DÉGÉNÉRÂT ION S SECONDAIRES
à la dégénéraliori du faisceau pyramidal. Vous sav(;z, .Messieurs, quelle sera l’alUlude des membres du coté correspoudaiil à celle dégéuéralioii : le supérieur seia fixé en flexion et eu prouatioii. riuférieur eu cxleiision et eu adduction; rim et raiilre présenteroiil une exagération considérable des l'éflexes tendineux. Voilà pour le cûle malade. Mais il ne faudi'ait pas croii'e que le côté « sain » soit aussi indemne qu’on pourrait le supposer a priori. Loin de la. M. Dignat a monlj'é on ellct que, si l’on examine avec soin 1 étal des membres du côté « sain », on constate que poui" le membre inferieur la force musculaire est amoindrie d’environ 50 pour 100, et cela d autant plus que l’époque de cet examen est plus rapprochée de celle du début de l’hémiplégie. En plus ce côté présente des signes évidents d’impotence fonctionnelle, par une sorte de perte de la mémoire de coordinalion des mouvements du membre « sain » ; c’est ainsi que souvent les mouvements de la marche sont de ce côté très difficiles ou impossibles, bien que la
force musculaire soit très suffisanle pour les exécuter. — En outre, on constate du côté « sain » une exagération manifeste des réfle.xes l'otuliens (déjà signalée par M. Bilssaud), et quelquefois aussi le phénomène du pied. Enfin, dans un degré plus accentué encore, on voit, comme l’a fait remarquer M. Brissaud, des hémiplégiques présenter une contracture des deux jambes.
Si l’on examine la manière dont se comporte le membre supérieur du côté sain, on s’aperçoit qu’il en est de lui à peu près comme du membre inférieur du même côté. Jamais il n’est raidi par une contracture, jamais il ne présente le clonus de la main; cependant les réflexes tendineux peuvent s’y montrer plus ou moins exagérés. Quant à la force musculaire, elle y est amoindrie d’environ 58 pour 100 (Dignat), et cet amoindrissement est d’autant plus marqué qu’on est plus près du début de l’hémiplégie. — M. Friedlander a fait à ce sujet une remarque intéressante en comparant l’iin à l’autre les deux membres supérieurs. D’après ses recherches, dans l’hémiplégie droite, la diminution do la force du membre supérieur gauche serait plus grande que celle du membre supérieur droit dans l’hémiplégie gauche.
Voilà, pour le côté clinique, comment se traduit cette participation des membres du côté « sain » ; la raison anatomique de ce phénomène va nous être fournie par les investigations de M. Pitres. Gel auteur a rassemblé dix cas de dégénération des deux faisceaux
DEUXIKMK LEÇÜiN.
pyramidaux croisés, conséciilivcmciil à un loyer unilaléral dans le cerveau. Je vous demanderai la permission de vous citer les résultats auxquels l’a conduit rcxamcn minutieux de ces cas. Dans sz'a: cas, la lésion des deux FPyC était également développée, c’est-à-dire que la dégénéralion intramédullaire du FPyC du même côté (|uc la lésion cérébrale était aussi marquée que celle du FPyC de l’autre côté; dans ces cas, chaque zone de sclérose s’étendait sur un territoire un peu plus large que lorsque cette zone est unilatérale, mais en revanche cette sclérose était peu intense, comme si le nombre des libres saisies par la sclérose était moindre que lorsque celle-ci est unilatérale. J
Dans les quatre autres moelles, la sclérose était notablement plus
Fig. 29.
Coupelle la moelle (rcnllement cen'ical) dans un cas d’hémiplégie par lésion de rhémisphèro gauche. La dégénération secondaire porte sur le faisceau pyramidal direct C, et sur le faisceau pyramidal croisé B, et en outre sur le faisceau pyramidal croisé A du côté sain.
ntense dans le FPyC contra-latéral que dans le FPyC colatéral à la lésion cérébrale.
Quant au faisceau pyramidal direct FPyD, voici comment il se comportait pour les six premiers cas dont il vient d’être question : Dans deux cas, le FPyD était complètement indemne des deux côtés ; — dans le cinquième cas, il était inégalement dégénéré en le comparant d’un côté à l’autre; — enlin, dans le sixième cas, ce faisceau n’était dégénéré que d’un seul côté.
Pour les quatre moelles dans lesquelles le FPyC colatéral à la lésion cérébrale était moins atteint que .le FPyC contra-latéral. deux ne présentaient aucune dégénération des FPyD; — ta troisième offrait une dégénération bilatérale mais inégale des deux H'yD ; — enfin, flans la quatrième, il existait une dégénératioii