‹ Lec̦ons sur les maladies de la moelleChapitre 19 sur 78 · C. — Troubles viscéraux · texte numérisé non relu

C. — Troubles viscéraux

Pour n’ètre pas aussi fréquents que ceu.x du tabes par exemple, certains symptômes viscéraux n’en n’e.xislent pas moins au cours

SCLÉROSE EN PLAQUES

(le la sclérose en pla([ucs. Dans un nicinoirc (présenté à l’Académie (le Médecine en 1885 pour le prix Civricux) j’avais déjà pu relever un certain nombre de cas dans lesquels s’étaient montrés des troubles du C(Hé de l’estomac, du rcclum, de la vessie, ou d(3s fonctions génitales. On a en effet publié des cas dans lesquels il existait de V incontinence ou de la rétention de l'urine ou des matières fécales, des cas dans lesquels étaient survenues de ['impuissance, plus rarement encore des crises gastriques non sans analogie avec celles du tabes.

M. Oppenheim. recherchant particulièrement ces différents symptômes viscéraux dans tous les cas de sclérose en plaques qui passaient sous ses yeux, les a trouvés beaucoup plus fréquents que les observations antérieures ne le faisaient généralement admettre. D’après cet auteur ces phénomènes viscéraux se montreraient dans 80 pour 100 des cas de sclérose en plaques. Quelle que soit la conlîancc que l’on doive avoir dans les assertions de M. Oppenheim, je crains, Messieurs, qu’il ait été amené à un chiffre aussi élevé en comprenant dans sa statistique des degrés bien peu accentués de ces troubles viscéraux. Aussi vous répéterai-je pour ceux-ci ce que je vous disais tout à l’heure à propos des altérations de la sensibilité cutanée : — « au point de vue de la réalité clinique vulgaire, les troubles viscéraux ne font guère partie du tableau symptomatique de la sclérose en plaques, et il est tout au moins rare de les y voir prendre un degré prononcé d’intensité ».

D. — Troubles trophiques.

Les troubles trophiques n’appartiennent pas, eux non plus, au cortège ordinaire de la sclérose en plaques; on peut cependant en observer de différents genres.

Très rarement on a signalé des altérations dos ongles analogues à celles qui se voient chez les tabétiques (?) (Domecq Turon).

— Quant aux eschares fessières ou autres exceptionnelles d’ailleurs, ce sont plutcH des épipbénoménes que des conséquences directes do l’affection nerveuse.

— De tous ces troubles trophiques le plus marqué serait l’amyotropliie; tantôt celle-ci est localisée soit aux muscles de la main, soit particulièrement aux interosseux ; tantôt elle est plus ou moins

ONZIÈME LEÇON

généralisée, à tel point qn’on a pn confoiuli-c ces faits d’atropliic mnscnlairc an cours delà sclérose en plaipics avec la sclérose latérale amyotrophique', M. Pitres a appelé l’atlcntion sur ce point à propos tl’im cas observé par lui; deux autres l’ont été par M. Dejerine et par M. Skolosubo^Y. Nous reviendrons sur ce sujet à propos du diagnostic.

H. — SYMPTOMES BULBAIRES

Comme je vous l’ai dit, Messieurs, la classification cpii consiste à diviser les symptômes de la sclérose en plaques en Médullaires, Bulbaires et Cérébraux est absolument arbitraire et n’a d’intérêt qu’au point de vue didactique. Ces réserves étant faites, je rangerai les symptômes suivants parmi ceux d’ori/^ine bulbaire :

a. — Les troubles de la déglutition et b — ceux de la mastication, qui dans quelques castrés rares, d’ailleurs, peuvent être assez prononcés pour faire penser à une paralysie labio-glosso-laryngée. On comprend que dans ce cas, s’il y a coïncidence d’atrophie musculaire du côté des extrémités, le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique s’impose presque, et qu’une erreur analogue à celles dont je vous parlais tout à l’heure soit bien difficile à éviter.

c. — Le tremblement de la langue ne semble pas être un tremblement tout à fait comparable à celui des membres, mais bien plutôt consister en une difficulté pour tirer la langue et pour la maintenir hors de la bouche.

d. — La glycosurie a été signalée dans un certain nombre d’observations; vous en trouverez l’énumération dans deux mémoires intéressants parus presque simultanément et dus l’uu à M. Richardière, l’autre à Mlle Blanche Edwards. — Il est probable que dans ces cas il s’agit de plaques siégeant au niveau du 4® ventricule dans la région dont la piqûre amène la présence du sucre dans les urines, à moins qu’on ait afi’aire à un diabète vrai.

e. — La polyurie qui s’observe quelquefois aussi reconnaît, suivant toute vraisemblance, une origine analogue.

Tous ces symptômes bulbaires ou soi-disant tels, sont d’ailleurs, à part peut-être le tretrd)lemeiit de la langue, des manifestations assez rares au cours de la sclérose en plaques; aussi crois-je devoir me borner à vous les signaler sans insister sur leur description.

SCLflROSI': EN PLAQUES.

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