CHAPITRE VII
ACNÉ.
Le mot acné (« privatif xviw, je démange) se retrouve dans les plus anciens auteurs sans avoir toutefois de signification précise, cependant on l’a surtout appliqué à des éruptions pustuleuses ne causant pas de démangeaisons, et survenant principalement chez les jeunes gens. En fondant leur classification dermatologique, Willan et Bateman désignèrent sous ce nom une maladie caractérisée par des tubercules suscefitibles de blanchir au sommet et de suppurer incomplètement. Plus tard, Biett et MM. Cazenave et Schedel firent passer cette affection dans la classe des pustules, et comprirent sous la dénomination d’acné, une éruption de pustules variables dans leur volume avec ou sans induration à leur base, mais généralelnent acuminécs et affectant plus
ACNÉ.
particulièrement pour siège le visage et le tronc. Dans son Traité des dermatoses, Alibert a placé l’acné, sous le nom de variis, dans la classe des dartres; mais pour le dire de suite, l’acné diffère des dartres par d’importants caractères : il n’a pas la même tendance à s’étendre et à envahir les diverses parties du corps, et il présente souvent des cicatrices après la disparition de l’éruption.
Les auteurs que nous venons de citer se sont tous renlermés dans une définition trop restreinte, car sous le nom d’acné on comprend des affections qui ne se rattachent ni à la pustule, ni au tubercule, telles que les altérations des follicules, qui se traduisent par un simple suintement ou par une concrétion sébacée, et les dilatations variqueuses des capillaires de la face. Aussi nous donnerons au mot acné une signification plus vaste et purement anatomique, et nous appliquerons ce nom à toutes les maladies susceptibles d’affecter les follicules sébacés. Cependant cette définition est encore en défaut, car on a l’habitude de rattacher à l’acné une variété de la couperose dans laquelle la maladie est caractérisée par une dilatation variqueuse des veinules de la peau du visage. Mais est-ce bien là de l’acné?
En donnant à l’acné une aussi large extension, nous aurons besoin, pour faciliter son étude, d’établir des divisions et de distinguer des variétés. Nous la considérerons donc à part, suivant qu’elle est due à une simple hypersécrétion de la matière sébacée, ou selon qu’elle est le produit d’une inflammation des follicules, que cette inflammation soit ou non accompagnée d’hypertrophie des tissus.
Les variétés dues à une simple hypersécrétion de la matière sébacée nous présenteront des diflérences assez tranchées pour qu’il nous ait paru nécessaire çfe déduire, immé-
MALADIES CUTANÉES ACCIDENTELLES, dialemcnt après la description de la maladie, les règles de Irailemenl propres cà en assurer la guérison. Dans'les variétés inllammatoires, au contraire, nous trouverons assez de caractères communs pour ramener sous un même chef les considérations étiologiques et thérapeutiques, et pour nous livrer ensuite a des généralités qui pourront d’ailleurs s’appliquer à toutes les autres variétés d’acné.
S I. — Espèces d’acné dnes à une li^pcrsécrètlon de la nialièrc sébacée.
Parmi ces espèces, les unes, telle que V acné ponctuée Qt 1 acné variolifonlne, donnent lieu à un produit de sécrétion qui reste contenu dans le lollicule, tandis que dans les autres, comme dans Vacné sébacée fluente , Xacné sébacée concrète et Xacné sébacée cornée, le produit de sécrétion est ^épanché à la surface de la peau. Nous étudierons successivement chacune de ces variétés :
1° Acné poncluée.
L’acné ponctuée {acné punctata, vartis comedo) se présente sous forme de petits points noirs, discrets ou confluents, n’occasionnant jamais la moindre démangeaison et constituant plutôt une difformité qu’une véritable maladie, de telle sorte que les parties de la peau, qui en sont le siège, paraissent comme criblées de grains de poudre de chasse; cependant, si on examine ces points avec attention, il est facile de s’assurer qu’ils présentent un léger soulèvement à leur base et une ouverture à leur centre, et même si on les presse fortement on fait sortir par cette ouverture une matière caséeuse, liliforme, blanche ou jaune et dont le sommet est noir: c’est ce que le vulgaire appelle ordinairement les vers de
ACNÉ.
peau. Celle iJce du parasilisme animal de X acné punct ata a passé du domaine public dans celui de la science, el un micrograpbe dislingué, Simon (deDerlin), a décrit un ver qu’il prélend avoir rencontré dans les follicules sébacés. M. Devergie croit avoir retrouvé ce parasite, el donne le conseil, pour faciliter sa recbercbe, de délayer préalablement la matière sébacée dans l’huile. Nous avons vainement cherché cet animalcule à différentes reprises, mais, en nous livrant à ces recherches, nous n’avons pas été peu surpris de trouver dans les produits de sécrétion du follicule une substance organisée dont il ne nous a pas été possible de déterminer le genre et l’espèce, mais qui nous a paru être un cryptogame.
Les sujets atteints d’acné ponctuée présentent presque tous à la surface de la peau une couche huileuse qui est due à la coïncidence d’une acné sébacée fluente, et qui donne à la partie qui en est le siège un aspect luisant tout particulier. On dit dans le monde que ces gens ont la peau grasse.
L’acné ponctuée siège de préférence à la figure, sur le front el sur les ailes du nez, quelquefois sur l’oreille ; on la rencontre souvent sur le tronc, plus rarement sur les membres, enfin on la trouve parfois sur la verge. Sa marche, ordinairement très chronique, peut même se prolonger pendant toute la vie; cependant on voit quelquefois les points noirs disparaître spontanément. Dans ces cas, la matière sébacée s’élimine et cesse de se reproduire, tandis que d’autres fois ce résultat n’est obtenu qu’après l’inflammalion et la suppuration du follicule.
Le diagnostic de l’acné ponctuée est facile à porter, et repose sur l’aspect pointillé du follicule et sur la possibilité de faire sortir la matière sébacée sous forme de ver.
Le pronostic n’offre aucune gravité, cependant quand les
Maladies cütanées accidenîellës.
points noirs sont très coniluents et qu’ils se rencontrent chez les femmes et surtout chez les jeunes filles, cette affection constitue alors .une difformité réelle assez désagréable.
Les causes de cette acné sont inconnues, cependant elle paraît tenir à une disposition particulière de l’enveloppe cutanée ; aussi on la rencontre de préférence chez des sujets dont la peau épaisse, incessamment lubréfiée par un enduit gras et onctueux, présente des follicules sébacés plus développés.
Quand l’acné est peu répandue, c’est à peine si elle mérite un traitement; mais quand elle est conlluente, elle nécessite l’intervention de l’art, et nous pouvons même dire qu’elle est alors très souvent rebelle à tous les moyens thérapeutiques. Cependant ceux qui paraissent avoir donné les résultats les plus favorables consistent dans des lotions excitantes faites avec de l’eau alcoolisée ou ammoniacale. De cette façon on réveillela contractilité du follicule, qui, en se resserrant, expulse la matière sébacée. C’est pour obtenir ce but qu’on a encore employé les douches de vapeur simples ou sulfureuses, les pommades excitantes ayant pour base l’iodure de soufre ou les préparations mercurielles. Le moyen qui nous a réussi le plus souvent consiste à presser sur la base du follicule pour en faire sortir la matière sébacée, et à lotionner ensuite les parties malades avec de l’eau chaude additionnée de sublimé ; mais ce moyen n’est applicable que quand il y a peu de follicules malades. Quand l’acné est très conlluente, il est préférable d’employer les pommades, surtout celles qui ont l iodure de mercure pour base. C est dans des cas analogues que nous avons eu souvent à nous louer de l’usage des astringents, de la pommade au peroxyde de fer, par exemple, ou de lotions avec une solution concentrée d’alun.
acné.
2“ Acné varioliforme.
L’acné ponctuée n’est pas la seule affection dans laquelle la production sébacée reste renfermée dans les follicules : il en est une autre qui, après avoir été désignée sous différents noms, a reçu aujourd’hui celui d’acne varioliforme, Bateman paraît avoir décrit le premier celte alfection sous le nom de molluscum contagiosum, puis M. Rayer sous celui d’^/evures folliculeuses de la peau ; mais, pour en trouver une description complète, il faut arriver jusqu’en lSh6, époque à laquelle M. Huguier détermina son véritable caractère et lui donna le nom d'ecdermoptosis. Attaché à l’hôpital de Lourcine, ce chirurgien, reconnaissant d’ailleurs la nature non syphilitique des petites tumeurs qui constituent cette affection, en donna une excellente description, tout en croyant que leur développement était spécial aux parties génitales de la femme. Cette descri|)tion était tombée dans l’oubli quand, en 1851, dans une excellente monographie sur ce sujet, M. Bazin rappela l’attention sur ces productions folliculeuses qu’il décrivit sous le nom d'acné varioliforme . Dans la même année, un interne de l’IIopital des Enfants, M. Caillaux, étudia cette affection sous le nom d’acné molluscoïde en insistant surtout sur sa propriété contagieuse; enfin, plus récemment un ancien interne de M. Bazin, M. le docteur Magnan, a publié, dans sa thèse inaugurale, un bon travail sur cette alfection.
L’acné varioliforme se présente sous forme de petites tumeurs ordinairement globuleuses et d’un volume qui varie entre celui d’un grain de millet et celui d’un pois; habituellement distendues, ces petites élevures sont quelquefois à moitié vides et ridées à leur surface : les unes sont sessiles, les autres pédiculées; tantôt elles oflrent la coloration
MALADIICS CUTANÉliS ACCIDENTELLES.
normale de la peau, tantôt elles sont plus rouges, quelquefois même elles prennent un aspect demi-transparent, c’est ce dernier caractère qui a fait que M. Bazin les a comparées à des pustules de varioloïde à moitié desséchées et qu’il a décrit l’afléction sous le nom d’flcne varioli forme . Du reste, le caractère essentiel de ces tumeurs, c’est de présenter au centre ou sur le côté un point noir ou blanc qui est quelquefois diflicile à trouver, mais que l'œil armé de la loupe peut toujours apercevoir; de plus, en pressant sur leur base, leur contenu se vide par cette espèce d’ombilic, de telle sorte que la matière sébacée, qui paraît avoir été tirée à la fdière, se présente comme dans l’acné ponctuée sous forme d’un ver blanchâtre. Si on soumet cette matière à l’examen microscopique, on aperçoit en grande quantité sous le champ de l’instrument des granulations assez grosses, arrondies, très luisantes et qui sont dues à l’élément graisseux ; puis on y voit des surfaces quadrilatères coupées en carrés ou taillées en losanges inégaux et qui sont des débris d’épiderme; enfin on y rencontre presque constamment des tubes ramifiés contenant dans leur intérieur et à leur pourtour des points blancs sphériques ou ovoïdes d’un volume variable et qui paraissent être les spores ou organes de reproduction d’un cryptogame.
Les petites tumeurs qui constituent l’acné varioliforme sont en général fort variables dans leur nombre. Ainsi, tandis que chez certains sujets elles sont disséminées et à peine apparentes, chez d’autres leur degré de confluence est tel, qu’elles constituent une véritable dinbrmité. Leur siège de prédilection paraît être au visage et surtout au front, cependant il n’est pas rare de les rencontrer ailleurs, sur les parties latérales du cou, par exemple, sur les seins, sur les membres et sur les parties génitales.
L’acné varioliforme suit une marche essentiellement chro-
ACNÉ.
nique et chez certains sujets elle persiste toute la vie, cependant elle peut se terminer spontanément. Quelquefois en effet la matière sébacée s’élirnine seule, cesse de se reproduire et la tumeur disparait; d’autres fois une inflammation légère s’empare du follicule, la matière sébacée se sèche et la tumeur disparaît sans laisser de traces, tandis que dans d’autres cas la suppuration s’empare du follicule qui est détruit et remplacé par une véritable cicatrice; enfin on a vu parfois la gangrène frapper ces petites tumeurs, leur sommet devient alors d’un gris brunâtre, elles tombent au bout de quelques jours et laissent à découvert une ulcération qui ne larde pas à se cicatriser.
Le diagnostic de cette affection est facile à établir : en effet, la marche chronique de ces petites tumeurs, leur indolence, la présence au centre ou sur un des côtés d’un ombdic par lequel s’échappe la matière sébacée quand on presse la base du follicule, .tous ces caractères établissent entre elles et les autres élevures qu’on trouve à la surface de la peau des différences essentielles. Leur diagnostic pourrait peut être offrir un peu plus de difficulté quand elles siègent aux parties génitales, mais la présence d’un petit ombilic à leur centre les fera toujours distinguer des tubercules syphilitiques.
Le pronostic n’offre aucune gravité, et la guérison peut toujours s obtenir à l’aide d’un traitement bien combiné.
Étiologie. L’acné varioliforme s’observe principalement chez les enfants et chez les jeunes sujets ; rare chez les vieillards, il paraît aussi fréquent chez les femmes que chez les bomnjes. La seule cause accidentelle évidente pour nous, c’est la contagion. Balemaa avait décrit deux espèces de’ Mo/luscum, et son MoUmcum contagiosum est l’affection que nous désignons aujourd’hui sous le nom d’acné varioliforme; cependant tous les pathologistes mettaient en doute celle
IIARDV,
98 Maladies cütANÉES accidentelles.
contagion quand M. Gaillaux vint rappeler de nouveau l’attenlion sur celle faculté contagieuse; ayant eu l’occasion d’observer à l’hépital des Enfants deux ou trois petits malades atteints de cette affection, il remarqua au bout de quelques semaines que de lit en lit l’éruption s’était étendue à une trentaine de sujets. Malgré ces faits, avec tous les médecins, nous bésitions à croire aux propriétés contagieuses de cette maladie, quand un fait que nous observâmes l'année dernière vint fortement ébranler notre opinion : nous eûmes l’occasion d'observer une nourrice qui portait sur un sein quatre ou cinq tumeurs d’acné varioliforme, et l’enfant quelle allaitait présentait des tumeurs analogues dans les points du visage qui se trouvaient en rapport avec le sein malade. Maintenant encore, nous avons depuis deux mois dans nos salles une malade atteinte d’acné varioliforme très confluente, et depuis six semaines une des infirmières a présenté quelques lumeuis semblables qui ont débuté par le dos de la main et qui aujourd’hui sont disséminées sui; le reste du corps, tandis qu’une autre fille de service qui avait des rapports moins fréquents avec celte petite malade, mais qui avait 1 habitude de se faire peigner par elle, a présenté des élevures pareilles disséminées à la nuque et sur le cou. Nous pouvons du reste nous expliquer facilement ce mode de contagion à l’aide des spores du crvptogame que nous avons découvert dans celte alléelion, et nous aurions pu même à ce litre ranger l’acné varioliforme dans la classe des maladies parasitaires, si nous ne l’avons pas fait, c’est uniquement pour ne pas scinder la description des affections des follicules sébacés.
Traitement. ~ be Irailemenl de l’acné varioliforme doit être préventif d’abord, et pour cela il faut ebereber à isoler les malades qui en sont atteints, et principalement quand ce sont des enfants, c’est, en elTet, dans le jeune âge ipie la
acné.
contagion paraît avoir le plus d’activité. Si les tumeurs sont rares et disséminées, le traitement le plus simple consiste à inciser le sommet de chacune d’elles avec la pointe d’une lancette, et à exercer une certaine pression pour en faire sortir le follicule en entier; il est rare de voir la tumeur se reproduire après cette petite opération. Cependant on conçoit que ce traitement, purement chirurgical, ne pourrait être mis en œuvre quand les tumeurs sont confluentes et répandues sur une grande partie du corps. On peut alors recourir avec succès à l’emploi de lotions excitantes ou astringentes. L’alcoolat de mélisse ou de lavande, les solutions concentrées d’alun, réveillent la contractilité du follicule et lui donnent une énergie plus grande pour expulser la matière sébacée. On obtient le même résultat en badigeonnant les parties malades avec de la teinture d’iode. M. Cazenave conseille l’usage des lotions ammoniacales, et M. Bazin l’emploi des lotions alcalines. Enfin , on a encore préconisé les lotions avec l’buile de cade ou les frictions avec des pommades irritantes, celles qui ont pour base l’iodure de soufre ou les sels mercuriels. Nous avons souvent employé avec succès ces derniers agents médicamenteux ; par eux on obtient facilement l’inflammation du follicule et une suppuration qui entraîne à sa suite la guérison de la tumeur. Chez la malade que nous avons en ce moment dans nos salles, nous employons une pommade au proto-iodure de mercure à faible dose {axonge, ZQ grammes ; proto-iodure d'hydrargyre, 1 gramme)-, aussi nous n’obtenons pas de suppuration, mais sous l’influence de
ce traitement les tumeurs rougissent, s’affaissent, et, en résumé, si la guérison n’est pas encore complète, les résultats sont du moins fort encourageants.
MALADIES cutanées ACCIDENTELLES.
3° Acné sébacée fluente.
Celle variélé d’acné esl caraclérisée par une hypersécrélion de la malière sébacée qui s’épanche au dehors el forme une couche luisanle à la surface de la peau ; en môme lemps la coloralion de ce dernier organe esl plus vive, son épaisseur paraîl augmenler el les orifices héanls des follicules permellenl assez souvenl d’apercevoir à l'ouverlure une goullelelle huileuse. Celle sécrélion, du reste, ne s’accompagne ni de cuisson, ni de démangeaison; ordinairement elle est assez active, car si l’on essuie la partie qui en est le siège, peu de lemps après elle redevient luisanle par le dépôt d’une nouvelle couche sébacée.
L’acnésébacée fluente siège ordinairement au visage; quelquefois elle est bornée au front ou aux ailes du nez, et toujours dans ces points elle présente une intensité plus grande; on peut cependant la rencontrer partout ailleurs, sur le tronc, sur les membres ou sur le cuir chevelu, et on l’a même vue envahir le corps entier. Chez quelques malades elle existe seule, mais habituellement elle accompagne les autres variétés d’acné, l’acné ponctuée, l’acné simple ou indurée. Chez certains sujets, l’acné sébacée fluente est pour ainsi dire congénitale et paraît liée à un état particulier de la peau, chez d’autres elle survient accidentellement, elle présente alors assez souvenl une marche chronique et se prolonge ordinairement pendant longtemps.
Le diagnostic de cette affection est facile. En effet, il n’y aura pas lieu de confondre cette couche grasse répandue à la surface de la peau avec la sécrétion de la sueur, qui est plus séreuse, plus aqueuse, et qui n’olfre jamais ce caractère huileux qu’on rencontre dans l’acné.
Nous n’insisterons pas davantage sur le diagnostic difîé-
ACNÉ. loi
renliel à établir entre l’acné sébacée flnenle et l’eczéma, en effet, dans cette dernière affection, la peau présente une rougeur ponctuée, une desquamation spéciale, et la sécrétion plastique tendant à se concréter ne ressemble en rien à la matière sébacée.
Le pronostic n’offre aucune gravité, si l’on considère l’influence que cette affection peut avoir sur la santé générale; mais il est plus sérieux, si l’on examine les chances de guérison, les ressources de la thérapeutique étant presque toujours incertaines et la maladie résistant souvent avec opiniâtreté aux médications les plus diverses.
h' étiologie Aq CQÜG. affection est assez obscure; nous savons seulement qu’on l’observe surtout chez des sujets d’un tempérament lymphatique ou lymphatico-bilieux, et qui présentent déjà de l’acné ponctuée. Également fréquente dans les deux sexes, les jeunes sujets y sont plus exposés que les enfants et les vieillards. Nous ajouterons qu’une disposition particulière de la peau, dont l’épaisseur est augmentée et dont les follicules sont développés et entr’ouverts, parait certainement prédisposer à l’hypersécrétion de l’humeur sébacée.
Le traitement consiste surtout dans l’emploi des médicaments astringents : ainsi, les sels de plomb, l’alun, le tannin, soit en solutions, soit incorporés à l’axonge, les pommades avec les sels de fer et surtout avec le peroxyde, suffiront quelquefois à produire la guérison. Toutefois, si ces moyens sont insuffisants, il faut recourir aux agents substitutifs et déterminer dans la peau une inflammation assez vive pour modifier complètement la structure des glandes ; on emploie les préparations sulfureuses, les pommades à base de sels de mercure, et surtout le proto-iodure, le bi-iodure, l iodure de chlorure mercureux, à doses tantôt faibles et tan-
lôL plus (bries. Souvent, il est vrai, tous ces moyens Ihérapeutiques ne tlonnenl qu’un soulagement momentané et l’affeclion récidive sitôt qu’on cesse leur emploi. Dans certains cas, on a été plus heureux en dirigeant des douches de vapeur d’eau sur les parties malades. Les douches d’eaux sulfureuses, les eaux de Ludion, celles d’Uriage, ont donné quelquefois d’excellents résultats ; mais en première ligne nous placerons les eaux de Louesche qui, comme nous l’avons déjà dit, ont pour propriété principale de déterminer à la peau, une poussée érythémateuse qui agit dans le même sens que les préparations substitutives.
4“ — Acné sébacée concrète.
Dans cette variété d’acné, la matière sébacée est versée à la surface de la peau comme dans la variété précédenlCj mais, au lieu de s’y répandre sous forme de couche liquide et huileuse, elle s’y concrète en plaques solides dont l’étendue et la coloration sont très variables. En effet, tandis que quelquesunes de ces croûtes présentent une étendue qui ne dépasse pas un ou deux centimètres, on en voit d’autres qui couvrent toute une région. La coloration de ces taches n’est pas moins variable; ordinairement jaunâtre, elle peut être grise ou brune, quelquefois même noire, la peau offrant alors un aspect denigrilie partielle. Si l’on gratte ces croûtes avec 1 extrémité de l’ongle, on parvient assez facilement à lesdétacherj et l’on obtient une matière molle, ciriforme, susceptible de se malaxer, et qui n’est qu’un mélange de matière sébacée et de cellules épidermiques; Nous insistons avec raison sur la facilité avec laquelle on peut pétrir ces croûtes,' car c’est un caractère qu’on ne Irouve ni dans les croûtes de l’eclbyma, ni dans celles de l’impétigo.
- Dans cette allection la peau ne présente jamais la moindre
ACNK
apparGnce d’ulcération, sa coloration parait seulement augmentée, et les orifices des follicules sébacés sont entr’ouverts et élargis, de manière à permettre d’apercevoir la face interne de leur cavité; cette disposition se rencontre surtout lorsque les produits de sécrétion les plus récents, ayant déjà contracté des adhérences avec les produits plus anciens versés à la surface de la peau, sont enlevés avec ces derniers.
Cette. variété d’acné siège le plus ordinairement à la figure, et son étendue y est quelquefois telle qu’elle forme un véritable masque ; le plus souvent, toutefois^ elle occupe un siège limité, le front ou les ailes du nez. Du reste, on peut la rencontrer partout ailleurs, sur le tronc, sur les membres, sur les mains ; nous en avons même observé dans la paume de la main, et c’est un fait qui mérite notre attention ; en effet, les anatomistes n’ont pas trouvé de follicules sébacés dans cette région, et pourtant l’existence de cette variété d’acné implique nécessairement celle des glandes sébacées. Peut-être serait- il plus vrai d’admettre pour cette région, que chez certains sujets les follicules sébacés peuvent manquer, que chez d’autres ils sont moins développés que partout ailleurs, mais qu’en certains cas leur sécrétion peut être activée de manière à constituer un véritable état pathologique. L’acné sébacée concrète se manifeste encore assez fréquemment au cuir chevelu, où elle se présente sous forme de plaques grisâtres qui agglutinent les cheveux. Il est probable que dans la plique polonaise, affection dans laquelle, les cheveux baignés d’une sécrétion visqueuse forment un mélange inextricable, l’altération des follicules sébacés constitue un des principaux éléments de la maladie.
L’acné sébacée concrète est rarement accompagnée de cuisson et de démangeaison, quelquefois cependant, quand on . détache les jilaques, il se produit une douleur assez vive.
lo/l MALADIES CLTANÉES ACCIDENTELLES.
Nous rappellerons même ici l’observation crime jeune malade que nous avorrs soignée il y a quelques années, et qui souffrait tellement après l’enlèvement des croûtes qu’elle a préféré quitter l’iiôpital plutôt cjue de se soumettre à une nouvelle ablation de la croûte, ablation qui était nécessaire pour l’ap. plicalion des moyens thérapeutiques. C’est dans ces cas surtout que la guérison est difficile, que la maladie prend une marche chronique, et qu’on la voit se perpétuer pendant des mois et pendant des années.
Le diagnostic de cette affection est assez facile, si l’on se rappelle que son caractère principal est de présenter des croûtes molles, ciriformes, peu adhérentes à la peau et faciles à détacher. Toutefois, il n’est pas rare de voir méconnaître sa véritable nature. C’est ainsi que chez un malade que nous avons observé récemment, et qui nous avait présenté une coloration noire des plaques très prononcée, on avait diagnostiqué une pellagre. Plus souvent cette sécrétion concrète a été prise pour un cancroïde de la peau, pour un noli me tangere, et nous avons vu parfois appliquer, pour la détruire, des caustiques assez énergiques. Enfin cette acné se différencie de l’eczéma et de l’impétigo par d’importants caractères : elle n’est pas, comme ces dernières affections, précédée d'une sécrétion séreuse ou séro-purulente, elle n’est jamais accompagnée d’ulcération, et son produit de sécrétion mollasse, ciriforme, onctueux, peut se malaxer facilement et se pétrir en petites houles, résultat qu’il est impossible d’obtenir avec les croûtes d’impétigo.
Relativement au pronostic, il en est de l’acné concrète comme de l’acné fluente : elle ne porte aucune atteinte à la santé générale, mais sa marche est chronique et sa guérison difficile.
Étiologie. — A l’inverse de l’acné sébacée Iluente, c’est
ACNli.
surtout dans la vieillesse que celle affection se rencontre. Ainsi il n’est pas rare d’observer chez les vieillards des taches grisâtres, sèches, adhérant fortement à la peau et envoyant même dans les follicules des prolongements qui ressemblent a des racines. L âge adulte, la jeunesse, l’enfance, quoique moins exposés à cette affection, n’en sont cependant pas à l’abri ; du reste, elle existe rarement seule et presque toujours elle n’est qu’une complication des autres variétés d’acné
Le traitement de l’acné sébacée concrète repose sur les mêmes indications que celui de l’acné sébacée fluente. Cependant, avant d’appliquer les agents thérapeutiques, il faut commencer par faire disparaître les taches et les enlever au moyen de lotions savonneuses. On pratique ensuite des lotions astringentes et des onctions avec des pommades de même nature. La pommade au paroxyde de fer est celle qui nous a donné les meilleurs résultats. Enfin, comme dernière ressource, on peut employer les agents modificateurs de la peau, et, en particulier, les pommades mercurielles', les douches de vapeurs, les eaux sulfureuses et les eaux de Louesche.
5“ — Acné sébacée cornée.
Celte variété d’acné est moins connue encore que la précédente. Décrite pour la première fois il y a quelques années par M. Cazenave, son histoire n’est cependant pas encore à l’abri de toute obscurité.
Celte affection se présente sous forme de saillies jaunâtres, grises ou noires, acuminécs, et donnant au toucher la sensation d une râpe ou d’une brosse; en pressant à la base de ces petites tumeurs, on les fait saillir davantage, parfois même on les expulse, et l’orifice béant du follicule sébacé montre assez quel a été leur mode de production et à quel endroit elles étaient implantées. On rencontre indifférem-
106 MALADIES CUTAÎNÉES ACCIDENTELLES.
menl celle alléralion des follicules sur loules les régions
du corps, sur le l'ronl, sur le nez, sur le Ironc ou sur les
membres, el ces pelilcs tumeurs, tanlOl réunies en groupes
ou tantôt disséminées, n’occasionnent jamais ni cuisson ni démangeaison, et constituent plutôt une infirmité qu’une véritable maladie. Leur marche est, en outre , excessivement chronique, et la sécrétion cornée peut persister des mois et des années, si un traitement convenable ne vient la modifier.
Le diagnostic de celle alVeclion est assez facile. Cependant on pourrait la confondre avec \ç pihjriasis pilaris et avec une variété de scrofulide que nous avons décrite sous le nom de scrofulide cornée.
Le pityriasis pilaris est caractérisé par une hypertrophie des follicules pileux qui font saillie comme dans la chair de poule. Ces saillies sont toujours traversées par un poil et recouvertes d’iine squame sèche, adhérente, mais qu on parvient cependant à détacher. Ces caractères, comme on le voit, diflèrent assez de ceux que nous avons assignés a 1 acné sébacée cornée; maislediagnoStic sera encore rendu plus facile par la présence d’un psoriasis palmaria et plantaria, affections que jusqu’ici M. Devergie et moi nous avons vues constamment accompagner le pityriasis pilaris.
11 est une affection plus rare dont il ne nous a été donné jusqu’ici d’observer qu’un seul exemple, mais que M. Cazenave a rencontrée plusieurs fois, et qu il a confondue a toit avec l’acné sébacée cornée. Dans celle affection, la peau est hérissée de surfaces inégales et rugueuses, en lorme de pointes comme dans l’acné cornée; mais, au lieu d’avoir sa coloration normale, la surface tégumentaire présente une coloration violacée et forme une saillie légère qui plus tard est remplacée ]iar un travail atrophique, aiuiuel succède une véritable cicatrice. D’après M. Cazenave , cette aiïeclion ne
ACNÉ.
serait qu’une variété d’acné^dans laquelle la matière cornée aurait déterminé par une véritable pression mécanique une atrophie de la peau ; mais nous ferons observer que les follicules font saillie au dehors, et conséquemment n’exercent aucune pression sur le tissu cutané, que cette affection a toujours été observée chez des sujets scrofuleux ou lymphatiques, et qu’il est beaucoup plus simple d’admettre que c’est une des variétés de la scrofule. Pour nous, c’est donc une scrofulide érythémateuse venant compliquer l’acné sébacée cornée et parcourant toutes ses phases d’évolution indépendamment de l’affection première.
Le pronostic de l’acné sébacée cornée n’offre aucune gravité.
Le traitement exige au début l’emploi des préparations émollientes, tataplasmeS ou bains généraux, après quoi l’on recourt aux préparations substitutives. On détermine de cette façon dans les parois des follicules un certain degré d’excitation, parfois même Unfe Véritable inflammatidrJ; ,à la stiite de laquelle ils reviennent à l’état normal. Les moyens locaux seuls peuvent produire ht guérisbii, et le traitement général né joue qü’uii rôle accessoire; toutefois, s’il y avait complication d’état lymphatique, on pourrait conseiller avec succès l’usage des sulfureux et des autres préparations qu’on emploie avec avantage dahs la Scrofule.'
Eri terminant l’bistoire de Cette variété d’acné, nous vous rappellerons que Vous avez pu récemment vérifier l’exactitudë de notre description, sur une jeune fille de quinze ans entrée dans hds salles pour s’y faire traiter de celte affection. Elle portait depuis quelques semaines, aux fesses et sur les deux épaules, de petites saillies jaunâti'eS, légèremeht acumiiiées, d’uti volume variable entre celui d’un grain de millet et celui d’une grosse tête d’épingle^ et donnant au toucher
108 MALADJES CUTANÉES ACCIDENTELLES,
un aspect râpeux et corné. Nous^ui avens administré d’abord quelques bains simples, après quoi nous avons fait pratiquer malin et soir des frictions avec une pommade légère au biiodured’hydrargyre (axonge, 30 grammes, bi-iodure, Os^SS). Sous l’influence de ce traitement, la peau a pris une teinte plus rouge, les follicules se sont vidés, et la malade a pu sortir parfaitement guérie après un mois de séjour à l’hôpital.
§ II. — Espèces d’acné dues d une inflammation des follicules.
Nous étudierons sous ce litre \acné simple et Vacjié indurée ou tuberculeuse, et comme ces deux variétés entraînent quelquefois à leur suite la dilatation des capillaires ou l’hypertrophie des tissus sous-jacents , nous rangerons sous le même chef Vacné rosacée et Xacné Injpcrirophique.
1“ — Acné simple.
Vacné simple (acné simplex) se présente à l’état le plus rudimentaire sous forme de petites pustules ayant à peine le volume d’une tête d’épingle et entourées à leur base d’une auréole rouge qui ne forme pas de saillie ; ne s’accompagnant, du reste, d’aucune démangeaison et présentant à peine une légère euisson ou une légère sensation de chaleur, elles parcourent en quatre ou cinq jours leur période d’évolution ; il ne reste alors après leur rupture qu’une tache d’un rouge assez vif qui est quelquefois assez lente à disparaître; puis de nouvelles pustules se développent, et leur mélange avec les taches donne à la peau un aspect tout particulier. Dans quelques cas, la pustule ne suit plus une marche aussi simple, elle est plus volumineuse et présente à sa base une légère saillie d’une coloration rouge assez vive , espèce de tubercule qui persiste huit ou quinze jours après 1 affaissement de la pus-
ACNÉ.
Iule, elcjui est quelquefois remplacé par une petite cicatrice. On pourrait regarder cette variété d’acné comme formant une sorte de transition entre l’acné simple et l’acné indurée.
L’acné simple se rencontre souvent au visage, où elle affecte une sorte de prédilection pour le front et les tempes; mais elle est également fréquente sur le tronc, entre les épaules et à la partie antérieure de la poitrine ; elle est beaucoup plus rare sur les membres. Dans certaines circonstances cette affection paraît être sous l’influence de la puberté-, aussi sa fréquence, plus grande dans la jeunesse , lui a-t-elle fait donner dans ces cas le nom d’acnc juvenilis.
2* — Acné indurée.
L’acné indurée ou tuberculeuse [acné indurata) présente exagérés tous les caractères que nous avons décrits dans la variété précédente. Elle débute par une saillie d’un rouge violacé, d’un volume variable, et dont le sommet ne tarde pas à être envahi parla suppuration. Cette pustule, à base foi tement induree, reste ordinairement stationnaire pendant quelques jours ; mais quand elle a parcouru ses phases d’évolution, elle laisse à sa place un engorgement plus ou moins considérable qui peut être lent à disparaître, et auquel succédé 01 dinaii ement une cicatrice indélébile, assez semblable à celle des pustules de variole-, dans certains cas môme cette cicatrice est triangulaire èt offre de la ressemblance avec celle des piqûres de sangsues. Outre ces tuberbules, on voit souvent paraître à la peau de petites tumeurs violacées qui , dans l’espace de dix à quinze jours, peuvent acquérir un volume qui varie entre celui d un pois et celui d’une noisette. Ordinairement indolentes, ces tumeurs sont mollasses et pré-
MALADIIÎS CUTANÉES ACCIDENTELLES.
sentent une fluctuation obscure-, en les incisant avec la pointe tl’une lancette, il s’en écoule une matière jaunâtre, crémeuse, épaisse, assez analogue au bourbillon des furoncles; si on les laisse suivre une marche naturelle, leur ouverture peut se faire spontanément ; mais dans certains cas les produits morbides se résorbent, la tumeur s’affaisse, et il en résulte plus tard une véritable cicatrice par suite de la perle de substance qu’a éprouvée le tissu cutané.
Il est rare de rencontrer isolées sur un même sujet l’acné simple ou l’acné indurée; presque toujours, en effet, ces deux affections existent simultanément, et souvent même d’autres variétés d’acné viennent les compliquer. Elles produisent alors par leur réunion une véritable difformité des parties qui en sont le siège, et peuvent être pour les malades une source réelle d’affliction. Du reste, à part les désagréments qu’entraîne l’altération du visage, elles ne causent aucune sensation douloureuse, et c’est à peine si, dans les cas les plus graves, une légère cuisson vient annoncer la formation du pus.
3” — Acné rosacée.
L’acné rosacée [acné rosacea) qu'on a encore désignée sous les noms de couperose, A'acné értjthémateuse, est caraclérisée par des taches d’une étendue variable et dont la coloration rouge ou violacée présente presque toujours un aspect marbré. Les parties malades présentent, en outre, cà leur surface, dans la plupart des cas, tantôt une desquamation épidermique, tantôt une éruption de pustules d’acné simplex. Cette dernière coïncidence est môme assez fréquente pour que les médecins de l’école de Willan aient cru devoir ranger cette maladie dans les affections pustuleuses; mais s’il arrive parfois que les taches rouges ou violettes qui rem-
ACNÉ. 'H1
placent les pustules d’acné simplex, persistent et s’agrandissent au point de former de véritables placjues d’açné rosacée, dans d’autres cas la maladie débute différen^nent : les plaques rouges se produisent insensiblernent, augmentent peu à peu d’étendue, et peuvent même s’accompagner de dilatations vasculaires, véritables varices des vaisseaux capillaires superficiels. Du reste, cette bypertropbie vasculaire existe dans presque tous les cas, mais à un degré fort variable, et cette coïncidence presque constante a même porté quelques médecins à regarder l’altération vasculaire comme le point de départ del’afléclion.
L’acné rosacée siège exclusivement à la figure. Bornée au nez dans quelques cas, elle peut affecter isolément le front, le menton, les joues, mais il n’est pas rare de la voir envahir le visage entier. C’est surtout lorsque son étendue est considérable, qu’elle se complique d’éruptions pustuleuses ou d’arborisations vasculaires du tissu cutané. Jamais dans ce cas cependant les parties n’augmentent de volume, et le tissu cellulaire ne prend pas part au gonflement. Cette affection a une tendance extrême à suivre une marche chronique, et sa durée est souvent fort longue, quelquefois pouir tant elle disparaît spontanément. Son seul inconvénient est d’être une cause de difformité, mais chez quelques sujets les plaques rouges sont le siège d’une légère sensation de chaleur, et parfois même d’une véritable cuisson.
4° — Acné hypertrophique.
Les diverses variétés d’acné que iious venons d’étudier, déterminent à la peau, chez certains sujets, par suite des fluxions sanguines (ju’elles occasionnent, un accroissement qui devient surtout manifeste en certaines régions; il en
dl2 MALADIES CUTANÉES ACCIDENTELLES.
résulte une nouvelle affection qne nous avons désignée sous le
nom à! acné hyper ti'ophique .
Le caractère de cette affection, c’est de présenter des tumeurs rouges ou violacées, surmontant une peau épaissie, rugueuse, inégale, et accompagnées d’une acné sébacée Iluente qui donne à toutes ces parties un aspect luisant et onctueux. Ces tumeurs présentent, du reste, un volume fort variable ; souvent sessiles et quelquefois pédiculées, irrégulièrement disséminées ou réunies en groupes, de manière à couvrir toute une région, elles peuvent ne pas dépasser la grosseur d’une noisette, comme elles peuvent acquérir un volume double de celui du nez. C’est, en effet, le nez qui est leur siège de prédilection, et là, tantôt elles s’y développent d une manière inégale et lui donnent un aspect bourgeonnant, tantôt elles l’bypertrophient régulièrement dans toute son étendue en ne faisant qu’augmenter son volume. Les autres parties du visage ne sont cependant pas à l’abri de cette affection, ainsi on la rencontre quelquefois sur les joues et plus rarement sur le front. Du reste, à part les difformités qu’occasionne l’acné hypertrophique et sa tendance extrême à passer à la chronicité, nous ne pouvons que répéter ici ce que nous avons dit des autres variétés d acné, c est qu elles ne déterminent aucun phénomène general et qu on pourrait les prendre comme type des maladies cutanées locales.
Marche. — La marche de l’acné est intéressante à étudier. En effet, elle se compose d’une série de phénomènes aigus qui, se produisant successivement, donnent à la maladie un caractère chronique. Ainsi les pustules parcourent leur période d’évolution en quatre ou cinq jours, les tubercules en demandent de huit à quinze pour arriver à terminaison, de telle
acnk
sorte que cliacune de ces lésions élémentaires suit une mar-^ che aiguë, mais à peine une éruption a-L-elIe disparu qu’il survient une poussée nouvelle, et, en déQnitive, la maladie, a ordinairement une durée fort longue,
La marche de la maladie est donc essentiellement chronique, et à côté de cicatrices anciennes on voit s’élever des tumeurs de nouvelle formation. C’est môme à la suite de plusieurs éruptions successives, que la peau et le tissu cellulaire sous-cutané s’hyperlrophient, et que les dilatations vasculaires apparaissent.
Dans certains cas cependant, il s’établit une rémission dans les symptômes, et la maladie est susceptible de se terminer spontanément. C’est ainsi que l’acné juvénilis n’a généralement qu’une durée éphémère et disparaît sans aucun traitement. Mais au fur et à mesure qu’on avance en âge, l’acné est plus tenace et sa disparition spontanée est plus rare; généralement, cependant, elle guérit à l’approche de la vieillesse, à moins toutefois qu’elle ne soit compliquée d’hypertrophie des tissus ou de dilatation vasculaire.
Du reste, l’acné est une affection très sujette à récidive, et il est facile de le comprendre, en considérant l’opiniâtreté avec laquelle elle résiste à tous les moyens thérapeutiques.
Diagnostic. — Le diagnostic de l’acné est généralement facile à porter ; les affections avec lesquelles on pourrait la confondre et dont nous chercherons à la distinguer, sont : l’ecthyma, l’impétigo, l’eczéma, le pityriasis, la syphilide pustuleuse acniforme et les tubercules syphilitiques.
L’ecthyma diffère de l’acné par d’importants caractères; en effet, au lieu d’être petites et acuminées, ses pustules sont larges et aplaties, entourées d’une auréole rose, et ja-
HARDY. 8
l'U Maladies cutanées accidentelles.
mais elles ne présentent à leur hase cet engorgement qui existe presque constamment dans l’acné.
L’impétigo est caractérisé par des pustules qui ne reposent jamais sur une base indurée et qui, loin d’être isolées et indépendantes comme dans l’acné, se réunissent en groupes de manière à se confondre; en outre, il se produit après la rupture de la pustule un suintement et des croûtes jaunâtres, épaisses, qui n’existent jamais dans les affections des follicules sébacés.
L’eczéma et l’acné rosacea pourront quelquefois donner lieu à des difficultés de diagnostic; dans ces deux affections, en effet, il y a de la rougeur et de la desquamation, mais tandis que ce dernier caractère est très peu marqué dans l’acné, il est très apparent dans l’eczéma ; cette affection eczémateuse est, en outre, le siège d’une sécrétion séreuse qui manque toujours dans l’acné; enfin l’eczéma peut se rencontrer sur tous les points du corps, tandis que l’acné rosacea siège exclusivement au visage.
Le pityriasis n’est pour nous qu’une des périodes de l’eczéma; quand il siège à la face, on pourra donc le prendre quelquefois pour une acné rosacée ; mais, outre que la marche des deux affections n’est pas la même, on ne trouve pas dans le pityriasis une teinte aussi violacée des téguments ni cette dilatation vasculaire qui accompagne si fréquemment l’acné.
De toutes les affections susceptibles d’être confondues avec l’acné, les affections syphilitiques sont celles qui présentent le plus de difficultés dans le diagnostic. En efiet, dans la syphilide pustuleuse acniforme, il existe des pustules avec eno-oro-ement à la base et coloration violacée des tissus, de telle sorte que ces caractères lui sont communs avec l’acné simple et l’acné indurée. 11 faut alors, pour fixer le diagnostic, examiner le siège de l’éruption : or, tandis que l’affection sy-
ACNÉ.
philitiqiie occupe surtout les membres supérieurs on inférieurs, l’acné affecte pour la tête et pour le tronc une sorte de prédilection. Si, malgré cela, l’embarras persistait, il faudrait, pour reconnaître la cause spécifique, interroger le malade et aller à la recberebe d’autres accidents syphilitiques concomitants qui font rarement défaut.
Les tubercules syphilitiques pourront quebjuefois être pris pour de l’acné indurée, mais, outre la tendance extrême qu’ils ont à s’ulcérer et la différence de siège, on observe presque toujours alors des phénomènes concomitants qui mettent aisément sur la voie du diagnostic.
D’une manière générale, nous pouvons dire, pour nous résumer, que le diagnostic de l’acné sera rendu d’une facilité extrême par la considération du siège de l’éruption. Il ne faut jamais oublier que l’acné siège presque exclusivement sur le tronc et sur la figure, qu’elle existe quelquefois sur les épaules et sur les cuisses, mais qu’elle est extrêmement rare sur les jambes et les avant-bras.
Pronostic. — L’acné est une maladie cutanée accidentelle, et qui jamais ne produit aucun trouble dans la santé générale; cependant, si l’on considère qu’elle siège de préférence à la figure où elle est une cause puissante de difformité, surtout chez les femmes, et qu’elle offre une grande ténacité aux moyens qu’on emploie pour la combattre, on concevra l’affliction qu’éprouvent les personnes qui en sont atteintes et le violent désir qu’elles ont de s’en débarrasser.
Etiologie. — Les causes de l’acné sont intéressantes à étudier, et elles vont être pour nous le sujet de considérations importantes, qui peuvent d’ailleurs s’appliquer, pour la plupart, à toutes les variétés de cette affection.
\\Q MALAniES CUTANÉES ACCinENTELLES.
Il est manifeste pour nous que certains sujets sont naturellement prédisposés à toutes les affections des follicules sébacés. Chez eux, les orifices des follicules sont élargis et entrouverts, et la peau épaissie est incessamment lubréfiée par une sécrétion continuel e qui se rapproche de celle qu’on observe dans l’acné sébacée fluente. La plupart des malades présentent, en outre, presque tous les attributs du tempérament lymphatique. Est-ce un motif suffisant pour admettre avec M. Bazin que l’acné est toujours d’origine scrofuleuse? Nous ne le pensons pas, car on peut avoir un tempérament lymphatique sans être atteint de scrofule, et d’ailleurs, si l’acné se montre de préférence chez les sujets lymphatiques, on la voit quelquefois s’implanter sur les meilleures constitutions.
Tous les âges sont exposés aux affections des follicules sébacés, cependant les enfants y sont moins sujets, et chez eux l’acné prend surtout la forme d’acné sébacée fluente, d’acné concrète ou d’acné cornée; l’acné inflammatoire paraît être le privilège de l’adolescence, l’age mûr présente l’acné indurée et l’acné rosacée, tandis que la vieillesse favorise la production de l’acné hypertrophique et même de l’acné sébacée concrète.
Il est difficile de savoir si l’acné est plus fréquente chez l’homme que chez la femme ; il faudrait, pour résoudre cette question, un nombre de faits plus considérable que celui que nous possédons. Cependant, s’il nous paraît que certaines espèces d’acné se développent également dans les deux sexes, nous croyons que l’acné rosacea est plus fréquente chez la femme, tandis que l’acné hypertrophique semble l’apanage exclusif du sexe masculin.
A l’étiologie de l’acné se rattache une question qui a été résolue dilléremment par la plupart des médecins, celle de
ACNÉ.
savoir si celte affeclion est idiopathique ou si elle est constamment liée à une lésion fonctionnelle ou organique. Suivant quelques pathologistes, l’acné simple, l’acné indurée et l’acné rosacée sont toujours sous la dépendance de troubles gastro-intestinaux chez l’homme, et sont souvent liées à un dérangement de la menstruation chez la femme. Nous avons cherché à élucider cette question en interrogeant avec soin tous les malades sur leur santé habituelle, et nous devons dire que, dans la plupart de nos observations, les fonctions menstruelles s’exécutaient avec une régularité parfaite, et que l’état des digestions ne laissait rien à désirer. Il est facile de s’expliquer l’erreur où sont tombés les médecins qui professent une opinion contraire, par cette seule considération de la fréquence des troubles menstruels et des dérangements digestifs, mais si, au lieu d’une simple coïncidence, il y avait là une relation de cause à effet, la maladie devrait disparaître avec la cause qui lui a donné naissance ; or, et ceci suffit pour montrer que celle assertion est erronée, le rétablissement de la menstruation et le retour des digestions faciles n’apportent aucune modification dans la marche de l’acné et ne diminuent en rien son intensité.
Les troubles de la circulation exercent sur la production de l’acné une influence qui n’a pas été remarquée par la plupart des auteurs, mais qui nous paraît beaucoup plus réelle et beaucoup plus efficace que les causes précédentes. En effet, il est très commun d’observer une recrudescence dans les éruptions d’acné chaque fois qu’on abuse des excitants du système circulatoire ; ainsi l’alcool et le café pris en excès déterminent une congestion sanguine vers la tète, et par suite un redoublement dans l’intensité de l’affection. Les femmes couperosées accusent souvent des bouffées de chaleur à la face et éprouvent un froid aux pieds presque continuel, ce
qui semble indiquer que le sang abandonne les extrémités pour se porter vers les parties supérieures du corps.
Les liqueurs fortes sont accusées par quelques médecins, et surtout par le public, d’étre une cause puissante de production d’acné. Sans mériter tous les reproches que l’on fait peser sur elles, il faut avouer cependant qu’elles exercent une influence incontestable par suite de l’impulsion qu’elles impriment au mouvement circulatoire ; et sans accuser d’excès alcooliques tous les malades, il nous paraît cependant certain que l’acné byperlropbique, qui détermine un bourgeonnement du nez si caractéristique, se rencontre plus particulièrement chez les ivrognes. Du reste, on conçoit facilement que les congestions répétées vers la tête entraînent à la longue des dilatations vasculaires qui ne peuvent plus s’effacer, et il est impossible de ne pas reconnaître que l’abus des liqueurs fortes entretient et exaspère la maladie lorsqu’elle est déclarée.
La continence a été signalée comme une cause active du développement de l’acné. Cette influence de la fonction spermatique sur les affections des follicules sébacés ne nous paraît pas dénuée de tout fondement. En effet, il est digne de remarque que l’acne juvendis se rencontie suitout chez les jeunes gens de quinze à dix-huit ans, alors que la discipline du collège met un Irein a leurs passions, et que cette affection disparaît quand ils sont livrés à eux-mêmes, mais qu’elle persiste plus longtemps chez ceux qui continuent cà être retenus, par exemple chez les jeunes sujets qui se destinent à l’état ecclésiastique.
Quelle conclusion pouvons-nous tirer des faits que nous avons passés en revue et des opinions que nous avons discutées? C’est que l’acné, loin d’être une maladie générale et diatbésique, constamment liée a un trouble de 1 économie.
ACNÉ.
est une affection locale et accidentelle, et qui paraît dépendre d’un vice particulier des follicules sébacés. Nous ajouterons que toutes les causes qui amènent une congestion sanguine vers la face nous ont paru avoir une influence réelle sur le développement de cette maladie.
Traitement. — Depuis quelques années le traitement de l’acné a fait de grands progrès. En effet, si l’on consulte les travaux sur les maladies cutanées de 3IM. Rayer, Gibert, Cazenave et Scbedel, Devergie, on voit que les moyens thérapeutiques qu’ils employaient contre l’acné se réduisent à de simples règles hygiéniques : régime doux et modéré, abstention des alcooliques et de toutes sortes d’excitants, rétablissement de la menstruation et des fonctions digestives ; ces moyens constituaient tout le traitement, et l’affection suivait fort tranquillement.sa marche.
Aujourd’hui , grâce à l’idée que nous avons eue de considérer l’acné comme une affection locale , nous pouvons espérer, dans le plus grand nombre des cas, une guérison radicale en employant les préparations substitutives, comme nous le faisons chaque jour avec succès. C’est en employant des pommades irritantes que des empiriques obtiennent de temps en temps de véritables succès dans la cure de cette affection. Aucune de ces préparations ne possède de spécificité contre l’acné et il en est de même de l’iodure de chlorure mercureux, qui, d’après M. Rcchard, exerce sur les follicules une sorte d’action élective; en effet, nous obtenons les mêmes résultats avec les autres préparations d iodure de mercure, et dans tous les cas, nous pouvons pai ffiitomeiit nous expliquer leui’ action tbérapeuli(|ue, par l’irritation qu’elles déterminent à la peau et qui précède toujours l’amélioration : c’est là ce qui constitue une véritable
MADADIES CUTANÉliS ACCIDICNTELLES.
niédicalion subslilulive. En elïet, une aiïection chronique sans tendance à la guérison se trouve remplacée par une inflammation artificielle, simple, et qui doit disparaître spontanément dès que l’elTet irritant de la pommade est épuisé.
Lorsqu’il s’agit d’entreprendre le traitement d’une acné, il faut d’ahord éloigner toutes les causes qui peuvent entretenir l’alfection, ainsi : les boissons excitantes, les aliments épicés, les émotions vives, toutes causes qui produisent un afflux sanguin vers la tète, seront évitées avec soin. Ensuite, si la maladie est légère et récente, on pourra, comme nous l’avons indiqué déjà, recourir à des lotions excitantes, pratiquées avec une eau aromatique, ou alcoolisée, ou légèrement ammoniacale. Nous n’aimons pas à employer les lotions d’eau froide, nous leur trouvons l’immense inconvénient de déterminer une forte réaction sur des parties déjà trop congestionnées; le liquide auquel nous donnons la préférence est ainsi composé :
Eau distillée 100 grammes.
Bichlorure de mercure 1
Alcool.. '!• s-
on en verse une cuillerée à café dans un verre d’eau tiède et on pratique des lotions malin et soir.
Les préparations astringentes, telles que les solutions concentrées d’alun, les pommades avec les sels de fer, et surtout avec le peroxyde, ont quelquefois suffi à procurer la guérison; mais, quelle que soit la préparation thérapeutique a laquelle on ait recours, on obtient un résultat plus prompt et plus favorable, en donnant des bains de vapeur ou des bains sulfureux, en dirigeant sur les parties malades des douches, soit simples, soit sullurcuses. Dans les cas plus graves et quand l’affection est tenace, les moyens que nous
ACNÉ.
venons d’énumérer sont insuffisants, c’est dans ces cas que les agents substitutifs nous ont donné d’excellents résultats, et que nous avons eu à nous louer de la révulsion que nous avions produite à la peau à l’aide des préparations mercurielles. Or trois sels de mercure ont surtout procuré des guérisons dans le traitement de l’acné et ont été employés sous forme de pommades : ce sont le proto-iodure, le bi-iodure et l’iodure de chlorure mercureux. Nous donnons la préférence aux deux premiers, à cause de la facilité avec laquelle on se les procure, et à cause du peu de constance de la composition du chlorure mercureux. Si l’aiïection est récente, il est préférable de recourir aux préparations à faible dose, qui causent toujours une douleur moins vive, on emploie alors la pommade suivante :
ÂxoDge 30
Proto-iodure de mercure. 0,10 à 0,50 ou même à 1 gramme.
Sous l’influence de cette préparation, avec laquelle on pratique une onction tous les soirs, la peau rougit, l’épiderme se fendille et il arrive, au bout d’un certain temps, que les tissus n’éprouvent plus aucune modification. Il s'est alors établi une espèce de tolérance de l’enveloppe cutanée, et si la guérison n’est pas définitive, il faut augmenter la dose du sel mercuriel. On obtient, du reste, les mêmes résultats en employant le bi-iodure à faible dose, 0s%05 à08>-,50pour 30 grammes d’axonge.
Dans certaines acnés rebelles on est obligé d’augmenter plusieurs fois la dose du sel mercuriel et on peut même employer une pommade composée de parties égales d’axonge et de bi-iodure ; 1 application d’une seule couche de cette pommade détermine une éruption artificielle de croûtes molles et jaunâtres, ressemblant assez à des croûtes d'impétigo.
122 MALADIES CUTAMiKS ACCIDENTELLES,
et pendant les premiers jours il se produit, dans la partie voisine, un afflux sanguin qui modifie profondément leur vitalité. L’emploi de ces pommades à liaute dose est surtout indiqué dans les cas d’acné tuberculeuse ou byperlropliique, car l’irritation qu’elles déterminent est toujours suivie d’une atrophie plus ou moins marquée dans la peau et dans le tissu cellulaire sous-cutané. L’iodure de chlorure mercureux n’a pas une action autre que celle que nous venons de décrire ; à faible dose, il produit simplement de la rougeur; à dose plus élevée, il détermine une éruption artificielle semblable à célle des autres préparations de mercure. Du reste, toutes ces pommades substitutives déterminent, après leur application, un sentiment de cuisson souvent fort douloureux et qui persiste pendant plusieurs heures ; si, au bout de huit ou dix jours, les parties malades ne sont pas suffisamment modiOées, on recommence une nouvelle application, en ayant soin d’augmenter la dose du sel mercuriel, si l’on s’aperçoit que la peau soit moins impressionnable.
Après l’emploi des moyens que nous venons de décrire, si la guérison se fait attendre, on obtiendra plus vite une terminaison favorable, en recourant à l’emploi des eaux minérales et en conseillant surtout celles qui produisent une forte excitation à la peau. Nous mentionnerons particulièrement les eaux sulfureuses de Baréges, de Bagnères-de- Luchon, celles d’Aixen Savoie employées en bains et en douches ; mais nous indiquerons surtout l’action salutaire -des eaux de Louesche en Suisse, qui donnent des résultats vraiment remarquables dans une foule d alfections cutanées. Leur mode d’action est le même que celui de nos pommades irritantes et substitutives ; chaque jour, en effet, le malade reste plongé cinq ou six heures dans le bain, et au bout de quelque temps il survient une véritable poussée à la peau.
l'EMPIllGL'S.
une éruption érylliénialo-pusluleuse, fjui détermine, dans les parties malades, les mêmes modifications que nos erup- ' tions artificielles.