‹ Leçons sur les maladies des voies urinairesChapitre 18 sur 36 · DUE AU RÉTRÉCISSEMENT DE L’URÈTHRE · texte numérisé non relu

DUE AU RÉTRÉCISSEMENT DE L’URÈTHRE

Sommaire. — Progression de la stagnation, sa physiologie pathologique. — Rapport des parois vésicales avec le col vésical. — Faits de rétention prostatique concomitante.

Le rétrécissement de l’urèthre, si faible qu’il soit, détermine toujours de la stagnation d’urine. Au début, quand la paroi de l’urèthre a seulement perdu de sa souplesse, il reste en arrière de ce point malade une petite quantité d’urine. C’est là la stagnation d’urine dans l’urèthre qui augmente en raison même du degré d’étroitesse du rétrécissement, et de la dilatation en arrière, du canal qui en résulte. — Nous aurons à étudier ces faits à propos des stagnations d’urine locales. — Nous avons vu que le méat, en ne se dilatant pas avec l’âge, suffisant jusqu’à un certain degrédedéveloppementdusujet, devenait insuffisant à un certain degré de développement, et troublait les fonctions de nutrition en provoquant la stagnation d’urine. — 11 en est de même des rétrécissements congénitaux observés surtout chez les hypospades,

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et dont je vous citais un cas où les troubles de miction avec stagnation d’urine ne se sont produits qu’à l’àge de seize ans. — Dans les cas de rétrécissement acquis, c’est l’étroitesse du point de l’urèthre affecté qui, augmentant peu à peu, vient troubler la miction et provoquer la stagnation. — Pendant l’évolution du rétrécissement, quand il est encore suffisamment large pour permettre la miction normale dans la vie ordinaire, si le sujet sort de ses habitudes de sobriété, augmente dans un temps court la quantité d’urine, alors nous voyons apparaître brusquement la difficulté pour uriner. On peut même observer, dans ces cas, la rétention complète, quoique l’étroitesse réelle du rétrécissement soit faible. — Il est vrai que l’excitation générale due à l’excès de boisson provoque une irritation locale du point rétréci dont le résultat est une diminution de calibre. — Il n’est pas rare de voir tous ces troubles cesser par le repos, le régime émollient, et le sujet continue à attendre le moment où son rétrécissement sera très étroit pour se soigner.

Quand on suit l’évolution des troubles de la miction, et de la production de la stagnation d’urine chez les rétrécis de l’urèthre, on voit qu’ils urinent en faisant un effort de plus en plus grand, qui est de plus en plus permanent, pendant tout le temps de leur miction; qu’ils ne sont pas toujours longs à commencer d’uriner, l’urine entrant facilement dans le rétrécissement. Mais qu’ils sont plus longs à établir le jet d’urine, lequel n’est maintenu le plus souvent que par l’effort. — Ils sont toujours très longs à finir d’uriner : le jet diminue très graduellement, et les coups de piston se répètent un

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grand nombre de fois. — Il semble qu’il ne puisse pas satisfaire le besoin provoqué par la présence de l’urine retenue dans l’urètbre, en arrière du rétrécissement.

Puis les difficultés pour uriner augmentent encore : les efforts violents deviennent la règle, bientôt ils 11e provoquent Ja sortie que de quelques gouttes d’urine, quelquefois par petits jets saccadés, que déterminentdes tractions énergiques sur la verge. A.u moment où la traction de la verge cesse, il s’écoule un petit jet d’urine. — -Chez certains sujets, ces manœuvres de traction de la verge, avec effort général concomitant, ne sont utiles que si le malade prend une position spéciale, tantôt c’est accroupi tantôt, c’est, à quatre pattes. Enfin la surdilatation vésicale arrivant à l’extrême, les besoins d’uriner sont incessants; chaque miction se fait avec tout le cortège de ces troubles fonctionnels, et, de plus, il y a souvent des douleurs, surtout en finissant : des élancements allant du col vésical à l’extrémité de la verge, avec sensation douloureuse de poids au-dessus du pubis. — C’est dans ces conditions que se produit l’incontinence d’urine, surtout lorsque le sujet est étendu au repos. — C’est ce que l’on appelle uriner par regorgement.

Voilà un tableau très écourté des troubles apparents de la miction chez les rétrécis. Mais voyons ce qui se passe du côté de la vessie, pendant que ces phénomènes s’accentuent peu à peu, quelquefois très lentement, assez pour que le malade s’habitue d’une façon insensible à ces difficultés pour uriner, et qu’il vous réponde très sincèrement : « J’urine bien lorsque que je ne fais pas d’excès. » Ce bien est souvent bien mauvais, comparé à l’état physiologique.

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Dès qu’il va une diminul ion <le calibre de l’urèthre au niveau du rétrécissement, suffisante pour gêner le passage du flot d’urine chassé par la vessie, celle-ci agit avec plus d’énergie; mais, l’étroitesse augmentant, alors la contraction vésicale devient impuissante à expulser tout le liquide et s’arrête avant que la vessie soit vide. C’est là la limite de contraction de la vessie, qui est de plus en reculée à mesure que l’obstacle au cours de l’urine s’accentue. Aussi chez tous les rétrécis, si on passe une sonde après la miction, ou évacue une certaine quantité d’urine. Quantité qui est la même chez le même malade, après chaque miction, lors qu’aucune autre cause de stagnation d’urine ne vient se surajouter, telle que se retenir d’uriner, etc. La dilatation vésicale qui en résulte présente ceci de particulier, c’est qu’elle existe d’une façon uniforme aux dépens de toutes les parois supérieures de l’organe ; le I rigone seul s’y participe pas. De plus, et c’est là un fait d’une grande importance, le rapport de ces parois vésicales, ainsi maintenues en distension, avec le col n’est point altéré. Ces parois restent plus éloignées du col, mais celui-ci n’est point élevé par l'apport à elles, et la résultante de leur contraction tombe toujours dans son orilice, et j’ajoute y tomberait jusqu’à ce que la vessie soit vide, si elles avaient le pouvoir de se contracter jusqu’à ce degré ultime. En un mot, le rapport physiologique du col et des parois vésicales n’est pas modifié. — Si la vessie avait une puissance musculaire plus grande, elle continuerait à chasser l’urine dans l’urèthre, car la résultante de contraction de ses parois continuerait à tomber toujours dans- le col. — Mais sa puissance musculaire est insuffisante pour lutter coin-

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plèlement contre le rétrécissement; elle est épuisée à un moment donné; c’est là, la seule raison de la stagnation d’urine.

Quand, par l’effort, les parois abdominales contractées compriment le globe vésical, celui-ci, ainsi appuyé, continue à se contracter un peu plus, il se produit, après une miction d’apparence complète, un nouveau jet dû à l’effort qui cesse avec lui, pour reprendre quand l’effort se renouvelle, si la vessie peut encore se contracter. — Ceci nous mène à vous parler des rétrécis qui n’urinent jamais qu’en faisant un effort maintenu pendant tout le temps de la sortie de l’urine; dès que l’effort cesse, l’urine s’arrête. — C’est, un degré plus complet de perte de puissance de contraction de la vessie; la vessie ne peut plus se contracter sans être comprimée, appuyée parla contraction des parois abdominales. — Mais même à ce degré plus grand de troubles fonctionnels, le rapport physiologique des parois vésicales et du col n’est pas altéré. — Supposez que, dans ces conditions, il se produise brusquement une irritation de la région profonde de l’ urèthre ou du col vésical, comme le contact d’un gravier, ou bien que la contraction de la paroi vésicale soit surexcitée et déterminée par un réflexe partant du rein ou des urétèros, comme une colique néphrétique, alors, dans les deux cas, nous voyons la vessie se vider mieux à chaque miction; quelquefois même, elle se vide complètement. — J’ai observé des faits très démonstratifs. — Je traite par la dilatation temporaireprogressiveun rétrécissement placé à l’union du bulbe et de la portion membraneuse; j’étais arrivé au n° 13; la vessie ne se vidait pas complètement, ainsi que

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la percussion et la sonde me l’avaient prouvé. — Le malade, homme de quarante ans, est pris d’une colique néphrétique violente; les envies d’uriner sont alors très fréquentes : la miction est complète, pas de matité audessus du pubis, pas d’urine par la sonde passée immédiatement après l’acte d’uriner. — La colique se termine par la sortie de trois petits graviers uriques gros comme des têtes d’épingles, à surface très rug ueuse. — Et l’état de stagnation d’urine reparaît tel qu’il était avant. —

Dans un autre fait de rétrécissement de l’urèthre, j’ai vu la stagnation d’urine cesser lorsqu’un gravier volumineux venait irriter le col vésical, ou s’y engageait ; dèsque le gravier était repoussé dans la vessie, l’état de stagnation se reproduisait. — Les mêmes faits se montrent chez les rétrécis toutes les fois que la région profonde de l’urèthre est le siège d’une irritation d’un autre ordre. Ainsi lorsque, dans le cours d’une dilatation, on n’a pas tenu compte de l’irritation de la région profonde de l’urèthre due justement à la sonde, nous voyons une excitation de vessie se produire; nous la voyons se vider plus complètement.

Ces faits, que je pourrais donner plus nombreux prouvent que le rapport physiologique du col et des parois vésicales n’est pas modifié, car les contractions des parois vésicales, étant plus complètes, chassent toujours l’urine dans le col et l’urèthre.

Messieurs, vous voyez que l’état de stagnation d’urine dans la vessie, dans les cas de rétrécissement, est la règle; et cependant vous n’avez peut-être jamais entendu parler d’une façon spéciale du traitement des stagnations d’urine dues au rétrécissement.

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En effet, dès que que le rétrécissement est traité, dès qu’il a cessé, la stagnation d’urine due uniquement à lui, cesse ; la vessie se contracte peu à peu complètement, se vide; ce serait commettre une faute, dans la très grande majorité des cas, que de surexciter la contraction des parois vésicales par des moyens directs.

Ce qui se passe pendant la dilatation temporaire progressive démontre comment la fonction se rétablit. Supposez que, au début, vous ne pouvez passer que le n° 6; dès que vous aurez franchi deux ou trois numéros, quand vous arriverez au 9, le malade vous dira spontanément : « J’urine beaucoup mieux, bien moins souvent. »

Si vous percutez la vessie, vous la trouverez moins dilatée après la miction qu’avant le traitement. Ainsi peu à peu, à mesure que l’urèthre s’élargit, la vessie se vide de mieux en mieux.

Après l’uréthrotomie interne, là où le calibre de l’urèthre est instantanément rétabli, il n’est pas rare de voir la vessie se vider complètement trois ou quatre jours après avoir retiré la sonde à demeure. En faisant la dilatation temporaire progressive consécutive, ou plutôt, comme je le dis toujours, en calibrant l’urèthre par le passage des cathéters Beniqué, jusqu’à ce que la dilatation de l’urèthre en arrière du rétrécissement ait disparu, on constate que la vessie est vide toutes les fois qu’on passe le cathéter après la miction. Et comme c’est là une condition mauvaise pour le cathétérisme, ai -je soin de recommander au malade d’uriner au moins une heure avant de se faire sonder?

Le corollaire de ce fait, c’est la disparition rapide des mucosités provenant de la vessie dans ces cas.

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Même lorsque la vessie est très distendue, que l’urine filtre d’une façon continue par le rétrécissement, qu’il \ a incontinence par regorgement, lorsque le calibre de l’urèthre est rétabli, on voit les fonctions de la vessie se rétablir très vite. J’ai observé plusieurs faits de ce genre.

J’ai opéré des rétrécissements de l’urèthre sur des sujets de tous les âges, depuis un adolescent de seize ans, portant un rétrécissement congénital à la partie moyenne de la verge, jusqu’à des vieillards approchant et dépassant quatre-vingts ans. Dernièrement j’ai soigné un grand et beau vieillard maigre, de soixante-quinze ans, qui urinait toutes les demi-heures avec douleurs, surtout en finissant ; la vessie était très distendue, les urines étaient chargées de pus. Le malade me dit qu’il urinait souvent depuis des années; que bien des fois il a été pris de difficultés très grandes pour uriner. Plusieurs fois on avait essayé de le sonder. Mais jamais on n’était arrivé dans la vessie.

Je trouve un rétrécissement à l’union du bulbe eide la portion membraneuse. Je ne peux le franchir qu’avec une bougie très fine en baleine n° 1. Peu à peu, après dix jours de soins, je passe le n° G. Mais il est serré. Brusquement se produit un accès de fièvre; en même temps la plus grande facilité de miction due aux bougies cesse momentanément. La prostaste bien symétrique n’est pas très grosse. Cependant ces deux lobes latéraux sont saillants. Dès que l’état général est rétabli, je fais l’uréthrotomie interne. Je laisse la sonde à demeure quarante-huit heures. Le malade urine de suite très librement. La matité hypogastrique de la vessie

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n’existe plus après la miction, le cinquième jour. Je calibre l’urèthre en passant des bougies, puis des cathéters Béniqué jusqu’au n° 46. Le malade s’introduit facilement une bougie souple en gomme n° 22, et la fonction de miction est absolument complète.

Messieurs, si j’insiste si longtemps sur la stagnation d’urine due au rétrécissement de l’urèthre. Si je cherche à vous démontrer pourquoi elle cesse si vite, aussitôt le calibre du canal rétabli ; si je vous ai montré que cela tient à ce que, dans ces cas, le rapport physiologique des parois de la vessie avec le col n’est pas troublé, parce que la ligne de contraction des parois vésicales tombe toujours dans le col, et que la vessie ne se vide pas, seulement parce que la contraction de ses fibres musculaires s’épuisait dans la lutte contre l’obstacle au cours du liquide dans l’urèthre: c’est pour arriver à vous faire saisir les différences complètes de toute nature, soit dans l’état anatomique de la vessie, soit dans les conséquences pratiques, entre la stagnation d’urine due au rétrécissement de l’urèthre, et celle due au déplacement du col vésical, lorsque le rapport physiologique entre les parois vésicales et le col n’est plus physiologique.

Lorsque, chez un sujet atteint de rétrécissement de l’urèthre, il se produit une excitation de la région profonde de ce canal, quelle qu’en soit la cause, nous avons vu les envies d’uriner devenir plus fréquentes, et la vessie se vider mieux. La persistance de cet état peut provoquer une disposition anormale, une véritable saillie de la lèvre inférieure du col vésical. — C’est là un obstacle qui arrête la petite bougie après qu’elle a franchi le rétrécissement de l’urèthre. C’est

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aussi un obstacle contre lequel le cathéter de l’uréthrotorae s’arrête, si on n’y prend pas garde. — Cette disposition du col accompagnant le rétrécissement, Mercier la croit très fréquente, et c’est à elle qu’il attribue la rétention d’urine dans le cas de rétrécissement. Pour lui le rétrécissement seul ne peut pas déterminer la rétention d’urine. Cependant la pénétration de l’urine dans l’urèthre, dans la grande majorité des cas, jusqu’à la face postérieure du rétrécissement, lorsqu’il y a rétention d’urine, est indéniable. Elle est démontrée par la rupture de l’urèthre en arrière du rétrécissement et l’infiltration d’urine qui en résulte, et aussi par le fait de la sortie d’une petite quantité d’urine par-dessus l’extrémité filiforme de la petite bougie qui n’est engagée que dans le rétrécissement, au moment de l’accès douloureux de l’envie d’uriner1. Pour moi, cet état de contraction du col chez les rétrécis est rare. — Je ne l’ai observé qu’une fois sur vingt. Alors dans tous ces cas, la stagnation d’urine était relativement faible, jamais plusdeSOO grammes. Les envies d’uriner étaient très fréquentes le jour et la nuit. Il y avait toujours douleur en finissant d’uriner et expulsion d’urine chargée de pus et de mucosités à chaque miction. Toutes les fois qu’à une tentative de cathétérisme la bougie s’arrêtait contre la saillie du col , les envies d’uriner devenaient plus fréquentes et plus douloureuses. Je suis convaincu que le développement de cette saillie du col vésical dans ces conditions est souvent favorisée par le contact irritant du bec de la bougie contre elle. J’ai même constaté des culs de-

1. Voir rnon Traité des opérations des voies urinaires, p. 149.

190 STAGNATIONS D’URINES VÉSICALES GÉNÉRALES, sac, de vraies Causses routes sur la face antérieure de cette saillie du col. — Sous l’influence persistante de cette contraction du col vésical, celui-ci s’élève. Le rapport physiologique de la vessie avec lui s’altère de plus en plus et on arrive à avoir, avec le rétrécissement, la stagnation due à l’élévation du col vésical.

Cependant dans tous les cas de ce genre que j’ai soignés, une seule fois la vessie ne s’est pas vidée complètement après le rétablissement du calibre de l’urèthre, une seule fois la saillie de la lèvre inférieur du col a persisté, et le malade, âgé de quarante-cinq ans, n’ayant pas une prostate grosse, a été obligé de se sonder pendant près d’un mois, une fois tous les jours pour se vider la vessie. Après ce temps la vessie se vidait complètement.

Jusqu’à présent vous voyez, messieurs, que la stagnation d’urine due au rétrécissement, est un épiphénomène absolu de celui-ci.

A l’appui de ce fait, voici un cas très démonstratif. Je suis appelé à une certaine distance de Paris, près d’un homme de cinquante ans, qui urine par regorgement, le liquide s’écoule constamment, il est atteint d’un rétrécissement pénien, très étroit. Je fais l’uréthrotomie interne. Puis, la sonde mise à demeure, je vide très lentement la vessie d’où je retire un litre et demi d’urine. — La sonde est retirée après quarante-huit heures. Immédiatement chez ce malade la sensation spontanée d’envie d’uriner ne se produit pas; il faut qu’il la provoque. Toutes les cinq heures, il urine volontairement sans y être incité par l’envie. Souvent c’est sa femme qui lui fait penser à uriner. Pendant celte période où la compression volontaire de la vessie par les parois abdominales est in-

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dispensable à la miction, lavessiese vide incomplètement. — Après trois semaines les envies spontanée d’uriner se produisent et la vessie se vide. Ainsi, dansce fait, la surdistension considérable de la vessie n’a modifié en rien les rapports physiologiques de ses parois et de son col. Seulement la contractilité des libres vésicales a été lente à reparaître.

Dès que le calibre de l’urèthre a été rétabli, dès que l’inflammation avec dilatation de la section postérieure du canal en arrière du point rétréci a disparue, la vessie se vide complètement à chaque miction. Et cela a tou jours lieu sauf dans les cas de saillie de la lèvre inférieure du col vésical, provoquée par une irritation longtemps prolongée de la région profonde de l’urèthre, due soit au cathétérisme, lorsque celui-ci est suivi d’excitation du col vésical, comme cela s’observe dans le cours de la dilatation temporaire progressive, soit à toutes autres causes. Vous savez que cet accident est une contre-indication de cette méthode de traitement. —

Vous remarquez certainement, messieurs, que chez les rétrécis, la prostate n’a plus son action si funeste sur les troubles de miction; à peine si je vous en ai parlé. Et si vous lisez ce qui a été écrit sur les troubles fonctionnels dus aux rétrécissement de l’urèthre, vous remarquez bien vite que la prostate n’entre jamais pour rien dans les causes de ces troubles. Il semble que le rétrécissement empêche le déplacement du col par la prostate, qu’il empêche laprostate de se développer. Tout à l’heure je vous ai pai4é d’un rétrécissement très étroit chez un vieillard de soixante-quinze ans, qui a guéri de tous les troubles fonctionnels delà miction par jl’uréthrotomie interne.

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Sur le nombre 1res considérable de rétrécissements de l’urèthre chez des sujets de tout âge que j’ai soignés, je n’ai observé que deux lois après le rétablissement du calibre du canal, la persistance de la stagnation d’urine et même la rétention due à l'augmentation de volume de la prostate.

Dans le premier cas, il s’agit d’un homme de soixantehuit ans, syphilitique depuis sa jeunesse, ayant de temps en temps des étourdissements, de l’amblyopie, qui cessent par le sirop de biodure de mercure ioduré. — En 1875, il me lait appeler parce qu’il ne peut pas uriner, il y a rétention complète. — Je constate un rétrécissement à la partie moyenne de la verge, qui ne laisse passer qu’une bougie n° 6. — Le malade n’urine pas par-dessus cette bougie, lorsque, au moment de l’envie violente d’uriner, on retire la bougie, en laissant son extrémité effilée dans le rétrécissement1. — Je parviens à passer une petite sonde olivaire n° 7, qui laisse couler un filet continu d’urine. Je fixe cette petite sonde à demeure; on l’ouvre de temps en temps, lorsque le besoin d’uriner se fait sentir.

Ce malade, depuis fort longtemps, urinait très souvent sans douleurs; la nuit il se relevait de cinq à six fois, mais le matin en faisant sa toilette, il urinait coup sur coup un grand nombre de fois. Depuis un mois il avait de la douleur à l’extrémité de la verge, presque constamment, mais surtout en finissant d’uriner.

Le matin en faisant sa toilette, en raison de la dilatation de la vessie et des envies incessantes qu’il éprouvait, tous les mouvements qu’il faisait provoquaient des picotements dans la verge ; ainsi en se brossant les dents.

1. Voir mon Traité des opérations des voies urinaires , page 149.

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Après quelques jours, je parviens à passer le n° 9, el malin et soir je vide la vessie. Celle-ci se dilate très facilement, j’en retire jusqu’à 7 à 800 grammes d’urines. Je lais à chaque cathétérisme une injection vésicale d’eau phéniquée au millième, entre deux injections d’eau tiède.

Le rectum est maintenu vide par de grands lavements d’eau tiède, donnés matin et soir, avec un clyso d’un litre, et ma grande canule en gomme. — De temps en temps, je donne un verre d’eau de Pullna.

La prostate bien symétrique est dure, d’un volume moyen, mais surtout elle est très relevée en arrière du pubis.

J’apprends au malade à se sonder, il passe facilement une sonde à béquille n° 8, dont le bec est très peu relevé. Les sondes coniques olivaires, sont arrêtées en avant du col vésical.

A ma première visite, le malade se plaignant des troubles célébraux que j’indique plus haut, je me décidai à faire suivre un traitement antisyphilique, avant de faire l’uréthrotomie interne, qui était absolument indiquée. — Pendant ce temps, le malade se sondait matin et soir.

Après deux mois de ce traitement général, les troubles cérébraux ayant complètement disparu, je fais l’uréthrotomie interne. Tout se passe sans accident, je retire la sonde après quarante-huit heures, laissant la vessie pleine d’eau tiède. La sensation d’envie d’uriner étant complète, le malade cherche à uriner, mais il ne sort pas une goutte de liquide par le canal. Le malade continue à se sonder, matin et soir, mais il se sert de sondes à béquilles en gomme n° 10 à 17.

La vessie n’a pas perdu son pouvoir contractile, car

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la sonde ‘étant introduite le sujet étant couché, l’urine part en jet jusqu’à la tin de l’émission.

C’est bien là une stagnation d’urine due au déplacement du col vésical. — Le rétrécissement s’est surajouté, par simple coïncidence.

Depuis cette époque, ce malade continue toujours à bien vivre en se sondant deux à trois fois par vingtquatre heures. — Il a eu de nouvelles manifestations de syphilis cérébrale qui ont cédé aux moyens déjà employés.

J'ai tenu à vous donner les détails de ce fait que je considère comme une exception.

Une seconde fois, j’ai observé un fait analogue. 11 s’agit d’un vieillard de quatre-vingt-un ans, portant un rétrécissement très étroit à l’union du bulbe et de la portion membraneuse. — Je suis appelé près de lui par mon confrère le DrNaudier de Lagny. Il y avait rétention d’urine ; je parviens à passer une petite bougie. — Je fais l’uréthrotomie interne. La sonde retirée le malade a rendu spontanément pendant quelques jours une petite quantité d’urine à chaque miction, mais sans vider sa vessie, puis il n’a pas pu uriner sans la sonde, et cela dure depuis quatre ans. — La prostate était assez volumineuse, mais symétrique.

Chez un autre malade, âgé de soixante-neuf ans, j’ai vu la stagnation et même la rétention persister malgré le rétablissement du calibre de l’urèthre, mais ici le cas est tout différent. — Il s’agit d’une hypertrophie prostatique considérable avec élongation de la région profonde de l’urèthre existant depuis quinze ans. Le malade se sonde depuis quinze ans. Sous l’influence de manœuvres

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qui ont provoqué du sang, et. aussi des cathétérismes incessants, laits toutes les deux ou trois heures depuis six mois, l’iirèthre s’est de plus en plus rétréci à la partie moyenne de la verge. — Le malade se sert de sondes de plus en plus petites, il en est arrivé au n° 8 et même au n° 7. — Les mucosités ne sortent plus qu’ineomplètement par un tel calibre. — 11 y a des bourbillons phosphatiques qui oblitèrent à chaque instant la petite sonde et rendent son effet absolument nul. — Dans ce cas, je savais bien qu’après l’iiréthrotomie interne, l’urine ne serait pas évacuée spontanément. — Le rétablissement du calibre de l’ urèthre a eu pour but de passer des sondes plus grosses, et de pouvoir nettoyer la vessie des mucosités et des grains phosphatiques qui s’v produisaient, de faire des lavages de la vessie.

Ici l’affection prostatique est très antérieure, et le rétrécissement ne s’est produit qu’après.

Voilà les seuls faits de coïncidence de rétrécissement de l’urèthre, avec déplacement du col vésical dû à la prostate, que j’ai observés.

Ce que je vous ai dit de la saillie de la lèvre inférieure du col vésical nous sert naturellement de transition entre les stagnations dues au rétrécissement de l’urèthre, ou tout autre obstacle analogue au passage de l’urine dans l’urèthre, et celles dues à l’élévation du col vésical.

.le devrais peut-être vous parler maintenant de l’étal anatomique de la vessie déterminé par les rétrécissements de l’urèthre ou les autres causes de stagnation d’urine, que nous avons étudiées, car toutes ces causes, nous pouvons les comprendre dans un même groupe, en raison de leur même nature d’action sur le corps de

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la vessie. Dans chacune d’elles, la caractéristique du coté de la vessie, c’est que celle-ci est passive ; il n’y a que sa surdistension qui l’irrite. Aucun réflexe partant de la région profonde de l’urèthre ou du col vésical ne provoque la contraction de la vessie, n’en détermine l’excitation constante; si cela se produit, ce n’est jamais que momentané, lorsque la région profonde est le siège d’une complication, comme la suppuration plus abondante en arrière du rétrécissement dû soit à un excès, soiL à une cause quelconque. — Mais, je le répète, ce sont des accidents passagers que des palliatifs généraux ou locaux peuvent faire cesser. — Et, de suite, la vessie reprend son état de passivité. La vessie ne se vide pas parce qu’elle cesse simplement de se contracter à un moment donné, quand sa puissance de contraction est épuisée dans l’effort qu’elle a fait pour lutter contre l’obstacle qui s’oppose au passage facile de l’urine. — Aussi l’obstacle uréthral étant enlevé, la vessie n’ayant plus à lutter, sa contraction complète se rétablit vite.

Dans les stagnations d’urine que nous allons étudier maintenant, nous voyons, [au contraire, la vessie surexcitée, se contracter avec force, même sur la masse liquide,qui ne peut être évacuée par le col vésical, celui-ci n’étant plus ouvert par l’état de tension par contraction de la vessie.

C’est dans ces conditions si diverses des états physiologiques des parois de la vessie qu’il faut chercher les véritables raisons physiologiques des dispositions anatomiques si différentes des parois vésicales, dans les cas de stagnations d’urines dues au rétrécissement de l’urèthre et aux obstacles analogues, ou dans les cas

STAGNATIONS D’URINES VÉSICALES GÉNÉRALES. 203 dus à l’élévation du col vésical, dus à la cessation du rapport physiologique entre les parois vésicales cl le col.

• En un mot, lorsque la ligne de contraction de la vessie cesse de tomber dans le col vésical avant que l’urine soit complètement évacuée.

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