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Ainsi parle la théorie, et de fait, nombreux sont les exemples qui démontrent qu'en réalité l'hémiopie latérale
FORMES DE L'HÉMIOPIE. 125
est la conséqaence d^one lésion portant son action sur Tune des bandelettes optiques (1). L*effet restera le même, quel que soit le siège occupé par la lésion sur la bandelette» depuis l'origine de celle-ci dans les corps genouillés, jusqu'à sa terminaison dans le chiasma . L'hémiopie latérale devra se produire d'ailleurs non-seulement par le fait d'une lésion propre à la bandelette elle-même, mais aussi, à titre de phénomène de voisinage, en conséquence de lésions — bémorrhagies ou tumeurs — développées dans les parties qui sont en rapport plus ou moins immédiat avec ce tractus, telles que, par exemple, l'étage inférieur du pédoncule cérébral (pes) ou encore pulvinar.
Les autres modes de ThéDiiopie ne sont pas d'une interprétation plus difficile. Une lésion, une tumeur par exemple, située en T, c'est-à-dire sur la partie médiane du chiasma, de façon à intéresser seulement les fibres optiques entrecroisées (a, b'), devra paralyser la moitié gauche (G)^ de la rétine de l'œil droit ainsi que la moitié droite (D) de la rétine de Fœil gauche et déterminer, par conséquent, ce qu'on appelle l'hémiopie temporale. M. Saemisch a pu dans un cas de ce genre annoncer, pendant la vie du malade, que tel était, en effet, le siège de la lésion et l'autopsie est venue justifier pleinement ses prévisions (2).
Au contraire, l'hémiopie dite nasale, caractérisée par la suppression de la partie médiane du champ visuel se produirait si le cours des fibres directes a', &, était seul interrompu, au niveau du chiasma, par exemple, en consé" quence de lésions occupant symétriquement de chaque côté, les points N,N. C'est là, on le conçoit, une combinaison qui doit se présenter très-rarement. Il en existe cependant quelques exemples ; un, entre autres, décrit avec soin par
(1) Voir entre autres le cas de E. Muller dans Ârchiv. fur ophthalmoloff' TIII. Bd. 1, S 160.
(2) Voir aussi E. Huiler in Memner's Jahresbericht, 1861. S. 458.
i26 HÉMIOPIB HOMOLOaUE UNILATÉRALE.
M. Knapp (1). Il s'agissait, dans ce cas, d'une compression produite sur les points indiqués par les artères cérébrale antérieure et communicante postérieure, augmentées de volume et indurées par le fait de Taltération âthéromateuse.
Je n'insiste pas plus longuement sur ces formes de Thé-^ miopie, qui, quant à présent, ne nous intéressent pas directement, et j'en reviens à l'hémiopie latérale. Ce genre de trouble visuel, c'est là un fait qui paraît bien établi, est le résultat obligatoire de la lésion d'une des bandelettes opti-» ques ; est-il également, comme ou l'affirme généralement, la conséquence nécessaire d'une lésion qui rencontrerait les fibres nerveuses optiques, au-delà des corps genouillés ; (G, G,) dans leur trajet profond, intra-cérébral (en L G, L D) ? A mon sens, la clinique et l'anatomie pathologique contredisent cette assertion, présentée tout au moins d'une façon trop absolue et je ne puis que répéter ici, ce que je disais tout à l'heure, à ce propos : Je ne crois pas qu'il existe, quant à présent, une seule observation montrant inévitablement l'hémiopie latérale développée en conséquence d'une lésion intra-cérébrale, en dehors de toiUe participation des bandelettes optiques, tandis que les faits existent où une lésion de la partie postérieure de la capsule interne ou du pied de la couronne rayonnante a, en même temps que Vhémianesthésie, déterminé Vamblyopie croisée, trouble visuel bien différent de l'hémiopie.
Cela étant, comment comprendre dans une vue schématique cet effet d'une lésion cérébrale, tout en reconnaissant le fait incontestable de l'hémiopie, conséquence d'une lésion des bandelettes optiques ?
Pour en arriver là, il suffirait d'apporter au schéma vulgaire de la semi-décussation une modification légère. On admet communément que les fibres nerveuses provenant — ■
(l) Archiv, of seienti/ie andpractical medieinet 1873, p. 293.
HYPOTHÈSE ANATOMIQUK. 127
de rœil droit et de l'œil gauche qui composent chacune des bandelettes optiques, continuent leur trajet au-delà des corps genouillés, sans nouveau remaniement jusque dans la profondeur de l'hémisphère du côté correspondant, et cette vue s'accorde avec l'idée régnante qu'ujie lésion des fibres nerveuses optiques, dans leur parcours intra-cérébral, équivaut à une lésion de la bandelette optique et produit conséquemment Thëmiopie.
Je propose d'admettre, au contraire, que seuls les faisceaux de la bandelette qui se sont entrecroisés dans le chiasma, (a, h) effectuent leur trajet profond, tels quels, sans entrecroisement nouveau ; tandis que les faisceaux directs subiraient, eux^ au-delà des corps genouillés, avant de pénétrer dans la profondeur de l'hémisphère, (L G, L D), sur un point indéterminé de la ligne médiane, peut-être dans les tubercules quadrijumeaux (T Q), un entrecroisement complet. Il résulte de cet arrangement que les faisceaux &', a' réunis, par exemple, en un point de riiômisphère gauche L G, représentent la totalité des fibres provenant de la rétine de Toeil droit, et que les faisceaux &, a, représentent la totalité des fibres provenant de l'œil gauche. Le parcours des fibres optiques, d'après cela, en ce qui concerne leur trajet profond, se trouve en quelque sorte ramené au type de l'entrecroisement complet et l'on comprend que dans un appareil ainsi constitué, tandis qu'une lésion de la bandelette optique produit l'hémiopie latérale, au contraire, une lésion située profondément dans l'épaisseur de l'hémisphère produira l'amblyopie croisée.
Je vous apporte cette hypothèse pour ce qu'elle vaut ; elle ne repose, quant à présent, sur aucune donnée anatomique. Elle fournit, quoi qu'il en soit, si je ne me trompe, un moyen facile de se représenter sous une forme très-simple les faits assez complexes révélés par l'observation clinique.