RÔLB DU FAISCEAU PYRAMIDAL
nerfs centripètes cutanés, soit par les nerfs centripètes moscolaires.
3^ Enfin, dans la catégorie des mouvements associés, nous sommes en mesure d'interpréter aisément l'aggravation de la contracture sous Tinfluence des mouvements vo* lontaires imprimés au membre sain. Il suffit d'admettre ici que l'irritation s'étend par une sorte de diflfusion aux éléments ganglionnaires de la substance grise du côté non paralysé. Cette même diffusion de l'irritation pourrait aussi expliquer les cas d'hémiplégie sur lequels M. Déjerine a appelé l'attention, et dans lesquels la trépidation ou même la contracture se montrent sur le côté resté sain.
L'intensité de l'irritation hypothétique des éléments ganglionnaires d'où dérive la surexcitation réflexe se montrera d'ailleurs variable suivant les cas et suivant les sujets, ainsi que l'étendue des régions sur lesquelles elle se propagera. Ceci fait comprendre que la contracture permanente liée à la sclérose consécutive du faisceau pyramidal est, dans l'espèce, un symptôme contingent et non pas un symptôme nécessaire, pathognomonique. Dans la règle, il est toujours présent ; mais il peut fort bien arriver qu'il fasse défaut alors môme que la sclérose latérale existe, et inversement qu'il se manifeste quand la sclérose latérale n'existe pas (1). La contracture permanente, en d'autres termes, n'est pas, si Von peut ainsi dire, une fonctiofi de la sclérose du faisceau pyramidal. Voilà une donnée dont il est très important de se pénétrer pour la saine interprétation d'un grand nombre de faits de la pathologie spinale, et que nous aurons d'ailleurs très prochainement l'occasion de mettre à profit.
Messieurs, il me resterait à montrer que la théorie que
(l) DaoB le cas de contraction hystérique, par exemple.
3 10 r6le du faisceau pyramidal.
je viens d'émettre, tout imparfaite qu'elle soit, est supérieure cependant à celles qui ont été proposées pour résoudre la question en litige.
La théorie de l'encéphalite a vécu. Il n'y a pas, en effet, ' d'encéphalite dans le cas d'hémorrhagie cérébrale en foyer, à moins qu'on ne veuille donner ce nom au travail de végétation conjonctive qui se fait à la limite de l'épanchement sanguin. Or, les foyers d'hémorrhagie ne produisent la contracture que quand ils sont localisés de telle façon qu'ils détruisent la continuité du faisceau pyramidal; d'ailleurs, nous verrons la sclérose primitive des faisceaux pyramidaux donner naissance à la contracture, alors qu'il n'existe aucune lésion encéphalique.
On a admis aussi que la contracture résulte de l'irritation des tubes médullaires restés inaltérés au sein des parties sclérosées. Ces tubes étant fort rares et quelquefois même faisant complètement défaut, alors que la contracture existe, je ne vois pas bien comment l'irritation de ces tubes pourrait produire la contracture. Il faut donc, ici encore, invoquer l'affection des éléments ganglionnaires de la substance grise.
QUINZIÈME LEÇON
Rôle physiologique du faisceau pyramidal dans la contracture permanente; hémiplégie, myélite par compression, tabès dorsal spasmodique.
SoMMAiiiE. — Relations des extréoiités périphériques du faisceau pyramidal avec les cellules des cornes antérieures. — Lésions de ces cellules. — Elles sont de nature irritative. — Phénomènes cliniques : actes réflexes. — Théories relatives à la pathogénie de la contracture. .
Théorie de l'encéphalite. — Théorie de Tirritatiou des tuhes nerveux mélangés à ceux du faisceau pyramidal.
' La cause immédiate de la contracture est dans la. substance grise eller môme. — Preuves fournies- par la pathologie spinale proprement dite.— Myélites transverses. — Paraplégie spasmodique. — Tabès dorsal spasmodique.
Messieurs,
A de certains indices qui ne sauraient guère échapper à un professeur depuis longtemps aux prises avec les difficultés de l'enseignement, j'ai cru reconnaître que la théorie proposée pour rendre compte physiologiquement de la contracture permanente des hémiplégiques n'a pas été saisie dans tous ses détails, par quelques-uns de mes auditeurs. Je vous demande, en conséquence, la permission de^ revenir en quelques mots sur mon exposé. Ce n'est pas, tant s'en faut, que j'attache une importance exagérée à