DÉGÉNÉRÂT IONS SECONDA IR KS
suivant la voie descondanlc. Ces dernières sont pour la plupart situées en avant du faisceau pyramidal, dans la partie moyenne du cordon antéro-latéral; ce sont ces fibres dont M. bowentlial décrit la dégénéra lion descendante sous le nom de faisceau intermédiaire du cordon latéral. Elles occupent surtout la partie moyenne du cordon latéral, laissant en dehors la place libre pour le faisceau de Gowers et pour le faisceau Cércbclleux Direct; il semble cependant qu’un certain nombre de fibres aberrantes du faisceau Intermédiaire du Cordon Latéral se mélangent intimement aux fibres des deux faisceaux que je viens de vous nommer. 11 est fort probable que quelques fibres de ce système se trouvent aussi dans le territoire du faisceau pyramidal croisé, interposées aux fibres de ce faisceau; on constate, en effet, à ce niveau, l’existence de fibres de calibres fort divers.
Y- Cordon Antérieur. — On trouve également dans celui-ci, à la suite des lésions transverses de la moelle, un certain nombre de
Schéma des principales localisations de la dégénérai ion descendante dans les cas de lésions transverses de la moelle (région dorsale). — A, région snlco-marginale dans laquelle on trouve deux especes de fibres ; les unes++++ = fibres du faisceau jnjramiilal direct \ les autres .... = fibres du système descendant de ta zone sutco-marginate. — B, C. faisceau intermédiaire du cordon talérat-, un certain nombre de fibres de ce faisceau se retrouvent au voisinage de la périphérie de la moelle intimement mélangées à celles du faisceau de Gowers. — D, Zone du faisceau pyramidat croisé, contient deux ordres do fibres ; les unes +++ : fibres du faisceau p>yramidat croisé; les autres .... = fibres du faisceau inter-
médiaire du cordon tatérat se trouvent inlimement mélangées aux fibres précédentes, mais en plus petit nombre.
fibres atteintes par la ilégénération descendante. Contrairement à l’opinion de iM. Schiefferdecker, qui pensait qu’il s’agit là de fibres
TROISIÈME LEÇON
aberrantes du üûsceau pyramidal, il semble prouvé (Flccbsig-, Singer) qu’elles u’oiit rieu à Taire avec ce faisceau, car elles ne dégénèrent pas à la suite des lésions qui ne portent que sur le Cerveau. C’est là la dégénératiou du faisceau marginal (Lôwcnl\\a\). Les libres dégénérées de ce faisceau marginal se trouvent chez l’homme et chez le singe à la partie du cordon antérieur qui borde le sillon antérieur, dans le territoire que j’appellerai : zone sïtlco-mai'g inale. — Pour distifiguer ces fibres des antres fibres qui se trouvent dans cette zone, je vous propose de leur donner le nom de Système descendant de la zone sulco-marginale.
Mais où vont toutes ces libres des cordons antérieur et latéral indépendantes du faisceau pyramidal, et surtout d’où viennent-elles? A la première question on peut sans trop s’avancer répondre qu’elles se rendent dans la substance grise médullaire, et très probablement dans les parties antérieure et moyenne de celle-ci ; il semble en outre que le trajet d’un certain nombre de ces fibres soit fort long, car on retrouve les traces de leur dégénération, môme dans les parties inférieures de la moelle, et jusqu’à des niveaux où les fibres du faisceau pyramidal direct font défaut. — Quant au lieu d’origine des libres qui nous occupent, il est bien difficile d’avoir à cet égard une idée précise. Il paraît très probable qu’un certain nombre de ces fibres à dégénération descendante appartiennent au svstème des fibres comrnissurales longitudinales dont je vous parlais tout à l’heure, qui, nées d’une cellule de la substance grise, retournent à la substance grise située dans un segment inférieur de la moelle, après un trajet plus ou moins long dans le cordon antéro-latéral. Depuis le moment où M. Bouchard émettait sou liypotlîèse sur l’existence de libres de ce genre, nous avons acquis des preuves directes de leur présence. C’est ainsi, par exemple, que M. Bamon y Cajal, à qui la science est redevable de beaux travaux sur la fine anatomie du Svstème Nerveux Central, décrit des cellules comrnissurales siégeant, ainsi que M. Golgi l’avait d’ailleurs déjà démontré, dans un grand nombre de points de la Substance Grise. Ces cellules commissuralcs, plus petites que les cellules motrices, émettent un cylindrc-a.\e qui se porte, à travers la commissure antérieure, dans le cordon antérieur du côté opposé; dans celui-ci il se divise en deux branches, l’une montante, l’autre descendante, qui elles-rnômes émettent vers la substance grise de nombreux ramuscules; ces ramiisciiles s’y résolvent dans une multitude de fibrilles
I ) É fi K N K n A T 1 0 N S S E C 0 N D A 1 R E S .
qui forment un aborulunt réseau autour d’iiue des cellules de la substance grise. L’une et l’autre de ces brandies donnent des collatérales pendant leur parcours dans la substance blancbe. Après cette description, il est inutile, je pense, d’ajouter que la Inaiicbe
Fig. 57.
Schéma représenlant la moelle vue en long et par transparence. — A, cellule commissurale; B, prolongement émis par cette cellule passant par la commissure antérieure et se dédoublant en une branche ascendante BC et une branche descendante BD; G, G', rameaux de la branche descendante se résolvant en ramuscules aulour des cellules nerveuses de la substance grise; E, prolongement du même genre que B, mais ne subissant pas l’entre-croisement dans la commissure antérieure; ce prolongement envoie des rameaux FF' analogues aux rameaux GG' du prolongement BD, ces rameaux se résolvent également en ramuscules autour des cellules nerveuses de la substance grise (pour ne pas compliquer le dessin, ces cellules n’ont pas été représentées). (Schéma d'ajjrês une figure de .M. lîarnon y Cajal.)
descendante est alteinte, dans les dégénérations descendantes, lorsque la lésion transverse siège au-dessons de la cellule cominissnrale qui lui a donné naissance; l’autre brandie, au contraire, participe aux dégénérations ascendantes.
Voilà pour une portion de ces fibres, mais il ne semble pas qu’elles rentrent toutes dans cetle calégorie. 11 convient en tout cas de faire une place, ne fût-ce qu’une place d’attente, à l’opinion récemment
TUOISIKMK LEÇON.
omise par M. Marclii'. Col aulciir, ayant l’ait des extirpations de tout ou partie dn cervelet, a étudié les dégénératioiis consécutives dans les pédoncules cérébelleux. Il a pu ainsi suivre celle qui existait dans le pédoncule cérébelleux inférieur et il a vu, qu’à peu près à la hauteur de l’olive, le faisceau longitudinal postérieur s’unit au ruban deReil et que tous deux ensemble se portent dans les Cordons .Antérolatéraux ; dans ceux-ci il cxistait/les libres dégénérées en assez grand
■Coupes de la moelle d’un singe(?) chez qui a eu lieu l’extirpation de la moitid droite du cervelet. (D’après M. Marchi.) — Fig. 58, région lombaire; fig. 59, région dorsale; lig. 40, région cervicale. — On remarquera la zone de dégénéralion (en pointillé) qui dans les trois figures occupe la périphérie du cordon autéro-latéral, s'avance légèrement dans le territoire du faisceau pyramidal et empiète un peu sur la partie antérieure du faisceau cérébelleux direct. Dans la figure originale, il existe aussi quelques points de dégénération dans les racines antérieures; ces points ont été négligés ici.
nombre, formant un amas notable au-devant du faisceau pyramidal croisé, et se répandant en outre dans les cordons antéro-latéral et antérieur de la moelle avec une prédilection marquée à occuper les parties périphériques de cet organe. Il existerait donc, d’après -M. -Marchi, dans les faisceaux antéro-latéraux, des fibres dont le eentre trophique siégerait dans le cervelet, de sorte qu’en cas de lésion transverse de la moelle, ces fibres seraient atteintes par la dégénération descendante. Leur siège dans la moelle correspond parfaitement aux territoires dont nous venons d’étudier la dégénération sous le nom de faisceau intermédiaire du cordon latéral, et de faisceau sulco-marginal descendant.
Voilà, Messieurs, pour ce qui concerne les Cordons blancs Antérieur et -Antéro-latéral ; mais ne croyez pas que la dégénéralion descendante conséculive aux lésions transverses de la moelle soit limitée à ces seuls cordons. Elle peut se montrer aussi dans les (bordons Postérieurs.
1. Marchi, Orirjitic c der.orto dei pcduncoH cercbcllari. [Idvisla spcrimcntalcdi Frcniatria c Med. letj., vül. XVII, p. 507.)
DKGÉNÉRATIONS SECONDAIRK S.
B. — Gordon postérieur.
C’est surtout à M. Scliultze que nous devons la connaissance de cette localisation de la dégcnération secondaire. Bien que dans son travail ixwArchiv fur Psijclnalrie,\'è^o), cet auteur rappelle que des faits de ce genre ont été précédemment observés par MM. Wcslphal, Kaliler et Pick, Strümpcll, il n’en est pas moins vrai que c’est à lui que l’on doit d’avoir appelé l’attenlion sur cette dégénération. Le cas à propos duquel fut fait ce travail initiateur consistait dans une compression de la moelle avec section complète de la partie moyenne du renflement cervical. Au-dessous de la compression, à une distance d’environ 2 ou 5 centimètres du point où avait porté celle-ci, on constatait une dégénération dans le domaine des Cordons de Burdacli, en forme d’une ligne parallèle à la Corne postérieure, commençant aune petite distance de la Commissure postérieure et n’atteignant pas la périphérie de la moelle, dont au contraire elle reste assez éloignée ; en somme, cette dégénération peut, d’après sa
Coupc de la moelle (région dorsale supérieure) à 2 centimètres au-dessous d'un foyer de compression siégeant à la partie moyenne du renflement cervical. (D’après JI. Schultze.) ■ — A. faisceau pyramidal dégénéré; B, dégénération en virgule dans les cordons postérieui's. — La ligure originale porte l’indication d’une zone de dégénération faible dans les cordons antéro-latéraia. La reproduction de cette zone a été négligée ici.
forme, être très justement désignée sous le nom àc Dégénéralion en virgule des cordons postérieurs .
Je dois ajouter. Messieurs, que les cas dans lesquels celle dégénération en virgule a été conslatée sont loin d’être fréquents, bien que M. Schultze dise l’avoir, quant à lui, observée trois ou quatre lois. D’autre part, dans un mémoire récent, M. Barbacci' reconnait avoir vu à la suite d’une lésion transverse de la moelle une dégéné-
1. 0. Barbacci, Conlributo analomico e sperimcnlale allô studio délie degcnerazioni secondarie, etc. [Lo Sperimcnlale, 1891, fascic. III et lY, p. 595 cl 40(5.)
Fig. 41.
TUOISIKME LEÇON.
ration dans les cordons postérieurs, mais cette dégénération n’avait nnllenient la Ibrinc en vii-gnle. Il s’agissait de fibres dissôininces dans tonte la largeur des cordons postérieurs ; en descendant, ces fibres se groupaient au voisinage du sillon médian postérieur, et enfin, au niveau du conus, elles occupaient la partie postérieure de ce sillon médian. Cette dégém^-ation pouvait donc être suivie beaucoup plus bas que celle signalée par M. Schultze.
Ce sont là des faits qui méritent, non pas confirmation, car il n’v a aucun doute à leur égard, mais explication. La meilleure serait celle qui indiquerait exactement quel est le faisceau ainsi atteint par la dégénérai ion. Cela, nous ne le savons pas encore : aussi notre incertitude est-elle sans remède. Pour M. Schultze, les libi-es dont l’altération produit la dégénéralion en virgule seraient les branches descendantes des racines postérieures, qui ont leur point d’entrée dans la moelle au niveau de la lésion transverse. X cette hypothèse, M. Tooth objecte, non sans quelque apparence
Coupes de la moelle dans un cas de fracture du rachis ayant amené un écrasement de la moelle entre la 8* cervicale et la !'• dorsale. (D’après M. Tooth.) — Fig-, T2 : Lésion transverse; l’écrasement est à peu près complet. — Fig. 13 : 1 '• dorsale ; la plus grande partie des cordons blancs est altérée ; on est là encore dans la zone de dégénéralion traumatique. — Fig. Tl : 2* dorsale; dans le cordon antéro-laléral la zone des faisceaux cérébelleux direct et de Gowers est déjà à peu près libre de toute dégénération. Dans le cordon postérieur on voit do la façon la plus nette la « dégénération en virgule » do Schultze. — Fig) .13 ; 5* dorsale; mêmes remarques. — Fig. 10 ; 0* dorsale; la dégénération est nettement localisée au faisceau pyramidal croisé, au laisceau intermédiaire du cordon latéral, au faisceau descendant sulco-inarginal et au faisceau pyramidal direct. — Fig. .17 ; 7* dorsale; la dégénéralion du faisceau pyramidal croisé est toujours très nette, celle du faisceau intermédiaire et surtout celle du faisceau sulco-marginal sont beaucoup moins apparentes.
Fig. 45.
Fig. 44.
lie raison, que celte dégénéralion en virgule ne s’observe ]ias dans les expériences de section des racines postérieures, et tpie d’ailleurs
DÉGÉiNÉR AXIONS SK GOND A IR ES.
cctlc (légéiicralion, à la suite de lésion Iraiisverse de la moelle, s elend jilus ba.s que l’aiialomie ne nous montre les fdjres descendantes des racines postérieures. Il s’agii-ait donc bien plutôt pour ,M. Tootb d’une dégénération due à la destruction de libres commissurales. I*eut-èlre, et c’est là de ma part une simple liypotlièse, conviendrait-il aussi de tenir compte de Vélat de la mbslance grise médullaire et de recbereber, à l’avenir, si cette dégénération en virgule ne s’observe pas à la suite des lésions transverses ayant intéressé plus ou moins complètement la colonne grise de la moelle. Si oui, ce serait un argument nouveau en faveur de la nature commissurale des libres frappées par cette dégénération.
J’aurai, Messieurs, l’occasion, à propos des lésions du tabes, de vous montrer que, dans cette affection, les fibres qui correspondent au faisceau « en virgule » restent pendant longtemps intactes alors que les autres libres du cordon postérieur- sont plus ou moins altérées.
Quant aux dégénérations secondaires descendantes qui peuvent se produire dans l’intérieur de la Substance Grise médullaire, nous sommes actuellement sans aucun renseignement. 11 est cependant fort probable que parmi les faisceaux de fibres compris dans son épaisseur, quelques-uns dégénèrent aussi bien dans le sens descendant que dans le sens ascendant; mais tout fait supposer ([ue cette dégénération secondaire ne doit se manifesler que sur une très faible hauteur.
QUATRIÈME LEÇON