J.-M. Charcot, Leçons du mardi, 1888-89, p
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Dans ces cleniièrcs années, divers travaux ont paru snr la composition du liquide rejeté par les vomissemcnis an cours des crises gastriques; les conclusions obtenues ne sont pas encore, il est vrai, parfaitement établies, mais ce n’est pas, tant s’en faut. Messieurs, une raison pour nous désintéresser de ces recherches.
En 188b, M. Sabli' a signalé une hypersécrétion avec hyperacidité dn sue gastrique, mais sans donner à cet égard d’analyse quantitative. L’année suivante (1880) M. Rosentbal examinant le liquide rendu pendant une crise gastrique a trouvé dans les premiers jours 0,50 pour 100 d’acide chlorhydrique, et dans les derniers jours de celle-ci seulement 0,10 pour 100; or, d’après M. Ch. Richet, la moyenne de la quantité d’acide chlorhydrique dans le suc gastrique normal serait de 0,174 pour 100. Les chiffres obtenus par M. Rosentbal indiquent donc nettement, comme vous le voyez, une hyperacidité du liquide ainsi rejeté. Cette hyperacidité des vomissements au cours des crises gastriques tabétiques a également été signalée en 1886, indépendamment des auteurs que je viens devons citer, par M. Simonin (de Lyon).
Plus récemment, un élève distingué de M. Erb, M. Hoffmann, a repris cette étude ; chez un de ses malades il a constaté également une hypersécrétion du suc gastrique avec hyperacidité temporaire; la teneur en acide chlorhydrique variait plus ou moins, atteignait souvent le double du chiffre ordinaire, et ne tombait que rarement au-dessous de la normale, et cela seulement quand, les vomissements ayant été abondants, il existait une dilution assez prononcée de cet acide. D’autre part, M. Hoffmann n’a pas pu arriver à la démonstration du fait signalé par M. Rosentbal, de la diminution ou de l’augmentation de la quantité d’acide chlorhydrique conjointement avec l’intensité de la crise. H existe d’ailleurs à cet égard une cause d’erreur très judicieusement signalée par M. Hoffmann; elle consiste en ce que plus les vomissements sont violents, pins la soif est vive, et par conséquent plus la quantité de boisson ingérée est considérable, plus aussi le suc gastrique est dilué, donc moins il est acide. — Ces constatations sont enveloppées de difficultés techniques assez grandes, et vu le petit nombre de tentatives dont elles ont été l’objet, il n’est donc pas étonnant qu’elles n’aient pas encore donné de résultats tout à fait définilifs,