquez d'abord. Messieurs, que si la lésion est très prononcée et très ancienne, passez-moi l'expression, elle vous sautera aux yeux. Du môme côté que la lésion hémisphérique, vous reconnaissez une atrophie réelle de Tétage inférieur du pédoncule, de la protubérance, de la pyramide correspondante, laquelle présente en môme temps une teinte grise. (Fig. 57.) Du côté opposé à la lésion, au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, vous constaterez également une asymétrie de la moelle épinière résultant de l'atrophie du faisceau antéro-latéral. C'est sous cet aspect que la lésion a été connue des anciens auteurs. Mais notez bien ceci. Messieurs, que dans la grande majorité des cas, les choses ne vont pas aussi loin, et que l'intervention du microscope est indispensable.
1<* Dans le pédoncule, et c'est là un fait intéressant à relever, la partie dégénérée est grisâtre et se présente sous la forme d'un espace triangulaire, occupant la partie médiane de l'étage inférieur. La base de ce triangle est du côté de l'encéphale, tandis que le sommet est du côté de la protubérance. Ainsi, la surface du pied du pédoncule se trouve en quelque sorte divisée en trois régions : a) une région médiane représentée par le faisceau pyramidal dégénéré ; &) une région externe, qui jamais, sous aucune condition (autant que j'en puis juger, du moins d'après les nom-