‹ Lecons sur les maladies de la peauChapitre 10 sur 46 · DE L’ECZÉMA · texte numérisé non relu

DE L’ECZÉMA

(suite)

Complicalions. — Pour la focilité de l’élude, jusqu’ici nous avons supposé l’eczéma, ainsi que ses variétés, à l’état de simplicité ; mais il n’en est pas toujours ainsi dans la pratique : l’eczéma peut être compliiiué soit d’une autre affection de la peau, soit d’une affection des muqueuses.

Parmi les éruptions cutanées qui coexistent le plus fréquemment avec l’eczéma, nous trouvons d’abord le pityriasis, qui survient ordinairement à la fin de la maladie. 11 se présente sous la forme d’une desquamation très fine, très légère, occupant les parties qui ont été le siège de l’éruption eczémateuse. En raison de leur concomitance si fréquente, nous nous sommes demandé si ces deux affections n’étaient pas une seule et même maladie, à une période différente de son évolution, et nous croyons celte opinion parfaitement soutenable.

Le lichen coïncide aussi très souvent avec l’eczéma; l’association de ces deux éruptions est quelquefois tellement intime, qu’il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de les distinguer. Du reste, cette investigation serait tout à fait oiseuse et sans aucune utilité pratique. 11 faut se contenter de dire qu’un eczéma est compliqué ou

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non de lichen, sans vouloir pousser l’analyse plus loin. C’est à celte réunion des deux éruptions qu’on a donné le nom de lichen agriiis et A'eczéma lichénoïde.

Une autre complication également assez fréquente, ce sont les furoncles et les petits abcès. On en observe dans les seins chez les femmes, au cuir chevelu, mais surtout sous les aisselles. Ils peuvent se développer à toutes les périodes de la maladie, mais plus particulièrement à la seconde ou à la troisième.

Nous avons déjà parlé, à propos des dartres en général, des complications qui pouvaient survenir du côté des muqueuses, telles que bronchite chronique, entérite, gastralgie, et de l’espèce d’alternance qui pouvait s’établir entre l’éruption cutanée et une de ces afl'ections; il est inutile d’insister davantage sur ce sujet que nous avons déjà traité suffisamment

Diagnostic. — Le diagnostic de l’eczéma est généralement facile ; il suffit pour l’établir d’avoir présents à l’esprit les signes essentiels de l’affection : vésicules, rougeur pointillée, suintement, croûtes jaunes, rocheuses, puis squames, qui plus tard deviennent furfuracées, comme dans le pityriasis. Joignez à cela les démangeaisons vives et la chaleur de la peau, et vous aurez un tableau à peu près complet des signes diagnostiques de l’eczéma, qui sera toujours suffisant pour distinguer cette maladie des autres éruptions qui ont avec elle quelque similitude. Ces éruptions sont l’érythème, le pemphigus, le pityriasis et le psoriasis.

L’érythème peut être confondu avec l’eczéma à cause de la rougeur de la peau, mais il ne s’accompagne pas de suintement. On trouve bien quelquefois do petites vési-

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Cilles ou vésico-pusUiles, mais elles sont éphémères, et, quand l’éruption érythémateuse s’accompagne de desquamation, celle-ci n’a lieu qu’une fois et ne se renouvelle pas.

11 existe une autre espèce d’érythème {[’énjt/iènie intertrigo) qui a pour siège l’interstice des fesses et la partie inférieure des seins, et qui est dù au frottement réitéré de ces parties; il s’accompagne d’une rougeur et d’un suintement séreux qui le l'endent plus dillicile à distinguer de l’eczéma; mais, dans ces cas-là, le suintement est beaucoup moins abondant et bien moins plastique, il ne se concrète pas et il n’empèse pas le linge qui en est taché. D’ailleurs, on le fait disparaître très facilement en s’opposant tout simplement au frottement des parties.

Un médecin peu familiarisé avec les éruptions cutanées pourrait confondre lepemphigusavecreczéma. Nous avons dit que de véritables bulles pouvaient être observées dans Y eczema mamude, par la réunion de plusieurs vésicules voisines, et l’apparence de ces bulles pourrait faire croire à l’existence d’un pemphigus; mais dans l’eczéma les bulles ont toujours été précédées de vésicules, et, dans le voisinage, il en reste toujours quelques-unes pour attester la nature de l’affection. En supposant l’absence de ces signes, la marche de l’éruption suffira, du reste, pour éclairer le diagnostic. En effet, dans le pemphigus, à une bulle dont vous ne pouvez constater que les vestiges, vous verrez bientôt en succéder une autre et ainsi de suite, tandis que l’eczéma bulleux a une marche aiguë.

Lorsque l’on se trouve en présence d’un pemphigus foliacé, arrivé à une certaine phase de son évolution, on n’a sous les yeux que les débris des bulles et quelques parties dénudées, présentant des ulcérations superficielles, avec

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un léger suintement; on peut alors éprouver de l’embarras, mais rappelez-vous que cette espèce de pempbigus occupe généralement la totalité du corps, et que vous ne trouverez pas un point du tégument externe qui soit sain, ce qui n’arrive jamais dans l’eczéma, quelque généralisé qu’il puisse être, et puis, examinez avec soin et presque toujours vous trouverez, sur un point quelconque du corps, surtout vers les extrémités, quelques bulles non encore rompues ou à peine effacées. Enfin, si vous pouviez conserver quelque doute, la largeur considérable des squames et le produit peu plastique de sécrétion des parties dénudées viendraient dissiper toute espèce d’incertitude.

Dans le licben il y a du suintement et des croûtes, mais le suintement est moins abondant, les croûtes sont plus fines et plus adhérentes que dans l’eczéma ; de plus, il y a une sécheresse, un épaississement et une rudesse de la peau qui ne se rencontrent pas dans l’eczéma. Ajoutons cependant que fréquemment l’eczéma et le lichen existent ensemble et associent leurs caractères spéciaux.

Nous trouvons dans le psoriasis une surface rouge et élevée au-dessus de la peau, des squames épaisses, imbriquées, blanchâtres, argentées, sèches, ne ressemblant en rien aux squames de l’eczéma. Si, quelquefois, ces squames de psoriasis ne se présentaient pas avec des caractères aussi bien définis, et qu’on pût se tromper, il faudrait interroger les malades, pour .savoir s’il y a eu ou non sécrétion d’un liquide séreux, empesant les linges, en un mot analogue à celui qu’on observe dans l’eczéma, et, suivant la réponse affirmative ou négative du malade, vous pourrez diagnostiquer un eczéma ou un psoriasis, car, dans cette dernière maladie, il n’y a jamais sécrétion.

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Il est très difficile, avons-nous dit, et même impossible de reconnaître le pityriasis de l’eczéma, arrivé à une certaine période de son développement; mais, nous le répétons , ce diagnostic n’a aucune importance pratique , puisque le traitement est le même dans les deux cas. Quant à l’eczéma au premier ou au second degré, il se distinguera toujours très facilement du pityriasis par sa rougeur spéciale, par ses vésicules, par son suintement et par ses croûtes.

M. Devergie décrit, sous le nom àQ piUjriasis riibra, une maladie caractérisée par une surface rouge, affectant souvent la totalité dé la peau et par des squames de la largeur d’une pièce de 50 centimes ou de 1 franc. Ces squames se détachent sur leurs bords, s’enroulent et ne tardent pas à tomber, pour faire place à d’autres squames tout à fait semblables. Dans cette affection il y a souvent une sécrétion séreuse, aqueuse, mouillant les linges sans les tacher. Cette maladie est généralement de longue durée. Le diagnostic, dit-il, pourra s’établir d’après ces signes spéciaux. Mais nous sommes peu porté à admettre, dans tous les cas cités par M. Devergie, la légitimité de celte espèce qui nous parait se rattacher quelquefois à un véritable eczéma, d’autres fois à un pemphigus foliacé.

11 y a encore une autre éruption qui. se rapproche beaucoup de l’eczéma, c’est l’herpès ; mais dans celte affection les vésicules ne sont pas miliaires, comme dans l’eczéma ; elles sont plus grosses et sont groupées, au nombre de douze ou quinze, de manière à former des plaques arrondies et peu étendues. Elles ont une existence bien plus longue que les vésicules d’eczéma, qui ne durent souvent que quelques heures. Déplus, la marche est bien

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différente : dans l’iierpés les vésicules se rompent difficilement, il y a résorption de la sérosité ; quelquefois cette sérosité se transforme en pus et les pustules remplacent les vésicules, le pus lui-mêrne peut être résorbé sans rupture des pustules. Quand il y a rupture de vésicules herpétiques, les ulcérations consécutives diffèrent encoie de celles de l’eczéma ; elles sont arrondies, plus profondes. Enfin dans l’herpès, il n’y a pas, comme dans l’eczéma, ces générations de croûtes et de squames qui se succèdent un certain nombre de fois, avant la guérison complète de la maladie. En donnant ces caractères distinctifs, entre l’herpès et l’eczéma, nous avons surtout en vue Yherpes züster ou zona ; car plusieurs autres herpès {herpes vulvaris, prœputialis) ont été, à tort suivant nous, séparés de l’eczéma dont ces éruptions ne sont que des variétés.

Pronostic. — L’eczéma par lui-même n’est pas une maladie qui compromette l’existence, mais il dénote une prédisposition particulière de l’économie qui expose les personnes ([ui en sont atteintes à des récidives continuelles. Quand il affecte des sujets faibles et débiles, il dure beaucoup plus longtemps; c’est ce qui rend cette affection souvent incurable chez les vieillards.

Le pronostic est beaucoup plus fâcheux, lorsqu’il existe en même temps quelque affection interne : bronchite, asthme, etc., parce qu’on ne peut pas guérir la maladie interne, sans donner une nouvelle intensité à l’éruption cutanée, et que souvent la disparition de celle-ci s’accompagne d’une aggravation notable, dans les phénomènes de la maladie interne.

Dans le pronostic, on doit également tenir compte de la mai’che et du siège de la maladie. La forme chronique, les

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récidives répétées sont des conditions lâcheuses et qui doivent faire craindre une prolongation indéfinie; relativement au siège de l’éruption, nous signalerons, comme ayant une tendance à durer très longtemps, l’eczéma des aisselles, celui des seins, des parties génitales et des jambes ; pour ce dernier, l’existence des varices est encore une circonstance aggravante.

Étiologie. — L’étiologie de l’eczéma comprend, comme celle de toutes les autres maladies, l’étude des causes prédisposantes et celles des causes occasionnelles que nous allons énumérer successivement.

Parlons d’abord des causes prédisposantes.

Tous les âges sont prédisposés à Teczéma, cependant on l’observe plus spécialement chez les jeunes sujets ; les enfants à la mamelle y sont très exposés ; on le rencontre aussi dans la seconde enfance et chez les adolescents. Il se montre aussi chez les adultes et chez les vieillards, mais il est rare que chez ces derniers il existe pour la première lois, le plus souvent il est à l’état de récidive. Généralement, on attribue à la dentition et au sevrage l’eczéma qui se développe dans la première enfance. Nous croyons à la première influence et non à la seconde. L’eczéma a une prédilection marquée pour le tempérament lymphatique, sans lui être tout à lait exclusif. Les changements de saisons sont aussi des causes prédisposantes; l’éruption apparaît surtout au commencement du printemps et à la fin de 1 automne. Comme causes prédisposantes, nous devons encore noter l’hérédité et certaines professions qui exposent aux veilles, au contact des substances âcres et à 1 action d’une chaleur intense et longtemps prolongée (loigeions, londeui's, boulangers, cuisiniers, etc.).

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Parmi les causes occasionnelles, nous placerons en première ligne les excès de tous genres : excès de boissons, de table, une nourriture trop excitante, ragoûts, viandes faisandées, poissons de ^ner (surtout homards, coquillages, etc.), les chagrins, les émotions morales vives, les veilles et les fatigues de toute espèce. Enfin, nous devons encore mentionner les irritations locales de la peau : emplâtres, frictions sèches ou irritantes. Nous avons vu un simple emplâtre de diachylon, non-seulement développer un eczéma dans le point d’application et dans le voisinage, mais encore devenir le point de départ d’un eczéma général. 11 est évident, dans ces exemples, que l’irritation locale ne fait que développer un principe diathésique qui n’attendait qu’une occasion pour se réveiller. Nous croyons en effet, ainsi que nous avons cherché à l’établir en parlant des dartres en général, que l’eczéma n’est pas une maladie locale, mais que l’éruption cutanée n’est que l’expression d’un vice particulier, soit inné, soit acquis d’une diathèse.

Traitement. — Au début, quand il y a prédominance des phénomènes inflammatoires, on ordonnera des boissons émollientes en abondance : tisane de chiendent, limonade, etc. On devra prescrire également des topiques émollients : bains, lotions avec eau de guimauve ou eau de son. Ouand ü y a des vésicules non encore rompues, il faut, autant que possible, respecter leur intégrité et s’abstenir de cataplasmes qui les ramolliraient et hâteraient leur rupture. Mais vous savez que ce premier degré n’a qu’une durée éphémère, et que le plus souvent on se trouve en face d’un eczéma arrivé à la seconde période de son évolution. Alors, aux moyens que nous

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venons d’énnmérer vous devrez ajoulcr les cataplasmes de riz et de fécule, qui doivent être préférés à ceux de farine de lin, souvent irritante. A ces remèdes locaux joignez les moyens généraux. Les principaux sont ; les purgatifs souvent répétés, pour diminuer la secietion abondante qui existe à la surface de la peau, en développant une dérivation intestinale. Ces purgatifs doivent être prolongés pendant plusieurs semaines et ils sont indiqués tant que persiste la sécrétion séreuse. On peut employer les purgatifs salins ou les drastiques, mais la préparation purgative à laquelle nous donnons la préférence consiste dans une infusion de pensée sauvage et de séné, d’après la formule suivante :

Pensées sauvages 8 à 16 grammes.

Follicules de séné 4 à 8 —

Eau bouillante 3à 4 verres.

Le malade prend de cet apozème deux, trois ou quatre verres, soit tous les jours, soit deux ou trois fois par semaine, de manière à avoir trois ou quatre selles par jour. On peut d’ailleurs augmenter ou diminuer les doses, suivant la susceptibilité des sujets. Nous avons souvent donné celle tisane purgative pendant deux ou trois mois, dans des cas rebelles, sans voir aucun inconvénient et notamment sans constater aucun accident du côté du tube digestif. Gomme moyen général et topique en même temps, il faut mentionner les bains, bains amidonnés, bains de vapeur, soit isolément, soit d’une manière alternative. Les bains de vapeur sont indiqués surtout dans l’eczéma de la face ou du cuir chevelu ; ils agissent alors comme moyen topique très efficace. Une précaution importante

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dans l’emploi des bains de vapeur, c’est que la température ne soit pas trop élevée ; il ne faut pas qu’elle dépasse 32 ou 33 degrés Réaumur. Au delà ils déterminent de la congestion à la peau et peuvent augmenter l’inflammation. Ces moyens, les antiphlogistiques émollients locaux et généraux et les purgatifs, réussissent souvent, et, avec leur aide, la maladie arrive plus ou moins vite à la résolution complète : mais dans d’autres cas l’eczéma persiste, il reste stationnaire au second ou au troisième degré, il s’aggrave de temps en temps par quelques poussées aiguës et il tend à s’éterniser ; c’est alors que l’on doit recourir aux modificateurs généraux, dont les principaux sont : l’huile de foie de morue, les préparations arsenicales et le soufre. Mais ces moyens ne doivent pas être employés au hasard et sans discernement. Il y a des indications pour l’huile de foie de morue, d’autres pour les préparations arsenicales, que la sagacité du médecin pourra seule saisir et apprécier. Ainsi l’huile de foie de morue est surtout indiquée chez les individus à tempérament lymphatique et particulièrement chez les jeunes sujets.

Les préparations arsenicales, au contraire, réussissent mieux chez les individus à tempérament nerveux et chez ceux c[ui n’ont aucun des attributs du tempérament lymphatique. Les préparations arsenicales le plus généralement employées sont les solutions d’acide arsénieux ou d’arséniate de soude : les liqueurs de Fovvler, de Pearson, ont l’avantage de ne réveiller aucune défiance de la part du malade, et de pouvoir lui faire prendre de l’arsenic à son insu : nous les recommandons dans la prati(|ue.

Les préparations sulfureuses à l’intérieur ou à l’extérieur doivent être réservées à ces cas d’eczéma développés

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chez les sujets à lenipérarnent lymphatique peu prononce, chez lesquels la maladie a de la tendance à se perpetuei. On ne doit y recourir que lorsque la maladie est arrivée à la troisième période. On les emploie aussi avec avantage pendant la convalescence, et même après la disparition de toute éruption, pour consolider la guérison. Les suHiireux sont surtout donnés sous forme d’eaux minérales naturelles ; les plus efficaces sont les eaux d’Enghien, de Baréges, de Luchon, de Saint-Gervais, d’Uriage. Pour les malades qui ne présentent aucun signe de scrofules, nous avons, d’après notre expérience personnelle, une prédilection marquée pour les eaux de Saint-Gervais, qui, par leur légère sulfuration, par leurs propriétés laxative et diurétique, nous paraissent être spécialement applicables au traitement de l’eczéma.

On a encore préconisé contre l’eczéma une foule de pommades et de lotions, et même les charlatans n’emploient pas d’autres remèdes ; mais nous devons vous prémunir contre ces moyens, qui sont nuisibles le plus souvent ; nous vous ferons remarquer que les pommades ne peuvent être de quelque utilité qu’à la fin du troisième degré, lorsque les phénomènes inflammatoires sont très mitigés. On a conseillé les pommades soufrées ; mais nous deVons placer au premier rang les préparations mercurielles. Ainsi la pommade au calomel d’après la formule suivante :

Axonge 30 grammes.

Calomel 0,2o ou 0,50 centigr.

Celle au deutochlorure de mercure ;

Axonge 30 grammes.

Deutochlorure d’hydrargyre. . 0,05 ou 0,10 centigr.

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Puis celle de protonitrate, employée surtout dans les eczémas chroniques sous cette formule :

Axonge 30 grammes.

Protonilrale d’Iiydrargyre. . . . 0,05 ou 0,m centigr.

On emploie encore l’onguent citrin, qui n’est que du nitrate de mercure, sous cette formule :

Axonge 30 grammes.

Onguent citrin 2, 3, 4 ou 5 grammes.

Nous devons également mentionner la pommade h base de cyanure de potassium, qui réussit quelquefois à calmer les démangeaisons, surtout aux parties génitales.

Il y a les solutions de sublimé, qui ont également pour but de calmer les démangeaisons :

Eau 100 grammes.'

Sublimé 10 ou 20 centigr.

On a réussi encore quelquefois avec les lotions d’eau blanche, avec la pommade camphrée, avec la pommade contenant de l’oxyde de zinc. Mais, nous le répétons, ces divers topiques doivent être employés avec précaution.

Enfin, la partie la plus importante du traitement est la diététique, qui doit être continuée bien longtemps après la disparition de l’éruption, si l’on veut être à l’abri d’une récidive. Ainsi le malade aura un régime sévère; il s’abstiendra de liqueurs, de café, de boissons fermentées et d’aliments trop excitants et fortement épicés.

DU LICHEN

Le mot lichen est très ancien : nous le trouvons dans Hippocrate, Galien, Celse, Aétius; mais il faut bien savoir que, dans les anciens auteurs, il avait un sens très vague et très mal déterminé. Dans les ouvrages des médecins'’du

moyen âge, on retrouve encore ce mot, mais aussi mal défini que dans les écrits de leurs prédécesseurs. Willan et Bateman eurent le mérite de lui donner, les premiers, un séns plus exact, plus précis, en l’employant pour dési-gner une éruption de petites papules agglomérées. Ces

auteurs considèrent donc le lichen comme une éruption papuleuse; Ahbert le range dans la classe des affections scabieuses, d l’appelle prurigo lichénoïde ou furfurant • clans notre classification, nous l’avons placé au nombre’ des afieclions darlreuses. 11 présente, en eflét, tous les principaux caractères de ce groupe de maladies : dispersmn sur diflerents points du corps, tendance à l’extension, chronicité, récidive facile, etc.

Nous clé/inirons le liclien : une maladie de peau oaraeçrisee, a sou début, par l'éruplion de pciiles papules ordinaii-emeut un peu se. rées les unes f, cdlê des aiUres

tiAnnv >

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présentant une rougeur qui ne tarde pas à s’effacer, et, plus tard, par une altération plus profonde de la peau, qui devient épaisse, rude, et dont les plis augmentent de profondeur.

Tous les symptômes que nous allons vous exposer ne seront, pour ainsi dire, que la paraphrase de ces principaux caractères ; épaississement, rudesse de la peau et exagération de ses plis. La maladie débute quelquefois par de la cuisson et une démangeaison assez vive dans une étendue plus ou moins considérable et même sur toute la surface du corps; bientôt après, éruption de petites papules, c’est-à-dire de petites saillies pleines ne contenant ni sérosité, ni pus, ordinairement acuminées, se rapprochant les unes des autres et agglomérées de manière à

former des plaques dont la surface est hérissée, rugueuse et inégale. Ces papules sont ordinairement rouges, ainsi que la peau qui les environne; dans les régions où se développe cette éruption, elle amène du gonflement : il en résulte un épaississement notable de la peau qui dure autant que la maladie elle-même, et peut persister quelque temps après elle. La présence de ces papules sur une peau épaisse détermine une rudesse spéciale et une exagération de ses plis qui peut aller jusqu aux crevasses, et même jusqu’à de véritables rhagades.

A ces phénomènes fondamentaux s’en joignent d’autres, qui sont accessoires, mais aussi constants. C’est d abord un léger suintement apparaissant, sous forme de petites gouttelettes de, sérosité (jui se concrètent en petites croûtes d’un aspect particulier ; elles sont minces, dures, sèches, d’une couleur grise ou noire, n’ayant aucune ressemblance avec celle de l’eczéma qui s’en éloignent par

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leur volume, leur mollesse et leur couleur jaune ; quelques-unes de ces petites concrétions, celles qui sont noires, sont formées par du sang coagulé et desséché à la surface des papules. L’épanchement de sang et de sérosité est dù à l’excoriation des papules. En effet, un phénomène inséparable de l’existence des papules est une démangeaison vive que nous avons vue, dans quelques cas, précéder l’éruption et qui se continue après elle.

Cette démangeaison s’accompagne de chaleur ; elle est parfois atroce et tellement vive que les malades ne peuvent résister au besoin de se gratter; ce besoin est d’autant plus impérieux qu’en se grattant ils éprouvent une certaine sensation de plaisir et que chaque friction est suivie d’un moment de répit. 11 en résulte que les malades excorient et déchirent avec leurs ongles les sommets des papules, de là écoulement de sérosité et de sang et formation de petites croûtes. La cuisson et les démangeaisons du lichen se font sentir particulièrement 1 esoir et la nuit.

Ordinairement le lichen ne présente pas de phénomènes généraux; quelquefois cependant, surtout au début, il y a un peu de malaise, de céphalalgie, d’inappétence, et un léger mouvement fébrile ; mais tout cela se dissipe au bout de quelques jours , et vous voyez des individus atteints de lichen intense , présenter tous les attributs d’une santé parfaite.

Cependant à cette règle il faut noter quelques exceptions, beureusement très rares; quelquefois les démangeaisons sont tellement vives qu’elles privent complètement les malades de sommeil, et, quand ces insomnies se prolongent, elles ne tardent pas à déterminer uii allai-

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blissement considérable , de la maigreur et des troubles de la digestion. Parmi ces troubles digestifs, nous devons signaler la gastralgie dont on a singulièrement exagéré la fréquence et la valeur séméiotique dans le lichen. En effet, M. Devergie et d’autres, frappés de la coïncidence de la gastralgie avec le lichen, ont été victimes d’une fausse induction , en rapportant à la maladie cutanée ce qui, le plus souvent, n’était que la conséquence d’un tempérament nerveux.

Le lichen est quelquefois limité à un petit espace, mais, le plus ordinairement, comme toutes les maladies dartreuses, il tend à gagner et à envahir chaque jour un nouveau terrain ; il peut même occuper presque tout le corps. Toutes les régions de la peau sont susceptibles d’en être atteintes ; cependant la maladie semble avoir une prédilection particulière pour certaines parties, et, en particulier, pour la partie postérieure et latérale du cou, pour la face antérieure des cuisses et des mains. C’est surtout aux mains que vous verrez ces crevasses et ces espèces de rbagades dont nous vous avons parlé. Le lichen s’observe encore assez souvent aux extrémités inférieures, aux cuisses, au dos, aux pieds et aux parties génitales où il constitue une variété importante. 11 se développe rarement sur le cuir chevelu, surtout lorsque les cheveux ne sont pas tombés. Chez les sujets chauves, on observe quelquefois une éruption papuleuse qui a une certaine ressemblance avec le lichen, mais qui en diffère essentiellement.

Siège oMatomique. — Quel est le siège anâtomique du lichen? M. Cazenave prétend que le lichen est l’inflammation des papilles nerveuses de la peau, et il appuie son opinion sur l’existence des démangeaisons atroces que nous

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avons signalées, et qui semblent annoncer une perturbation nerveuse. MaisM. Cazenave donne-t-il une preuve anatomique du fait qu’il avance? Nullement. C’est dpnc une pure hypothèse, qui ne repose sur aucune base solide. En effet, le lichen est-il la seule affection de la peau qui présente des démangeaisons? N’en trouvez-vous pas d’aussi vives, d’aussi tenaces dans le psoriasis, l’eczéma ? De plus les données anatomiques, loin de confirmer l’opinion de M. Cazenave, se trouvent en opposition formelle avec elle. Les papilles nerveuses de la peau sont, en effet, très nombreuses dans certaines régions, à la paume de la main, par exemple, et l’on voit très rarement, pour ne pas dire jamais, du lichen dans cette région. Enfin, les papilles nerveuses delà peau affectent une forme déterminée, une disposition particulière : elles décrivent des courbes plus ou moins régulières et concentriques, et jamais on ne trouve cette disposition dans le lichen. D’ailleurs, dans le lichen il n’y a pas seulement des papules, il y a aussi, de la sécheresse, de l’épaississement de la peau et de l’exagération de ses rides, qui ne s’expliquent pas, dans l’hypothèse de M. Cazenave.

Maintenant qu’avons- nous à mettre à la place de la théorie que nous venons de détruire? Rien. Cependant, si nous étions dans l’obligation d’avoir une opinion arrêtée sur le siège anatomique du lichen, nous le placerions volontiers à côté de l’eczéma qui vient si souvent le compliquer, dans les parties profondes de l’épiderme, dans le corps muqueux, et nous appuierions notre manière de voir sur la coloration brune de la peau qui existe souvent à la suite du lichen, et qui semble démontrer que cette affection siège dans la partie où se

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Irouvo le pigmenl, c’est-à-dire dans le corps muqueux. Sans doute cette preuve serait insuffisante pour se prononcer, mais remarquez bien que c’est une simple hypothèse que nous faisons et que nous n’y attachons pas la moindre importance.

Gomme toutes les maladies de la peau, le lichen n’est pas toujours semblable à lui-même. Donc il faut admettre des variétés, variétés qui formeront deux groupes : celles suivant l’aspect et celles suivant le siège.

VARIÉTÉS SUIVANT l’ ASPECT.

Nous en reconnaîtrons quatre principales, savoir ; 1" le liclmi simple, 2“ le liclmi circonscrit, 3“ le lichen axjrius et If le lichen invétéré,

1° Lichen simple.-— Le lichen simple n’est autre chose que l’affection, avec les caractères que nous venons de décrire, mais à un degré peu prononcé. La maladie se rencontre surtout au dos de la main, a la face externe des avant-bras et des cuisses et aux parties latérales du cou. Elle est caractérisée par une éruption de petites papules, de couleur rouge, réunies les unes à côté des autres; ces papules sont peu saillantes et ont peu de tendance à s excorier; au bout de sept ou huit jours elles s affaissent, et sur leur sommet se développent de petites squames. Alors la peau présente une sécheresse, une rudesse et un épaississement très marqués. Les rides sont très exagérées et offrent l’aspect de ces hachures qu’on observe dans quelques dessins.

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Dans cette variété, les démangeaisons sont assez vives, mais pas autant que dans les autres dont nous allons parler. Les malades éprouvent bien le besoin de se gratter et ils s’excorient légèrement, mais jamais les démangeaisons ne leur causent ces insomnies si pénibles que nous avons déjà signalées. Elles ne durent guère qu’une demiheure ou une heure, le soir, quand le malade se couche.

Le lichen simple cède facilement au traitement ; au bout d’un mois ou six semaines d’une thérapeutique convenable, on voit les papules s’affaisser et disparaître. L’épaississement diminue graduellement et la peau reprend son état naturel ; souvent la place occupée par le lichen est marquée, après la' disparition de la maladie, par une légère tache pigmentaire qui peut persister assez longtemps. 11 ne faut pas oublier que la récidive est très facile et très fréquente, et qu’il est toujours avantageux de continuer le traitement, plusieurs semaines encore après la guérison.

2° Lichen circonscrit. — Le lichen circonscrit est caractérisé par des plaques arrondies, à limites parfaitement arrêtées et de la grandeur d’une pièce de cinq francs au plus. Ces plaques occupent ordinairement la partie externe des avant-bras. Il est rare de n’en rencontrer qu’une seule ; ordinairement il en existe plusieurs. Elles sont couvertes de petites papules très rapprochées, au point de se toucher et de se confondre par leur base; il résulte de cette réunion (jue la surface malade est hérissée d’une foule de petites aspérités. Ces éminences acuminées s’affaissent et disparaissent complètement au bout de quelques jours; elles sont remplacées par des squames

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adhérentes, dures, rugueuses, qui donnent à la peau un nouvel aspect, tout particulier, plus sec et plus hérissé ([ue dans l’eczéma; au-dessous de ces squames on trouve toujours la peau plus ou moins épaissie.

11 n’est pas rare de voir, sur une plaque de lichen circonscrit, quelques vésicules se développer à côté des papules. Ces vésicules se rompent, forment des croûtes, en un mot se comportent absolument comme dans l’eczéma, et il existe alors un mélange d’eczéma et de lichen, mélange qu’il est plus commun de rencontrer que ne le disent les ouvrages classiques.

Enfin, nous devons mentionner une autre disposition très curieuse de lichen circonscrit, c’est la forme circinée; le centre de la plaque se guérit avant la périphérie, de sorte que, si l’on n’a pas assisté au début de l’affection et si on ne l’a pas suivie dans toutes ses phases, on pourrait très bien, au premier abord, la prendre pour un herpès.

3" Lichen agrius. — Le lichen agrius est le lichen aigu; souvent associé à un peu d’eczéma, il est caractérisé non par de simples papules, mais par un mélange de papules et de pustules dont le sommet excorié sécrète une sérosité susceptible de se concréter.

Cette variété débute ordinairement par une sensation de chaleur et de cuisson; la peau devient rouge, et bientôt sur cette rougeur, apparaissent des papules, assez petites d’ailleurs, mais s’excoriant promptement et sécrétant une sérosité assez abondante; au milieu de ces papules, on rencontre ceitainement quelques vésicules d’eczéma qui se rompent et donnent lieu à des ulcérations superficielles, laissant suinter une sérosité

ÜU LICHEN.

concrescible. De ce mélange de vésicules et de papules résulte un état qui tient aussi bien de l’eczéma que du lichen, et qui offre une difficulté très grande de diagnostic, lorsqu’on ne veut s’appuyer que sur les lésions élémentaires. Mais ce diagnostic n’a aucune importance et il est tout à fait inutile, dans ces circonstances, de faire la part du lichen et de l’eczéma : ces deux affections existent simultanément, c’est leur mélange qui constitue le lichen agrius, et c’est à leur développement simultané qu’on doit attribuer l’aspect particulier de cette variété.

La marche du lichen agrius est rapide et l’amélioration survient assez promptement; mais il faut ajouter que les

I ecrudescences sont très frequentes: les papules reviennent, s excorient de nouveau, et la maladie se présente avec les mêmes caractères qu’auparavant. 11 y a en même temps sécheresse, rudesse et épaississement de la peau malade. Au bout d’un certain temps, toute sécrétion cesse pour faire place à de petites squames épidermiques qui sont elles-mêmes bientôt remplacées par une simple rudesse de la peau. Plus tard, cette membrane reprend enfin son état normal, mais cela n’arrive guère avant trois ou quatre mois.

If Lichen invétéré. — Le lichen invétéré est moins caractérisé par l’éruption papuleuse que par la persistance et la ténacité des altérations du tégument externe.

II y a bien, au début, des papules, mais elles sont éphémères et les caractères spéciaux de la variété actuelle sont un épaississement et une sécheresse extrêmes de la peau et une exagéralion de ses rides, altérations qui ne dispaiaissent pas. 11 faut ajouter une desquamation cutanée.

DU LICHEN

consliluée par des squames épaisses qui pourraient être prises pour des squames de psoriasis. Une autre particularité de cette forme de lichen, c’est que souvent, en même temps que toutes ces lésions, on voit survenir des éruptions vésiculeuses et même pustuleuses qui se reproduisent de temps en témps. Ces vésicules et ces pustules se rompent, donnent lieu à une sécrétion de sérosité, puis disparaissent au bout de quelques jours, pour revenir bientôt après.

Le lichen invétéré est très rebelle, il se prolonge pendant des années entières, quelquefois même pendant toute la vie, avec des alternatives de bien et de mal. Les malades atteints de cette affection présentent une peau sèche, squameuse, épaisse, ridée, et qui rappelle l’aspect de la peau des vieillards.

Après l’indication des quatre variétés réelles que nous avons cru devoir admettre et conserver, nous avons encore à indiquer quelques autres variétés plus ou moins légitimes qu’on trouve signalées dans les auteurs, ce sont : le lichen urticatiis, le lichen gyratus, le lichen tropiciis, le lich.en lividus ; nous allons indiquer brièvement les caractères qui ont fait rattacher ces affections au lichen.

Lichen urticatus. — Le lichen urticatus n’est pas du lichen proprement dit, c’est plutôt un érylhome accompagné de strophulus ou une espèce d’urticaire. 11 est caractérisé par de larges plaques rouges accompagnées de démangeaisons ; souvent ces plaques disparaissent au bout de quelques heures, pour réapparaître quelque temps après, absolument comme dans 1 urticaire.

DU LICHEN

Lichen gyratus. — C’est une variété très peu importante fondée sur la forme spéciale de l’éruption ; aù lieu de former des plaques, le lichen est disposé par bandes dont la direction et l’étendue varient beaucoup.

Lichen tropicus. — Nous ne ferons que mentionner cette variété. Elle ne s’observe que dans les contrées tropicales, par conséquent , elle esttout à fait étrangère aux nôtres. Ce qui la caractérise surtout, c’est la grosseur des papules : nous ne savons pas si on doit la rattacher au vrai lichen.

Lichen lividus. — Cette variété, qui paraît également peu importante, semble due à la coïncidence d’un état cachectique et du lichen : les papules, au lieu d’être rouges, sont violacées, et il existe des phénomènes généraux d’adynamie.

Relativement au siège on a encore décrit le lichen pilaris et le lichen podicis.

Lichen pilaris. — On a donné ce nom à une maladie caractérisée par une multitude, de petites saillies arrondies, constituées par l’augmentation du volume des follicules pileux : les parties malades ont l’aspect que prend la peau dans cet état particulier désigné vulgairement, sous le nom de chair de poule. C’est à tort que cette affection a été rapportée au lichen : c’est pour nous une variété du pityriasis que nous désignons avec M. Devergie sous le nom de pityriasis pilaris.

Lichen podicis. — Cette dernière* variété de lichen,

DU LICHEN

décrite encore sous le nom de pruririo podicis, affecte le périnée. Elle présente rarement des papules et elle est . caractérisée par un épaississement de la peau et une exagération de ses plis qui ressemble beaucoup à ces hachures de dessin dont nous avons déjà parlé ; il y a en même temps des démangeaisons atroces.

On peut rapprocher de cette variété le lichen qui existe aux parties génitales de la femme. Cette affection, qui se complique fréquemment aussi d’eczéma, est très rebelle ; elle se prolonge souvent pendant des années et constitue une maladie excessivement pénible.

Marche, terminaison. — Le lichen est une affection généralement très longue ; une fois développée, elle présente souvent des recrudescences, et, quand elle guérit, elle récidive facilement : quelquefois, au moment où l’on croit toucher à sa fin, survient une nouvelle poussée qui la prolonge, et plusieurs poussées peuvent ainsi se succéder, avant que la peau ait repris son aspect normal et sa souplesse habituelle. La guérison peut s’obtenir cependant, mais elle n’est pas toujours solide. De plus, la peau des parties qui ont été malades conserve souvent une épaisseur et une rudesse 'qui n’existent pas sur les autres régions du corps; quelquefois aussi les points qui ont été affectés subissent une altération de couleur qui persiste plus ou moins longtemps : ils sont plus foncés, par suite d’une accumulation plus grande de pigment.

Diagnostic. — Le diagnostic est assez difficile à établir, surtout si on ne veut le baser que sur l’existence des papules, car elles sont difficiles à rencontrer ; tantôt elles sont éphémères , tantôt elles sont dénaturées par des croûtes; d’autres fois elles sont compliquées d’autres

DU LICHEN

éruptions. Les meilleurs signes, jiour reconnaître le lichen, sont donc la sécheresse et l’épaississement de la peau, ainsi que l’exagération de ses plis, altérations qui ne manquent jamais.

Les affections qui peuvent simuler le lichen sont : le prurigo, l’eczéma, le psoriasis et l’herpès circiné.

Le prurigo peut être distingué facilement du lichen : la première affection est caractérisée par de grosses papules irrégulièrement disséminées et dont l’extrémité est recouverte par une 'croûte noire de sang desséché , mais on ne rencontre pas l’épaississement et la rudesse de la peau ; dans le lichen, outre ces derniers caractères, les papules, lorsqu’elles existent encore, sont très petites, serrées les unes contre les autres , et ne sont recouvertes que d’une petite croûte grise ou verdâtre.

V eczéma est en général facile à distinguer du lichen. En effet, qu’est-ce que nous avons dans le lichen ? Des papules, éminences pleines avec sécheresse et épaississement de la peau. Maintenant que trouvons-nous dans l’eczéma? Des vésicules remplacées, quand elles se rompent, par de petites ulcérations et une sécrétion abondante de sérosité qui tache et empèse les linges et se concrète en croûtes molles, jaunes, assez épaisses. Plus tard, lorsque les 'lésions élémentaires ont disparu, ces deux maladies se distinguent encore ; dans le lichen |la peau est rude, épaisse ; dans l’eczéma, elle est lisse, mince et présente un luisant particulier. Cependant il est une variété de lichen qui se rapproche assez de l’eczéma , c’est le lichen agrius. Les deux maladies sont alors réunies sur le même individu , il y a un véritable mélange de vésicules et de papules,, mais nous avons déjà dit que ce diagnostic n’a-

DU LICHEN

vait aucune importance pratique. On a encore donné, avec beaucoup de raison, à cette association des deux maladies, le nom ÿ eczéma lichénoHe ou de lichen eczémateux; il en a été question en traitant du diagnostic de l’eczéma.

Le psoriasis ressemble quelquefois au lichen circonscrit. Ce n’est pas dans le point même où siège la maladie qu’il faut aller chercher les signes diagnostiques, mais dans ^e voisinage et sur toute la surface du corps. Comme le psoriasis a son siège d’élection aux ‘coudes et aux genoux, ce, sont ces régions que vous examinerez, pour constater d’autres traces de la maladie. Si les coudes et les genoux sont sains, vous pouvez sans craindre de vous tromper diagnostiquer un lichen, et, dans le cas contraire, un psoriasis.

. U herpès circiné peut être confondu quelquefois avec le lichen circonscrit, et souvent il est difiieile d’établir le diagnostic. Cependant il faut se rappeler que dans le lichen la forme circulaire n’est jamais aussi bien accusée que dans l’herpès, et que dans cette dernière alTection les squames sont bien plus molles, bien moins épaisses et que le cercle a une grande tendance à gagner promptement en étendpe. A défaut de ces signes, on peut en invoquer un autre : dans l’herpès circiné , qui est une maladie parasitaire, il y a un parasite végétal, un cryptogame que le microscope vous fera découvrir facilement.

Un dernier mot pour terminer ce qui se rapporte au diagnostic du lichen. On a cherché à établir le diagnostic du lichen et de la gale. Disons tout de suite que la question a été mal posée : il ne s’agit pas en effet de

DU LICHEN

reconnaître ces deux maladies isolément, mais de s’assurer si elles n’existenl pas en même temps chez le même individu; par conséquent, au lieu de tenter, comme on l’a fait, d’établir un diagnostic différentiel de ces deux affections, vous devez examiner si, en même temps que le lichen, il n’existe pas quelques caractères de la gale (prurigo, ecthyma, eczéma du sein chez la femme), et surtout rechercher avec soin le sillon et son acarus à leur lieu d’élection.

Pronostic. — Le lichen n’est pas une maladie dangereuse, mais sa ténacité, les démangeaisons atroces qu’il occasionne et les insomnies pénibles, qui en sont la conséquence, rendent quelquefois l’existence bien triste aux malades atteints de cette alïection. Nous avons dit que le lichen pouvait guérir, mais nous avons signalé en même temps la facilité et la rapidité de ces récidives surtout dans les formes invétérées.

Etiologie. — Dans l’étiologie nous distinguons les causes prédisposantes et les causes occasionnelles.

Causes prédisposantes. — On observe le lichen à tous les âges ; les deux sexes y sont également prédisposés ; quant au tempérament, il a une influence incontestable ; ainsi on a dit, avec raison, que le lichen était la dartre du tempérament nerveux. En effet, cette maladie se développe surtout chez les individus secs, à tempérament nerveux ; nous ne voulons pas dire pour cela que les autres tempéraments en soient complètement exempts, mais ils sont certainement moins exposés que le premier. C’est peut-être une des raisons qui ont engagé M. Cazenave, mais à tort, commp nous l’avons dit, à placer le siège de celte maladie dans la partie nerveuse de la peau.

DU LICHEN

Il faut encore noter, comme ayant une grande influence sur l’éruption, les saisons : c’est principalement aux changements de saisons, à l’automne et au printemps, que l’on voit le lichen se manifester ou récidiver; il paraît plus commun en hiver qu’en été, souvent il commence et cesse avec les froids.

L’hérédité est encore une cause de lichen : bien des fois vous trouverez chez les ascendants, sinon un lichen, au moins un eczéma, un psoriasis. Enfin, certaines professions exposent davantage que d’autres à cette affection, pourvu, bien entendu, que la diathèse existe à l’état latent : ces professions sont toutes celles qui exposent au contact de substances irritantes.

Causes occasionnelles. — Les causes qui déterminent le réveil de la diathèse et son explosion cutanée sont à peu près les mêmes que celles de l’eczéma ; excès de table et de boisson, nourriture trop excitante, chagrin, émotions morales vives ; refroidissement, le corps étant en transpiration ; contact des substances chimiques irritantes.

Le lichen est-il contagieux? Certains auteurs et, à leur tête, M. Devergie, admettent cette contagion. Mais, malgré une autorité aussi imposante, tous les faits qui ont été soumis à notre observation nous font rejeter cette opinion. Chaque jour, en effet, nous voyons des individus sains coucher avec des individus atteints de lichen, sans jamais contracter la maladie, et nous sommes contraint d’expliquer les faits cités en faveur de la contagion par une erreur de diagnostic.

Traitement. — Au commencement de la maladie, il faut employer un traitement préparatoire : les émollients généraux et locaux ; il faut calmer la susceptibilité de la peau,

nu LICIIRN.

à l’aide de bains lièdes, rendus émollients par l’addition de farine, de son ou d’amidon. Pendant quelques jours, on fait prendre au malade des boissons rafraîchissantes, acidulées et mucilagineuses. Dans le lichen agrius il faut de bonne heure employer les cataplasmes de fécule de pomme de terre ou de farine de riz ; enfin, après quelques jours de préparation, on arrivera au véritable traitement; c’està-dire on cherchera à produire une modification de l’économie et de la peau : de là deux ordres de moyens, les remèdes généraux et les remèdes locaux.

Biett attribuait dans le lichen une vertu très grande aux alcalins administrés à l’intérieur et à l’extérieur. A l’intérieur il faisait boire une solution de 2, 3, h ou 6 grammes de sous-carbonate de soude par jour; comme traitement externe, il faisait prendre des bains alcalins presque tous les jours. Ce traitement par les alcalins préconisé par Biett a été employé par M. Gazenave, et l’est encore par M. Devergie, surtout à cause des idées que ce médecin professe, to\icbant la gastralgie concomitante du lichen. Nous avons aussi eu recours à ce traitement, et il nous a bien réussi quelquefois, dans quelques variétés, particulièrement dans le lichen simple; mais dans le lichen invétéré, il a complètement échoué entre nos mains. Du reste, nous attachons bien peu d’importance aux alcalins donnés à l’intéricnr et nous avons plus de confiance aux bains alcalins, alternant avec les bains de vapeur ; les uns et les autres modifient localement la peau. Nous y joignons ordinairement l’usage d’une tisane amère. Ces moyens nous ont réussi, dans quelques cas de lichen simple et circonscrit, mais il faut qu’ils soient prolongés pendant longtemps, même après la disparition de l’éruption.

HAnDY.

DU LICHEN

Cependant ce Iraileinenl n’est pas toujours suffisant ; le plus souvent, surtout dans la forme invétérée, il faut arriver à’ une autre indication. M. Cazenave, d’après ses idées théoriques sur le siège anatomique de la maladie, conseille les narcotico-âcres à l’intérieur; mais remarquez qu’en même temps que la belladone, la jusquiame et le dalura stramonium, il emploie aussi les bains alcalins et les bains de vapeur. Les préparations narcotiques ne nous ont jamais réussi dans la. forme du lichen invétéré ; ils peuvent néanmoins être des auxiliaires très utiles, lorsqu’il existe des insomnies.

Dans le cas de lichen invétéré, il faut recourir aux modificateurs profonds de l’économie. Ces modificateurs sont les préparations arsenicales et la teinture de cantharides.

Les préparations arsenicales que nous employons habituellement consistent dans une solution faite d’après la formule suivante :

Eau distillée 250 grammes.

Acide arsénieux Du arséniate de soude. . Ô,05 ou 0,010 cenligr.

On donne une cuillerée à bouche de cette solution tous les jours, et, au bout de quelques jours, on peut porter la dose à deux cuillerées ; on joint à cela les bains alcalins et les bains de vapeur. Ce traitement doit être continué pendant longtemps, trois ou six mois, suivant le degré de la maladie.

La teinture de cantharides se donne à la dose de quatre gouttes en commençant, deux le matin et deux le soir, dans un julep ou un verre d’eau ou de tisane; la dose peut être augmentée graduellement et portée jusqu’à 20,

DU LICHEN

25 ou 30 gouttes par jour. Mais il peut survenir, du côté de la vessie, des accidents qui se manifestent par de l’ardeur et de la sensibilité en urinant ; il faut alors suspendre le traitement, sans attendre la présence du sang dans les urines. M. Devergie préfère la teinture de cantharides aux prépaiations arsenicales^ notre expérience personnelle n’est pas d’accord avec les résultats obtenus par notre savant collègue.

L action de ces modificateurs de l’économie doit être aidée par la diététique des maladies dartreuses, qui est peut-être elle-même le modificateur le plus puissant.

Les moyens locaux qu’on emploie dans le lichen ont principalement pour but de calmer les démangeaisons. On a quelquefois réussi avec des lotions d’eau blanche ; on a conseille le cyanure de potassium, en pommade, d’après la formule suivante ;

30 grammes.

Cyanure de potassium . . 0,5 ou'0, 1 0 centigr.

On a encore employé dans le lichen circonscrit les pommades d’oxyde de zinc et de camphre :

30 grammes.

Oxyde de zinc 4 ou 8 —

^-amphre 2 ou 4 —

Cette pommade s’emploie matin et soir.

Dans le lichen agrius on se sert quelquefoi.s de la pommade faite avec du calomel et du tannin :

Axonge , Calomel Tannin .

30 grammes.

2 ou 3

IQQ nu niciiEN.

Enfin, nous devons aussi mentionner les cautérisations avec le nitrate d’argent, dans quelques cas deliclien circonscrit.

Comme complément du traitement du lichen, nous devons encore indiquer quelques eaux minérales. Les eaux qu’on emploie ordinairement sont les eaux alcalines et les eaux sulfuro-alcalines. Les eaux alcalines sont les eaux de Vichy et de Plombières, utiles surtout dans le lichen compliqué de gastralgie. Les eaux sulfuro-alcalines sont celles de Saint-Gervais, d’Uriage et des Pyrénées^; mais, parmi ces dernières, il en est quelques-unes que l’on doit préférer aux autres, telles sont celles de Saint-Sauveur, dans le lichen invétéré. Dans le lichen agrius, avec récidive fréquente, les eaux de Louesche peuvent également rendre de grands services.

DU PSORIASIS

Après l’eczéma, la maladie dartreuse la plus commune est, sans contredit, le psoriasis. Cette affection paraît être la maladie désignée par les Grecs sous le nom de Yepa. Alibert l’appelait dartre lichénoïde ou herpes furfurans ; dans le vulgaire, on lui donne le nom de dartre sèche. Dans la classification anatomique de MM. Gazenave, Devergie et Gibert, elle est rangée dans la classe des affections squameuses ; dans notre classification, elle appartient aux dartres dont elle a tous les caractères.

Définition. — Le psoriasis est une maladie cutanée, caractérisée par des squames blanches, argentées, épaisses, imbriquées les unes sur les autres, très adhérentes à la peau et recouvrant une surface épaissie, saillante, et d’un rouge très foncé, qui rappelle un peu la couleur cuivrée spéciale des syphilides.

Le siège anatomique du psoriasis est, sans contestation, dans l’épiderme qui devient épais et squameux, et, pour le dire en passant, on doit faire une grande différence entre l’exfoliation épidermique de quelques exanthèmes et l’état squameux du psoriasis et des dartres en général. Dans cette desquamation, en effet, il y a une sécrétion vicieuse de l’épiderme qui n’est pas viable : les squames

DU PSOniASIS.

SC succèdent indéfiniment jusqu’à ce qu’il se ferme une couche épidermique normale et jouissant de toutes ses propriétés physiologiques. Dans les exanthèmes, au contraire (rougeole, scarlatine, érysipèle, etc.), il n’y a pas de desquamation proprement dite, il y a simple exfoliation : l’épiderme qui existait, au moment de la maladie, se détache et tombe, et il est remplacé par une nouvelle couche parfaitement saine et tout à fait apte à remplir ses fonctions.

Symptômes. — Le psoriasis se présente sous la forme de points ou de plaques plus ou moins étendus, avec des variétés de configuration très nombreuses. Ces plaques saillantes au-dessus du niveau de la peau, sont rouges et couvertes de squames imbriquées les unes sur les autres. Ce qui fait le caractère particulier et spécial de ces

squames, c’est leur couleur blanche, argentée et luisante ;

quelquefois elles ont une teinte grisâtre due à la présence d’un peu de poussière (lui se trouve mélangée avec elles ; elles ressemblent à des plaques de plâtre ou à des taches de bougie. En général elles sont très adhérentes à la peau, et on les fait tomber avec difficulté, souvent même il faut un certain effort pour les arracher, et quelquefois cette avulsion donne lieu à la sortie de quelques gouttes de sang. Remarquez cependant que cette adhérence n’est pas toujours aussi grande. On voit souvent les couches les plus superficielles se détacher et tomber dans le lit du malade, en quantité considérable.

La partie sur laquelle reposent les squames mérite aussi de fixer notre attention. Nous avons déjà parlé do sa saillie, au-dessus de la peau, et de sa coloration rouge. Cette rougeur n’est pas toujours visible, parce qu’elle est

DU PSORIASIS.

assez souvent masquée par les squames, cependant elle peut encore se constater quelquefois, grâce à la transparence de quelques squames encore très minces ou bien aux fentes qu’elles présentent, quand elles sont très épaisses ; mais elle est très apparente, quand les squames sont détachées. Ce n’est pas une rougeur inflammatoire, vive, franche, mais c’est une rougeur sombre, cuivrée, qui rappelle, comme nous l’avons déjà dit, la teinte cuivrée des syphilides. Dans certains cas, la ressemblance est encore rendue plus grande par l’aspect luisant que présente cette surface rouge, dépourvue de squames.

En même temps qu’il existe des squames et de la rougeur, il y adans le psoriasis un épaississement parfois considérable de la peau, épaississement qui est très marqué, surtout dans le psoriasis ancien et qui a récidivé plusieurs fois ; c’est alors que l’on voit survenir des gerçures, des fentes, de véritables rhagades analogues à celles du lichen. Ces altérations s’observent particulièrement au niveau des articulations.

Outre cette apparence spéciale de la peau et à côté de ces signes tangibles (squames, rougeur, épaississement de la peau', gerçures, fentes, etc.) , nous devons encore signaler d’autres phénomènes pathologiques qui sont : de la cuisson et des démangeaisons plus ou moins vives, quelquefois assez intenses pour empêcher les malades de dormir. Sur ce point, nous sommes en opposition formelle avec l’opinion de M. Devergie, qui nie, d’une manière absolue, l’existence de démangeaisons dans le psoriasis, et ne l’admet que dans le psoriasis compliqué d’herpès ou d’eczéma, et qui va même jusqu’à donner l’absence de ce symptôme comme signe diagnostique du psoriasis. Assu-

lo/i

DU l'SOHIASlS.

réraenl, il est difficile de comprendre comment une pareille erreur a pu être commise et défendue par un observateur aussi distingué que M. Devergie ; chaque jour les faits viennent infirmer cette manière de voir. Interrogez les malades qui sont actuellement dans nos salles, et il n’en est pas un qui ne vous dise qu’il a ou qu’il a eu des démangeaisons. Sans doute elles varient d’intensité, suivant les individus ; elles peuvent quelquefois n’être pas très prononcées, mais elles existent toujours, à quelque degré que ce soit.

Suivant le siège qu’occupe le psoriasis et la partie du corps qu’il affecte, il peut y avoir gêne dans certaines fonctions, comme dans le mouvement de la main et la préhension des objets, les mouvements du pied et la marche, quand la maladie occupe les régions palmaires ou plantaires.

Avec le psoriasis il est ordinaire de rencontrer une santé parfaite, un accomplissement régulier de toutes les fonctions. Tout le monde sait, en effet, que le psoriasis est la dartre des personnes bien portantes , et que cette affection se développe surtout chez les sujets à tempérament sanguin, à constitution forte et vigoureuse, ayant tous les attributs d’une excellente santé. Cependant cette règle présente quelques exceptions : lorsque la maladie dure depuis longtemps et qu’elle atteint les personnes d’un certain Age, on remarque quelques troubles des fonctions digestives, les vieillards maigrissent, leur peau se sèche de plus eu plus et semble se raccornir, pour me servir d’une expression vulgaire, mais qui rend parfaitement ma pensée; il en résulte une faiblesse extrême et un défaut complet de résistance aux influences morbides

DU PSUlllASIS.

Iü5

extérieures ; aussi, survienne une maladie intercurrente un peu grave, presque toujours elle se termine d’une manière fatale.

Le psoriasis peut occuper tous les points du corps, mais il a une prédilection très marquée pour certaines régions, particulièrement les genoux et les coudes ; c’est par là qu’il débute ordinairement, pour rayonner ensuite dans tous les sens et s’étendre aux différentes parties du corps. 11 est très rare de voir du psoriasis sur d’autres points, sans qu’il en existe en même temps aux genoux et aux coud es, tandis qu’il est commun de voir, au début, la maladie limitée exclusivement à ces deux régions et les autres parties du corps en être complètement exemptes.

Marche. — Le psoriasis est essentiellement chronique ; il dure des mois, des années, et quelquefois même toute la vie. Sous l’influence d’un traitement convenable, du régime ou d’une circonstance inattendue, vous pouvez voir la maladie disparaître en très peu de temps, sans laisser aucune trace, mais gardez-vous bien d’entretenir vos malades dans la consolante, mais trompeuse espérance qu’ils sont complètement guéris : ordinairement l’absence du mal n’est pas de longue durée. Et, au bout de très peu de temps, après un petit écart de régime, un excès de boisson, une fatigue, souvent sans aucune cause appréciable, vous le voyez revenir plus intense qu’auparavant. Les récidives sont très fréquentes, elles sont pour ainsi dire fatales, et par conséquent très difficiles à pré- \enii. G est une des maladies cutanées qui récidivent le plus constamment; la guérison peut se prolonger quelque temps, deux, trois, six, huit et même, dans quelques cas rares, dix ans; mais jusqu’ici nous n’avons pas encore vu

DU PSORIASIS.

un seul cas de psoriasis guérir complélemenl, c’est-à-dire sans récidive.

M. Devergie admet un psoriasis aigu, mais aigu seulement par son début, car, comme le dit lui-même ce médecin ; fi Le psoriasis aigu est une maladie rebelle et qui dure très longtemps. » Ainsi, comme vous voyez, la différence que M. Devergie vient apporter ici existe plutôt dans les mots que dans le fond même des choses.

Le psoriasis est une maladie qui n’est pas toujours la même, et qui, pour cette raison , présente un grand nombre de variétés que nous rattachons à deux chefs principaux :

1“ Variétés suivant la forme ; 2“ variétés suivant le siège.

1. Variétés suivant la forme. — Sous ce rapport nous admettons quatre variétés qui sont ;

1° Psoriasis guttata ;

2° Psoriasis circiné ou lèpre vulgaire;

Psoriasis gijrata;

lx° Psoriasis diffusa.

Psoriasis guttata. — Le psoriasis guttata est caractérisé par des taches blanches, arrondies, saillantes audessus delà peau, ressemblant parfaitement à des taches de bougie. Leur dimension varie entre celle d’une pièce de vingt centimes et celle d’un franc; celte forme est ordinairement celle que la maladie revêt a son début, lorsqu’elle apparaît pour la première fois. Le psoriasis guttata affecte surtout les membres, le dos et le ventre. 11 se présente d’abord aux genoux et aux coudes. 11 olfre deux

DU PSOUIASIS,

formes secondaires ; lorsque les gouttes sont très petites, de la grosseur d’une tête d’épingle par exemple, M. Devergie a proposé de l’appeler psoriasis, pmictata ; loi»qu’ elles sont plus volumineuses, parfaitement arrondies et qu’elles ressemblent à une pièce de monnaie, elles constituent une seconde forme désignée encore par M, Devergie sous le nom de psoriasis nummulaire.

Psoriasis circiné ou lèpre vulgaire. — Cette seconde variété se présente sous forme de cercles parfaitement sains au centre, et dont la circonférence est constituée par une saillie rouge, légèrement bosselée, de la largeur d’un centimètre et recouverte de squames caractéristiques.

Le caractère fondamental de cette variété de psoriasis est donc sa disposition circulaire ; mais cette disposition n’est pas toujours la même, elle présente des modifications : tantôt les plaques décrivent des cercles parfaitement réguliers, tantôt des cercles incomplets, des segments de cercles, d’autres fois des 8 de chiffre ; ailleurs elles forment un fer à cheval ; dans certains cas, elles sont irrégulières et figurent des dessins géographiques. H y a (pielques années, nous avons eu dans nos salles un malade dont nous avons déjà parlé dans nos cours, et qui était très curieux sous ce rapport; il avait, parfaitement dessinée sur son dos, la carte de la Grande-Bretagne, avec. l’Écossc au nord et l’Angleterre au bas. Biett et MM. Gazenavc etDevergie, ses disciples, ont voulu faire de cette variété une espèce particulière. Évidemment ces auteurs s en sont laissé imposer par la forme et l’apparence extérieure,

DU PSORIASIS.

Pour démontrer que la lèpre vulgaire n’esl pas autre chose qu’un psoriasis, nous ne voulons pas d’autre preuve que son mode de formation; quelquefois, en effet, les anneaux de la lèpre vulgaire succèdent au psoriasis nummulaire dont la partie centrale se guérit, tandis que la circonférence reste malade; d’autres fois ce sont de petites plaques de psoriasis guttata qui sont venues se juxtaposer circulairement, en circonscrivant une partie de peau restée parfaitement saine ; de plus le psoriasis et la lèpre vulgaire se développent sous l’influence des mêmes causes, coïncident souvent, succèdent, dans un grand nombre de cas, l’un à l’autre et réclament le même traitement. Us constituent donc une seule et même maladie. Seulement la lèpre vulgaire, outre sa forme spéciale, présente cette autre particularité qu’elle est moins tenace et moins rebelle aux moyens thérapeutiques que le psoriasis ordinaire : c’est une affection moins grave, moins invétérée. Nous avons vu souvent des malades atteints d’abord de lèpre vulgaire qui plus tard étaient affectés de psoriasis ordinaire.

Psoriasis gyrata. — Dans le psoriasis gyrata, il y a des plaques; mais, au lieu d’être arrondies et nummulaires, elles sont disposées sous forme de cordons rouges, saillants et squameux, figurant des lignes droites ou décrivant des sinuosités capricieuses et irrégulièrement contournées sur les membres, ou autour du corps qu’elles semblent entourer d’une véritable ceinture.

Psoriasis diffusa. — Le jysoriasis diffusa est caractérisé par de larges plaques très irrégulières, ne présentant

DU PSORIASIS.

aucune des formes que nous venons de décrire; cos jdaques existent sur les membres, sur le tronc, quelquefois sur toute la surface du corps; d’autres fois elles se réunissent plusieurs ensemble et entourent la plus grande partie dumembre. C’estla forme de psoriasis laplus grave ; c’est elle surtout qui présente ces fentes, ces gerçures et ces rhagades que nous avons déjà signalées.

II. Après les variétés de psoriasis suivant la forme, nous devons placer celles suivant le siège. Sous ce rapport nous avons : le psoriasis convmmis, \q psoriasis capitis, le psoriasis de la face, \q psoriasis des paupières, le psoriasis palmaria eiplantaria, le psoriasis mujuiimi, le psoriasis prœputialis, le psoriasis cjénéral.

Psoriasis communis. — Le psoriasis ordinaire affecte tout le corps; cependant il y a quelques points qu’il affectionne spécialement : ce sont les genoux et les coudes, et souvent, dans le début, la maladie est limitée à ces deux régions.

Psoriasis capitis. — Cette variété occupe particulièrement la tête ; elle se présente sous forme de plaques squameuses, plâtreuses, plus sècbes que dans le psoriasis des autres régions. Les cheveux se dessèchent et tombent, entraînant une grande quantité de furfures poudreuses; mais, les follicules pileux n’étant pas malades, ils repoussent après la guérison, comme s’ils n’avaient subi aucune altération, et le cuir chevelu reprend son aspect normal.

psoriasis capitis n’occupe pas seulement le cuir chevelu et la racine des cheveux, il s’étend encore sur le front;

HO

DU PSORIASIS.

mais il est raremenl limité à ces seules régions ; en général, il existe du psoriasis sur d’autres parties du corps, à la face surtout.

Psoriasis de la face. — Le psoriasisdela faces’observe très souvent, quoi qu’en aient dit certains auteurs ; mais les squames sont généralement moins développées que dans les autres régions du corps ; elles simulent le pityriasis.

Psoriasis des paupières. — Le psoriasis des paupières a le même caractère et le même aspect que la forme précédente ; seulement il donne à ces voiles membraneux de la roideur, et peut amener leur renversement et un véritable ectropion> et déterminer un épiphora fort incommode.

Psoriasis palmaria et plantaria. — Cette variété est la plus importante ; elle siège ordinairement dans la paume des mains et à la plante des pieds, mais elle peut affecter toute la main et tout le pied. Les parties malades sont recouvertes de squames plus ou moins épaisses et assez larges ; elles présentent des fentes et des fissures profondes, au fond desquelles on aperfoit une surface rouge de laquelle s’écoule de la sérosité qui vient se concrctcr en croûtes à la superficie. L’épiderme a acquis une épaisseur et une rudesse considérables ; il en résulte une gêne très grande dans les mouvements : nous avons vu des malades qu’on était obligé de faire manger, d’autres qui étaient condamnés à un repos absolu par la difficulté extrême

DU PSORIASIS.

clans les mouvemenls des pieds, et par l’impossibilité de la marche.

Cette forme est très rebelle. Quand elle existe seule, elle est un symptôme presque certain de la syphilis.

Psoriasis unguium. — A côté du psoriasis palmaria et plantaria, nous devons placer le psoriasis unguium ou psoriasis des ongles. Cette variété existe quelquefois seule, et alors elle est très souvent méconnue ; le plus ordinairement elle coïncide avec la précédente. Le jjsoriasis unguium est caractérisé par des rainures profondes des ongles, donnant à ces organes un aspect très inégal; souvent l’ongle tombe et est remplacé par une croûte écailleuse qui finit elle-même par se détacher aussi, mais, si l’on a eu recours à un traitement convenable, l’ongle repousse d’une façon toute naturelle.

Psoriasis PRÆPUtlALis. — Le psoriasis prœputialis est cette forme de la maladie qui se développe sur la verge et occupe non-seulement le prépuce, mais aussi le gland tout entier. Cette variété est caractérisée par des squames assez molles, séparées par des fissures profondes; elle rend l’érection douloureuse et souvent impossible ; elle est également un grand obstacle dans l’acte du coït.

Psoriasis général. — Enfin le psoriasis peut gagner toute la surface du corps et on a le psoriasis général ; du reste c’est une forme très rare. Elle est caractérisée par des squames peu épaisses, peu adhérentes et non imbriquées. Ces squames recouvrent une peau rouge, tendue, pas très épaisse et présentant des rides qui ressemblent aux

DU PSORIASIS.

hachures de certains dessins, fiuelquerois même on peut se demander si c’est un psoriasis ou un pityriasis ruhra.

Enfin, suivant l’intensité de la maladie, on a encore admis une autre variété de psoriasis, c’est le ;J5or^</5^s inve- ; variété malheureusement trop commune et dont le nom seul rappelle le principal caractère ; toute la peau est épaissie et indurée ; elle présente des fentes, des gerçures dans tous les sens; les scjuames qui la recouvrent sont épaisses et rudes. Cet état rend les mouvements très douloureux et donne au corps des malades l’aspect de ces vieux arbres dont l’écorce est couverte de lichen.

Diagnostic. — Le diagnostic absolu du psoriasis est assez facile ; il repose sur l’existence de squames blanches, nacrées, argentées, épaisses et imbriquées, sèches ; sur la rougeur cuivrée, la sécheresse et l’épaississement de la peau qui constituent ses caractères fondamentaux. Cependant, dans quelques cas, d’autres maladies peuvent simuler le psoriasis. Ces maladies sont : l’eczéma, le pityriasis, le lichen, l’herpès circiné.

L’eczéma ne pourrait être confondu avec le psoriasis que dans certains cas particuliers, lorsqu’il est arrivé à sa seconde période, à la période squameuse, et qu’il a la forme lichénoïde, mais d’abord les antécédents viennent éclairer le diagnostic ; au début de la maladie, il y a eu une sécrétion bumide, et puis dans l’eczéma les squames ne sont jamais épaisses, blanches et adhérentes, comme dans le psoriasis; elles sont plus molles, s’enlèvent assez facilement sous forme de pelures d’oignon. Enfin, il faudra tenir compte aussi du siège de la maladie, sa présence aux coudes et aux genoux sera une grande présomption en faveur du psoriasis.

nu PSORIASIS.

11 est quelquefois difficile de distinguer le lichen du psoriasis : certaines formes de lichen circonscrit ressemblent assez au psoriasis nummulaire. Cependant dans le lichen les squames sont plus fines, plus minces, moins blanches et moins imbriquées, et, de plus, la maladie a un siège différent que le psoriasis qui a, comme nous l’avons déjà dit, un siège de prédilection très marquée.

Le pityriasis a quelque ressemblance avec le psoriasis ; tous deux s’accompagnent d’une sécheresse très prononcée de la peau; l’épaississement de cette membrane s’observe aussi quelquefois dans le pityriasis, surtout le pityriasis des mains, néanmoins jamais cet épaississement de la peau n’est aussi marqué que dans le psoriasis, les squames ne sont point superposées et imbriquées, comme dans cette affection ; elles sont plus minces et plus fines ; d’ailleurs, examinez les genoux et les coudes et presque toujours, dans le cas de psoriasis, vous trouverez des plaques bien mieux accusées, bien plus caractéristiques, qui ont été le point de départ de la maladie.

On a dit que la couleur cuivrée de la peau dans le psoriasis pouvait en imposer et faire croire à une affection syphilitique, généralement l’erreur ne sera commise que par un médecin inattentif et n’ayant aucune habitude des afiéctions cutanées; il suffit, en effet, d’interroger les antécédents et l’état actuel du malade pour lever tous les doutes. Une circonstance cependant peut rendre le diagnostic plus difficile ou du moins vous forcer à suspendre votre jugement pendant quelque temps, c’est lorsque le psoriasis occupe la paume des mains ou la plante des pieds. Vous avez encore ici à tenir compte des antécédents et des phénomènes concomitants de la maladie. De

H.iRDY.

lU

DU PSORIASIS.

plus, l’exislencc isolée ou non tlu psoriasis dans la paume des mains ou à la plante des pieds ajoutera encore quel- (jucs probabilités à celles que vous posséderez déjà sur la nature du mal. Supposons enfin que tous ces éléments de diagnostic vous manquent, vous aurez dans la médication un critérium infaillible.

Au premier abord, on pourrait hésiter, dans certains cas, entre un herpès circiné et la lèpre vulgaire ; cependant la forme et les caractères des squames et l’aspect du fond, sur lequel elles reposent, diffèrent tellement dans les deux affections qu’il sera le plus souvent inutile de recourir à un examen microscopique qui ferait cesser toute espèce de doute.

Pi'onostic. — Le psoriasis n’est pas très grave, en ce sens qu’il ne compromet pas immédiatement la santé, mais c’est une maladie rendue sérieuse par son opiniâtreté et par la fatalité de ses récidives ; sous ce rapport, le psoriasis occupe le premier rang parmi les affections dartreuses; il passe avant l’eczéma et le pityriasis. Nous avons vu aussi que, lorsqu’il se prolongeait longtemps et qu’il prenait, pour ainsi dire, droit de domicile chez les vieillards, il pouvait devenir très grave et même compromettre la vie, au moins d’une manière indirecte, en rendant les malades beaucoup plus accessibles aux influences morbides, et impuissants à résister aux aflections intercurrentes.

Étiologie. — Nous divisons encore les causes en causes prédisposantes et causes occasionnelles. Les causes prédisposantes sont : le sexe masculin, le tempérament sanguin, l’àge adulte et la jeunesse; mais nous vous ferons remarquer que la prédisposition du sexe- et de l’àge n’est

DU PSORIASIS.

qu’une conséquence de la prédilection du psoriasis pour le tempérament sanguin. On sait, en elîet, que le psoriasis est la dartre de ce tempérament, comme le lichen est celle du tempérament nerveux, et l’eczéma celle du tempérament lymphatique. Or le tempérament sanguin se rencontre surtout chez l’homme à l’époque de la jeunesse et de l’adolescence'; il en résulte que ces deux conditions favorisent le développement de cette maladie.

Ordinairement le psoriasis fait sa première apparition entre quinze et vingt-cinq ans. Il est rare de l’observer chez l’enfant et de le voir se développer, pour la première fois, après quarante ans. Cependant nous avons vu quelques malades qui ont présenté ces exceptions.

Une autre prédisposition que nous devons encore mentionner, c’est l’hérédité. Assez souvent, en elîet, on voit le psoriasis chez des sujets dont le père ou la mère ou les grands parents en ont été atteints. Quelquefois les parents n’en ont jamais eu, mais ils ont présenté de l’eczéma, d’autres fois du lichen. Évidemment ces faits prouvent l’identité de nature de ces trois affections, et viennent légitimer le rang que nous leur avons donné dans la nosologie cutanée et la manière dont nous les avons considérées.

Parmi les causes accidentelles ou occasionnelles du psoriasis, nous placerons les excès de table, de boisson, une nourriture trop azotée et trop substantielle, l’usage de liqueurs, du café, les fatigues, les veilles, les émotions morales vives. 11 y a deux ans, nous avons eu dans nos salles un malade qui fut atteint de psoriasis pour la première fois, à l’ilgc de quarante-sept ans, après une frayeur vive qu’il éprouva en tombant dans l’eau.

116 DU PSÜllIASIS.

Traitement . — Le Irailemenl du psoriaris comprend deux ordres de moyens : des moyens locaux et des moyens généraux.

Traitement local. — En tête des moyens locaux,

’ nous plaçons les bains (bains de vapeur, bains alcaltns, bains sulfureux), puis viennent lespommades-et les huiles excitantes.

Parmi les pommades, nous vous indiquerons la pommade soufrée, d’après la formule suivante :

Axonge 30 grammes.

Soufre sublimé 2, 3 ou 1 —

Cette pommade a réussi quelquefois, mais rarement. On a encore employé des pommades mercurielles, soit Tonguent mercuriel simple, soit la pommade avec le prolo-iodure de mercure, composée ainsi :

Axonge 30 grammes.

Prolo-iodure d’hydrargyre. . . . 1 ou 2 —

Mais cette pommade a un grave inconvénient, c’est qu’elle peut déterminer la salivation, quand les squames sont tombées, l’absorption pouvant se faire avec une plus grande rapidité. Le traitement local par la pommade au proto-iodure est presque complètement abandonné maintenant ; les autres pommades ont des résultats aussi satisfaisants, sans exposer aux mêmes dangers.

Parmi ces dernières, il faut placer la pommade au goudron dont on proportionne l’activité à la susceptibilité des malades, en formulant, soit au 1/10, soit au i/à, soit au 1/3. Voici ces diverses formules :

UU PSORIASIS.

Axonge 30 grammes.

Goudron 3

au quart :

Axonge.

Goudron

au tiers ;

Axonge 30 grammes.

Goudron 10 —

30 grammes.

Quelquefois, quand la susceptibilité de la peau le permet, on emploie le goudron pur ; mais, de toutes les formules, celle au quart est le plus fréquemment employée. Enfin, comme traitement local, il est un autre moyen, celui, du reste, que nous employons de préférence : c’est le traitement avec l’huile de cade ou l’huile de genévrier qu’on employait communément dans Je Midi, contre les affections cutanées et dans la médecine vétérinaire, et dont l’usage est maintenant répandu partout et à juste titre.

Tels sont les moyens locaux mis en usage dans le traitement du psoriasis ; ils sont d’une importance extrême et réussissent souvent seuls, car on a vu des psoriasis très intenses céder à leur emploi, au bout de quelques semaines. Cependant il faut avouer que, si l’on se borne à l’emploi de ces seuls moyens, la maladie revient plus vite, et que la récidive est d’autant plus éloignée qu’on a employé pendant plus longtemps les moyens généraux. 11 est donc de toute utilité, pour prévenir, autant que possible, le retour de l’affection, d’associer au traitement externe des moyens généraux, c’est-à-dire des préparations internes.

DU PSORIASIS.

Parmi les moyens généraux ordinairement mis en usage, nous trouvons les purgatifs qui ne nous ont pas paru avoir une action bien marquée : les modificateurs généraux les plus répandus, et avec raison, sont les préparations arsenicales et les cantharides. Les préparations arsenicales sont données sous différentes formes ; les pilules asiatiques, la solution de Pearson à la dose de 1, 2, 3 grammes, la solution de Fowler depuis 3 jusqu’à 12 gouttes. Cependant, à toutes ces préparations, dont la formule est toute faite et qu’on n’a besoin que d’ordonner, nous préférons la préparation suivante, parce qu’en l’employant on sait mieux ce que l’on fait et on . [)eut plus facilement graduer les doses :

Eau dislillée 230 grammes.

Acide arsénieux ou arséniate de soude de O^qOS.à Oj^qiO

On peut en donner d’abord une, puis deux cuillerées à bouche par jour. Toutes ces préparations doivent être prescrites avec beaucoup de prudence, car elles peuvent donner lieu à des accidents, ce dont on est averti par une sensation de oonstriction à la gorge et de douleur à l’estomac, et la perte de l’appétit. Il faut alors suspendre le médicament et donner pendant quelques jours de la tisane de gomme seulement-

A côté des préparations arsenicales, nous devons placer la teinture de cantharides ipii jouit également d’une grande efficacité. Comme pour les préparations précédentes, l’administralion de ce médicament doit être surveillée avec beaucoup de soin ; il peut en effet déterminer des accidents du côté des organes génito-urinaires. Aussi doit-on s’empresser de le suspendre, aussitôt qu’on

DU PSORIASIS.

remarque de l’ardeur en urinant ou des érections douloureuses ; on le reprend au bout de dix ou quinze jours. Cette préparation se donne dans unjulep, dans un verre d’eau sucrée ou de tisane, à la dose de 3 ou /i gouttes par jour, puis on augmente d’üne goutte tous les joui's, jusqu’à 30 ou àO gouttes.

Après tous ces modificateurs généraux habituellement employés, je dois vous en signaler un autre, dont le hasard m’a fait découvrir l’efficacité dans l’affection qui nous occupe, nous voulons parler du copahu. Un malade de nos salles atteint de psoriasis avait èn même temps une blennorrhagie, je lui administrai du copahu contre cette dernière affection ; mais je fus tout étonné de voir la maladie cutanée disparaître en même temps que l’écoulement se tarissait. Mis sur la voie par ce premier fait, je renouvelai cet essai, et très souvent j’en ai obtenu des résultats très prompts et très avantageux ; je le donne à la dose de k ou 6 grammes par jour, sous forme d’opiat. On le mélange avec égale quantité de magnésie.

Maintenant, quel que soit le moyen général que vous employiez, rappelez-vous qu’il est la partie la plus importante du traitement., qu’à lui seul il peut suffire, et qu’il aura une efficacité d’autant plus durable qu’il sera prolongé davantage.

Outre ces deux ordres de moyens, nous' devons mentionner la diététique, si importante dans le traitement des dartres en général. Nous en avons suffisamment parlé, à propos du traitement de l’eczéma et du lichen, nous n’y reviendrons pas ; nous n’aurions rien à y ajouter.

Enfin, il est un dernier ordre de moyens qui doit servir à consolider la guérison, et qui quelquefois suffit seul à la

DU rsouiAsis.

produire, dans des cas où tous les autres avaient échoué, dans le psoriasis inveterata par exemple, nous voulons parler des eaux minérales sulfureuses. Les eaux qu’on devra plus particulièrement conseiller sont les eaux de Baréges, de Bagnères-de-Luchon, d’Aix en Savoie, d’Aixla-Chapelle, de Schisnach et enfin les eaux de Louesche.

PITYRIASIS

Le rnot pityriasis vient du mot grec Trirupov, son. On trouve ce mot dans Hippocrate et dans presque tous les auteurs grecs, ce qui prouve que cette maladie était connue dès les temps les- plus anciens ; mais il est probable que les premiers médecins la confondaient avec l’eczéma. 11 est vrai qu’il existe, entre ces deux affections, la plus grande analogie, non-seulement dans leur aspect extérieur, mais aussi dans les causes qui favorisent leur développement et dans le traitement qu’elles réclament. Cette parenté est tellement intime que souvent on peut considérer certaines variétés du pityriasis comme un eczéma avorté, ou comme cette maladie arrivée à sa période ultime. D’un autre côté, il faut distraire encore du pityriasis la variété dite versicolor, qui n’est en réalité qu’une maladie parasitaire. De sorte qu’une époque n’est pas éloignée peut-être où le pityriasis, au moins dans quelques-unes de ses formes, disparaîtra du cadre nosologique, comme identité morbide.

Ces réserves admises, si nous voulons donner la description du pityriasis, telle qu’on peut la faire dans l’état actuel de la science, nous dirons que cette maladie débute par

PITYRIASIS.

une sécheresse particulière de la peau. Cette membrane perd d’abord son onctuosité et sa souplesse normales, puis apparaissent des squames très minces et très sèches qui se détachent avec une grande facilité, quand on exerce le plus léger frottement sur la partie malade; quelquefois même elles tombent spontanément, dans les points qui sont à l’abri de toute espèce de froissement; elles se reproduisent d’ailleurs incessamment, en quantité aussi grande et avec les mêmes caractères. Ces exfoliations peuvent se succéder ainsi, pendant longtemps, avant la guérison de la maladie ; nous avons déjà signalé cette particularité dans la desquamation eczémateuse. Les lamelles ne sont pas toujours aussi ténues ni aussi farineuses que nous venons de le dire, mais leur dimension dépasse rarement celle d’un centime.

En général, il n’y a aucun changement de coloration de la peau, excepté dans le pityriasis rubra, dont le principal caractère est une couleur rouge du tégument externe rappelant assez bien celle du psoriasis. Les squames ellesmêmes sont ordinairement blanches ou grises ; elles sont d’un jaune brun dans le pityriasis versicolor, mais nous savons que cette variété n’est pas, à proprement parler, un pityriasis.

Enfin, dans le pityriasis, comme dans toutes les affections dartreuses, il y a également des démangeaisons qui sont même quelquefois très vives.

Les phénomènes généraux sont ordinairement nuis dans cette maladie : la variété de pityriasis rubra seule s’accompagne quelquefois de troubles du côté du tube digestif.

PITYRIASIS.

VARIÉTÉS DU PITYRIASIS.

On a admis plusieurs variétés dans le pityriasis, celles (|ue nous reconnaissons sont : le pityriasis alba ou pityriasis commun, le pityriasis rubrci, le pityriasis niyra et le pityriasis pilaris.

l” Pityriasis alba. ~ Le pityriasis alba est le pityriasis ordinaire, c’est la forme la plus commune ; on l’appelle encore pityriasis s- M. Cazcnave l’a décrit sous le nom de pityriasis capitis, mais à tort, car il peut tout aussi bien se développer sur d’autres parties du corps que sur la tète. Dans sa forme la plus simple et la plus légère, il apparait sous l’aspect de plaques peu étendues, arrondies, blanches ou grisâtres, couvertes de petites squames minces ou farineuses. On l’observe souvent chez les enfants, aux joues et aux lèvres ; on l’appelle vulgairement dartre farineuse. Cette maladie s’accompagne à peine d’un peu de démangeaison, coïncide quelquefois avec la dentition et guérit souvent d’une manière spontanée, au bout de quelques jours.

Le pityriasis alba ne se développe pas seulement sur les joues, mais aussi sur le menton et le front, sous la forme de petites squames plus apparentes le matin et disparaissant momentanément sous une légère couche d’un corps gras. Cette affection, quoique légère, est néanmoins très tenace chez les adultes : elle peut persister des mois, des années et même toute la vie ; elle est peutêtre plus commune chez les femmes.

PJTYHIASIS,

Chez riiomrne, le pityriasis se développe souvent dans la barbe, et dans les deux sexes la maladie a fréquemment pour siège le cuir cheyelu ; dans ce dernier cas, les auteurs en ont fait un genre à part, sous le nom de pityriasis capitis. Les lamelles sont excessivement ténues et ressemblent beaucoup à de la fleur de farine ; elles se détachent des cheveux et de la barbe, tantôt par le frottement, tantôt spontanément; les habits en sont couverts, comme d’une poussière blanche, assez semblable à la poudre dont on se servait autrefois pour les cheveux. Souvent chez les hommes on observe au visage des furfures légers, le matin, avant que les malades ne se rasent, c’est plutôt une légère difformité de la peau qu’une véritable maladie, car il n’y a ordinairement ni cuisson, ni démangeaison. Mais l’affection qui nous occupe n’est pas toujours aussi simple, ni aussi bénigne. 11 y a une sousvariété qu’on peut appeler pityriasis lamelleux et qui constitue une forme plus grave. Les squames sont alors plus larges, elles acquièrent souvent le diamètre d’un centime ; on rencontre cette forme plus particulièrement chez les femmes et chez les hommes qui portent leurs cheveux longs ; elle débute par de la rougeur de la partie malade, puis il se forme de petites lamelles à moitié détachées et enroulées sur leurs bords. Il existe des démangeaisons assez vives et de la cuisson ; les cheveux tombcnt et on les enlève en grande quantité avec le peigne : ce dernier accident est rarement observé dans le pityriasis furfuracé. Il est dû à la sécheresse de 1 épiderme du cuir chevelu ; cette altération gagne les bulbes pileux et les cheveux eux-mêmes qui, alors, deviennent très cassants.

Chez les enfants ({ui ont une chevelure peu fournie, on

PITYRIASIS.

observe également la forme lamelleuse ; mais alors elle a un aspect tout particulier : les lamelles se confondent par leurs bords et semblent former une enveloppe unique, fendillée dans divers sens, et ayant, au premier abord, l’apparence d’une calotte faite d’une seule pièce avec une * couche d’amiante. C’est pourquoi Alibert avait donné à cette forme le nom de teigne amiantacée.

2" Pityriasis rubra. — La seconde variété de pityriasis, relativement à la couleur, est le pityriasis rubra qui est plus rare que la première; dans cette affection les squames reposent sur une peau rouge; elles sont plus larges et jilus adhérentes que dans la variété précédente et s’accompagnent de démangeaisons et de cuisson. Il est assez fréquent de voir quelques symptômes généraux, et particulièrement de la fièvre et quelques troubles du côté du tube digestif. Cette forme occupe ordinairement le cou et la tète et quelquefois toute la surface du corps.

M. Devergie, dans ses cours et dans son ouvrage, a beau-

coup insisté sur cette variété, mais nous croyons que cet habile observateur a été quelquefois trompé par les apparences et qu’il a décrit, sous le nom de pityriasis rubra, des affections qui doivent en être distinguées, et particuliérement des pempbigus foliacés et des eczémas. Ainsi, il décrit un pityriasis rubra. occupant tout le corps, et caractérisé par des squames larges comme une pièce de cin- (luante centimes et même d’un franc, par une sécrétion séreuse assez abondante, qui diffère de celle de l’eczéma en ce qu’elle ne tache pas les linges ; de plus, dans cette affection, il y a, dit-il, au début un gonllement considérable de la peau, plus tard, au contraire, un amaigrissement très grand et ensuite des phénomènes indammatoires

126 pimusis.

du côlc du lube digestif. Enfin, dans deux observations citées pour exemples par M. Devergie, on a vu apparaître à la fin des bulles de pempbigus. M. Devergie pense qu’il y a eu là une transformation du pityriasis en pempbigus ; pour nous, nous ne pouvons admettre cette prétendue métamorphose et nous ne voyons qu’un pempbigus foliacé qui existait dès le commencement de la maladie. De même, dans d’autres cas donnés par M. Devergie comme des exemples de pituriasü rubra, nous avons retrouvé tous les caractères de l’eczéma.

3“ Pityriasis nigrâ. — Cette variété est assez rare ; elle a été décrite pour la première fois par Willan. Dans cette forme la peau conserve sa coloration normale ; mais les squames sont grises, d’un gris foncé et même quelquefois noires. On l’observe sur le front et sur le cou. Cette affection est mal connue, nous ne l’admettons qu’avec toute réserve, il est possible que ce ne soit qu’une affection parasitaire analogue au pityriasis versicolor que nous ne décrirons pas ici, contrairement aux usages classiijues. Pour être conséquent avec nos principes nosologiques, nous renvoyons sa description à côté des autres maladies parasitaires.

l\° Pityriasis pilaris. — Sous ce nom encore peu connu, on doit désigner une affection caractérisée par de petites squames fines et arrondies, qui recouvrent les follicules pileux ; elles sont assez adhérentes et forment une légère saillie qui augmente le volume de ce follicule. Il y a peu de cuisson et peu de démangeaison. Ordinairement rapprochées les unes des autres, ces squames donnent à la

PITYRIASIS.

peau un aspect sec et rugueux, assez analogue à celui (pi’on observe dans le lichen; aussi quelques médecins ont-ils décrit cette maladie sous le nom de lichen piloris. Je suis surpris, du reste, de voir M. Cazenave commettre cette erreur, car, pour lui, le lichen étant une maladie des papilles nerveuses de la peau, il se trouve en contradiction manifeste avec lui-même, en lui rapportant une affection dont le siège incontestable est l’épiderme qui recouvre les follicules pileux.

pityriasis piloris, tel que je l’ai observé et tel qu’il est décrit par M. Devergie dans la dernière édition de son traité Des maladies de la peau, est une affection longue et tenace. Chez une malade que j’ai eue en traitement pendant deux ans, je n’ai pu en obtenir la disparition. Un autre malade plus heureux a vu l’affection s’effacer en partie’, mais sans qu’elle disparaisse complètement. Chez les malades observés par M. Devergie et par moi, \e pityriasis piloris a coïncidé avec un pityriasis ruhra du cou et des membres supérieurs et avec une affection squameuse des pieds et des mains, intermédiaire au psoriasis et au pityriasis.

Siège du pityriasis. — Nous avons peu de chose à dire snr le siège du pityriasis ; presque toutes les régions du corps peuvent en être affectées. Cependant il n’y a guère que le pityriasis ruhra qui envahisse toute la surface du corps ; les autres variétés n’occupent le plus ordinairement que la poitrine ou le cou, et surtout la face ou la tête ; quelquefois deux ou trois de ces régions sont atteintes simultanément.

Marche, durée. -La marche du pityriasis est ordinai-

PITYRIASIS.

renient chronique; nous ferons une exception pour celle forme de la maladie, observée fréquemment chez les enfants, décrite sous le nom de dartre farineuse, dont la durée dépasse rarement trois semaines; mais, celte exception mise de côté, l’affection qui nous occupe se prolonge en général des mois, des années et souvent toute la vie. C’est plutôt alors un mode vicieux de sécrétion de l’épiderme qu’une véritable maladie.

Étiologie. — L’éliologie du pityriasis est peu connue. Cependant nous admettrons deux ordres de eauses : les unes prédisposantes, les autres occasionnelles.

Dans les premières nous signalerons d’abord l’àge : les enfants de cinq à douze ans y sont très prédisposés, mais chez eux la maladie est légère. On l’observe souvent aussi à la tête chez les femmes, sans doute à cause de leur longue chevelure, et chez les hommes qui portent leurs cheveux longs. Le tempérament bilieux a été signalé comme une des causes prédisposantes. Avec plus de raison nous mentionnerons l’influence héréditaire.

Les causes occasionnelles sont assez obscures ; je vous ferai remarquer cependant que les recrudescences surviennent particulièrement après les excès de table, les fatigues excessives et les émotions morales pénibles ou pendant la convalescence de quelque affection grave.

En terminant ces courtes indications étiologiques, je ne puis m’empêcher de signaler <à votre attention l’inlluence d’anciens eczémas sur la production du pityriasis. On voit, en effet, très souvent des desquamations pityriasiques chez des personnes qui ont eu des affections eczémateuses, et le pityriasis paraît être la trace longtemps persistante de cette espèce de dartre. De même aussi on voit souvent.

PITYRIASIS.

pendant plusieurs années, un pityriasis persister ou se montrer fréquemment, et plus tard un véritable eczéma se développer avec tous ses caractères. Ces rapports entre ces deux maladies nous ont paru as.sez fréquents pour que nous ayons cru reconnaître une grande parenté entre elles, et pour que nous soyons tenté de les considérer comme des étals différents d’une même affection.

Diay)iostic. — Le diagnostic du pityriasis est en général facile; les affections qui peuvent le simuler sont : le psoriasis, l’eczéma, l’herpés circiné et les éphélides.

On ne peut hésiter, en Ire le psoriasis et le pityriasis, que lorsqu il s agit de la forme de pityriasis rubra; encore suffit-il d’un peu d’attention pour lever tous les doutes. En effet, le psoriasis est caractérisé par des squames assez épaisses, imbriquées, luisantes, à reflet nacré, argentées et très adhérentes ; elles reposent sur des plaques rouges, saillantes au-dessus de la peau; enfin la maladie a deux sièges d’élection par lesquels elle débute le plus souvent, quand elle n’y est pas exclusivement limitée, ce sont : les genoux et les coudes. Or, aucun de ces caractères ne se rencontre dans le pityriasis, excepté la rougeur qui, toutefois, a une autre nuance que celle du psoriasis.

Il n y a pas de confusion possible entre le pityriasis et 1 eczema à ses deux premières périodes, mais, lorsque cette dernière maladie est arrivée à la période de desquamation, il existe entre ces deux affections une si grande analogie que le diagnostic nous paraît impossible et, pour nous, nous le répétons, nous n’hésitons pas à regarder, dans certains cas, le pityriasis comme un eczéma avorté, dans lequel l’éruption est arrivée d’emblée à sa période

HABï)Y,

PITYRIASIS.

de desquamation, sans passer par les périodes vésiculeuses et croùteuses. Par conséquent, lorsque vous vous trouverez en face d’une exfoliation furfuracée, et que vous n’aurez pas assisté au développement de la maladie, il vous sera souvent impossible de dire, en vous en rapportant seulement à l’état actuel, si vous avez affaire à un simple pityriasis ou à un czéma : vous devrez donc remonter aux antécédents pour savoir -s’il a existé ou non des vésicules et une sécrétion séro-plastique suivie de croûtes. On comprend d’ailleurs, d’après ce que nous venons de dire tout à l’heure sur la parenté des deux maladies, que le diagnostic différentiel soit peu important.

11 est beaucoup plus utile, au point de <ue pratique, de distinguer le pityriasis de l’berpés circiné; tout à fait au déluit, ce diagnostic est quelquefois difficile ; néanmoins la forme exactement arrondie, la guérison du centre du cercle, l’extension centrifuge de la desquamation, l’existence de quelques vésicules sont des signes qui caractérisent plus spécialement l’herpès circiné. Ajoutons encore que le microscope vous révélera, dans cette dernière maladie, l’existence d’un parasite qui ne se retrouve pas dans le pityriasis.

La distinction entre le pityriasis et les éphélides est facile : en effet, celles-ci se présentent sous forme de taches brunes, ou couleur café au lait, sans aucune desquamation et sans démangeaisons.

Pronostic. — Le pityriasis est une affection très peu grave par elle-même et qui ne compromet nullement l’existence ; mais elle est très rebelle et, sous ce rapport, très gênante et souvent elle devient la cause de grandes incommodités, surtout chez les femmes. En eftet, elle

PITYRIASIS.

altère fréquemment leur chevelure qui constitue, pour un certain nombre, presque toute leur beauté. La forme lamelleuse est celle qui donne le plus souvent beu à ce grave inconvénient. Il est vrai que les cheveux repoussent, avec tout leur lustre, quand la maladie est guérie, mais il ne faut pas oublier que cette terminaison heureuse ne peut pas toujours être obtenue : la maladie fait, en quelque sorte, partie de la constitution même du sujet.

Traitement. — La thérapeutique du pityriasis comprend deux ordres de moyens : 1“ les uns généraux; 2" les autres locaux. Mais nous nous hâtons d’ajouter que ces derniers sont les plus efficaces et presque les seuls employés et c’est par eux que nous allons commencer.

Dans le pit'yriasia capitis, la première chose à faire c’est de couper les cheveux : il en est de même lorsque la maladie occupe la peau dé la barbe ; il faudra aussi faire disparaître celle-ci, non pas avec le rasoir, mais avec les ciseaux. Après cela, on remédiera à la sécheresse de la peau par des lotions émollientes d’abord, et puis huileuses; ensuite on modifiera la sécrétion cutanée par d’autres lotions alcabnes préparées d’après la formule suivante :

Sous-carbonate de potasse ou de soude.... 4 à 6 grammes.

Eau distillée

Mais on ne doit avoir recours à ces lotions que vers la lin de la maladie. Pour nous,'nous préférons de simples lotions à l’eau de savon ; mais, ce qui réussit surtout, ce senties bains sulfureux elles pommades sulfureuses. Nous nous sommes souvent bien trouvé, dans le pityriasis de la tète, de la pommade suivante :

PITYRIASIS.

Axonge

Fleur de soufre

30 grammes.

1 gramme.

A côté des préparations sulfureuses nous devons placer les préparations d’acide nitricpie. La principale de ces préparations est la pommade oxygénée, espèce de savon dur qu’on ramollit par la chaleur, et qu’on étend sur les

parties malades; cette pommade, par son mordant, fait

disparaître les squames; elle est un peu trop forte, poui certaines personnes, et on doit lui substituer cette autre .

Axonge 30 grammes.

Acide nitrique t gramme.

On a encore eu recours aux lotions avec l’acide nitrique très étendu. Si la lotion était trop concentrée, elle pourrait avoir l’inconvénient de rougir les cheveux ; il est vrai que cette coloration tout accidentelle est de courte duree et disparaît, au bout d’un certain temps, pour fah’e place à la coloration normale de la chevelure. Ces lotions sont ordinairement faites d’après la formule suivante :

Eau distillée >00 g’’™®-

Acide nitrique ‘

Tels sont les moyens

moyens locaux le plus souvent employés

PITYRIASIS.

rides, mais je dois vous dire que nous n’avons pas toujours conslalc l’effîcacilc de ces moyens, dans la maladie qui nous occupe. On doit compter davantage sur les sull'ureux administrés à l’intérieur.

Enfin, comme complément du traitement du pityriasis, on peut employer les eaux minérales sulfureuses; celles de Saint-Gervais, d’üriage, d’Aix en Savoie, d’Aix-la- Chapelle; enfin, celle des Pyrénées, Baréges, Bagnèresde-Luclion.

Nous ajouterons encore, comme pour toutes les maladies dartreuses, l’importance du régime hygiénique simple et surtout l’influence heureuse d’une alimentation peu excitante et de laquelle seront bannis les mets épicés que nous avons déjà signalés, à plusieurs reprises, comme nuisibles au bon état de la peau, chez les personnes dis posées aux affections dartreuses.

SCROFULIDES

Nous avons dit, dans notre première leçon, que les maladies de la peau étaient les unes locales, les autres générales, développées sous l’influence d’un état particulier de l’économie qu’on appelle diathèse. Parmi ces dernières nous trouvons la classe des scrofulides. La diathèse scrofuleuse, sous l’influence de laquelle se développent ces affections, ne se manifeste pas seulement sur la peau, mais sur tous les tissus ; en effet tout le monde sait que la scrofule se montre dans des os, sur les muqueuses, dans les ganglions ; nous ne parlerons ici que de ses manifestations cutanées.

L’existence de ces affections remonte à la plus haute antiquité, et, parmi les maladies décrites autrefois sous la dénomination de lèpres, il est vraisemblable qu’un certain nombre étaient des scrofulides. Willan le premier décrivit, sous le nom de lupus, et plaça dans la classe des tubercules, des maladies de peau caractérisées, au début, par des tubercules pouvant s’ulcérer et laisser des cicatrices indélébiles. Dans l’état actuel de la science, cette manière d’envisager les scrofulides est vicieuse et trop restreinte, en effet le mot lupus proposé par Willan en-

SCROFULIDES.

traîne avec lui l’idée des tubercules; or, toutes les scrofulides ne commencent pas par des tubercules, et quand ceux-ci existent au début , ce n’est souvent que d’une manière passagère. Nous croyons donc utile de rayer le mot lupus de la dermatologie comme expression générale, et de ne le réserver qu’à des cas particuliers et bien déterminés. Nous avons cherché à faire, pour les manifestations scrofuleuses de la peau, ce que Biett a fait pour les sypbilides ; nous employerons, dans la nomenclature de ces affections, la dénomination générale de scrofulides à laquelle nous ajouterons une épithète désignant la lésion élémentaire ; scrofulide érythémateuse, tuberculeuse, etc., à côté du genre, nous trouverons ainsi des variétés très importantcs'sous les rapports des symptômes, de la marche et du traitement.

Nous allons d’abord indiquer les caractères généraux des scrofulides, puis nous parlerons des principales variétés.

Caractères communs des scrofulides. — La scrofule se présente à la peau avec une coloration particulière ; ce n’est pas la coloration rouge vive des exanthèmes ordinaires, mais une rougeur foncée, violacée, obscure, vineuse, qui n’est pas la même non plus que celle de la syphilis, dont elle n’a pas la teinte cuivrée caractéristique. Cette nuance spéciale de la peau peut être beaucoup mieux saisie et appréciée au lit des malades, qu’il n’est possible de la décrire dans un livre ou de l’exprimer dans une leçon.

A côté de la rougeur, quelle que soit la forme de la maladie, il faut noter le gonflement de la partie malade, gonllcmenl qui siège dans le tissu cellulcuro sous-cutané ; il

SCIlUt'ULIUES.

est quelquefois porté tellement loin qu’il donne aux membres l’aspect d’un éléphantiasis; à la figure, il peut masquer en partie les yeux, et l’on dirait un érysipèle ; aussi quelques auteurs ont-ils décrit cette affection sous le nom A'érijsipèle chronique ; d’autres l’ont appelée lupus chronique, lupus hypertrophique (Cazenave). Du reste, cette augmentation de volume disparaît graduellement, soit sous l’influence du traitement, soit par suite de l’évolution de la maladie, et plus tard, lorsque la scrofulide est guérie, il y a au contraire un amincissement notable, une atrophie singulière de la peau dans les points autrefois hypertropbiés.

Le troisième caractère des scrofulides est l’existence des cicatrices qui ne manquent jamais, qu’elles aient été ou non précédées d’ulcération. Cette constance des cicatrices est le propre des scrofulides. Dans les syphilides, il y en a bien aussi, mais elles ont toujours été précédées d’ulcérations plus ou moins profondes, plus ou moins étendues. Une autre particularité bien importante des cicatrices scrofuleuses, c’est leur forme déprimée, qui est une conséquence de l’atropbie et de l’espèce d’absorption interstitielle que le tégument externe a éprouvées dans ces points. Notons aussi leur aspect réticulé et leur adhérence aux tissus sous-jacents, snrtout lorsque la maladie s’est développée au niveau d’une saillie osseuse. 11 en résulte des déformations parfois hideuses, qui défigurent singulièrement les malheureux qui en sont atteints.

Nous noterons encore une chose remarquable dans les scrofulides, c’est de voir, malgré le gonllenient, la rougeur et la déformation parfois considérable des parties, l’absence de toute réaction locale et générale. Sous ce

SCROFULIDES.

rapport, elles présentent une assez grande analogie avec les syphilides.

Marche. — La marche de ces affections est excessivement lente. Interrogez les malades, et presque tous vous diront qu’ils en sont affectés depuis deux, trois, dix, quinze, vingt ans. Il en est même dont la maladie est aussi longue que la vie ; elle débute dans la première enfance pour ne cesser qu’à la mort. Ainsi la longue durée et la chronicité sont des caractères également spéciaux des scrofulides. Lessyphilides ont bien aussi une marche lente, mais jamais à un degré aussi prononcé ; de plus, elles ne restent pas stables, avec le même aspect et les mêmes caractères; elles se modifient, prennent de nouvelles formes et acquièrent en même temps plus de gravité, en s’éloignant de l’époque de leur première apparition.

Complications. — Un caractère distinctif des scrofulides est de se manifester sur plusieurs points du corps à la fois, et de se développer en même temps que d’autres altérations de la même nature qui peuvent affecter plusieurs tissus. Ainsi, en même temps qu’une affection scrofuleuse de la peau, il n’est pas rare de voir des ophthalmies, des nécroses ou des caries, qu’on doit rapporter au même vice constitutionnel.

Les scrofulides sont souvent compliquées d’autres accidents qui déterminent une révulsion favorable; telles sont l’érysipèle, les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde. A la suite de ces maladies intercurrentes, on voit ordinairement une modification heureuse de la scroîule cutanée, et quelquefois même la guérison. 11 y a deux ans, nous avons eu dans nossalles une jeune fille atteinte d’une scrofulide pustuleuse de la face, et qui s’est trouvée complé-

SCROFULIDES.

tement guérie, à la suite d’une fièvre typhoïde grave qui avait mis sesjours en danger.

Siège. — Les scrofulides peuvent se développer sur tous les points du corps, mais plus spécialement à la face. Chez les femmes, elles peuvent affecter la vulve. M. Iluguier a donné de cette maladie une bonne description dans un mémoire ayant pour titre : De t esthiomène de la vulve.

Arrivons maintenant à l’étude des variétés de la scrofule cutanée. Nous en admettons six que nous passerons rapidement en revue, en indiquant leurs caractères distinctifs et spéciaux. Ce sont : 1“ la scrofulide érythémateuse; 2“ la scrofulide pustideuse ; 3“ la scrofulide verruqueuse ; If la scrofulide tuberculeuse ; ô° la scrofulide phlegmoneuse ; 6® et la scrofulide cornée.

1® Scrofulide érythémateuse. — On peut l’appeler encore scrofulide érythémato -squameuse. Biett, qui le premier traita de cette affection, lui donna le nom d’érythème centrifuge, parce que cette maladie s’accompagne souvent d’une rougeur disposée en cercle, au milieu duquel on voit une surface de peau saine. Cette dénomination n’est plus usitée ; elle donnait une idée fausse et incomplète de l’affection, en appliquant à une maladie aussi grave le mot érythème, qui ne désigne ordinairement qu’une maladie légère ; M. Cazenave l’appelle lupus érythémateux.

Cette variété de scrofulide est caractérisée par une saillie d’abord peu étendue, arrondie, d’un rouge foncé, violacée, vineuse, et d’un aspect luisant tout à fait spécial. Bientôt cette tache s’élargit ; en même temps le

SCROFULIDES.

centre se guérit, se déprime et prend l’aspect d’une cicatrice blanche, indélébile. Sur la surface, qui reste saillante et rouge, se forment des squames blanches et fines, quelquefois superficielles, mais ordinairement adhérentes et comme enchâssées dans l’épaisseur de la peau. Plusieurs générations de squames se succèdent avant la guérison complète de la maladie.

Il est inutile d’ajouter qu’il n’y a ni douleurs, ni démangeaisons, ni phénomènes généraux.

Cette affection, comme toutes les scrofulides, est excessivement lente et peut rester plusieurs années à peu près dans le môme état. Au début, elle dépasse à peine les dimensions d’une pièce de deux francs, puis elle atteint celles d’une pièce de cinq francs et plus ; on en voit qui sont larges comme la paume de la main; quelquefois même elles envahissent tout un côté, de la face. Pendant cette progression centrifuge de la maladie, le centre se guérit, et le bourrelet qui l’entoure semble fuir devant la cicatrice, à mesure que celle-ci s’agrandit. La guérison peut être obtenue à la longue, mais au prix d’une cicatrice, quoiqu’il n’y ait jamais eu de plaie.

Diagnostic. — Les affections qui peuvent être confondues avec la scrofulide érythémateuse sont : l’érythème simple, le psoriasis et certaines formes de syphilides. Cependant la marche lente, l’absence de douleur et de démangeaison suffiront pour la distinguer de l’érythème ordinaire.

Dans le psoriasis, la disposition imbriquée des squames, leur aspect d’un blanc nacré qui les a fait comparer à des taches de cire vierge desséchée, la diffusion de la maladie a toute la surface du corps et sa prédilection plus spéciale

SÔUOFULlDIiS.

pour certaines régions, les genoux et les coudes, et enfin l’existence de démangeaisons sont autant de caractères <pi’on ne rencontre jamais dans la scrofulide érythémateuse.

La maladie qui nous occupe est quelquefois diflicile à distinguer de la roséole syphilitique et de la syphilide squameuse : ici le diagnostic s’établira d’après les antécédents, les phénomènes concomitants, la marche beaucoup plus rapide de la maladie syphilitique, et enfin le traitement, dans quelques cas douteux, sera la véritable pierre de touche.

2“ Scrofulide pustuleuse. ■ La scrofulide pustuleuse est aussi désignée par quelques auteurs sous le nom A' impétigo rodens. Elle est, en général, mal décrite, quoiqu’on en rencontre- fréquemment des exemples : cette variété est la plus commune.

La maladie débute par un peu de gonllement et de rougeur, puis sur celte saillie apparaissent une ou deux pustules (quelquefois davantage), d’abord peu volumineuses, mais qui bientôt grossissent et s’étendent. Elles •ont généralement une durée assez longue et ne se rompent qu’au bout de huit ou dix jours, et sont remplacées par des croûtes d’un jaune brun. Plus tard, autour de ces pustules initiales, il s’en développe d’autres et, après un certain temps, toute la surface affectée est hérissée de croûtes et de pustules à divers degrés de leur évolution. Les croûtes de la scrofulide pustuleuse ont une certaine ressemblance avec celles de l’impétigo. Cette circonstance a pu seule tromper quelques auteurs et leur faire croire que ces deux affections n’étaient qu’une seule et

SCROFULIDES. Mii

même maladie. Cependant dans la scrofulide les croûtes sont plus foncées, et si on les laisse tomber spontanément ou qu’on hâte leur chute par des cataplasmes ou des bains, on trouve au-dessous d’elles des ulcérations profondes, à fond grisâtre et d’un mauvais aspect. Abandonnées à elles-mêmes, ces ulcérations donnent lieu aune sécrétion purulente qui se concrète également et forme de nouvelles croûtes; celles-ci tomberont et se renouvelleront comme les précédentes, et ainsi de suite jusqu’à la lin de la maladie.

Ajoutons enfin que, lorsque la guérison arrive, après un certain nombre d’éruptions successh'es de pustules et de croûtes, les ulcérations sont remplacées par des cicatrices blanches, déprimées, en un mot caractéristiques, ce qui n’a jamais lieu dans l’impétigo. Dans la variété pustuleuse, les ulcéi'ations ne sont jamais aussi profondes que dans la forme tuberculeuse dont nous allons parler. Les cicatrices qui leur succèdent forment, parleur réunion, une surface d’abord violacée, puis blanche, imitant assez bien les cicatrices couturées de certaines varioles confluentes.

Le gonflement qui existe au début est parfois considérable et déforme singulièrement les parties qui en sont le siège.

Cette scrofulide se développe principalement sur le nez (le lobule et les ailes). Quelquefois aussi on la voit occuper la joue, mais on la rencontre rarement sur les membres.

Comme dans la forme précédente, pas de douleurs ni de démangeaisons ; même marche lente.

Diagnostic, — Après ce que nous avons dit, par anti-

SCROFULIDES.

cipalion, de Vimpetigo rodens, nous n’avons plus rien à ajouter sur le diagnostic de celte maladie.

11 est souvent difficile de distinguer la scrofulide pustuleuse de certaines syphilicles. 11 faut encore ici tenir un très grand compte des antécédents , des phénomènes concomitants, de la Coloration de la peau et de la marche de la maladie. Cependant, malgré tous ces éléments de diagnostic, vous seriez quelquefois fort embarrassé, si le traitement ne venait vous éclairer.

3” Scrofulide VERRUQUEUSE. — Cette variété se présente sous l’aspect de plaques rugueuses, inégales, hérissées de saillies mamelonnées que séparent des sillons plus ou moins profonds et irréguliers. Ces espèces d’excroissances se terminent quelquefois par ulcération, mais souvent aussi elles sont le siège d’une résorption interstitielle et elles s’affaissent. Dans les deux cas, il y a toujours plus tard la cicatrice déprimée caractéristique. Cette forme peut être primitive ou secondaire, c’est-à-dire succéder à la forme tuberculeuse ou pustuleuse. Son diagnostic est très simple : elle a des caractères tellement tfanchés qu’aucune autre maladie ne saurait la simuler.

h° Scrofulide tuberculeuse. — La forme tuberculeuse est la variété la plus grave, c’est le véritable lupus des auteurs. Elle présente deux sous-variétés secondaires ; a, la forme tuberculeuse sans ulcération, et b, la forme tuberculeuse avec ulcération.

a. Scrofulide tubercideuse sans xdcération. — Cette forme est caractérisée par une foule de petites saillies arrondies, molles, violacées, agglomérées les unes à côté

SCROFULIDES.

des autres, de manière à former des plaques arrondies, des cercles, des segments de cercles ou des dessins géographiques irréguliers. Souvent toute une région, quelquefois la plus grande partie du corps, sont ainsi parsemées de ces espèces de figures géométriques. Les tubercules sont tantôt isolés et distincts les uns des autres, tantôt confondus par leurs bords et formant une espèce de bourrelet noueux, inégal.

A cette forme tuberculeuse se trouve souvent associée la variété érytbémato-squameuse ; la peau de la partie affectée est recouverte de ces petites squames dont nous avons déjà parlé, et alors vous avez exceptionnellement, ce que vous trouvez d’une manière presque constante dans les syphdides, l’association de plusieurs formes élémentaires différentes. Quoi qu’il en soit, au bout d’un certain temps, les tubercules s’affaissent et la guérison se fait' avec cicatrices sans qu’il y ait d’ulcération.

b. Scrofulide tuberculeuse avec ulcération. — Cette forme est plus grave encore et plus importante que la première. Elle offre deux dispositions différentes, suivant que l’ulcération s’étend en surface ou pn profondeur. Comme dans la variété précédente, vous avez d’abord une surface rouge, violacée, sur laquelle existent plusieurs saillies ou tubercules; ces petites tumeurs deviennent molles et ne tardent pas à s’ulcérer. Dans la première disposition la surface ulcérée s’étend et se recouvre de bourgeons charnus et d’excroissances qui s’élèvent audessus de la peau ; c’est le lupus excedens. A côté de ces premiers tubercules, il en naît d’autres qui suivent les mêmes transformations. La maladie peut de celte manière envahir toute une région et même une étendue considé-

SCHOFULIDES.

rable de la suiTace du corps. 11 arrive queli|uefuis que les bourgeons cbarnus, avant de se cicatriser, se dessèchent et constituent alors une véritable scrofulide verruqueuse secondaire.

D’autres fois, au lieu de s’étendre en surface, la maladie gagne en profondeur ; elle ronge la peau, les muqueuses, le tissu cellulaire, les cartilages; les os eux-mêmes sont souvent des barrières impuissantes à limiter sa marche desiructive. De là ces larges communications des fosses nasales avec la cavité buccale, par suite de la destruction de la voûte palatine. Cette variété siège pai’ticulièrement à la face, au nez surtout, qui disparaît quelquefois complètement. Après la guérison de cette maladie, il y a souvent une teinte violacée particulière de la peau qui peut persister longtemps, sinon toujours.

La scrofulide tuberculeuse avec ou sans ulcération a une durée très longue ; il n’est pas rare de la voir résister à un traitement de plusieurs années avant de guérir.

11 n’y a que les sypbilidesqui puissent être confondues avec cette affection. Les antécédents, les phénomènes concomitants suffirontpresque toujours à poser le diagnostic ; il est cependant dans la pratique bien des cas embarrassants et dont la nature ne peut être révélée que par le résultat du traitement.

5° Scrofulide phlegmoneuse. — Nous arrivons à une forme de scrofulides qui n’a pas encore fixé l’attention des auteurs, c’est la scrofulide phlegmoneuse : elle consiste dans le développement d’une véritable tumeur pblegmoneuse avec une teinte violacée spéciale de la peau ; cette tumeur est d’abord grosse comme une noisette ou comme

srnoFULiniîs.

une noix, généralemeni ovale el aplatie ; elle augmente ' d’une manière graduelle, en môme temps elle se ramollit et bientôt elle devient fluctuante, ce qui annonce la présence du pus. Alors la peau s’amincit sur la partie la plus saillante et s’ulcère, et par une petite ouverture s’écoule une quantité variable de pus séreux, mal lié, ayant les caractères du pus scrofuleux. Cette ulcération ne tarde pas à se couvrir d’une croûte jaunâtre plus ou moins épaisse; mais, au bout de quelque temps, une nouvelle ouverture se forme, pour donner également issue cà du pus et se fermer à son tour. Cette succession d’écoulement purulent et de concrétion croûleuse se renouvelle de temps en. temps. A la suite de ces accumulations successives de pus et de ces ouvertures en quelque sorte périodiques, la peau se décolle et se mortifie dans une certaine étendue; il en résulte une ulcération plus ou moins grande, à bords violacés, dont le niveau se continue insensiblement avec le fond, ulcération qui finit par se cicatriser, lentement il est vrai. Sa place est marquée, pendant assez longtemps encore, par une teinte rougeâtre et violacée, cette teinte rouge pâlit et devient tout à fait blanche.

Ces collections purulentes sont de véritables abcès de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané qui ne se présentent, avec ces caractères particuliers, que chez les individus ayant tous les attributs du tempérament scrofuleux.

6" Scrofulide cornée. — La dernière variété de scrofulides est la scrofulide cornée. C’est une affection peu commune, et qu’on ne trouve mentionnée que dans la thèse d’un ancien interne de l’hôpital Saint-Louis, M. Dumoulin. Cette variété a un aspect particulier qui

HARDY. . A

SCROFULIDES.

l'ail que beaucoup de médecins l’onl méconnue et l’ont distraite des alïections scrofuleuses, pour en faire une espèce d’acné. Elle est caractérisée par une tache plus ou moins large, un peu proéminente au-dessus de la peau et olfrant une multitude de petites saillies sèches et d’apparence cornée. Ces saillies, analogues à des excroissances YeiTuqueuses, donnent une sensation de piqûre à la main qui les touche. Quand on vient à les presser, elles sont un peu douloureuses. Au bout d’un certain temps ces productions cornées s’affaissent, puis disparaissent complètement et sont remplacées par une cicatrice déprimée. M. Cazenave décrit cette scrofulide comme une véritable altération du produit sébacé de la peau. Il prétend que les saillies ne sont que la matière sébacée sèche, durcie, racornie, et que les cicatrices et leur forme déprimée ne sont qu’une conséquence de la pression exercéesur la peau par ces produits durs et solides. Nous ne pouvons pas nous ranger à celte opinion : d’abord, le plus souvent ces éminences n’existent pas à l’orifice des follicules sébacés et, dans les cas que nous avons observés, elles étaient presque toutes traversées par un poil, ce qui devrait plutôt faire supposer l’altération des follicules pileux que celle des follicules sébacés. De plus, ces productions cornées se montrent principalement aux membres, c’est-à-dire sur les parties où les follicules sébacés sont peu abondants et rarement malades. Enfin, on ne trouve pas de malière cornée dans les follicules sébacés, et il serait, du reste, bien difficile de comprendre comment la matière sébacée pourrait acquérir assez de dureté et presser assez fortement le derme pour atrophier la peau et amener une cicatrice.

SCROFULIDES.

Diagnostic. — Nous avons dit quelques mots du diagnostic à propos de chaque variété, nous allons le résumer en donnant quelques généralités applicables à la plupart des cas.

Quelle que soit la forme de la manifestation scrofuleuse, on doit insister sur la coloration particulière violacée, sur l’absence de la douleur et du prurit et principalement sur cette forme de cicatrices dont nous avons parlé et qui semble indiquer une altération profonde de la peau ;‘'entin la marche lente de la maladie est encore un caractère tfès important à noter.

On doit attacher aussi une grande importance aux maladies antérieures ou concomitantes, car c’est principalement à l’aide des phénomènes commémoratifs et concomitants que l’on pourra établir le diagnostic, surtout quand on hésite entre une scrofulide et une syphilide. En effet, ces deux affections ont souvent le même siège, la même apparence extérieure, et des symptômes communs : l’absence de la démangeaison et une coloration presque ■ semblable de la peau. Nous rappellerons cependant que la coloration scrofuleuse est plus violacée, plus vineuse que la teinte syphilitique, qui incline plutôt sur le brun.

Les lésions élémentaires et leurs produits peuvent aussi se ressembler : on trouve, en effet, dans ces deux affections, des ulcérations grisâtres et taillées à pic, des croûtes d’une teinte noirâtre, mais la marche est différente et nous insistons sur ce point ; les scrofulides ont une marche très lente, la maladie parcourt ses périodes en plusieurs années; il n’est pas rare de voir des scrofulides durant depuis cinq, dix, quinze et vingt ans et ne présentant que peu de modifications extérieures. Dans la syphilis, les

SCROFULIDES.

manifestations se développent et se modifient plus promptement; la maladie peut persister plusieurs années, mais avec des formes diiïérentes qui se succèdent dans des points variés. Enfin, les cicatrices peuvent encore servir de signes diagnostiques : elles sont plus profondes, plus indélébiles dans la scrofule que 'dans la syphilis. Cependant nous devons répéter ce que nous avons déjà dit, malgré toutes ces données il y a des cas de pratique très difficiles et excessivement embarrassants, dans lesquels le médecin, même le plus exercé, ne pourra se prononcer; c’est alors que le traitement sera la véritable pierre de toucbe.

Pronostic. — Le pronostic de la scrofulide est toujours grave, car la maladie est très longue et ne guérit pas toujours, et, dans les cas où la guérison a lieu, elle laisse des stigmates indélébiles de son passage et des difformités parfois bideuses. On doit noter, comme augmentant lagravité du pronostic, la coïncidence d’autres affections et surtout l’existence de tubercules pulmonaires. Il ne faut pas oublier non plus que l’apparition de certaines maladies, d’un érysipèle par exemple, loin d’être un accident làcbeux, modifie le plus souvent d’une manière favorable la manifestation scrofuleuse ; nous avons également des exemples d’ulcérations scrofuleuses guéries rapidement par le fait d’une variole ou d’une fièvre typhoïde.

Traitement. — Le traitement des scrofulides comprend trois parties ou plutôt trois ordres de moyens : 1“ les moyens généraux, 2" les moyens locaux, et 3“ les moyens hygiénicpies ; tous ces moyens ont leur valeur, mais le traitement général aidé de l’hygiénc est celui (jui importe le plus et celui qu’il faut employer tout d’abord,

SCROFULIDES.

1“ Moyens généraux. — Les moyens généraux sont tous ceux (jui sont employés dans la scrofule en général, ce sont d’abord les amers, les préparations de gentiane, le vin et le sirop antiscorbutiques, l’infusion de houblon ; viennent ensuite les, préparations de fer, surtout chez les jeunes filles. Les préparations iodurées ont été vantées, peut-être outre mesure ; elles ont incontestablement une certaine valeur, mais il ne faut pas y attacher trop d’importance, on ne doit les donner que comme accessoires; on peut associer cependant d’une manière très avantageuse et très utile l’iode avec le fer; l’iodure de fer est administré soit en pilules, soit en sirop. Mais toutes ces préparations ne doivent être que des adjuvants d’une substance beaucoup plus efficace, l’huile de foie de morue, le remède de la scrofule par excellence.

Dans la scrofulide cutanée, on donne l’huile de foie de morue à doses progressives, en commençant par une cuillerée à bouche par jour, et en augmentant graduellement jusqu’à trois, quatre etcinq. M. Bazin en fait prendre jusqu’à sept et huit cuillerées, et même il en donne un verre entier par jour ; mais nous croyons inutile d’augmenter ainsi la dose outre mesure, de manière à fatiguer l’estomac et à dégoûter les malades. Le traitement doit être continué pendant des années, en ayant soin d’interrompre de temps en temps pour reprendre ensuite. Entre le traitement interne et le traitement externe, on doit placer les bains sulfureux donnés deux ou trois fois par semaine. On a proposé aussi les bains iodés, mais ils n’ont pas la même action (i).

(1) On emploie encore avec avantage la tisane de feuilles de noyer et quelques plantes de la famille des crucifères, particulièrement le cresson en salade ou sous une autre forme.

150 SCROFULIDES.'

2" Moyens locaux. — Pour aider l’action du traitement général et faciliter la guérison, nous avons à notre disposition des moyens locaux, des topiques de dilférentes natures ; nous devons d’abord parler de certains topiques qui ont pour but de préparer les parties malades, de les débarrasser des croûtes qui les recouvrent; tels sont les cataplasmes et les lotions émollientes.

Plus tard on emploiera un autre ordre de topiques : les uns sont caustiques, ce sont des modificateurs substitutifs; ils ont pour effet de transformer un ulcère, une plaie chronique et une plaie simple, ayant une grande tendance à la guérison. Les autres sont seulement modificateurs sans être caustiques; nous allons tout d’abord parler de ces derniers. L’huile de cade, qui doit être placée en première ligne, s’emploie dans les cas peu graves : dans la scrofulide exanthématique et dans la scrofulide verruqueuse. Sous son influence l’hypertrophie diminue, la rougeur s’efface, les saillies s’afl'aissent. Mais l’huile de cade n’est plus assez efficace dans la scrofulide tuberculeuse et ulcérée; elle n’est utile qu’à la fin de la maladie, quand il n’y a plus que de la rougeur et de la desquamation. Après Lhuile de cade, nous placerons la teinture d’iode qu’on peut employer dans des cas analogues.

Comme moyens caustiques ou modificateurs substitutifs puissants, on a employé l’huile d’acajou, mais sans beaucoup de succès ; on a proposé encore l’iode caustique, dont voici la formule :

Eau distillée 30 grammes.

lodure dé potassium 8 —

Iode pur 3 ou 4 —

On fait avec cette solution une légère cautérisation de

SCROFULIDES.

ibl

la plaie, dans le but de faciliter la cicatrisation ; mais ces moyens sont encore insnfïisants dans la majorité des cas.

Lorsque les ulcérations sont plus profondes qu’étendues, lorsqu’elles résistent aux moyens généraux et aux topiques dont nous venons de parler, il faut les attaquer ' avec des caustiques plus puissants, avec le chlorure de zinc ou le chlorure d’antimoine mêlé à une poudre inerte, ou mieux avec la poudre caustique de Vienne.

Dans les scrofulides érythémateuses, pustuleuses, et même tuberculeuses, lorsqu’il n’y a pas d’ulcération ou lorsque cette dernière est superficielle, nous employons avec beaucoup d’avantage la pommade au bi-iodure de mercure, à l’aide de laquelle nous imitons ce que fait la nature, lorsqu’un érysipèle vient compliquer une scrofulide. Par cette pommade, dont nous étendons une petite couche sur la partie malade, nous déterminons une espèce d’érysipèle artificiel qui produit le même effet et amène une modification aussi prompte et presque aussi efficace que l’érysipèle spontané. On gradue la dose du bi-iodure de mercure, suivant l’effet et le degré d’inflammation qu’on veut produire. Voici la formule de la pommade que nous employons le plus ordinairement :

Axonge . .

Bi-iodure

à parties égales.

On peut employer le bi-iodure de mercure sous une autre forme :

30 grammes.

1 ou 2 —

Eau distillée

Bi-iodure de mercure Comme adragante . .

SCllUKULlDES.

Moyens hygiéniques. — Les moyens hygiéniques secondent beaucoup les moyens médicamenteux. Conlraicement à ce (|u’on prescrit dans les maladies dartreuses, ici on doit conseiller les viandes rôties, les viandes noires chargées d’osmazône, aussi azotées (jue possible. Il faut assaisonner les mets et relever le goût des aliments par quelques épices (le sel, la moutarde), prescrire le bon vin, le café, etc.; en même temps il faut défendre le laitage, les légumes et les aliments fades et peu nutritifs. 11 faut aussi attacher une grande importance à la quantité d’air que doit respirer le malade : il faut prévenir avec grand soin l’encombrement et conseiller le séjour à la campagne, quand cela est possible, et surtout un exercice modéré au grand air.

Comme annexe à la thérapeutique de la scrofule cutanée, on doit placer les eaux minérales et les bains de mer. Ceux-ci ont une certaine action ainsi que l’eau de mer, en boisson, qui produit souvent un bon effet, quand on la boit le matin, à la dose d’un demi-verre à un verre ; elle agit un peu aussi comme laxatif. Les eaux minérales qu’on doit conseiller dans les scrofulides sont : les eaux sulfureuses , particulièrement celles qui sont chargées d’une assez grande quantité de soufre, les eaux de Baréges, de Bagnéres-de-Lucbon, d’ Aix-la-Chapelle, d’Aix en Savoie, de Scbinznach, d’Uriage; quoique non sultureuses, les eaux de Louescbe jouissent à bon droit d’une réputation méritée dans le traitement des afiections scrofuleuses.

SYPHILIDES

Après avoir présenté Thistoire des maladies dartreuses et scrofuleuses, nous allons aborder l’étude d’une autre classe de maladies cutanées également développées sous l’influence d’une diathèse, mais non plus d’une diathèse innée et héréditaire, comme les précédentes, le plus souvent au contraire acquise, développée accidentellement par inoculation : nous voulons parler des svpiiiudes.

On donne le nom de syphilides aux manifestations syphilitiques qui ont lieu à la surface tégumentaire; elles font partie des phénomènes consécutifs de la maladie syphilitique.

Nous diviserons l’histoire de ces maladies en deux chapitres : le premier comprendra l’histoire générale des syphilides, l’exposé de leurs caractères communs, quels que soient leur forme et leur siège ; dans le second nous traiterons des différentes variétés de la syphilis cutanée.

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