‹ Lecons sur les maladies de la peauChapitre 35 sur 46 · Pemphigus aigu · texte numérisé non relu

Pemphigus aigu

Le pemphigus aigu nous présente deux variétés : le peniphigus des adultes et le pemphigus des nouveau-nés.

1* Pemphigus des adultes.j

Gilibert, au commencement de ce siècle, a décrit cette affection dans une monographie qui est loin de mériter tous les éloges qu’on lui a donnés. En effet, cet auteur obscurcit considérablement son sujet en émettant a diverses reprises sur les causes et sur le mode de production du pemphigus des vues plus ou moins hypothétiques; cependant il rapporte plusieurs observations intéressantes qui établissent un certain rapprochement entre cette maladie et les fièvres éruptives.

Souvent chez les adultes le pemphigus aigu est précédé de

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phénomènes généraux, tels que : malaise, courbature, céphalalgie, inappétence et mouvement fébrile plus ou moins prononcé. Ces symptômes se prolongent rarement plus de vingt-quatre heures et sont suivis de l’apparition de taches rouges, qui commencent en général à se montrer sur les membres, mais qui peuvent envahir le tronc : lepiderme se fionce insensiblement a leur surface et se soulève sous forme de bulles souvent arrondies, quelquefois ovales, ordinairement peu volumineuses. Distendues par une sérosité transparente, ces bulles se rompent ou s’affaissent sur elles-mêmes après la résorption du liquide, mais quelquefois elles n’atteignent pas un complet développement, elles s’arrêtent au milieu de leur marche et semblent avorter ; dans ces cas les caractères de l’affection se rapprochent de ceux de l’érythème papuleux.

Ordinairement une bulle ne dure pas plus de sept ou huit jours, cependant la maladie peut se prolonger pendant plusieurs mois, quand il se manifeste plusieurs éruptions successives ; il arrive alors un moment où les bulles cessant de se former, les taches disparaissent et la guérison se produit ; mais dans quelques cas malheureux les éruptions sont continues et la maladie passe à l’étal chronique.

2“ — Peraphigus des nouveau-nés.

Le pemphigus des nouveau-nés {pemphigus neo-natorum) se manifeste ordinairement au moment de la naissance ou dans les quelques jours qui la suivent. Lorsqu’il siège aux extrémités, aux pieds et aux mains, il s’annonce par un soulèvement épidermique rempli d’un liquide citrin et entoure d une coloration violacée d’une nature particulière. Ces bulles ne tardent pas à se rompre et donnent lieu à des

M.U.ADIES cutanées ACCIDENTELLES, ulcérations superficielles qui s’agrandissent par le développement de bulles nouvelles ; en même temps surviennent des phénomènes généraux d’une gravité extrême. En effet, c’est une erreur de dire que le pemphigus des nouveau-nés n’affecte que des sujets débiles et non viables; au début ces enfants présentent souvent une fort bonne constitution, mais avec la marche de la maladie toutes les fonctions se détériorent, c’est alors qu’ils maigrissent, deviennent jaunes, ridés et présentent, en un mot, l’aspect de petits vieillards ; en même temps surviennent des troubles digestifs, des vomissements, de la diarrhée et la mort ne tarde pas à arriver. Dans quelques cas, il est vrai, la guérison peut s’obtenir, la résorption du liquide s’opère et des bulles nouvelles cessent de se former.

Le diagnostic de cette affection est facile, et, au dire de tous les pathologistes, son pronostic est extrêmement grave. Toutefois, chez les enfants nouveau-nés, le pemphigus ne se présente pas toujours avec les caractères que nous venons d’indiquer ; ainsi il nous a été donné plusieurs fois d’observer, peu de jours après la naissance, une ou plusieurs bulles du volume d’un gros pois et plus, contenant un liquide grisâtre et ayant pour siège, soit le cou, soit les épaules ou la poitrine. Ces bulles se crèvent assez promptement et donnent lieu à des ulcérations très superficielles recouvertes de croûtes jaunâtres ; au bout de quelques jours la croûte elle-même se détache etjl n’existe plus qu’une petite tache violacée. Ce pemphigus, qui ressemble au pemphigus des adultes, ne s’accompagne d’aucun trouble fonctionnel spécial et se termine par la guérison, à moins de coïncidence avec une autre affection grave.

Il est donc essentiel de connaître sa bénignité et de ne pas le confondre avec le pemphigus des pieds et des mains ;

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