‹ Lec̦ons sur les maladies de la moelleChapitre 50 sur 78 · TABES DORS U ALI S · texte numérisé non relu

TABES DORS U ALI S

(liicnl traverser celle-ci pour se rendre dans la corne postérieure.

Quant à la Substance Gélatineuse de Rolando, M. Lissauer la divise en deux zones qui d’ailleurs ne sont nullement séparées l’iine de l’autre par dos limites précises. L’une de ces zones est postérieure, c est \n zone sponçjietise de la substance gélatineuse •, la seconde, située en avant de celle-ci, est la substance gélatineuse de Rolando typique.

a. — La zone spongieuse de la substance gélatineuse préîicnic une disposition dos libres radiculaires plus serrée et plus irrégulière que celle du reste de ta substance gélatineuse: elle se prolonge assez souvent un peu le long du bord interne de la corne postérieure. — Cette zone est constituée par un encbevêtrement de fibres isolées les unes dos autres et disposées dans toutes les directions; on peut, d’après M. Lissauer, distinguer à ces fibres trois oiâgines principales : 1“ des fibres venant de la zone marginale de Lissauer; ‘2° des fibres venant directement des racines postérieures ; 5“ des fibres venant du cordon postérieur.

ê. — La substance gélatineuse de Rolando typique, qui, comme je viens de vous le dire, est située immédiatement en avant de la zone précédente, contient des fibres grosses provenant directement des racines postérieures et des fibres fines provenant de la zone spongieuse de la substance gélatineuse. — On trouve dans cette substance un certain nombre de cellules récemment décrites et étudiées par Gierke et par M. II. Virchow. A un grossissement moyen ces cellules apparaissent comme de gros noyaux sphériques dans des lacunes rondes et claires, car leur protoplasma peu coloré ne se laisse guère distinguer tout d’abord, mais avec un plus fort grossissement on parvient à distinguer le protoplasma et ses fins prolongements. Le nucléole deces cellulesest petit, mais les auteurs qui l’ont décrit le considèrent comme constant. S’appuyant sur tous ces caractères, MM. Gierke, II. Virchow, M’aldeyer admettent que ces cellules se distinguent de toutes les cellules autres que les cellules nerveuses et les regardent comme de véritables cellules nerveuses ganglionnaires. J’ajouterai encore que contrairement à l’opinion émise par quelques auteurs, la substance gélatineuse de Rolando est, d’après M. Weigert, la partie de la moelle la plus pauvre en névroglie.

En remontant toujours d’arrière en avant, nous trouvons une

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nouvelle couche qui, enveloppée sur une grande partie de sou étendue par la substance gélatineuse de Rolando se trouve constituer la substance propre de la corne postérieure.

Cette couche est la Substance Spongieuse proprement dite dans laquelle M. Lissauer distingue de nouveau deux zones ;

a. — Zone postérieure, elle contient surtout des fibres longitudinales, les unes fines appartenant pour une bonne part au système des fibres radiculaires postérieures, les autres grosses, réunies en faisceaux peu nombreux et semblant être le prolongement direct des racines postérieures.

c. — Zone antérieure, celle-ci à l’inverse de la précédente contient surtout des fibres à direction transversale.

D'après les travaux récents des anatomistes qui se sont servis de la coloration de Golgi, un assez grand nombre de fibres et de collatérales nerveuses se terminent dans la substance spongieuse, surtout entre celle-ci et la substance gélatineuse, quelques-unes dans cette dernière; c’est le passage de ces fibres et de ces collatérales à travers la substance gélatineuse qui donne à celle-ci son aspect strié ; enfin quelques-unes de ces fibres se dirigeraient à travers la commissure postérieure pour se terminer dans la substance gélatineuse de la corne postérieure du coté opposé.

C. Système des Colonnes de Clarke. — Ces organes, d’après certaines revendications d’origine allemande (Waldeyer), devraient s’appeler plus justement : colonnes de Stilling-Clarke. Stilling a en effet signalé ces groupes de cellules dès 1845, tandis que la description de Lockhart-Clarke ne date que de 1851, mais il est juste d’ajouter que celle-ci était beaucoup plus complète pour ce qui louche ces colonnes elles-mêmes, leur situation, et leur trajet.

Ces colonnes sont situées, comme vous le savez, Messieurs, dans le col de la corne postérieure, à la partie interne de celui-ci, nettement en arrière d’une ligne transversale passant par la commissure postérieure, du moins dans les régions inférieures de la moelle, car un peu plus bout ces colonnes ont une tendance à se porter en avant.

On ne les trouve d’ailleurs pas dans toute la hauteur de la moelle, mais, suivant l’opinion généralement adoptée, de la région lombaire supérieure à la partie supérieure de la région dorsale. — D’autre part .M. Tootb, et je suis très enclin à partager son opinion, pense que les Colonnes (le Clarke s’étendent seulement de la

TARES DORSUALIS.

(Icuxiùmc paire lombaire à la Imilième paire doisale ; à ce niveau elles cessei'aient d’exister en tant que colonnes et jusqu’au niveau de la deuxième ou do la premièi-e paire dorsale elles ne sei-aient plus représentées que par des cellules éparses; ces cellules ellesmêmes disparaîtraient complèlemcnl dans le renflement cervical pour reparaître dans la région cervicale supérieure. — En outre, toujours d’après .M. Tootli, on trouverait dans le Bulbe, à l’intérieur des noyaux des faisceaux de Goll et de Burdacb, des amas de cellules ressemblant aux cellules des Colonnes de Clarke. — M. Waldeyer pense également que les Colonnes de Clarke n’existent pas uniquement dans la région dorsale de la moelle, mais dans toute la hauteur de la moelle sans exception; seulement dans les régions autres que la région dorsale, ce n’est pas un abondant amas, une véritable colonne que l’on trouve, mais simplement un groupe de 2, 5, 4 cellules isolées qui, par leur forme et leur siège, sont tellement semblables à celles des colonnes de Clarke, qu’on doit les considérer comme un vestige de celles-ci.

Dans ces colonnes nous avons, au point de vue des applications anatomo-pathologiques à considérer surtout deux éléments : a) les cellules, b) le réticulum nerveux.

a) Cellules ganglionnaires des colonnes de Clarke. — Ce sont de grosses cellules, visibles par conséquent à un faible grossisssernent, et qui, à cet égard, ressemblent un peu aux grandes cellules des cornes antérieures. Elles diffèrent cependant notablement de ces dernières, car leurs dimensions sont plus faibles, et elles présentent une ramification bien moins riche ; on ne compte guère, en effet, qu’un ou deux pinlongements latéraux. D’après la description de M. Obersteiner, le pôle supérieur et le pôle inférieur de ces cellules (elles ont une configuration allongée suivant le sens vertical) offriraient chacun un prolongement constant; mais comme ces prolongements naissent d’nne façon brusque, non fusiforme, le corps de ces cellules conserve néanmoins un aspect arrondi; elles ont un noyau gros et bien marqué et sont riches en pigment. Suivant toute vraisemblance, ces cellules sont le lieu d’origine des fibres qui constituent le faisceau cérébelleux direct et jouent vis-à-vis d’elles le rôle de centre trophique, peut être en estil de même pour quelques fibres du faisceau de Cowers.

b. Réticulum des colonnes de Clarke. — La conuaissauce de ce réticulum est comme vous le verrez. Messieurs, très importante

VINGT-SEPTIKME LEÇON.

pour rétiule des lésions du lobes. Dans les moelles normales colorées par riiématoxyline de Weigert, la teiule générale de la coupe des colonnes de Clarke est à peu près analogue (abstraction faite des points janne-brnnàlrc qui représentent les cellules nerveuses) à celle du reste de la substance grise des cornes antérieure et postérieure. Elle est plus ou moins foncée par suite de la présence d’un abondant lacis de libres nerveuses à myéline, et c’est seulement à travers ce lacis bleuâtre que transparaissent par places quelques points et quelques traînées jaunâtres indiquant les cellules et les tractus de névroglie. Les libres nerveuses de ce réticulum sont surtout des fibres afférentes provenant des racines postérieures. — Je me borne à vous indiquer actuellement ces faits, me réservant de revenir sur leur compte à propos de l’Anatomie Pathologique du Tabes.

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TABES [Suite).

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