DUE AU DÉPLACEMENT DU COL P AD RAPPORT AUX PAROIS VÉSICALES
Sommaire. — Causes du déplacement du col par rapport aux parois de la vessie. — Stagnations dues à la prostate. 1° Période latente, sa physiologie pathologique et ses symptômes.
Messieurs, vous vous rappelez ce que je vous ai dit du mécanisme de l’évacuation de l’urine dans la miclion normale (voir p. 31). La contraction des parois vésicales maintient ouvert le col vésical et y chasse l’urine jusqu’à ce que la vessie soit vide. — Alors la ligne, c’est-à-dire la résultante de contraction des parois vésicales, tombe toujours dans le col. Si le col est déplacé, sans que le corps vésical le suive dans son déplacement, la ligne de contraction de la vessie ne tombe plus dans cette ouverture interne de l’urèthre, et la voie de sortie de l’urine n’étant plus ouverte par la contraction de la vessie, il y a rétention d’urine. C’est ce que nous observons toutes les fois que le col vésical est déplacé d’une façon brusque par une cause quelconque :
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ainsi dans les cas de prostatite ai^ ne, de congestion violente de cet organe dues à l’abus de l’aloès, à la constipation, etc. Lorsque le déplacement du col se fait lentement, la contraction des parois de la vessie agit d’abord d’une façon incomplète sur lui. — Elle ouvre le col pendant un certain temps, et elle cesse de l’ouvrir avant que la vessie soit vide; alors la quantité d’urine qui se t rouve dans la vessie y reste à l’état de stagnât ion. Si , dans ces conditions, une des causes brusques dont je viens de vous parler vient augmenter l’élévation du col, de suite la contraction de la vessie perd de son action sur lui; et c’est ainsi que nous voyons souvent la rétention d’urine s’établir chez les sujets atteints depuis longtemps de stagnation d’urine.
Le rapport physiologique complet des parois de la vessie et de son col, condition indispensable de la miction complète, peut être détruit de deux façons: 1° le col est déplacé par rapport à la vessie, c’est le cas plus fréquent de beaucoup; 2° la vessie est déplacée par rapport au col.
Ce cas est relativement rare, mais il se présente: ainsi chez les obèses, dont le ventre tombe en avant; lorsqu’une hernie inguinale ou crurale ou une tumeur quelconque déplacent le corps vésical, ce dernier fait se voit assez souvent chez la femme, etc. ; les hernies de la vessie ; lorsque les parois supérieures de la vessie adhèrent par un de leurs points aux organes voisins ou aux parois de l’abdomen comme après la taille hypogastrique.
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.Stagnation «1 urine «lue a 1 élévation «lu eol vésical
Tout ce qui peut provoquer T augmentation de volume de la prostate, la congestion de cet organe, quelle qu’en soit la cause (l’hypertrophie due au développement de son tissu, la présence de corps fibreux, les calculs prostatiques), a pour action d’augmenter la longueur de la région profonde de l’urèthre, et par cela même d’élever d’autant le col vésical en arrière du pubis. — Toujours cela détermine de la stagnation d’urine, et toujours les causes occasionnelles qui viennent augmenter celte élévation du col rendent la stagnation d’urine plus considérable.
La valvule musculaire de Mercier élève le col vésical et s’accompagne toujours de stagnation d’urine, quoique peu abondante ordinairement, et même de rétention d’urine, ainsi que je l’ai observé.
Stagnation d'urine due à la prostate. — Il y a trois période distinctes dans les stagnations dues au développement de la prostate : 1° la période latente; 2° la période d'excitation; 3° la période d'état; avec colonnes vésicales et stagnations locales d'urine entre ces colonnes.
1° Période latente. — Elle comprend le temps pendant lequel la stagnation se produit. — Elle est souvent très longue, et il est bien difficile de déterminer l’époque de son début. — Les troubles de miction primitifs sont à peine ou plutôt ne sont jamais remarqués par le malade; c’est une difficulté, une lenteur plus
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grande dans l’établissement du jet, lorsque le sujet s’est, un peu retenu d’uriner; un effort initial de la miction plus grand que dans l’état normal ; puis la contraction des parois abdominales se continue pendant tout le temps du jet; puis le jet n’est possible que par un effort qui facilite et rend plus complète l’action de la contraction des parois de l’abdomen. — La force du jet d’urine diminue en même temps que les forces mises en action pour le produire et le maintenir augmentent. Il arrive lentement à son maximum, et décroît de la même façon. — Les dernières gouttes d’urine que le coup de piston, chez le jeune sujet, chasse avec une certaine force, tombent de la verge. La contraction de l’urèthre, du col à l’extrémité delà verge, a son action amoindrie. Il arrive même que cette contraction du coup de piston, si manifeste chez le sujet jeune, disparaît. Le jet d’urine s’arrête, des gouttes d’urine tombent de la verge plus ou moins lentement, et on ne voit pas la petite secousse delà verge produite par la contraction simultanée de tous les muscles intrinsèques et extrinsèques de l’urèthre. — Enfin il arrive que la sortie de l’urine nécessite un effort constant, violent, qui provoque la sortie involontaire de gaz et de matières fécales par l’anus. Tous ces phénomènes de troubles de miction sont plus fréquents la nuit que le jour. Quand le malade est réveillé par l’envie d’uriner, il ne peut plus uriner étant couché; s’il avait cette mauvaise habitude, il est obligé de se lever. Puis cela ne suffit pas, malgré la position normale debout, même dans l’habitus assis, accroupi sur le vase, l’urine ne sort pas. Le sujet est obligé de marcher un peu; après un moment plus ou moins long, il sent que l’urine va
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pouvoir sortir et il urine. — Souvent, peu de temps après celte première miction, un nouveau besoin se fait sentir, qui nécessite plus ou moins les mêmes précautions pour être satisfait. — Chez certains sujets, la première période de sommeil, en se couchant immédiatement après avoir uriné, est assez longue, quatre, cinq, six heures. — Puis, après la première envie d’uriner satisfaite, les besoins se répètent à des intervalles rapprochés, quelquefois très rapprochés, toutes les heures et même plus, jusqu’à ce que la vessie soit revenue à sa limite de contraction habituelle. — Dans ce cas, le malade peut vider assez bien sa vessie dans la journée, en allant et venant; l’exercice musculaire de tout le corps favorise l’émission plus complète de l’urine. Après la longue période de sommeil, la vessie s’est distendue sans que le besoin d’uriner se soit produit; le sujet éprouve les mêmes difficultés pour uriner que s’il s’était volontairement retenu d’uriner. Il a, en effet, la vessie dans les mêmes conditions, et la difficulté est rendue bien plus grande par les troubles qui existent dans le rapport physiologique du col et du corps de la vessie.
Ce que nous voyons se passer la nuit, après quelques heures de sommeil paisible, ne se produit ehcz certain sujet que le matin, quand il est levé. Pendant qu’il fait sa toilette, il est pris d’envie d’uriner coup sur coup, souvent trois et quatre fois dans une heure. — C’est là un fait commun qui préoccupe bien moins que celui d’avoir à se lever la nuit, et qui cependant est absolument identique et dénote le même état des organes. — Ordinairement ces envies fréquentes d’uriner le matin, après le réveil, au moment des premiers mouvements, précè-
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dent de quelque temps les envies rapprochées, après une période de sommeil de trois ou quatre heures. — Ces troubles de miction du début de la stagnation d’urine prostatique s’accentuent à mesure que l’affection qui les détermine se développe; aussi les voyonsnous à leur paroxysme à un certain moment. — Alors à la congestion prostatique de la nuit, due à la position couchée, qui, au début, suffit pour rendre plus difficile l’émission d’urine, s’ajoute la polyurie nocturne, que nous verrons presque constante à une période plus avancée de l’affection. — Il n’y a plus de période de trois ou quatre heures de sommeil; même au début de la nuit les sujets restent peu de temps sans uriner. — Presque toujours la miction dans la position assise en allant à la garde-robe est plus complète. H y a des malades qui urinent en une ibis, dans cette position, ce qu’ils évacuent en plusieurs fois lorsqu’ i ls urinent debout . — Dans la journée, les envies d’uriner sont moins fréquentes, la miction est toujours plus facile. — Mais souvent une cause occasionnelle suffit pour provoquer l’envie d’uriner et la rendre de suite très vive. Ainsi le sujet est assis depuis un certain temps; dès qu’il se lève il est pris d’envie. Si la vessie s’est un peu distendue pendant un long temps de repos dans cette position, l’envie devient de suite très violente et peut être suivie, comme celle du matin, de plusieurs mictions rapprochées.
Enfin le besoin d’uriner est douloureux, s’accompagne d’élancements dans la verge et surtout à son extrémité.
11 n’est pas rare de voir de la douleur à la fin de la miction.
Souvent ces douleurs du début et delà fin de la miction,
ItELIQUET.
STAGNATIONS D’URINES GÉNÉRALES, persistent même pendant tout le temps du jet d’urine. Alors elles existent pendant quelque temps et cessent pour reparaître après un intervalle plus ou moins long. — Presque toujours, elles sont dues à une excitation plus grande provoquée soit par un excès de table, de fatigue, un voyage, etc., une constipation plus grande. J’ai vu des malades chez qui un petit verre d’eau-de-vie suffisait pour les provoquer. Jusqu’à ce que les mictions soient constamment douloureuses. — A tous les degrés de ces troublesde miction, leur acuité peut être déterminée par des causes très variées. Le terme ultime de l’acuité ici, c’est la rétention d’urine complète. — A tous les degrés de la stagnation, une des causes variées dont j’ai à vous parler peut provoquer la rétention d’urine complète, avant que le sujet en soit arrivé à uriner souvent nuit et jour. Toutes ces causes agissent, soit en diminuant le pouvoir contractile de la vessie, soit en augmentant le degré d’élévation du col vésical ou même des deux façons à la fois.
Si, aux différentes époques de cette période latente de la stagnation d’urine due à l’élévation du col de la vessie, on sonde le malade après la miction, on constate que la vessie ne se vide pas. Au début, on ne trouvera de l’urine dans la vessie qu’à certains moments des vingt-quatre heures, le matin au réveil après la première miction. — Puis l’affection continuant à se développer, ce sera à un moment quelconque de la journée, mais on en trouvera toujours plus le matin, au lever, et cela jusqu’au moment où les envies d’uriner sont toujours fréquentes. — Alors la distension vésicale est arrivée à son maximum ; la quantité d’urine rendue à chaque miction est très pe-
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Lite, mais il reste constamment en stagnation une masse énorme de liquide.
Tous ces troubles apparents de miction suivent, dans leurs progressions incessanles souvent très lentes, le degré de la dilatation vésicale dû à la quantité d’urine qui y reste. — Ils sont même soumis aux fluctuations de mieux ou de plus mal, répondant aux divers incidents qui agissent, soit en facilitant la miction, en permettant à la vessie de se vider plus à chaque évacuation, soit en rendant la miction plus difficile et, par conséquent, moins complète et plus fréquente.
Tous les sujets atteints de stagnation d’urine prostatique sont plus ou moins constipés. Si, en apparence, ils ne le sont pas, parce qu’ils vont tous les jours à la garde-robe et même plusieurs fois, ils le sont réellement, parce qu’ils ont constamment, même après les selles, le rectum plein de matières fécales ; leur ampoule rectale en est dilatée. Aussi, après le premier lavement donné de façon à le faire garder pour imbiber les matières dures qui encombrent, les malades sont toujours étonnés delà masse énorme de leur garde-robe. Toujours, après une évacuation de ce genre, il y a un mieux notable. — Le même mieux se produit quand survient une diarrhée qui entraîne tout ce que contient le gros intestin. — Demandez à ces malades comment ils urinent quand ils ont la diarrhée? Tous répondent : « J’urine mieux et moinssouvent. » Étant habituellement constipés, ils ont de temps en temps des évacuations diarrhéiques spontanées qui leur ont permis à tous de remarquer ce fait. — Mais cette amélioration n’est que momentanée ; l’intestin se remplit de nouveau et les difficultés et fréquences de