I. — Appareil digestif
A — Estomac. — Parmi les manifestations tabétiques qui se montrent du côté de cet organe, les plus intéressantes sont incontestablement les crises gastriques.
TABES DOBSUALIS.
a) Crises gastriques. Bien qu’on en retrouve des exemples dans le ti'avail de M. Topinard et dans celui de M. Delainarre (1801), c’est encore à M. Charcot (1872) que nous devons la connaissance de ce phénomène si singulier; la description qu’il en a donnée dans ses premières Leçons est restée entièrement classique; plus récemment dans scs Leçons du Mardi', l’éminent professeur de la Salpêtrière a de nouveau repris son œuvre, ajoutant certains traits, étendant sa classification; c’est cette description qui devra nous servir de guide dans l’étude que nous allons entreprendre; j’aurai également à vous citer certains faits mis ôn lumière par M. Fournier.
Plusieurs d’entre vous ont certainement assisté déjà au di amatique épisode du tabes qu’on appelle une crise (jastrique, car celles-ci sont loin d’être rares; il n’est guère de service d’hôpital où, dans le cours de vos études, vous n’ayez eu l’occasion d’en observer au moins un cas.
Les deux symptômes qui caractérisent par excellence la crise gastrique tabétique sont: a) les douleurs, b) les vomissements incoercibles.
a) Les douleurs correspondent au type des douleurs cardialgiques ; elles occupent surtout le creux de l’estomac, parfois localisées, le plus souvent s’irradiant dans des directions diverses, du côté de l’abdomen, des flancs ou du dos ; très intenses dans la grande majorité des cas, elles sont parfois absolument atroces, et il semble qu'elles dépassent ce qu’un être humain peut supporter en fait de souffrance.
b) Les vomissements incoercibles, tout d’abord alimentaires, ne tardent pas à devenir exclusivement glaireux, ou même se composent d’une sorte de liquide clair simplement muqueux plus ou moins abondant ; parfois ils sont colorés par de la bile, plus rarement encore par du sang ; ils peuvent enfin d’une façon tout à fait exceptionnelle présenter l’aspect « marc de café » (un cas de Vulpian, un cas de M. Charcot). Ces vomissements se montrent le plus souvent avec une grande fréquence, leur abondance est assez variable : quelquefois il n’y a que quelques grammes de liquide reietés à chaque vomissement, quelquefois il y en a beaucoup plus ; ces différents caractères varient d’ailleurs suivant les malades et aussi d’un jour à l’autre chez le même malade.