DÉGÉNÉRÂT IONS SECONDAIRES
en dehors et va se jeter dans la substance grise de la corne postérieure, non pins vers la pointe de celle-ci, mais plus en avant, et notamment dans les colonnes de Claike, De telle soile que ce groupe devient de moins on moins fourni à mesure qu’il s’élève, et lorsque toutes les fd)res qui le constituaient se sont ainsi jetées dans la substance grise de la corne postérieure il finit pai- disparaitre.
Les fibres du 5“ (jroupe {fibres lomjues), les moins abondantes d’ailleurs, sont de beaucoup les plus longues, puisque au lieu de se perdre dans la substance grise de la moelle, elles se prolongent jusqu’au bulbe. Quand elles sont parvenues dans celui-ci, elles se jettent comme les précédentes dans la substance grise; les points de la substance grise dans lesquels elles se perdent sont connus sous le nom de noyau du cordon de Goll et noyau du cordon de Burdach. 11 convient d’observer que par suite do la tendance qu’ont toutes les fibres radiculaires dos cordons postérieurs à se porter toujours eu dedans, repoussées qu’elles sont sur leur partie externe par les
Fig. 40.
Figure schématique destinée à montrer la constitution du cordon de Goll. Les ftbres qui composent ce cordon proviennent des racines postérieures A, A', A", A’", A", A'. Dans les parties tout à fait inférieures de la moelle, le cordon de Goll comprend donc un plus petit nombre de libres que dans les régions situées au-dessus. Cet accroissement du nombre des libres des cordons de Goll ne se produit d’ailleurs pas sur toute la hauteur de la moelle, car pour le plus grand nombre des auteurs, les racines lombaires entreraient seules dans la formation de ce cordon.
fibres des nouvelles racines pénétrant dans la moelle, celles de ces fibres radiculaires qui ont abordé la moelle dans ses étages inférieurs occuperont la partie des cordons postérieurs la plus rappro-
QUATUIÈMK LKÇO.N.
cliée cili sillon méilian poslérieur; elles coiistitiieiit ce qu’on a appelé les cordmis de Goll. — Quant aux fibres longues du 7f groupe qui proviennent des racines pénétrant dans les régions supérieures de la moelle, elles sont situées en dehors des précédentes et se jettent dans le noyau du cordon de lUirdach. — Quelle est la hauteur de la moelle à laquelle les fibres rî/diculaires cessent de se rendre au novau de Qoll et se dirigent \crs le noyau de Ikirdach? C’est là un point sur lequel, de l’avis même de MM. Singer et Münzer, nous n’avons aucune indication valable.
A ce propos je dois vous faire observer que tous les auteurs ne se sont pas ralliés à l’opinion d’après laquelle les cordons de Goll ne contiendraient que des fibres longues provenant des fibres des segments inférieurs de la moelle, notamment des racines de la queue de cheval. C’est ainsi que M. Barbacci admet d'après ses expériences que la section de racines situées dans les segments supérieurs delà moelle, notamment de racines cervicales, s’accompagne de la dégénération de quelques fibres du cordon de Goll. Quoi qu’il en soit, ce qu’on peut affirmer en toute sécurité, c’est que les fibres du cordon de Goll proviennent, sinon en totalité, du moins en énorme majorité, des racines occupant les régions inférieures de la moelle.
Telle est, dans ses grands traits, la façon dont se comportent les fibres des racines postérieures ; ajoutez cependant que quelques-unes de ces fibres se rendraient aussi, en passant par la commissure antérieure, dans le cordon antéro-latéral de l’autre côté, et de là dans le Ruban de Reil correspondant (Auerbacb). — En outre, quelques autres fibres passeraient par la commissure postérieure pour se jeter dans la corne postérieure du côté opposé.
D’une façon générale on peut dire que les fibres des racines postérieures se jettent toutes à un certain moment dans la substance grise de la moelle ou du bulbe.
Une fois parvenues dans la substance grise, que deviennent-elles? Suivant les l’ccberclies récentes (Golgi, Ramon y Caj:d, von Lenliossek, Külliker), ces fibres se résolvent en abondantes ramifications qui se groupent autour dos cellules nerveuses, mais sans pénétrer dans leur intérieur. Les groupes cellulaires de la substance grise sont donc, poui- les fibres des racines postérieures, non pas des noyaux d’origine (nous avons vu que ceux-ci sont constitués parles cellules des ganglions spinaux), mais des noyaux de tej'ininaison [Endkeme, Mis).
DÉGÉNÉRATIONS SECONDAIRES.
De ces noyaux de terminaison, qu’ils soient situés dans la moelle ou dans le bnlhc, partent de nouvelles fibres qui subissent un entrc-croiscmcnt dans le premier on dans le second. Ces fibres se réunissent de nouveau dans l’inléricur du bulbe et constituent le complexus connu sous le nom de Ruban de Reil {Schleife des auteurs allemands). Quant aux points des centres encéphaliques dans lesquels elles se perdent, nos connaissances à cet égard sont moins précises. Un certain nombre des fibres du Ruban de Reil vont, d’après M. Meyncrt, se jeter dans les tubercules quadrijumeaux \ quelques auteurs pensent qu’il y en a qui se portent dans l'expansion du noyau lenticulaire-, enfin, récemment, MM. Flechsig et llüsel* ont montré qu’une assez grande quantité des fibres de la Schleife, surtout de la région médiane, se rendent aux circonvolutions motrices circumrolandiques .
D’après cette description sommaire, vous pouvez. Messieurs, vous rendre compte du trajet de cette portion du système centripète qui a son point de départ dans les ganglions spinaux. Les cellules de ces ganglions jouent le rôle de centres d'oriejine, celles de la substance grise bulbo-médullaire constituent les centres de terminaison, mais avec cette réserve qu’elles ne reçoivent dans leur intérieur aucune des tibres en question, les expansions de celles-ci se bornant à se ramifier à leur périphérie. Par contre, de ces centres de terminaison devenant « centres d’origine», partent de nouvelles fibres qui subissent un entre-croisement et, se portant dans le Ruban de Reil, gagnent les centres encéphaliques.
C’est donc là une voie qui est loin d’être absolument continue, puisqu’elle subit une interruption, au niveau de la substance grise bulbo-médullaire, dans les centres de terminaison, et l’on pourrait plus justement la considérer comme une voie à relais.
Nous pouvons maintenant aborder la question qui en somme nous préoccupe particulièrement ici, celle des Dégénérations Secondaires dans le domaine médullaire des racines postérieures. 11 serait injuste de méconnaître le rôle prépondérant qu’a joué, dans cette question, l’expérimentation sur les animaux.
A parler vrai, c’est à celle-ci que nous devons le plus clair de nos connaissances sur cette variété de dégénérations. M. Singer, MM. Tooth et Ilorslcy sont arrivés à des résultats fort intéressants
1. Flechsifî et Ilüsel. Die Ccnlralwindungen, cin Ccntralorgan der Hinterstrânge. [Neu7'ologischci' Centralblat, 1890, p. 417.)
OUATUIÈME LEÇON.
et qui scnihlent présenter toutes les garanties d’exaclitiulo désirables: leur valeur est d’autant plus grande qu’ils sont en concordance parfaite avec les observations de pathologie humaine, nolainmcnt avec celles de .M. Kahler, de M. Schullzc, etc...
Si chez un animal. Icitiiuie, par cxempl-é, comme l’a fait M. Tooth, on sectionne une racine postérieure et qu’on attende un laps de temps suflisant (trois, quatre semaines et plus) avant de le sacrifier, on constate que, dans le cordon postérieur des régions de la moelle situées au-dessus de la racine sectionnée, il existe une petite zone dégénérée dont la situation varie d’ailleurs très notablement suivant la hauteur du segment médullaire que l’on examine. Juste audessus du lieu de l’opération, cette zone se trouve en contact immédiat avec la corne postérieure, au bord interne de laquelle elle s’appuie par son bord externe. Puis lorsqu’une nouvelle paire rachidienne a pénétré dans la moelle, la zone de dégénération, se trouvant repoussée en dedans par les libres de la nouvelle racine postérieure, quitte le voisinage de la corne, et se trouve entièrement contenue dans le cordon postéro-latéral ou cordon de Burdach. Plus elle s’élève, plus elle a de tendance à gagner la partie interne de ce faisceau, et pour peu que la racine sectionnée appartienne aux régions inférieures de la moelle (racines lombaires ou sacrées), on voit la zone de dégénération, continuant à se poi’ter en dedans, atteindre le cordon postéro-interne ou cordon de Goll, et dans ce cas la dégénération peut être suivie jusqu’au bulbe dans le voisinage du noyau du cordon de Goll. — Ce que je viens de vous dire. Messieurs, est en somme encore fort schématique; il serait assez difficile de suivre aussi loin la dégénération d’une seule racine, car, à mesure qu’on s’élève, le nombre de libres qui se perdent dans la substance grise est tel, que la zone de sclérose finit par disparaître à peu près complètement. Mais lorsque plusieurs racines postérieures ont été sectionnées ou lésées, il n’en est pas de môme, et les libres longues en dégénération persistent assez nombreuses pour qu’on puisse les suivre dans tout leur parcours.
Je ne veux pas insister davantage sur la description de la manière dont se localise dans ces cas la dégénération secondaire, un coup d’œil sur les figures que je vous présente vous en dira certainement beaucoup pins à cet égard que de longs développements. — Le seul point sur lequel je désire appuyer est la conclusion suivante : dans la dégénéralion consécutive aux altérations des racines
I)ÉGKNfj{ATIONS SKGO.NDAIRES.
postérieures, la localisation des lésions dans la substance blanche se fait dans le cordon postérieur, et occupe dans celni-ci une posi-
Coupo do la moelle chez un singe sur lequel M. llorsley avait pratiqué la section de toutes les racines postérieures de la queue de cheval à 1 centimètre environ au-dessus de l’extrémité inférieure du conus. (D’après .M. Tooth.) — Fig. 50 : 5* lombaire ; A, coupe des racines atteintes par la dégénéralion ascendante, et qui groupées autour de la moelle remontent le long de celle-ci jusqu’à ce qu’elles y aient pénétré l’une après l’autre; B, dégénération du cordon postérieur dans la partie où il confine à la corne postérieure (entrée des racines postérieures dans la moelle, bandelettes externes vraies). — Fig. 51 : 5” lombaire; le cordon postérieur présente une zone de dégénération B plus considérable qu’au niveau de la 5” lombaire, parce qu’à ce dernier niveau il n’avait pas encore reçu toutes les fibres radiculaires postérieures A qui avaient éprouvé la dégénération ascendante. La zone dégénérée B commence dans la 5" lombaire à se rapprocher de la ligne médiane. — Fig. 52 : II' dorsale; la zone de dégénération B a complètement quitté le voisinage du cordon postérieur pour se rapprocher du sillon médian postérieur. — Fig. 53 : 8* dorsale. — Fig. 5i : 4“ cervicale; la zone de dégénélation B s’est localisée dans la partie postérieure du cordon de Goll.
tion d’autant plus rapprochée du sillon médian postérieur que la racine altérée est située plus bas.
Il n’a été question jusqu’à présent que des branches ascendantes des racines postérieures, mais vous devez savoir. Messieurs, que ces racines éprouvent, au moment de leur entrée dans la moelle, une bifurcation en Y qui donne naissance à une branche ascendante (celle dont il a été uniquement question jusqu’ici), et à une branche desceyidante qui pourra présenter également une dégénération secondaire. — A la dégénération ascendante dans les cordons postérieurs que nous venons d’étudier, il faut donc ajouter qu’il se produit aussi un certain degré de dégénéralion descendante par suite de la destruction des rameaux descendants provenant de
Fig. 52.
Fig. 51.
QUATRIÈME LEÇON. M
la biiïircalion des racines postérieures sectionnées. Mais ces rameaux étant moins hmgs, leur dégénération est moins étendue. iSous avons déjà vu que M. Tootli dit n’avoir, dans ses expériences de sections de racines, jamais observé cette dégénération ; tandis que M. Scliultze attribue à l’altération de ces fibres à trajet rétrogtrade la dégénération « en virgule », qu’il a décrite dans les cor dons postérieurs.
M. Tooth aurait également observé un léger degré de dégénération dans le cordon postérieur du côté opposé, et cette dégénération pourrait être attribuée à la destruction de celtes des libres radiculaires qui ont subi l’entre-croisement.
11 convient, en outre, de considérer, dans l’étude de ces dégénérations secondaires ascendantes, la manière dont se comporte la Substance Grise. Lorsqu’un temps suffisant s’est écoulé après la section des racines, on peut constater une diminution assez marquée du volume de la corne postérieure, peut-être même aussi de la base de la corne antérieure. Dans cet ordre d’idées, un fait mérite d’appeler tout particulièrement l’attention, c’est faction •exercée sur les colonnes de CUndie])ixr la section des racines postérieures de la queue de cheval. On constate en clTet de la façon la plus nette, après cette section, la disparition du lin réticulum de libres nerveuses qui se voit sur toute l’étendue de la coupe des colonnes de Clarke ; mais, quelque marquée que soit l’altération de ces libres, les cellides des colonnes de Clarke demeurent en parfait état de conservation. C’est là une nouvelle preuve de ce que, comme je vous l’ai dit plus haut, les libres des racines postérieures se terminent dans le voisinage des cellules de la substance grise, mais sans pénétrer dans leur substance môme; aussi les premières peuvent-elles disparaître sans que les secondes dégénèrent. Ces faits sont actuellement bien connus et ont été signalés par différents auteurs, notamment par M. Scliultze, par M. Lissauer, par M. Mott et d’autres encore.
Si j’ai insisté autant sur la dégénération consécutive aux lésions des racines, ce n’est pas. Messieurs, qu’il doive vous être souvent donné de l’observer dans les cas de traumatisme et de compression de la moelle ou de la queue de cheval, ces faits sont en somme assez rares; mais comme à mon avis, une partie fort importanle de la Pathologie médullaire est intimement liée aux lésions des racines postérieures, j’ai cru devoir, en toute conscience, m’étcridre un peu sur ce sujet.
CINQUIÈME LEÇON
DÉGÉNÉRATION ASCENDANTE CONSÉCUTIVE AUX LÉSIONS TRANSVERSES DE LA MOELLE
A. — Dans ie coudon postérieur : a. Dans le cordon de Bvrdac/i. — p. Dans le cordon de Cioll. — Différences de localisation et d’étendue de la dégéncralion suivant la hauteur ou siégeait la lésion transverse.
U. — Dans le cordon antéro-latér.u, ; a. Faiseeau cérébelleux direel, sa description par M. Flechsig, sa situation, sa forme, son origine, son trajet, sa terminaison, sa dégénération. — p. Faisceau de Gowers (faisceau antéro-latéral ascendant des auteurs anglais), sa situation, sa forme, son origine, son trajet, sa terminaison, sa dégénération.
G. — Dans la substance grise médullaire; les dégénérations de ce genre sont encore peu connues, lésions trouvées par M. Barbacci.
Intégrité de la couche liniUante latérale [seüliclie GrenzschiclU des auteurs allemands).
Messieurs,
Dans la précédente Leçon, nous avons étudié les dégénérations ascendantes de la moelle consécutives aux lésions des racines postérieures, et à cette occasion j’ai pris soin de vous exposer, d’une façon sommaire, le trajet intramédullaire de ces racines et la constitution des cordons postérieurs. 11 nous faut aujourd’hui envisager les caractères de la dégénération ascendante lorsqu’elle est secondaire non plus à la lésion des racines, mais à celle de la moelle elle-même.
A. Dans le cordon postérieur. — Après l’étude que nous venons de faire des fibres de ce cordon, point ne sera besoin d’entrer dans de longs détails. Quelle que soit la région de la moelle sur laquelle aura porté la lésion transverse, il est évident que toutes les libres ascendantes qui se trouvent à ce niveau dans les cordons postérieurs, devront subir la destruction totale sur les quelques milli-
(:1^’0U1ÈME LEÇON. 5.-
mètres situés au-dessus de la lésion trausvcrsc, (lui constituent la zone de dégènération traumatique de Schicll’crdcckcr. Mais, à mesure qu’on s’éloigne de cette zone, il y a lieu d’étudier la manière dont se comportent les libres longues et moyennes qui constituent le cortion de Goll et le cordon de Burdach.
a. Cordon de Burdach. — Ce cordon, qui tout d’abord est à peu près eutièrcmciit altéré, reçoit, à chaque nouvelle racine postérieure qui entre dans la moelle, un contingent de fibres saines qui se groupent d’abord le long de la partie inteime de la pointe de la corne postérieure, repoussant en dedans les fibres altérées; la région postérieure et extérieure du cordon de Burdach est donc celle dans laquelle les traces de la dégénération ascendante s’etTacent le plus vite. Sa région anterieure, celle qui confine à la commissure postérieure, demeure altérée sur un trajet un peu plus long (en général sur une distance correspondant à l’entrée de 2 à 4 paires rachidiennes); cela tient à ce que les libres qui constituent cette région antérieure n’appartiennent pas au système des racines postérieures, mais à celui des fibres commissurales reliant les différents étages de la substance grise; or l’affluence des fibres de cette catégorie semble moins rapide et moins abondante que celle des fibres radiculaires postérieures. — En résumé, la dégénération du cordon de Burdach diminue peu à peu et s’efl’ace de dehors en dedans et d’arrière en avant, jusqu’à ce qu’elle abandonne complètement ce faisceau pour rester cantonnée ilans le voisinage du sillon médian postérieur, dans cette région qu’on a appelée le cordon de Goll (voir fig. 64, 65, 66).
Cordon de Goll. — Vous savez. Messieurs, qu’on désigne sous ce nom la réunion des fibres longues des racines postérieures se rendant à un certain point de la substance grise bulbaire appelé noyau du cordon de Goll. Vous savez, en outre, que la majeure partie, sinon la totalité des fibres du cordon de Goll, provient des racines postérieures de la queue de cheval et des paires rachidiennes situées dans les parties inférieures de la moelle. Il est donc évident que toute lésion transverse de la moelle intéressant ces fibres amènera leur dégénératiou, et que cette dégénération pourra être suivie jusqu’au voisinage du plancher du 4® ventricule.
Cependant il ne faudi-ait pas croire. Messieurs, que la dégénération du faisceau de Goll soit toujours identique, quel que soit le point où ait porté la section de la moelle. — C’est ainsi, par
hh DÉGÉNÉIIATIONS SECONDAIRES.
exemple, que si celle-ci a eu lieu tout à fait au niveau du conus tcrminalis, u’affeclaiit pour ainsi dire que les racines inféiâcures de la (|ueue de cheval, il s’ensuivra une dôgénéralion du faisceau de Goll ne portant (jue sur la partie yoslcrieurc et médiane decelui-ci; ce qui revient à dire que les fd)res nerveuses se placent dans.les cordons postérieurs d’autant plus près de la ligne médiane et de la périphérie de la moelle qu’elles ont un plus long parcours à fournir.
Si, au contraire, la section porte sur les parties supérieures de la moelle, par exemple, dans la région cervicale inférieure, on voit la dégénération des cordons de Goll présenter une surface beaucoup' plus étendue que dans le cas précédent, ce qui se conçoit puisqm; le nombre des fibres longues sectionnées se trouve plus considérable (voir fig. 49).
Ces différences dans l’étendue de la zone de dégénération de cefaisceau, suivant la hauteur où a porté la section de la moelle, nous montrent suffisamment. Messieurs, que le .cordon de Goll est loin d’être un organe immuable, comme les débutants ont quelque tendance à le croire, mais qu’au contraire il n’est que la réunion de libres ayant chacune son individualité propre. On ne saurait donCv
Fig. 55.
Coupe de la moelle (région cervicale) dans un cas de dégénéralion ascendante des cordons de Goll, par compression dans la région dorsale.
et en cela je partage l’avis de M. Scbultze, distinguer d’une façon absolue le cordon de Goll du cordon de Burdacb, car, pendant une certaine portion de leur parcours, les libres du premier de ces cordons ont cheminé dans le territoire du second.
A cet égard, la nomenclature employée ]iar certains auteurs-
CINQUIÈMK LEÇON. 5à
anglais répond pcut-élre mieux à la réalité des laits; ils se bornent, en etVet, à distinguer dans le cordon postérieur une ré(jion postérolatérale et une région postéro-médiane; de la sorte la dit'lérence
Fig. SG.
Coupe de la parlic inférieure du bulbe dans un cas de dégénéralion ascendante des cordons de Goll iX) par compression dans la légion dorsale.
entre ces deux régions semble moins tranchée que par l’emploi des noms de « cordon de Goll » et « cordon de Burdacb ». C’est là d’ailleurs une pure question de mots, étant donné qu’on est bien d’accord sur le fait, et il me parait inutile d’insister davantage sur ce point.
Toilà, .Messieurs, ce que j’avais à vous cure sut la dégénératioii ascendante du cordon postérieur. Mais il s’en faut qu’à la suite des lésions transverses de la moelle la dégénération ascendante soit limitée aux cordons postérieurs; elle occupe aussi et dans une très grande étendue les cordons antéro-latéraux.
B. Bans le cordon antéro-latéral. — On distingue dans ce cordon deux zones de dégénération; confondues en certains points, celles-ci se séparent nettement dans d’autres portions de leur parcours : l’une est celle qui correspond au faisceau cérébelleux direct (faisceau de Flecbsig) ; l’autre au faisceau antéro-latéral ascendant (faisceau de Gowers).
a. Faisceau cérébelleux direct. — La dégénération de ce faisceau avait déjà été vue par Türck qui l’avait même suivie jusqu’au Corps Kestifoi’me, mais c’est en réalité à M. Flecbsig que nous devons la connaissance des origines, du trajet et de la terminaison des fibres qui la composent. Banni les auteurs (jui ont étudié la dégériération de ce faisceau, je dois mentionner aussi M. Sebulize,
ytJ DÉGÉNÉR ATIOiNS SECONDAIRES.
MM. Kalileret Pick donl la coritribiilion sur ce sujet est toi t intcressaule.
Le faisceau céi-ébelleux direct occupe la moitié postérieure de la périphérie du cordon latéral ; sa forme est celle d’un segment d’anneau représentant environ la sixième partie de la circonférence de la moelle; son extrémité postérieure (celle qui est en rapport avec la corne postérieure) est large et renflée, tandis que son extrémité antérieure s’amincit; aussi jusqu’à un certain point prend-il
Mnelle et partie inférieure du bulbe, en long et par transparence. — Cette figure schématique montre l’origine des fibres du faisceau cérébelleux direct F et celle du faisceau de Gowers E. (Ce cordon aurait dû être prolongé au delà de la racine ascendante du trijumeau C dans laquelle, par une erreur du dessinateur, il semble se terminer.) Les fibres du faisceau cérébelleux direct proviennent des cellules des colonnes de Clarke G. Les fibres du faisceau de Gowers E proviendraient pour une part des cellules de la corne latérale 11, pour une aiitie part de celles des colonnes de Clarke G.
un aspect effilé. La terminaison antérieure de ce faisceau n’est pas très nette ni très fixe, il semble qu’elle se fasse par nue fusion insensible avec les faisceaux voisins.
En quel point de la moelle commence-t-on à trouver ce faisceau? Les opinions sont sur ce sujet assez différentes : les uns (MM.Kahler etPick) disent au niveau de la paire dorsale -, d’autres (M.Schultze) pensent que c’est à la hauteur de la 10® paire-, M. Tooth conclut de ses expériences que c’est au niveau de la 8^ paire. Tout récemment M. Barbacci a dit avoir constaté la dégénération de ce faisceau dans des cas où la lésion médullaire avait eu lieu à la hauteur de la
aNOUIÈMK LKÇON.
Il" et môme de la paire. J’aiu'ai bicrilùt l’occasion de rcveniisur ce dernier point, et lorsque l'origine des libres de ce faisceau vous seraiinienx comme, nous veiTons quelle iiilcrprétalioii peut être donnée de cette constatation de rantenr italien.
Continuons d’abord l’élude du faisceau cérébelleux direct par rcxamen de son trajet jusqu’à sa terminaison.
L’étendue de ce faisceau varie suivant la bauteur à laquelle on le considère: c’est ainsi qu’elle est moins grande dans la région dorsale inférieure que dans la région cervicale. — Les fibres qui le constituent montent ainsi le long do la moelle dorsale et cervicale jusqu’au bulbe, conservant toujours leur situation en arrière d’une ligne qui couperait transversalement la moelle ou le bulbe par son milieu. Peu à peu la corne postérieure de substance grise quitte la périphérie de la moelle, le faisceau cérébelleux direct y demeure accolé , mais il est rejeté un peu en arrière par la racine ascendante du trijumeau qui se place devant lui ; des lors ce faisceau se trouve contenu dans le Corps Restiforme à l’intérieur duquel il chemine pour se porter dans le Cervelet. Une fois parvenu dans cet organe, il se terminerait, d’après M. Flcchsig, dans le vermis snperior.
11 ne faudrait pas croire, Messieurs, que les fibres situées dans le territoire intra-médullaire du faisceau cérébelleux direct appartiennent toutes par cela môme à ce faisceau : on constate en effet que dans les dégénérations même très prononcées du cordon cérébelleux direct un petit nombre de fibres restent intactes au milieu de l’altération qui a frappé les autres fibres de ce cordon. Certes parmi ces fibres demeurées saines il en est qui appartiennent bien au faisceau cérébelleux direct et qui, étant entrées dans ce faisceau au-dessus du point où s’est faite la section de la moelle, se trouvent par cela même indemnes; mais il en est d’autres qui, suivant toute vraisemblance, appartiennent à un système différent et dont la dégénération se fait dans le sens descendant ; ce sont des fibi ■es qui paraissent faire partie de ce faisceau de Marcbi dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler. Vous vous souvenez. Messieurs, que, suivant M. Marcbi, ce faisceau prendrait son origine dans le cervelet, passerait par le pédoncule cérébelleux inférieur, et descendant dans la moelle, s’éparpillerait dans le cordon antéro-latéral cl en proportion notable dans la partie périphérique de celui-ci.
Quelle est VorUjine des fibres du faisceau cérébelleux direct?
DIÎGÉXÉRATIONS SECONDAIRES.
D’ai)rès loiit co que nous avons vu jus(iu’ici de l’anatomie de la moelle, c’est dans un groupe de cellules nerveuses qu’il l'aiil la chercher. Ce groupe n’csL autre que celui des cellules des colonnes (le Clarke.
Nous aurons, Messieurs, à revenir sur l’étude des Colonnes de Clarke à |)i'opos de 1 Analomic PaLhologitjuc du Tahes; qu’il me sulfise aciuellemcnt de vous raj)pelcr que l’on désigne sons ce nom deux groupes cellulaires importants situés chacun à la hase de la coi'iie postérieure correspondante, et dont le dévclopjx.’ment est tout à l'ait prédominant dans la région dorsale.
Le prolongement axile de chaque cellule des Colonnes de Clarke se poi tcrait ohliquement à travers les cordons latéraux et gagnerait la périphérie de la moelle, là il se recourberait en haut et constituerait une des fibres dont la réunion forme le faisceau céréhclleux direct.
Tour quelques auteurs les cellules des Colonnes de Clarke ne seraient pas l’unique origine des libres du faisceau cérébelleux direct, quelques-unes de celles-ci (surtout dans la région cei-vicale) proviendraient directement des racines postérieures. Ici nous sommes dans le domaine de l’incertitude absolue.
Quoi qu’il en soit, admettons, si vous le voulez bien. Messieurs, que les cellules des Colonnes de Clarke constituent le centre unique d’origine du faisceau cérébelleux direct et voyons quelles conséquences nous pourrons tirer de ce fait au point do vue des dégénérations secondaires ascendantes.
Dans les cas de lésion transverse do la moelle siégeant à une hauteur (région dorsale) où existent les Colonnes de Clarke et où le faisceau cérébelleux direct est déjà constitué, la dégénération consécutive à la section des fibres de ce faisceau, et celle due à la destruction d’une portion plus ou moins étendue des Colonnes de Clarke se confondent. Mais si la lésion transverse porte sur une région de la moelle (partie tout à fait inférieure de la région dorsale) dans laquelle le l'aisceau cérébelleux direct n’est pas encore constitué, bien que la Colonne de Clarke commence déjà à appal'aître, on verra la lésion des cellules de cette colonne déterminer une dégénération ascendante des fibres du faisceau cérébelleux direct dont ces cellules sont le centre tropbique. Cette dégénération ascendante ne se montrera qu’à une certaine hauteur audessus de la lésion transverse par suite de l’obliquité même de