‹ Lec̦ons sur les maladies de la moelleChapitre 24 sur 78 · TERMINOLOGIE. — HISTORIQUE. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

TERMINOLOGIE. — HISTORIQUE. — SYMPTÔMES

TEwnsoLOGiE : Alaxie locomotrice, tabes, etc.... lIisToniQüE : Romberg, Duchenne de Boulogne, Charcot, etc.. ■ — Symptômes ; A. Troubles de la inolililé : 1“ Altérations du sens musculaire, perte de la notion de position, perte de la notion des différences de poids, troubles de la station, signe de Romberg; troubles de la marche, indications données par M. Fournier pour la recherche de ces troubles; ï giving way of the legs » ; incoordination des membres supérieurs ; 2“ Mouvements athétosiformes et secousses musculaires; 5“ Paralysies, leurs caractères: Hémiplégie, paraplégie à début brusque, paralysies limitées.

Messieurs,

V Alaxie Locomotrice de Duchenne de Boulogne n’est pins guère qu’un souvenir lointain, c’est du nom seul que je parle; la place bien gagnée pourtant, qu’elle occupait dans la nomenclature nosologique lui a été ravie par le terme moins long il est vrai, mais plus que médiocre de Tabes. — Même et surtout dans les choses de la Médecine, il faut savoir s’incliner devant lese.vigences de la mode ; sacrifions-leur donc jusqu’au bout. Messieurs, en adoptant les yeux fermés et le barbarisme et le solécisme' auxquels l’usage de ce mot nous condamnera forcément.

•1 Tabes » veut dire « Consomption », rien de plus. — Vous n’avez pas oublié. Messieurs, quel rôle important tenaient dans la médecine ancienne les « maladies consomptives » ; je crois môme qu’ac-

1. I.e barbarisme consiste en ce que, comme le fait remarquer M. Erb, « tabes », faisant au génitif « tabis », on ne devrait pas dire a tabétiijue », mais « tabique » ou mieux « tabide ». Quant au solécisme il jn-ovient de ce que, en France, nous mettons, on ne sait trop pourquoi, « tabes» au masculin, alors qu’en latin c’est un substanlif féminin.

TABES nOBSUALIS.

luelleinenl encore dans quelques pays, noUnnment en Angleteri-e, on rclrouveraiL dans le langage populaire la trace de la faveur dont elles ont joui. A la lin dn siècle dernier et au coinmcnccmenl de celui-ci on englobait sous le nom de Tabes dorsualis (consomption dorsale) un grand nombre d’aflections ebroniques de la moelle cl certainement aussi d’autres parties du système nerveux. Puis peu à peu des tentatives se firent pour classer ces différents cas; une élimination progressive eut lieu, cl sous la rubrique Tabes dorsualis Uomberg en 1851 décrivait plusieurs des symptômes appaitenant au type dont quelques années plus tard, en 1858, iJuchenne de boulognc devait tracer un tableau si magistral sous le vocable : Ataxie locomotrice progressive.

Bien d’autres noms ont été proposés pour celle maladie, quelques-uns même ont joui d’un succès épbémôrc : Dégénération grise des cordons postérieurs (c’était l’époque où, après Boslan, on attachait une importance exagérée à la couleur des lésions du système nerveux et où l’on étudiait le ramollissement rouge, jaune, blanc etc...). — Leucomyélite postérieure, celte désignation proposée parVulpian n’a d’ailleurs jamais coinpté beaucoup d’adeptes. — Sclérose des cordons postérieurs, ce terme a été en quelque faveur vis-à-vis des auteurs dont la foi en l’Anatomie Pathologique fut assez robuste pour les décider à prendre celle-ci comme base de leurs classifications. Ce nom me semble mauvais pour deux raisons : la première, c’est que bien d’autres affections de la moelle s’accompagnent de sclérose des cordons postérieurs; la seconde, c’est que les lésions du tabes sont loin de consister uniquement dans la sclérose des cordons postérieurs.

Les motifs pour lesquels le nom d' Ataxie locomotrice progressive après avoir tout d’abord réuni tous les suffrages, a fini par tomber en désuétude, sont : d’une part, les réclamations faites par les médecins allemands au profit de Romberg dont la description du « tabes dorsualis ». quoique fort incomplète, est incontestablement antérieure a celle de Duchenne; d’autre part, les progrès accomplis dans l’élude de cette maladie; progrès grâce auxquels nous savons que l’incoordinal ion, l’ataxie, n’est nullement un symptôme nécessaire.

Le terme de tabes a donc prévalu. Faut-il avec M. Erb, sous prétexte que « dorsualis » est de basse latinité remplacer celte épithète par celle de « dorsalis »? J’ai peu de tendance à le faire, et puisque

QUATOaZlKMK LKÇO.X.

« tabes » est à lui seul uu anachronisme, je préfère conserver au moins à l’anachronisme toute sa saveur; je corilinuerai donc à dire « tabes dorsiialis ». comme les anciens auteurs, et comme le fait aussi mon maître M. Charcot.

Quoi qu’il en soit, Messieurs, le rôle de Duclienne reste hors de pair. Peu importe qu’avant lui Ilutin, Monod, Cruvcilliier, llorn, Stcinthal et d’autres encore, aient donné des observations anatomopathologiques SC rapportant à des cas de tabes, et que Romherg ait pour la première fois ébauché le tableau de cette maladie. Le mérite de Duclienne reste entier, car non seulement sa description est infiniment plus complète, mais encore il a étudié V incoordination en tant que phénomène à part. 11 a le premier montré, et cela au moyen du dynamomètre, que cette incoordination dépendait, non d’une paralysie, mais de la perte du sens musculaire. En un mot, il a du même coup introduit dans la science la notion de 1’ « ataxie » en tant que phénomène spécial. Après le nom de Duclienne de Boulogne, ceux qui, pour la France, doivent en toute justice être rappelés sont ceux de Trousseau, de Jaccoud, de Topinard, de Marins Carre, de Charcot et Vulpian. Je me réserve d’ailleurs de vous présenter un Historique plus circonstancié à propos de chacun des symptômes que nous étudierons en particulier; mais cette énumération ne peut être close sans mentionner aussi le nom de Westphal qui a si puissamment contribué au diagnostic de cette affection grâce au signe qu’il a fait connaître.

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