‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine de (volume 2)Chapitre 84 sur 113 · ICTUS APOPLECTIQUE · texte numérisé non relu

ICTUS APOPLECTIQUE

conséquence de la formation, dans le cerveau proprement dit, d*un foyer d'hémorrhagie ou de ramollissement.

Pour plus de précision, arrêtons-nous, si vous le voulez bien, au cas de Thémorrhagie intra-encéphalique ; et, supposons qu'il s'agisse, dans l'espèce, d'un cas d'une certaine intensité. Ce que nous en dirons pourra, à quelques modifications près, d'ordre secondaire, s'appliquer ensuite aisément au cas du ramollissement apoplectiforme.

Je supposerai encore que le malade a surmonté les premières difficultés de la situation. Les phénomènes comateux, la torpeur intellectuelle de l'attaque apoplectique se sont déjà dissipés. La fièvre, les contractures dites précoces^ l'érythème des régions fessières, tous ces symptômes de fâcheux augure, si toutefois ils ont existé, ont actuellement disparu. En un mot, nous en sommes au douzième ou au quinzième jour après l'attaque, et il est devenu certain, qu'à moins de complication fortuite, le malade vivra.

Mais voici. Messieurs, la question fort importante qui se présente à l'esprit du médecin et qui, d'ailleurs, lai sera certainement adressée par les personnes inté-. ressées ou par le malade lui-môme. — Actuellement, il oxiste encore une paralysie motrice complète, absolue, ou peu s'en faut, de tout un côté du corps. Le membre supérieur est complètement flasque et retombe lourdement sur Je lit, quand, après l'avoir soulevé, on l'abandonne à luimême. Le malade, d'ailleurs, est incapable d'imprimer le moindre mouvement aux diverses parties de ce membre ; il en est de môme du membre inférieur, bien que peut-être à un moindre degré. Enfin, la face, du môme côté, dans le tlomaine du facial inférieur, est, elle aussi, aflTectée.

Ainsi, la commissure labiale du côté sain est élevée, en môme temps que les lèvres de ce côté sont légèrement entr'ouvertes ; tandis que, du côté paralysé, elle est tom-

Charcot 19

390 pronostic; DB l/MSOVimsm CSiRÉBRALE.

baote, mï mania tfami» qaeie» lèfves soat afflokietîBB. Il «st inutile, po«r le^xMfiaf^it, d*£»tlf8P^ans plus dlB^^ââtaUs.

Oi?,.la question QQlitige^fclft siu¥ai]rf90: Idxàaloâtii'Wira, il r^auYT era , .s^aod4out6t pour Isumsé aumpariiç » VacthritMe sk9^ facultés iateUaotuolleft; mai» riâenpôBerdf^tti'il, uii jowaa Tautre, Tusa^ge de.saa maml>»9ft ^radj^s^? P<mrs»»triltse servir de sa iftaift, àB»ou ibraa? Powra^il inâisK^ siotir dalit, se teair debout, nisurclier? Ou, layarsawant^ mM pour toujours condamné à une impuissance motrice le privant de l'usage régulier de ses membres? En un mot, demeurera-t-il à Tétat d'infirme, confiné dans sa chambre et obligé de faire appel à l'assistance des autres pour l'accomplissement des actes les plus impérieux de la vie ordinaire ?

Tel est, Messieurs, le problème qui se pose dans les conditions particulières que nous avons déterminées. Eh bien ! en pareille occurrence, le médecin instruit, en môme temps qu'il s'efforcera de trouver dans l'examen du malade des indices capables de lui fournir la solution de cette question fort difficile, ne manquera pas, fâit-oe même infitiBctivement, de se remettre en mémoire les connatesatroes anatomo-pathologiques et physiologiques propres à Tétlairer. Il pens^era anatomiquement, si je puis ainsi dire, et physiologiquement, en même temps que cliniquemeift.

Il ne se contentera de données empiriques que taaie de mieux, et il voudra, si faire se peut, pénétrer la raison des choses. Nous ne pouvons mieux agir, je crois, qu'en l'imitant ; représentons-nous donc Tétat des parties- léséea cte le malade qui est là sous nos yeux, et sur Tairenir duquel on nous demande de nous prononcer.

MOÈmU^DU CBXVXàU. ^M

Odci Va nous mett» à nme 4lgras$toii, Imais je me #Mrte j^as <|»*âp9èB avoir pareavra lediamiii détoamé où je vais vous conduire, la tâcha que nous noua profOMOs ^Pnêoomfi&t ne noua s^ra rènctoe pbuM ailette.

Il s^agît, vous ne Fa^rez pas ooMté, dsina Fesem^de obolfii, de llLéiaerrhagîe i!ntra««neépkâMqae se j^réseatant dans sa forme la plus Tulgaire. — ^Où iriége le feyer? Q^Mllea parties a-t-H sîm^emoit refoulées ? Qoellea/parties a'4>41 détnriles ? 95 fois sot 100, peai'-ôtne, les ohoies sef- Tent te^le» qite nous idlons les imaglBep.

Happelons^nous qu^ques^ones des particolarités anato- «fqaes qa^eifre à aonsidërer lar région ée» nasses eeiitpsles, car c'est dans cette région que se ieàt Vêpzncbe' ment, dans la trôs gremde majorité des cas.

Bsaminens àBoai^eau la ooiipe* horfeofitale qpie je vous ai pkeîeaps fois présentée iléjà. J'sqppelierai suiHoui;, cette IMs, votre attention sur les rapports duivoyau lenticuteliPe. Si, en dedans, il est limité par la capsule inteime, endetefe, il est Kmité par un autre tractiis blanc, la capsule emterne, qui le «sépare de^ Va^^snt-mfBtt [okLMtrum) et de la Tégioft de Vinsida.

Or, Messiears, sur des pièces cowenablement durcies dans Taleool, il serait facile de montrer que la face externe eu- noyau lenticulaire, dans son tiers antérieur surtout, n'estque très l&oHement uniéà la capsule externe.En réalité, iln^ a pas de eonneKions anatomiqaes intimes ent^e la bandelette blanche et la fece externe du noyau gris. Il exléte^ en ce point comme une sorte de ventricule v#tael ; «t si ^s^est dans cette région, ainsi que Ta depuis longtemps

S92 ARTÈRES NOURRICIÂRES.

fait remarquer Gendrin, que commence à se former l'épanchement sanguin dans les cas ordinaires, la raison n*en est pas difficile à comprendre. A cette même région appartiennent, en effet, les artères nourricières, dont les lésions préparent en quelque sorte Thémorrhagieintra-encéphalique.

Si, sur un cerveau préalablement injecté, vous étudiez, guidés par les importants travaux de M. Duret, les dispositions des artères nourricières des masses centrales, vous relevez surtout ce qui suit.

Les plus importantes de ces artérioles proviennent du tronc de la sylvienne dont elles se détachent perpendiculairement ; elles pénètrent dans la substance nerveuse au niveau de l'espace perforé antérieur.

On voit là une série de petits pertuis dont chacun donne passage à une de ces artérioles ; et, remarquez-le bien, contrairement à ce qui a lieu sur les vaisseaux artériels corticaux destinés à nourrir la substance grise et le manteau, les vaisseaux qui s'insinuent dans l'épaisseur des masses centrales ne sont pas, quant à la structure et à leur calibre, des capillaires, mais bien des artères véritables.

La disposition que présentent les vaisseaux lenticnlostriés, une fois qu'ils ont pénétré dans l'épaisseur des masses centrales, peut être aisément mise en relief par une dissection fort simple. On enlève successivement l'écorce grise des circonvolutions de Tinsula, la substance blanche sous-jacente, Tavant-mur, enfin la capsule externe ; on met ainsi à nu la surface convexe du troisième segment da noyau lenticulaire, et l'on voit alors s'épanouir sur cette surface, à la manière d'un éventail, les artérioles lenticulaires. Les plus volumineuses sont les plus antérieures. Toutes, se dirigeant d'avant en arrière et de bas en haut, pénètrent vers l'extrémité supérieure du noyau dans son épaisseur, et. là, on les perd de vue.

Pour bien reconnaître le trajet ultérieur de ces vaisseaux et leurs ramifications dans l'épaisseur des noyaux

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