DÉ 0 É N É R A TIONS SR CONDA IRES
d’un seul l'PyT), celui situé du même côté que le FPyC le plus sclé-
rose.
.1 ai tenu, Messieurs, a vous citer par le menu les résultats de ces dix autopsies, parce qu’ils coustitueut la plus intéressaute des illustrations a la question des anomalies dans le mode de distiâbutiou des fdu’es du faisceau pyramidal'.
Voyons maintenant quelles cxplicalions ont été proposées pour ces laits de dégénération bilatérale du FPyC à la suite de lésion d’un
seul hémisphère cérébral.
M. Charcot a émis l’opinion que les fd)rcs d’un FPyC se rendaient au FPyC du côté opposé en passant par la commissure antérieure, et qu’ainsi ces fibres pouvaient également dégénérer de l’un et de l’autre côté de la moelle.
Pour M. Hallopeau, le mécanisme des lésions serait différent: d’après lui, au niveau de l’entre-croisement dos pyramides, là où les fibres de ces faisceaux sont dans une intrication intime par rapport les unes aux autres, l’inflammation dont est atteint le FPyC qui dégénère se propagerait par contiguïté au FPyC de l’autre côté, et ainsi les fibres de celui-ci seraient également atteintes par le processus dégénératif. Cette théorie, fort ingénieuse d’ailleurs, me semble difficile à accepter, car plus l’anatomie pathologique du système nerveux fait de progrès, et plus on se convainc que les dégénérations secondaires proprement dites ont peu de tendance à créer autour d’elles une inflammation difl’use telle que celle invoquée par M. Hallopeau.
Quant à moi. Messieurs, je me range volontiers à la manière de voir de M. Pitres qui considère ces faits comme une nouvelle preuve de l’extrême irrégularité dans la distribution des faisceaux pyramidaux et de l’étroitesse des connexions qui relient entre eux les faisceaux de l’un et de l’auti'c côté du corps. Ces connexions pourraient d’ailleurs être affirmées a priori, élanl donnés les faits de synchronisme et d’association des mouvements que vous connaissez tous chez riiommc sain.
L’existence de ces dégénérations bilatérales du faisceau pyramidal vous permettra désormais de comprendre aisément la genèse des
(. M. Sherringlon a observé, chez le chien, et reproduit dans les ligures de son Mémoire : On Secondary and Tertiary Degenerations in the spinal cord of the dog (Journ. of l’hysiology, vol. VI, n“ 4) une dégénération des deux faisceaux pyramidaux croisés à la suite de la lésion d’un seul liémisphère
DEUXIÈMK LEÇON.
(lilleroiits troiil)Ics ([iic nous avons vus sc inaniliîslL'r du côlé « sain » chez les liéiuiplé^iques : diiuiiiulioii de la l'occc luusculairc; impotence pour cerlaius luouvemeuls coordonnés; exagération des réüexes tendineux; cloniis du j)ied, etc.
Avant de terminer ce qui a trait à cet é|)isode dans l’iiistoire de la dégénération pyramidale, je voudrais vous soiimellre encore une remarque. Je vous ai dit. Messieurs, que le membre supérieur du côté « sain » ne présentait jamais de contracture, contrairement à ce qui s’observe assez fréquemment pour le membre inférieur. La raison de ce fait me semble être également d’ordre anatomique. Les membres supérieurs sont faits pour agir surtout individuellement, isolément l’im de l’autre, tandis que dans la station ou la marebe, au contraire, qui sont les vraies fonctions des membres inférieurs ces derniers agissent toujours simultanément, synergiquement ; il devient donc évident que le mode de distribution bilatérale des faisceaux pyramidaux aux membres supérieurs et aux membres inférieurs ne saurait être le même, d’où les différences que l’on constate dans les phénomènes dus à la dégénéi’ation de ces faisceaux.
B. Concomitance de la décjénéraiion secondaire du faisceau pyramidal avec une amyolrophie. — J’ai cru devoir, Messieurs, vous entretenir de ces faits bien que leurs relations avec la dégénération secondaire du faisceau pyramidal ne soient pas également reconnues dans les différentes bypotbèses émises sur leur nature.
Une chose est certaine, c’est que chez quelques hémiplégiques on voit survenir une atrophie musculaire assez marquée des membres paralysés. Cette amyotrophie est surtout prononcée au niveau des petits muscles de la main, les éminences thénar ethypothénar s’aplatissent, les espaces interosseux se creusent, et, quoiqu’on n’observe pas un degré d’atrophie aussi intense que dans la main dite de Bucherine-Aran, l’aspect de cette extrémité ne laisse pas d’être très cai-actéidstique. Les muscles de l’avant-bras et même ceux du bras ainsi (|ue ceux de la jaiid)e peuvent participer à ce processus. Veuillez notei- qu’il s’agit là d’une véritable amyolrophie frappant certains muscles de préférence à d’autres, et gardez-vous de confondre les faits de ce genre avec l’état de macilciicc musculaire, avec la diminution générale de volume qui s’observe assez souvent dans les mernhies atteints d’hémi[)iégie depuis un temps assez long.
I ) É G É N É n A T 1 0 N S S K C O NI) A 1 1 1 E S .
Quelle est la raison analomique de celle alropliie musculaire? Ici, Messieurs, il nous laul enrcgislrer des opinions l’orl diverses.
M. Cliai'col, qui 1 un des pi’cniiers s’esl occupe des fails de ce genre, avail eu dans un cas, bienlùl suivi de plusieurs autres, l’occasion de conslalcr qu’il existait une lésion bien caractérisée des cel- Inlcs des cornes antérieures, et il exprimait ropinion que cette
Fig-, 50.
Coupe de la moelle (l'égion cervicale) dans un cas d'iiémiplégie gauche accompagnée d’amyotrophie. (D’après JI. Pitres.) — Dans la corne antérieure du côté gauche (côté de la dégénération du laisccau pyiamidal croisé P), quelques cellules du groupe antérieur A et du groupe latéral L sont seules conservées, toutes les autres sont atrophiées.
lésion des cornes antérieures était consécutive à la dégénéralion des fibres pyramidales et due à ce que rinllammation de ces fibres se propage à la substance grise. Cette explication était acceptée d’une façon générale, et des faits confirmatifs avaient été publiés par MM. Carrière, Hallopeau, Pierret, Pitres, Brissaud, etc.*, lorsque, dans ces dernières années, M. Babinski, publiant une autopsie de ce genre, affirma n’avoir constaté aucune lésion des cornes de la moelle, non plus que des nerfs périphériques. Peu après, M. Quincke observait un cas du même genre, et aussi d’autres auteurs, Rolb et Muratow, Darkschewilscb, etc. D’autre part, M. Dejerine a trouvé, dans quatre cas d'atrophie des hémiplégiques, une névrite périphérique sans lésion des cornes ou des racines antérieures. Etant donnée la banalité des névrites périphériques, on pourrait, suivant toute vraisemblance, rapprocher ces derniers cas de ceux qui précèdent.
Que faut-il penser de fout cela? Il est une chose certaine, c'est
1. Dans un travail paru pendant la publication de ces leçons, MM. .toffroy et Achard apportent de nouveaux faits et donnent une théorie intéressante de ce phénomène. Arch. de méd. experim., t"' nov. ISOI.
DKÜXlflMK LKÇON.
(juo les (légénéralions pyramidales do la moelle produisent, d’une façon à peu près constante, du moins (|uand elles ont duré un temps snflisant, une diminution mar(|uée dans le volume de la corne antérieure du côté correspondant. MM. Fiirstncr et Knoblancli ont appelé l’attention sur ces laits, et montré que c’est surtout la corne latérale qui présente an pins liant degré cette diminution de volume. On conçoit donc aisément que dans certaines conditions celte altération de la substance grise puisse aller jusqu’à la lésion des cellules des cornes antérieures décrite par M. Charcot. Les dégénérations « tertiaires » signalées pa^ M. Sherrington et par M. Langlcy pourraient être à juste titre invoquées à l’appui de cette manière de voir. D’autre part, les résultats obtenus par les auteurs que je vous ai cités, comme n’ayant constaté aucune lésion de la substance grise des cornes antérieures, ne semblent pas devoir être mis en doute. Peut-être ces faits sont-ils, comme le pense M. Borghcrini, imputables à une action trophique du cerveau sur l’appareil musculaire. Cette explication se trouve d’ailleurs corroborée par les faits dans lesquels on voit l’atrophie musculaire survenir d’une façon rapide très peu de temps après la production de la lésion cérébrale. iN’ous sommes ici, il est vrai, dans la pure hypothèse; mais cette hypothèse n’a rien d’inadmissible si vous voulez bien vous rappeler. Messieurs, les atrophies musculaires, parfois si prononcées, que l’on observe chez certains sujets hystériques, et dont le mécanisme peut, sans trop d’invraisemblance, être rapporté à un trouble trophique d’origine cérébrale.
TUOISIÈME LEÇON
DEGÉNÉRATIONS DESCENDANTES CONSÉCUTIVES AUX LÉSIONS TRANSVERSES DE LA MOELLE
A. — Dans le connox AXTÉno-LATiîn.vi, : a. Faisceau pyramidal, sa dégénération dans le cas de lésion transverse de la moelle est beaucoup plus complète que dans les cas de lésion cérébrale. — Théories proposées pour l’explication de ce fait. — p. Portion extra-pyramidale du cordon latéral, libres du faisceau intermédiaire du cordon latéral. — y. Cordon antérieur, libres du faisceau marginal. — Nature, trajet et origine de ces libres : libres commissurales, cellules commissurales. — Faisceau de dégénéralion descendante d’origine cérébelleuse (Marchi).
B. — Dans le coudox rosTiiiuEuii. — Dégénéralion en virgule de M. Scbultze; faits confirmatifs peu nombreux. Hypothèses sur la nature des libres frappées par cette dégénération.
Messieurs,
Dans la préccdciilc Leçon, nous avons étudié les dégénérations du faisceau pyramidal consécutivement aux lésions cérébrales. Je veux aujourd’hui vous entretenir des dégénéralions secondaires qui se produisent lorsque la lésion primordiale siège non plus dans le Cerveau, mais dans la Moelle.
Pour faciliter l’exposé des faits, nous supposerons que nous sommes en présence d’une lésion Iransvcrse de la moelle ayant amené nue section à peu près complète de cet organe.
Vous savez. Messieurs, qu’à la suite des lésions de ce genre, il se produit le plus souvent une destruction dilfuse pins ou moins mai’(|uée des éléments anatomiques de la moelle, sur une hauteur variable de 4, 5, G millimètres et parfois davantage, suivant le mode d’action de la cause morhiliquc. Dans celle zone de destruction totale, « zone de dégénéralion traumatique » de Scliiclfcr-
TROISIÈME LEÇON
(Iccker il ne peut être question, bien entendu, de rechercher la façon dont se coinpoiTc tel on tel cordon. C’est plus bas seulement, quand les lésions se sont suffisainmenl localisées, qu’on peut étudier avec fruit leur distribution.
A. — Gordon antéro-latérâl.
Ce cordon étant un composé de fdjres centripètes et centrifuges, nous aurons, soit dans le sons descendant, soit dans le sens ascendant, à signaler dans son territoire la dégénération de plusieurs faisceaux distincts.
a. Faisceau Pyramidal. — Les fibres de ce faisceau ont (suivant toute vraisemblance) leur centre trophique dans l’écorce cérébrale : il est donc de toute évidence que si, pour une raison quelconque, elles se trouvent sectionnées en un point de leur parcours médullaire, la partie située au-dessous du lieu de section sera irrévocablement atteinte de dégénération secondaire. C’est là en somme ce que nous avons déjà constaté, lorsque ces fibres se trouvent inteirompues par une lésion dans leur trajet intracérébral. Mais si dans l’un et l’autre cas on observe une dégénération du faisceau pyramidal, il n’en est pas moins vrai que celle-ci se présente avec des caractères spéciaux, suivant le siège cérébral ou médullaire de la lésion qui lui a donné naissance. — M. Bouchard, le premier, a fait remarquer que dans les cas où cette lésion initiale occupait la Moelle, la dégénération secondaire du faisceau pyramidal était notablement plus étendue que lorsqu’elle occupait le Cerveau. Ce fait est d’une exactitude absolue, tous les observateurs l’ont confirmé ; seules les explications qu’on en a données ont varié entre elles. Ces explications peuvent être rattachées à l’iine des deux opinions suivantes :
a. L’étendue plus considérable du territoire envahi par la dégénération tient à ce que, en outre des fibres pyramidales, d’autres fibres sont atteintes, qui dépendent de systèmes différents (fibres commissurales de Bouchard reliant en hauteur des points de la substance grise plus ou moins distants) ; ces dernières fibres se trouvant iritirnernerit mélangées à celles du faisceau pyramidal, la dégénéralion des unes et des autres se confond et le territoire sclérosé se trouve ainsi élargi.
h. L’étendue plus considérable du territoire envahi tient à ce
MALADIES DE I.A MOELLE. 3
">4 DKGÉNKHAÏlONS SECONDAIRK S.
([lie los fibres pyramidales élaiil dans la moelle réunies en un faisceau beaucoup plus compacl que dans le cerveau, elles sont dans celui-ci bien moins souvent lésées en lolalilé que dans celle-là, et
Dégilnéralion du faisceau jiyramidal croisé : la suite d'une lésion des hémisphères cérchraux (schénialique).
Désénération du cordon latéral à la suite d’une lésion transverse de la moelle portant quelques cenlimétres au-dessus de la région qui fait l’objet do ce dessin (schémalique). — On remarquera que l’étendue de la dépénération est notahlement plus grande que dans la ligure précédente.
par conséquent le territoire dégénéré est dans le premier cas moins étendu que dans le second.
Sans avoir en général un grand penchant pour ces solutions éclectiques, j’avoue. Messieurs, qu’il m’est diflicile de ne pas
Fig. Ô5.
Coupe do la moelle (région lombaire) dans un cas de lésion transverse siégeant au niveau de la moelle dorsale. — Dégénéralion des deu.v faisceaux pyramidaux croisés (demi-schématique).
admettre que ces deux opinions sont également fondées. J’aurai d’ailleurs tout à l’heure l’occasion de revenir sur le compte des libres surajoutées à celles du système pyramidal.
11 n'a été jusqu’à présent question que du faisceau pyramidal
TROlSlflMK LEÇON. ô5
dans son ensemble ; est-il nécessaire d’ajouter que la dégénération porte non senlcmcnt sur les libres dn faisceau pyramidal croisé. mais encore sur celles dn faisceau pyramidal direct, à la condi-
Dégénéralioa descendante du faisceau pyramidal dans la inoelle d’un chien après ablation d’un des hémisphères cérébraux. (D’après WM. Singer et Münzer.) — Remarquer combien l’étendue de cette dégénération par lésion cérébrale est différente de celle qui survient (fig. 55) après une lésion Iransverse de la moelle.
tion, bien entendu, que la lésion transvci’sale de la moelle siège à une hauteur où ces fibres n’ont pas encore disparu.
Portion extrapyramidale dn cordon antéro-latéral. —
Dcgénéralion descendante dans la moelle d’un chien après section du cordon antéro-latéral du même cété dans la nrgion cervicale supérieure. fD'après MM. Singer et Münzer.) — On i-emarquera deux territoires de dégénération (en pointillé) dans le eordon antéro-latéral droit . le plus jjetit, situé à l'angle antérieur de la moelle, est le faisceau sulco-marginal descendant ; le plus étendu est le faisceau intermédiaire du cordon latéral. Les lihres pyramidales sont également comprises dans cette dégénéraiion.
Comme je vous l’ai dit, Messieurs, un certain nombre d’antres systèmes de libres nerveuses occupent cette portion. Une bonne partie de celles-ci dégénèrent suivant la voie ascendante, d’antres