‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine de (volume 2)Chapitre 88 sur 113 · INFLUENCE DE LA STRYGHINE SUR LA CONTRACTURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA STRYGHINE SUR LA CONTRACTURE

étudiée par la méthode expérimentale, Tinterprétation du phénomène en question est devenue très simple.

Une autre remarque de Fouqmer est que, dans œs contractions provoquées dans les membres paralysés par remploi de la noix vomique, les membres thoraciques se placent dans la flexion,' et les membres abdominaux dans l'extension. Nous verrons bientôt Tintérôt de cette remarque.

Mais, voici le dernier point, sur lequel je veux surtout appeler votre attention.

« Les paralytiques, dit Fouquier, — et il s'agit ici de l'hémiplégie aussi bien que de la paraplégie, — conservent souvent, après l'administration de la noix vomique, une raideur considérable des membres, bien que l'usage du médicament soit depuis longtemps suspendu. » Ainsi, vous le voyez, voilà une contracture durable déterminée par la strychnine, ce môme médicament qui mettait en relief tout à l'heure les réflexes tendineux. C'est là une circonstance déjà propre à montrer que les réflexes tendineux et la contracture sont des phénomènes connexes. J'aurai l'occasion de revenir très prochainement sur ce point.

TREIZIÈME LEÇON

De la contracture tardive des hémipléglqaes et de

ses variétés cliniques.

SoHHAiRH. — Influences diverses qui exagèrent la contracture. — Strychnine. — - Traumatismes.

La contracture est toujours imminente chez les hjstéri({ue8. — Elle se produit dans les mêmes circonstances.

Spoque de son apparition chez les hémiplégiques. -— Elle vient par gradations. -^ Elle détermine des attitudes et des déformations des membres qui sont toujours les mômes. — Interprétation de ces attitudes. — Théorie de l'action des antagonistes. — Expériences de Gaillard (de Poitiers}» — Tonus musculaire.

Messieurs,

Je relevais, en terminant la leçon dernière, diverses influences qui, dans Thémiplégie durable de cause cérébrale, peuvent accroître l'intensité des phénomènes connus sous le nom de réflexes tendineux. A propos des efiets de la strychnine, je vous montrais que cet agent provoque également, dans ces mômes circonstances, l'apparition delà contracture tardive, alors que celle-ci est en quelque sorte imminente, que tout est préparé en un mot pour qu'elle* se produise.

C'est là un fait qui mérite d'être mis en relief, parce qu'il semble indiquer que la contracture tardive et l'exaltation des réflexes tendineux sont des phénomènes connexes, se rattachant à une condition commune.

314 INFLUENCE DES TRAUMATISMES.

Je voudrais vous faire remarquer encore que d'autres causes qui, en apparence, n'ont aucune analogie avec l'usage thérapeutique de la strychnine ou de quelques autres médicaments, peuvent cependant déterminer, elles aussi, prématurément, l'apparition delà contracture chez les hémiplégiques, ou la rendre plus intense, lorsque déjà elle s'est établie.

1^ On sait depuis Icm^tempS'^ en électrolbérapie, que la farajdisation intempestive etmalrëglëedes memlife&paralyséB-, chez ies^ttslades^ de cette cat^gorie^peiit avoirripoiir résultat de provoquer ou d'exagérer les contractures permanentes. Ce qu'on sait moins, c'est qu'un traumatisme portant sur les membres paralysés peut être cité parmi les causes de ce genre. A titre d'exemple propre à mettre en relief la réalité du fait, je mentionnerai le cas suivant observé récemment à l'hospice de la Salpétrière par mon collègue, M. Terrier,. qui en a immédiatement saisi Tinter rét théorique et Ta en conséquence recueilli avec grand soin (1).

Il s'agit d'une femme âgée aujourd'hui de 52.ans^ et qui avait été frappée subitement d'hémiplégie, il y a six ans, vraisemblablement en conséquence d^un ramollissement partiel. L'hémiplégie avait persisté à un certain degré depuis cette époque, mais elle se traduisait seulement par une légère rigidité du membre supérieur droit; ie membre inférieur était.à peu près complètement libre; elle marchait

(l) Voy. ^Revue mensuelle de ]|fyi0cim^etd9i^)C^ww0^i \ST9^.o9'i%..

PARÉSSSLî PSmSANBNTB.. DBSL HTSXÉBXQXrES. 31 B

asser fàcilMieBt.etiiBdsait joème des oounses relativement, longues^ Le 29 nutrs dernier, elle fit.une chuta sur le sièg^ ses jambes > étant, âécbies et ainsi se ût une contusioir, d'aillears légèie, dela:pailiaantérieurede lajamhB qui devint,, les jours, suivants, un peu gonflée et eechymottque. Mbis, vokl le peint intâreasant: Lielendemain.dè Tacddent, le mendxre inférieur drxrit, c'esti-à-dire corresiiiondGlntà la paralysie, était devenu. rigide dans.toutes ses parties ; on pouvait* le soulever, tout. d'une pièce,, le pied avait pris Tatrtitudede réquin.varus«.bref, ILs'agissaitlà d'Une contracture vraie, aussi caractérisée que possiMeu De plus, la conrtracture s'était conaôdérahiement accrue dansL le membre supérieur où elle était auparavant à peine accentuée^ contracture en flexion, rendant. fort douloureux les mouve» ments spontanés ou provoiqués. Aujourd'hui, six semaines après ' le traumatisme, la contracture des membres s'est amendée, nudselle porsiste à Un assez. haut. degré, etlephénomène du pied ainsi que le réflexe rotulien sont très exagérés dans le membre inférieur.

2« Les faits de ce genre ne sont sans dcmte pas très rares; j'en ai, pour mon compte, recueilli deux ou trois» A ce propos, il* ne sera- peut-être pas sans iïitérêt d'établir un rapprochement au point de vue spécial que nous considérons en ce moment, entre l'hémiplégie permanente, résultant d'une lésion cérébrale organique, et l'hémiplégie ne relevant d'aucune altération appréciable, qui s'établit quelquefois chez les hystériques. 0!nsait*que, chez les hystériques hémianesthésiques en particulier, les membres du côté où siège l'insensibilité sont fréquenrtnent atteinte d'une parésie plus ou moins prononcée. Cette parésie- peut s'aggraver au point de devenir une paralysie complète, véritablement flaccide. J'ai reconnu que les réflexes tendineux sont, en général, manifestement exagérés sur les membres ainsi paralysés, et qu'on peut souvent, lorsqu'il s'agit du membre

34 6 GOMTRACTURBS DBS HYSTÉiaQUBS.

inférieur, y provoquer la trépidation épîleptoïde. Or, en pareille occurrence, il m'est arrivé plusieurs fois de déterminer dans les membres frappés d'impuissance, Tapparition d'une contracture plus ou moins intense et plus ou moins permanente par l'application sur ces membres de courants galvaniques faibles, ou même par la simple application d'un aimant. Ce résultat permet peut-être de comprendre pourquoi la contracture se développe très souvent, en apparence d'emblée, chez certains sujets nerveux , en conséquence d'une action traumatique banale. J'ai récem* ment appelé l'attention sur ces faits singuliers que Brodie connaissait déjà. Ainsi, à la suite d'une chute sur le poignet, d'une pression un peu forte exercée sur le dos du pied, j'ai vu se développer chez certains sujets, presque immédiatement, dans le membre correspondant, une contracture qui ensuite a persisté à l'état permanent, pendant plusieurs semaines et même pendant plusieurs mois. L'apparition de la contracture ainsi produite est souvent la première révélation de la diathèse hystérique. Mais, en y regardant d'un peu près, on reconnaît presque toujours que, du côté où cette contracture s'est développée, il existe une anesthésie plus ou moins nette, une douleur ovarienne, un certain degré de parésie, accidents relativement bénins mais qui, tout porte à le croire, ont précédé l'apparition de la contracture. Le terrain était donc en quelque sorte déjà préparé, et le traumatisme a joué là tout simplement le rôle d'agent provocateur.

Je me borne, pour l'instant, à indiquer ce rapprochement entre les contractures des hystériques et les contractures des hémiplégiques. J'aurai sans doute l'occasion d'en tirer parti par la suite.

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