II. Sailli, Correuprmdbl. f Schwciicr Acrzlc
TABES DUBSUALIS.
niiiis il seinhlc l)icii qu’elles (loivent, nboulir dans un avenir proeliain.
Pour en terminer avec celle question de l’acidité du suc stomacal au cours des crises gastriques, j’ajouterai que dans quelques cas, en outre de Vacide chlorlnjdrique , on a rencontré des quantités variables mais peu abondantes d'acide lactique.
Vous comprendrez aisément, Messieurs, quelle fatigue résulte pour l’inlbrluiié malade de ces violentes douleurs et de ces vomissements répétés. Aussi u’auricz-vous qu’une idée incomplète de la crise gastrique si je passais sous silence ce troisième symptôme.
c) Etat de dépression nerveuse plus ou moins accentué, variant depuis la simple indolence, depuis l’indifférence du malade à ce qui l’entoure, absorbé qu’il est par ses souffrances, jusqu’à la véritable stupeur. Dans les cas où ils sont épuisés par ces terribles secousses, ces pauvres gens deviennent à peu près inconscients, ne répondent plus à qui leur parle et n’ont même plus la force de ramener sur eux leurs couvertures. Cependant la précaution ne serait pas inutile, car à ce degré d’intensité de l’affection il n’est pas rare de trouver ces malades froids, en état à'algidité, avec une teinte violacée des téguments, à tel point. Messieurs, que, chez certains d’entre eux, des médecins non prévenus, frappés par la violence des vomissements et l’état d’algidité, ont fait le diagnostic de choléra. Dans la majorité des cas, la comparaison la plus frappante serait certainement celle avec le mal de mer, tel qu’il se montre parfois chez certains sujets particulièrement susceptibles.
Un autre caractère de ces crises gastriques est la rapidité avec laquelle elles évoluent.
d) Apparition subite. — Disparition brusque. — Elles surviennent en général tout à fait à l’improviste et peuvent durer ainsi sans rémissions nuit et jour pendant tl, 5, 4, 8, 15 jours, rarement davantage, s’exaspérant même à la moindre tentative d’alimentation, de déglutition d’un liquide, quoique souvent la soif soit fort vive. Puis, comme par enchantement, les vomissements et la douleur cessent, une sensation de bien-être envahit le malade; parfois même il éprouve un besoin de manger presque immédiat, et, dans ce cas, lui qui n’avait pas pu depuis plusieurs jours garder un atome de ce qu’il avait pris, se trouve en état de faire un repas assez abondant sans en être le moins du inonde incommodé.
VINGÏ-DEUXIKME LEÇON.
Les crises gastriques sont en général nn des symptômes précoces du tabes, assez souvent même on les observe dans la période præalaxiqne.
11 est rare qu’elles soient isolées, c’est-à-dire qn’un malade n’ait qn’nne seule crise de ce genre ; ordinairement une fois qu’elles ont fait leur apparition, elles ont une tendance à revenir d’une façon plus ou moins fréquente, quelquefois môme elles se montrent avec une certaine périodicité : tous les ans, tous les 6 mois, tous les 3 mois par exemple. — Quant à leur évolution ultérieure, elle peut se faire de deux façons toutes diflerentes : ou bien, ce qui se voit assez souvent, les crises gastriques, au bout de quelques années, diminuent de nombre et d’intensité, peu à peu, de manière à disparaître complètement ; — ou bien les crises gastriques persistent pendant toute la durée du tabes et parfois môme la mort survient pendant une de ces crises au milieu des symptômes du collapsus ou à la suite d’accidents comateux.
Tel est l’aspect ordinaire sous lequel se présentent les crises gastriques, mais vous devez. Messieurs, savoir qu’il n’en est pas toujours ainsi. Dans ses Leçons, M. Charcot n’a pas manqué d’étudier leurs formes anormales.
A — La crise gastrique a conservé tous les caractères fondamentaux du type, mais les douleurs sont tellement atroces qu’elles simulent une colique hépatique, une colique néphrétique ou un empoisonnement.
B — La crise est accompagnée d’un tel collapsus qu’on attribue les accidents à la fièvre malarique pernicieuse, au choléra ou même à une affection cérébrale organique.
C — Les vomissements font défaut, il n’existe qu’une douleur souvent assez intense survenant par accès, ou du moins avec des exacerbations (douleur crampoïde de M. Fournier).
D — Au contraire, la douleur fait défaut, seuls les vomissements existent présentant d’ailleurs les caractères dont il a été question tout à l'heure. (Vulpian, Pitres, Fournier.)
F — M. Lournier a décrit une variété flatulente de crise gastrique, caractérisée par la quantité considérable des gaz rendus dans des éructations.
f — Certaines ciises auraient une durée très courte, excepliounellemeiit courte, et duinraient tout au plus quelques heures: mais, en revanche, M. Blocq qui aurait observé des faits de ce geuie fait
TABES DOBSUALIS. ,
remar(|iici’ (|iio cos ciâscs poiivciit sc iiioiilrcr d’mie façon (jiioli- (liciiiic pondanl un laps do lomps assez Innrr.
(hiree do la crise gaslrirpio poul au contraire être ;n’oloiun-e, et se conliiiner pendant \h, 20 jours, nn mois et môme davanlage; M. Knzzard en ainait même vu nnc diirci' jnsqn’à 1) mois! (?) Dans ces cas il faut se liàter d’ajoiiter que les svmplomcs n ont pas pendant tonte leiii‘ durée la môme inUmsité, • i mais an conti’aire éprouvent par accès des exacerbations et des rémissions. :
t ‘1 autre trouble gastrique intéressant, au cours du tabes, est | celui que M. Fournier a décrit sous le nom d'iinorcxie labéliquc’, i ce trouble est d’ailleurs assez rare, de l’avis môme de cet auteur.
11 consiste en ce que le malade a perdu la sensation de la faim ; '
en môme temps, par intervalles, se montrent quelques vomituri- j
lions sans cause appréciable. Le malade ne se nourrit pour ainsi *
dire plus; il éprouve un dégoût insurmontable pour la viande, et |
ne mange et ne boit que « par raison », car, comme je vous l’ai i
dit, la sensation de la faim est complètement éteinte chez lui. >
Malgré cette absence d’appétit, malgré les vomituritions qui se *
montrent parfois, la langue reste d’ailleurs humide et môme nette et sans enduit. j
En un mot, c’est la reproduction assez fidèle de l’état singulier i ^
que M. Charcot nous a fait connaître sous le nom d’anorexie hysté- ^ j
rique. En présence de cette similitude si complète, en présence de la si fréquente coïncidence chez le môme individu du tahes et de l’hystérie, je me demande. Messieurs, si les cas d’anorexie tabétique ne relèveraient pas quelquefois, pour une part plus ou moins grande, de l’hystérie. C’est aux observations ultérieures à nous éclairer sur ce point.
B. — Intestin. — De môme que les troubles gastriques donl il vient d’être question, tes manifestations tabétiques sur l’intestin ont été particulièrement décrites par M. Fournier qui en a fait une étude minutieuse et en a donné un tableau très frappant. .Avec cet auteur on peut ranger ces manifestations en deux groupes principaux :
1“ le ténesme intestinal ; 2® la diarrhée tabétique.
a. — Tônosme inlaslhml. — 11 consiste en des besoins de défécation qui, selon l’expression de .M. Fournier, sont triplement remarquables : 1“ par leur caractère impérieux (il faut les satisfaire sur-le-champ ; — craignant de souiller des vôtemeuls, le
YINGT-IIKUXIKMK LEÇON.
inalaclo iic peut absoluinenl pas atleiidrc) ; 2“ par leur frcquciicc insolite ((]uati-e, six, dix fois dans une mùme journée) ; 5“ [)ar l’absence de cause (les malades, lorsque, sous le couj) de ces besoins pressants, ils se présentent à la garde-robe, ne font presque rien, parfois même rien du tout). Ces défécations sont d’ailleurs entièrement indolentes; elles ne s’accompagnent d’aucune contraction spasmodique du sphincter, d’aucune sensation de corps étranger dans le rectum.
3. — Diarrhée tabétique. — Elle s’observe avec une certaine fréquence dans la période præataxique (Fournier); c’est donc un phénomène en général précoce. Elle consiste en selles fréquentes, demi-liquides ou liquides, mais en général assez peu abondantes ; le plus souvent cette diarrhée n’est pas ou est très peu douloureuse, et ne s’accompagne pour ainsi dire pas de coliques.
Les caractères vraiment spéciaux de cette diarrhée sont, d’une part : l'obsence de motifs, elle survient en effet d’une façon toute spontanée, sans que l’on puisse invoquer soit un écart de régime, soit l’influence du froid, soit toute autre cause, et, suivant l’expression de M. Fournier, c’est pour ainsi dire une « diarrhée essentielle»; — d’autre part, la persistance presque indéfinie, au point que cette diarrhée peut durer pendant deux, trois, quatre ans; il est vrai avec des intermittences ou des exacerbations. De plus, et c’est encore là un nouveau caractère, la thérapeutique reste absolument impuissante contre ce flux intestinal qui, vous le comprendrez, bien que ne présentant pas grand inconvénient au point de vue de la santé générale, ne laisse pas que d’être fort gênant pour les malades.