I. — Troubles sensitifs, purement subjectifs
a. — Docf.Euits A CAnACTÊRE usTEHMiTTENT, — a.) Siô[/etinl nii tronc dans las membres ou à la face, ces douleurs comptent à juste
TABES DOnSUALIS.
litre parmi les signes les pins |)récoces et les plus iinpoiLanls de celle ancclion; elles sont de dilTérenlcs qualités. Les douleurs fuhjuranles sont, comtnc leur nom riudifjne, des douleurs (pii passent comme 1 éclair cl, dans lcui‘ rapidité, ont déjà disparu au moment où se lait entendre le cri que souvent elles arrachent aux malades; elles ne restent pas localisées eu un point, mais parcourent une certaine étendue, parfois toute ou presque toute la longueur d’un membre.
Les douleurs lancinantes sont tout aussi rapides et ti'ansitoii’es, mais elles sont moins nomades, elles naissent et s’éteignent sur place, souvent les lualadcs les compai’cnt à des coups d’épingle ou mémo à des coups de poignard. Et ce n’est pas là, .Messieurs, une simple lîgiu'c de rhétorique; il n’est pas rai'c de rencontrer des tabétiques qui vous disent, en elTet,{pi’au début il leur est ai’rivé de se l’ctourner brusquement, cbci’cbant où était leur agi’csseui-, tant la sensation de (( coup de coutcîau » avait été pi’écisc.
Les douleurs térébrantes sont, elles aussi, des douleurs localisées, mais elles se distinguent des précédentes en ce qu’elles sont moins rapides; elles permettent une certaine analyse : le malade sent « qu’on lui visse quelque chose dans les chaii’s », il lui semble que la pénéti'alion s’accompagne d’un mouvement de toi’sion.
Les douleurs ardentes consistent en des sensations de brûliu’e parfois très intenses qui peuvent se présenter av(ic des modalités analogues à celles des vaiâétés dont il vient d’être question.
Le siège de ces douleui’s peut êti’e, comme je vous l’ai dit, les luembres, surtout les inférieurs, soit au niveau des cuisses, soit au niveau des jambes; aux membi’es supérieurs le lieu d’élection est en général le bord cubital de l’avant-bras et de la main; ouïes rencontre encore au niveau du tronc et quelquefois aussi à la face.
D’après la description du plus grand nombre des malades il semble qu’elles évoluent, moins dans la peau même, qu’au-dessous de celle-ci, jusque dans les muscles, les os, les articulations.
Tantôt elles sont isolées et ne surviennent qu’une à une ; tantôt elles se montrent à la fois sur plusieurs points et constituent alors, suivant le dire des malades, (( des salves de mousquelerie ».
Le plus souvent ces douleurs surviennent par crises ; l’intervalle entre celles-ci est paiTois complètement indemne; puis, quand la crise arrive, les douleurs se montrent en groupes plus ou moins compacts; chaque crise a une durée qui peut varier entre une demi-
OLKNZIÈME LEÇON.
heure et plusieurs jours. Ces crises survieuiienl en général spontanément, parfois même avec une certaine l'égnlarité qui fait que les malades les attendent à date fixe; parfois cependant clics peuvent être provoquées par un refroidissement, un changement de température, une fatigue, une émotion.
Elles présentent d’ailleurs des degrés très variables, et sans rapport absolu soit avec l’intensité, soit avec la durée du tabes; cependant elles constituent ordinairement un phénomène de début et souvent disparaissent presque complètement à la période d’incoordination, ou bien elles persistent pendant toute la durée de la maladie.
— Douleurs viscémlcs. — Je devrais vous décrire ici les crises anales, testiculaires, ovariennes, clitoridiennes, uréthrales, vésicales, gastriques, intestinales, etc..., mais je juge préférable de vous en parler à propos des troubles que présentent les différents viscères au cours du tabes ; nous en remettrons donc l’ctudc à une époque ultérieure, et je ne mentionnerai ici que certaines douleurs du coté des muscles connues sous le nom de :
V. — Crises de courhnlure musculaire. — Elles ont été signalées pour la première fois en 1884 par M. Pitres*, et rencontrées depuis dans un certain nombre de cas. D’après M. Pitres, elles se montrent surtout au début du tabes; elles surviennent brusquement sans cause appréciable, persistent quelques heures ou quelques jours et se dissipent sans laisser après elles aucune fatigue persistante. Ces crises se reproduisent, comme celles dont il était question tout à l’heure, à des intervalles variables. Elles consistent en une sensation très pénible de lassitude, de brisement musculaire, analogue à celle qui survient chez les gens bien portants à la suite d’un e.xercice trop violent ou trop prolongé. Cette sensation a pour siège les muscles des membres ou les muscles sacro-lombaires. Elle peut être assez forte pour obliger des sujets énergiques et vigoureux à se coucher au milieu de la journée et à rester dans le décubitus dorsal jusqu’à ce que l’accès soit terminé.
h). — Doüt.EUKs A CAKACTÈRE rEUM.\KEXT. — Ce sont des douleurs de caractère variable, présentant souvent une tendance à se disposer d’une façon circulaire, telles les fameuses doideurs en ceinture qui étreignent la poitrine ou la taille des malades comme dans un